19e Dim TOC

19e Dim TOC

Cet été, avec ce beau soleil, nous avons peut-être plutôt envie de penser à autre chose qu’aux fins dernières. Pourtant, dans cet évangile C’est de cela dont il s’agit ce dimanche. Jésus nous invite à penser au moment où Dieu viendra toquer à la porte de notre cœur en nous demandant : » qu’as-tu fait de ta vie ? ». Même si nous nous disons en bonne santé, le moment de cette rencontre peut venir à tout moment. Pensons à ce jeune homme de 31 ans décédé sur l’autoroute la semaine dernière, en plein sommeil, dans la voiture conduite par son meilleur ami. Absolument rien ne laissait penser qu’au retour de son voyage, il décéderait. 

  1. Jésus nous décline un art de vivre qui se résume en 3 points :
  2. Vivre en chrétien c’est vivre libéré de ses peurs : Tu as des peurs, donne-les à Jésus. « Sois sans crainte, petit troupeau ». A place de cette expression, nous pourrions mettre notre prénom : « Sois sans crainte Joseph, Geneviève, Jérôme, Amandine, …, ! » Autour de nous, nous voyons tant de gens oppressés par la peur, particulièrement avec les nouvelles qui circulent dans les médias (7e vague de covid, 4e vague de chaleur, la hausse des prix du chauffage cet hiver, les bruits de guerre, etc.)
  3. Vivre en chrétien c’est savoir que nous pouvons avoir un trésor dans le ciel. Si sur terre, nous vivons dans le partage, l’aumône et le don, il y aura une « bonne fuite des capitaux », non pour une banque suisse, mais pour le ciel. Cela n’empêche pas de mettre de côté pour un Plan Epargne Retraite, un Plan Epargne Logement, pour les futures études des enfants ou l’achat d’une voiture. Mais n’oublions pas d’être généreux en temps et aussi avec notre argent, si nous en avons.
  4. Vivre en chrétien c’est être continuellement « en tenue de service, avec la ceinture autour des reins ». Dans l’antiquité, les hommes ne portaient pas de pantalons mais de grandes tuniques. Ils avaient cependant une ceinture qui leur permettait de relever la tunique jusqu’au niveau des genoux quand il s’agissait de marcher rapidement ou d’exécuter un travail qui exigeait une grande mobilité. Jésus reprend donc cette image pour signifier que la véritable attitude du cœur, c’est de l’habiller de la tenue de service. C’est évidemment différent du beau pantalon et de la chemise blanche que l’on met que le dimanche et qu’on ne voudrait surtout pas salir. En alsacien, nous dirions, c’est rester en schaffblunter, en wartigblunter : en habits de travail ou de semaine, à l’opposé des habits du dimanche. Cette tenue de service se caractérise par exemple aussi par le fait de continuer à se former pour progresser et gagner en compétence toujours dans le but de servir.
  5. Arrêtons-nous un peu sur la 3ème parabole. Jésus nous rappelle que nous sommes les maîtres de notre propre maison et non des marionnettes : nous conduisons chacun notre vie et nous avons tous reçu une mission. Sur les 4 attitudes décrites, trois sont condamnées et une est louée. 
  6. 1ère attitude répréhensible : Jésus met en scène un intendant qui ne s’inquiète plus du retour du maitre car pour lui, c’est très lointain. En se centrant sur lui-même, cet homme en oublie les autres. Il devient dur à leur égard au point d’en devenir méchant : il se met à frapper les serviteurs et les servantes. Nous aussi nous pouvons devenir sévères ou méchants en actes et en paroles, dans nos jugements, ou par indifférence. C’est difficile de rester bon et bienveillant quand on n’a plus de grandes attentes.

Cet intendant commet également des excès dans le boire et le manger. C’est comme si Jésus lui disait : « ne fait pas cela car tu vas perdre ta lucidité, tu ne m’auras plus présent à l’esprit, et tu en viendras à oublier l’heure de ta mort ». Pour celui qui agit ainsi, le verdict est sans appel :            (Le Maître l’écartera et lui fera partager le sort des infidèles – Certains commentateurs y ont vu l’enfer).

  • 2ème attitude répréhensible : le serviteur vit dans l’indifférence, et se dit : « on a encore le temps, on n’a pas besoin de se presser ». Le verdict est le suivant                (Il recevra un grand nombre de coups. – Certains commentateurs y ont vu le purgatoire, c’est une purification passive)
  • 3ème attitude répréhensible : le serviteur qui ne connait ni le Christ, ni Sa sagesse ou le sens de l’existence, il ne sait pas que Dieu l’attend au bout de la vie              (Il sera  jugé avec beaucoup d’indulgence : il ne recevra qu’un petit nombre de coups). Cette 3ème catégorie, ne nous concerne pas, car de par notre connaissance de la Parole de Dieu et notre cheminement chrétien, si nous nous égarons, nous faisons partis des deux premières.
  • 4ème attitude, mais qui est louée :

« Les serviteurs à l’arrivée du maître sont en train de veiller ». Ici il ne s’agit plus d’enfer ou de purgatoire, mais d’inversion des rôles et d’une approche du ciel : Dieu prendra la tenue de service, les fera passer à table et les servira chacun à son tour. » Dieu mettra le tablier et nous servira. Nous attendons un Dieu tout-puissant et Lui se fait notre esclave, c’est la logique d’un Dieu qui nous dépasse.

4 – « À qui l’on a beaucoup donné, on demandera beaucoup ; à qui l’on a beaucoup confié, on réclamera davantage ».

Ce matin, en célébrant les noces d’or d’un couple à Sewen, je les ai invités à faire l’inventaire de leurs dons. Ne disons pas que nous n’en n’avons pas. Dieu ne nous a pas ratés ! Demandons à notre conjoint, à nos parents ou grands-parents de nous dire quels sont nos dons. Nous avons reçu des dons naturels mais aussi spirituels : la santé, l’éducation, des qualités sur le plan intellectuel, manuel, sportif, managérial, artistique, des valeurs morales… La question qui m’est posée est qu’est-ce que j’en fais ? Comme nous y invite souvent Olivier Belleil, nous pouvons prier avec la trilogie : merci, pardon, s’il te plaît : « Merci pour le bonheur de Te servir », « merci pour les dons que Tu m’as donnés et qui portent du fruit ». « Pardon pour mes manques, pour les fois où l’aumône n’a pas beaucoup de place » ; « Pardon pour mes manques d’Espérance, mes manques de vigilance ». « S’il te plaît accorde-moi telle ou telle grâce… ». Sur ce chemin de la sainteté, où nous marchons en pèlerins du royaume, il n’y a que trois attitudes possibles pour plaire à Dieu :

  • La bonté, gentillesse, bienveillance, indulgence, compréhension à l’égard de ceux qui nous sont proches.
  • Le décentrement de soi, mort de notre égo, je ne passe pas systématiquement le premier. Durant cette période de vacances, je peux poser la question : « Qu’est-ce que je peux faire pour t’aider ? Comment puis-je te rendre service ? Qu’est-ce qui te ferait plaisir ? »
  • La responsabilité : il m’a été confié tel être et telle situation, et je veux jusqu’au bout bien remplir cette mission en me posant toujours la question : « quelle est la volonté de Dieu, ici et maintenant ? »

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