Vendredi saint 2026
Hier soir frères et sœurs, pour ceux et celles qui avaient assisté à la messe du jeudi saint, j’avais pris le temps d’expliquer :
- Que le but de mon propos est de nous aider à nous préparer à la Fête-Dieu que nous allons célébrer le 7 juin prochain, dans trois mois.
- Jésus lors de son dernier repas anticipe ce qu’il va faire sur la croix : « Ma vie, nul ne la prend, c’est moi qui la donne ». Factuellement, c’est le vendredi saint qu’il s’offre tout entier au Père sur la croix « pour la rémission des péchés ». Mais sa vie, Jésus la donne déjà de façon non sanglante la veille, lors du repas du jeudi saint, lorsqu’il se donnera sous forme de nourriture : « prenez, et mangez ce pain, ceci est mon corps – prenez et buvez ce vin, ceci est mon sang ».
- Jésus a choisi de se faire nourriture et boisson pour la vie éternelle pour être absorbé par nous ; car par cette nourriture, Il veut devenir notre intime. Il choisit le moyen universel qui lui permet d’avoir avec nous la plus grande proximité.
- Enfin, j’avais expliqué que le pain, est un aliment qui nous est nécessaire pour vivre. Dieu est nécessaire à notre vie ici-bas. Avec le vin, on est plus dans l’ordre de la joie, la gratuité.
Cet après-midi et dimanche dernier, l’écoute de la Passion nous a rappelé que lorsque nous assistons/participons à la messe, nous devenons contemporains de trois personnages : Marie, le disciple bien-aimé Jean et le bon larron.
- Au pied de la croix, il y avait deux manières d’être au pied de la croix :
- La 1ère, c’était celle de la plupart des contemporains du Christ : être physiquement, indifféremment, curieux ou ennemis du Christ mélangés.
- La 2e manière, c’était celle de Marie et Jean : être là non seulement avec leur corps mais aussi avec leur cœur. Marie et Jean entrent par l’intelligence de leur foi et l’élan de leur amour à l’intérieur de ce qu’ils voient. Ils pénètrent dans le mystère du Christ qui nous sauve. Ils s’unissent à l’offrande de Jésus et ils en accueillent les fruits de la grâce. A chaque messe, nous nous trouvons au pied de la croix avec Marie et Jean pour accueillir la grâce de la vie divine : grâce de pardon qu’il nous est parfois si difficile à demande ou à recevoir, grâce de miséricorde, grâce de compassion. A chaque, lorsque le prêtre élève l’hostie et le calice, nous pourrions nous représenter Jésus sur la croix dont le cœur bat ardemment pour le salut du monde et présentant au Père chacun d’entre nous. Cardinal Journet : Quel contraste bouleversant entre la tragédie sanglante de la croix et la douceur de la liturgie au moment de la consécration ».
- Le bon larron : commence par reprocher à son compagnon d’insulter le Christ. « Tu ne crains donc pas Dieu ! Tu es pourtant un condamné, toi aussi ! Et puis, pour nous, c’est juste : après ce que nous avons fait, nous avons ce que nous méritons. Mais lui, il n’a rien fait de mal. » (Lc 23, 40-41). Le bon larron fait une confession complète de ses péchés. Il s’accuse soi-même et disculpe Dieu : Dieu est innocent du mal qui nous arrive ! « Lui n’a rien fait de mal ! » Cette réplique du bon larron correspond à l’acte pénitentiel de la 1ère messe de l’histoire qui fut réellement célébrée sur la croix. C’est pour cette raison qu’au début de chaque messe, nous prions le « Je confesse à Dieu » ou chantons un refrain pénitentiel. Il y a même dans le missel une invocation qui dit : « Seigneur, Toi qui as promis le paradis au bon larron repenti, prends pitié de nous ». Il existe des personnes scrupuleuses et qui en souffrent réellement, qu’elles exagèrent leur sentiment d’indignité au point qu’elles récitent pendant toute la messe l’acte de contrition tellement elles ont peur de faire une communion sacrilège. Et cela les éloigne parfois de la communion. Or, nous devons toujours avoir présent à l’esprit ce que Jésus répondait à ceux qui lui reprochaient de s’asseoir à la table des pécheurs : « Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin du médecin, mais les malades » (Mt 9, 12). C’est ainsi qu’avant chaque communion, nous répétons les paroles du centurion que l’Eglise a adapté : « Seigneur, je ne suis pas digne de te recevoir, mais dis seulement une parole, et je serai guéri ».