5e dim TO A

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« Vous êtes le sel de la terre » (Mt 5, 13)

Aujourd’hui, Jésus ne dit pas : « Je suis » comme il le fait souvent. Mais il nous dit : « Vous êtes le sel de la terre ». Vous savez que le sel ne sert pas uniquement à rester hydraté, à saler les frites, à déneiger les routes ou à faire la choucroute. Grâce à l’électrolyse, le sel participe à la fabrication du plastic, du papier, du verre, de l’aluminium, du caoutchouc, des fertilisants, de l’eau de javel, des colorants etc. Un grand nombre de médicaments ont besoin de sel dans leur processus de création. En salant la viande, on l’empêche de pourrir. Par ailleurs, le sel est également un exhausteur de goût, il révèle la saveur qui existe déjà. Pour nous qui avons parfois tendance à la critique, un des efforts de carême pourrait être de révéler davantage les talents de ceux qui nous entourent.

Si la bonne dose de sel est mise, on ne se rend même pas compte de sa présence. Plus la vertu du sel reste cachée, plus le sel disparait de l’attention et mieux il remplit son rôle. Il devrait en être ainsi de nous dans la société. En tant que disciples de Jésus, le sel spirituel qui donne goût aux choses de la vie, c’est notre foi. C’est elle qui vient élever et enrichir nos facultés et nos capacités. Normalement, en tant que chrétiens, nous devrions être au moins aussi honnêtes, aussi bons voisins, aussi bons conjoints, bons parents, bons citoyens que le lot commun. Lorsque Jésus nous dit : « Vous êtes le sel de la terre » : il nous invite à donner un sens plus élevé à toutes les valeurs humaines. Pensons aux soignants en ce dimanche de la santé. C’est un métier qui peut être exercé uniquement pour gagner beaucoup d’argent si je suis un médecin ou un chirurgien de renom. Mais je peux aussi l’exercer pour des motifs purement alimentaires, ou alors essayer de voir le visage du Christ dans ce patient dont j’ai à faire la toilette, qui est âgé, bougon ou en fin de vie. D’une façon générale, quelle que soit ma profession, je suis invité à rejeter tout mensonge, toute malhonnêteté, tout travail bâclé. C’est ce qu’on appelle avoir une conscience droite. Dans la 1ère lecture, le prophète Isaïe (58, 7-10) propose des exercices simples : « partage ton pain avec celui qui a faim », « accueille chez toi les pauvres sans abri », « couvre celui que tu verras sans vêtement », « ne te dérobe pas à ton semblable ».

Quand nous ne le faisons pas, nous ressemblons aux grains de gros sel qui ne se sont pas mélangés aux aliments qu’ils devaient assaisonner et que l’on sort immédiatement de la bouche parce que c’est immangeable. A ce moment-là, nous ne sommes plus crédibles et nous rendons méprisable la foi dont nous prétendons être le témoin.

« Vous êtes la lumière du monde » : La lumière est la première œuvre de Dieu dans la création ; elle est le symbole du Seigneur lui-même, du ciel et de la vie. Les ténèbres au contraire signifient la mort, l’enfer, le désordre et le mal. Le propre de la lumière est qu’elle s’impose. Lorsque la lumière rencontre l’obscurité, c’est l’obscurité qui est éclairée, ce n’est pas la lumière qui est enténébrée.

Deux mises en garde de Jésus : Une lampe qui est cachée est comme du sel qui a perdu son goût, tous deux ne servent à rien. Cela signifie qu’il existe des chrétiens qui étaient très fervents et qui sont devenus tièdes ou insipides ou totalement transparents. Comment cela arrive-t-il ? Le démon agit toujours de façon très subtile. Il nous pousse rarement à renier ouvertement Jésus du jour au lendemain, mais il va chercher à nous distraire, à nous rendre passifs et improductifs. Il nous suggère toujours de rester dans la moyenne. Et progressivement c’est dans un christianisme confortable que nous nous installons. C’est la convenance qui va remplacer la conviction. On va même partager par moment de belles vidéos, des images pieuses ou des versets bibliques sur WhatsApp, ou nos réseaux sociaux mais sans transformation véritable de notre vie, de notre cœur, de nos pensées.

« Être sel de la terre et lumière du monde » sont deux vocations exigeantes et complémentaires. Jésus nous appelle à la visibilité même si nous sommes minoritaires. Et de fait, dans notre pays, nous le sommes devenus. Le Christ ne demande pas d’être arrogants, mais d’être lumineux, prophétiques, d’éclairer sans peur d’être méprisés, en étant pauvre de cœur, doux, artisan de paix, assoiffé de justice. Il appartient à chacun de réaliser sa propre synthèse, en fonction de nos dons naturels, de notre état de vie, de la période de notre existence dans laquelle nous nous trouvons. Que nous le voulions ou non, nous avons un impact sur les autres. Jésus nous laisse entrevoir deux issues :

  • Ou nous serons jetés dehors et piétinés par les gens
  • Ou ils rendront gloire à Dieu de nous avoir connus.

Jésus ne nous impose pas un comportement prédéfini. Il nous entraine dans son sillage et dans sa ressemblance. Il nous invite à marcher à sa suite. Car à vrai dire, Jésus seul est le vrai sel de la terre, car lui seul, tel le sel donne goût à la vie. Lui seul est la vraie lumière du monde, car il nous indique le chemin vers le Père. Demandons à l’Esprit saint de L’imiter de la manière la plus nous suggérer ce qu’il convient de faire.  

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