Ascension A

Ascension A

Le Christ est la tête : « Dieu a fait de Jésus la tête de l’Église qui est son corps » (Ep 1, 22)

Pour comprendre cette expression et le sens qu’elle a pour la fête de l’Ascension, prenons l’exemple de l’accouchement. Généralement entre la 30e et la 35e semaine, la plupart des bébés se retournent pour se placer la tête vers le bas. C’est la position souhaitée pour qu’un accouchement se déroule le mieux possible. Lorsque la tête est passée, c’est bon signe, le reste du corps va suivre. En appliquant cette comparaison à la phrase de st Paul : « le Christ est la tête et l’Eglise est son corps », cela signifie que si le Christ est aux cieux, il y a pour nous aussi la promesse d’y être, à condition d’être uni à la tête. L’Ascension est donc une bonne nouvelle : notre espérance c’est que notre dernière adresse c’est d’être avec le Christ dans les cieux !

L’expérience de la maturité pour les apôtres :

« Quand les apôtres virent Jésus, ils se prosternèrent, mais certains eurent des doutes » (Mt 28, 17). Quand quelqu’un que l’on a reconnu comme un maitre à penser nous quitte, lorsqu’on doit faire ses preuves par soi-même, quand on s’engage dans le mariage, quand on débute dans un métier ou une nouvelle fonction, quand on est pour la 1ère fois devant sa classe, il est légitime de douter, de se demander : « est-ce que j’y arriverai ? ». Voici une anecdote concernant le célèbre musicien Giacomo PUCCINI, grand compositeur d’opéras fameux que j’emprunte à Frère Thibaut du Pontavice.

Dans les dernières années de sa vie, vers 1922/1923, les médecins lui diagnostiquèrent un cancer. Sentant sa fin proche, il entreprit encore de composer une dernière œuvre : « Turandot » sur laquelle il travailla avec acharnement. En 1924, voyant qu’il n’arriverait plus à l’achever, il réunit ses élèves et leur dit : « J’ai mis tout mon cœur à composer cette pièce, mais si je n’arrive pas à la terminer, je voudrais que vous le fassiez. » Après la mort du maître l’un des élèves, Franco ALFANO, termina l’œuvre qui fut jouée quelques temps plus tard. Or à un moment donné, le chef d’orchestre posa sa baguette et dit : « Voilà pour la partition du maître ». Puis il reprit la baguette et dit : « Voilà, nous ses élèves, avons terminé son travail ». A la fin de l’opéra, c’est un tonnerre d’applaudissements.

Ce récit historique nous dit quelque chose d’intéressant sur la fête de l’Ascension. Elle n’est pas un point final à l’action de Jésus. C’est plutôt, la passation d’un témoin. Franco ALFANO a peut-être douté de lui : « aurais-je les capacités, le génie requis pour achever l’œuvre du Maître PUCCINI ? » Le Maitre lui n’a pas douté de ses élèves. Et Jésus non plus !

C’est la raison pour laquelle, il leur passe le témoin en disant aux disciples : « Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre. Allez ! De toutes les nations faites des disciples : baptisez-les (…), apprenez-leur à observer tout ce que je vous ai commandé (…). ». C’est comme s’Il nous disait : « C’est à vous de compléter ce que j’ai commencé ».

Nous avons besoin de la force de l’Esprit Saint pour développer nos talents et l’autorité que Jésus nous a donnée : « Vous allez recevoir une force quand le Saint-Esprit viendra sur vous ; vous serez alors mes témoins jusqu’aux extrémités de la terre. » (Actes 1, 8) Pour que cela puisse se faire, voici quelques points d’attention :

– Être connecté : quand nous prions le Notre Père, nous disons que : « ton règne vienne sur la terre comme au ciel ». Dieu cherche des personnes selon son cœur qui s’alignent avec sa volonté pour Lui donner la possibilité d’ouvrir le ciel et que la puissance de Dieu vienne sur la terre : « Je suis le cep, vous êtes les sarments, celui en qui Je demeure et qui demeure en Moi, porte beaucoup de fruits, sans Moi vous ne pouvez rien faire » (Jn 15). Comme pour l’électricité, nous devons être des conducteurs avec le seul projet que Jésus soit glorifié au travers de nous.

– Être unifié pour accepter l’autorité de Jésus en nous : prenons l’exemple du gendarme. Quand il a est civil, il ne peut pas arrêter de voitures. C’est quand il est habillé et armé qu’il est revêtu de l’autorité légitime qu’il a reçue d’en haut, qu’il peut stopper un automobiliste et le verbaliser. Pour un chrétien c’est pareil, quand nous sommes revêtus de l’autorité du Nom de Jésus, nous pouvons en son Nom poser les actes mêmes de Jésus et faire avancer son Royaume. Mais cela ne suffit pas, il faut aussi que nous soyons habités par Christ et que cette autorité de Jésus soit aussi à l’intérieur de nous. Il en est de même pour le gendarme, il ne peut pas être à la fois gardien de l’ordre et dealer. Dieu est tout aussi intéressé par ce qu’il fait en toi que par ce qu’il fait au travers de toi.  L’autorité du Nom de Jésus doit à la fois être en moi, dans mon cœur et à l’extérieur de moi.

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