Baptême du Seigneur
Frères et sœurs savez-vous que nous avons failli ne jamais connaître la grâce du baptême ? En effet, si l’Esprit Saint n’avait pas mis le paquet sur l’apôtre Pierre, il est possible que nous ne serions jamais devenus enfants de Dieu. Voyons ce qui s’est passé dans la 2e lecture de ce matin et qui est un moment clé dans le Livre des Actes (10, 34-38). En voici le contexte : Corneille, un centurion de l’Armée romaine est né païen. Mais, par son séjour au milieu du peuple juif et par sa recherche de la vérité, il est parvenu à la connaissance du vrai Dieu. Mais son statut de militaire, ne lui a pas permis de faire le pas de la conversion. Outre le fait qu’il soit habité par la piété et la crainte de Dieu, il fait beaucoup d’aumônes. C’est au cours d’une prière, qu’un ange l’appelle par son prénom tout comme Zacharie et Marie dans l’évangile et s’adresse à lui. Dieu n’envoie pas l’ange pour le catéchiser, mais pour lui dire d’envoyer des hommes qui chercheraient Simon Pierre qui se trouve à une cinquantaine de km de là. Dieu veut en effet que ce soit par le chef des apôtres, qui a éprouvé la puissance du pardon après son triple reniement et qui a puisé en Jésus la paix et la vie que Corneille découvre le Christ et qu’ainsi, le baptême des premiers païens ait lieu.
Le lendemain, l’Esprit saint prépare Pierre à se rendre chez Corneille qui rappelons-le, n’est pas un juif. Normalement, Pierre ne devrait pas se rendre chez un païen, sous peine d’impureté. Alors que l’apôtre est en prière, il voit en vision un grand drap blanc qui descend du ciel avec une quantité d’animaux qui ne sont pas kasher. Par trois fois, il voit cette scène et par trois fois, une voix lui demande de sacrifier ces animaux et de les manger. Par trois fois, Pierre refuse par légalisme ! Or au moment où la vision se termine, les envoyés de Corneille arrivent chez lui et l’Esprit saint lui dit : « Voilà trois hommes qui te cherchent. Descends, et pars avec eux sans hésiter, car c’est moi qui les ai envoyés. »
Frères et sœurs, avons-nous conscience qu’autour de nous, il existe des gens comme Corneille qui ont soif de Dieu et auxquels le Seigneur parle dans le secret de leur cœur ? Avons-nous conscience de ressembler par moment à Pierre, parce que certains principes bien arrêtés nous empêchent de nous tourner vers ces gens-là pour leur parler de notre foi ? Ce qui est beau, c’est que tant pour Pierre que pour Corneille, c’est dans le cadre de la prière que Dieu vient illuminer les cœurs et donner à chacun l’humilité et l’obéissance intérieure pour surmonter les murs qui séparaient les Juifs des païens. A y regarder de plus près, ce sont les mêmes qui se trouvent dans nos familles ou nos paroisses.
Pierra se rend donc à Césarée, la capitale politique où réside le gouverneur romain. Grâce à ce voyage, deux mondes qui s’ignorent vont se rencontrer. Dieu montre à Pierre, par la vision qu’il a eue, que les traditions entre le pur et l’impur qu’il considérait intangibles deviennent obsolètes grâce à la loi de la liberté et de la charité. Par le changement radical que l’Esprit Saint produit en Pierre, il amène ce dernier à l’ouverture de l’Eglise aux païens. En effet, à Césarée, les parents et amis que Corneille a rassemblé autour de Pierre, vont former la 1ère église non juive de l’histoire. Pierre le réalise lorsqu’il dit : « En vérité, je le comprends, Dieu est impartial : il accueille, quelle que soit la nation, celui qui le craint et dont les œuvres sont justes ».
Nous, nous avons tendance à regarder l’extérieur, l’apparence, mais Dieu, Lui, regarde le cœur et notre façon d’être ajusté à sa volonté. Quiconque est dans ces dispositions, qu’il soit Juif ou païen, lui est agréable et devient disponible pour entrer dans le Royaume de Dieu. Ici nous voyons que si « toutes les religions étaient bonnes », l’Esprit Saint n’aurait pas pris la peine de faire chercher Pierre pour que Corneille accède à la connaissance du Christ et reçoive le baptême.Or, après une courte catéchèse sur Jésus, il se produit comme une nouvelle Pentecôte sur l’ensemble de cette famille et l’Esprit Saint inspire à Pierre de faire baptiser toute cette maisonnée.
ACTUALISATION :
Le message de Pierre adresse à Corneille et sa famille est le même que celui que nous sommes invités à annoncer aujourd’hui lorsque nous témoignons. Nos contemporains sont invités à croire que Jésus est Dieu, qu’Il a vécu sur terre comme un homme, que sa vie a été parfaite, qu’Il a été crucifié et qu’Il est ressuscité le troisième jour. De même que Pierre s’est laissé conduire par l’Esprit Saint et a partagé avec les païens sans en comprendre la raison, il est bon que nous ayons cette souplesse intérieure qui nous permette de partager avec toutes sortes de gens pour qu’ils puissent croire. Dans l’entourage qui est le mien, à qui pourrais-je annoncer la bonne nouvelle aujourd’hui ? Suis-je prêt(e) à présenter de façon concise et claire le message de l’Évangile sans me laisser entraîner dans des débats stériles qui occultent l’essentiel ? Comment pourrais-je me préparer à cette tâche si importante ?
Parfois dans l’Eglise, nous aimons faire des catégories : les traditionnalistes, les intégristes, les charismatiques, les progressistes, les tradismatiques. La véritable Eglise se trouve dans les Actes où nous découvrons la vie fraternelle, la mission, la délivrance, l’Eucharistie, les anges, la guérison, les dons spirituels, la prière, les œuvres, le témoignage jusqu’au martyr, le baptême de l’esprit. Il faut lire le livre des Actes, ce sont 28 chapitres qui nous réveillent. Et le réveil ne produit pas des chrétiens, mais des disciples, cad des gens convaincus qu’en dehors de Christ, il n’y a pas de vie. « J’ai reçu le Christ, je te donne le Christ »