1er Dim de carême B

1er Dim de carême B

Ce dimanche, je souhaiterais ne commenter que ces deux versets de l’évangile de st Marc (1, 11-12) et voir leurs incidences dans notre vie : « Aussitôt l’Esprit le pousse au désert. Et dans le désert il resta quarante jours, tenté par Satan »

Faisant un détour par le livre de la Genèse : Pour comprendre l’épisode des Tentations de Jésus au désert, il faut y voir une première réponse à celle que connurent Adam et Ève quand ils étaient au jardin du paradis lorsqu’ils ont voulu s’affranchir de Dieu. Leur péché d’orgueil s’est terminé par une triple déchirure : le lien entre Dieu et nous ses enfants, le lien entre l’homme et la femme et entre l’homme et la nature. Directement après son baptême, Jésus prend donc la place de l’homme défaillant pour lui rendre ce qu’il avait perdu. L’apôtre Paul nous dit qu’il est le nouvel Adam (1 Corinthiens 15,48-49). Par opposition avec Adam, Jésus choisit non pas d’être rebelle, mais de vivre dans l’obéissance sa liberté de Fils. Dès lors rien ne pourra ni l’agresser, ni lui manquer. C’est ce que souligne l’Évangéliste avec les mots de la Bible : »Il était avec les bêtes sauvages, et les Anges le servaient ». En cela, s’accomplissent deux passages de la Bible :

  • L’une image du bonheur apporté sur terre par le Messie de Dieu annoncée par le prophète Isaïe : « Sur lui reposera l’Esprit de Yahweh… le nourrisson jouera près du repaire de l’aspic, et dans le trou de la vipère l’enfant à peine sevré avancera la main » (Is 11, 2.8).
  • Le Psaume 90 le promettait à tout homme de prière qui mettrait en Dieu sa confiance : « Il donne mission à ses anges de te garder sur tous tes chemins. Ils te porteront sur leurs mains pour que ton pied ne heurte les pierres » (Ps 90, 10-11).

Par ces deux petits détails, st Marc nous montre que la nature toute entière retrouve son harmonie originelle avec l’homme qui se situe entre le monde animal dont il partage certains éléments biologiques et le monde angélique avec lequel il partage la dimension surnaturelle.

Les tentations : Le curé d’Ars disait que : « Le démon ne tente que les âmes qui veulent sortir du péché et celles qui sont en état de grâce. Les autres sont à lui, il n’a pas besoin de les tenter ». Si vous avez des tentations sur un des 7 péchés capitaux, c’est que vous êtes sur un chemin de conversion ou en état de grâce.

Jésus lui-même a été tenté tout au long de son ministère public et jusqu’à sa mort (cf. sur internet le commentaire de Marie-Noëlle THABUT pour ce dimanche). Parmi les tentations les plus fortes qu’Il a vécues, il y a celles où au Jardin des Oliviers, le diable lui susurre que sa mission est un échec complet : « Tu viens sauver l’humanité, et c’est elle te condamne ! Tu as formé des disciples et ils t’ont tous abandonné ! » C’est la tentation du découragement et du désespoir. On peut également ajouter celles sur la croix : « Si tu es le Fils de Dieu, … ».

La place du Saint Esprit : La vie chrétienne est un combat spirituel. Plus on vit en Dieu, plus on se rend compte de ce qui ne va pas dans le monde et des tiraillements auxquels on est soumis. La Bible donne comme autre nom à l’Esprit Saint, celui de Défenseur, d’Avocat, de Paraclet. C’est Lui qui nous donne une telle confiance dans la lutte que rien ne peut nous atteindre, pas même la défaite. Les Pères du désert racontent qu’un moine qui tombait fréquemment dans le péché de la chair, avait pris l’habitude de se mettre immédiatement en prière après chaque chute. Une fois, après avoir commis la faute, il se leva tout de suite pour prier l’office. Le démon fut surpris de sa confiance en Dieu et lui apparut en lui disant : « Tu n’as pas honte de paraître devant Dieu dans cet état ? »  Le moine répondit : « Je jure que je ne me lasserai jamais de prier Dieu contre toi jusqu’à ce que tu ne cesses de me faire la guerre et nous verrons qui triomphera : toi ou Dieu ». Le démon cessa immédiatement de le tenter pour ne pas accroître sa couronne.

L’apôtre Paul nous dit en effet : « Vous n’avez pas reçu un esprit qui fait de vous des esclaves et vous ramène à la peur ; mais vous avez reçu un Esprit qui fait de vous des fils ; et c’est en lui que nous crions « Abba ! », c’est-à-dire : Père ! C’est donc l’Esprit Saint lui-même qui atteste à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu » (Rm 8, 15-16).

Il y a quelques années, j’ai été appelé pour bénir une maison dans laquelle il y avait des choses étranges qui se passaient. Après avoir prié et invoqué l’Esprit-Saint, j’ai demandé à la propriétaire si elle avait ressenti quelque chose pendant la prière. Elle m’a dit qu’elle venait de se rappeler qu’elle s’était un jour promis d’aller se confesser pour demander pardon à Dieu, mais qu’à ce jour, elle ne l’avait pas ! L’ayant revu près de deux ans plus tard, elle m’a certifié que tout était entré dans l’ordre chez elle et dans son cœur.

L’expérience de Jésus au désert nous montre que le combat contre l’esprit du mal se gagne avec la Parole de Dieu, car elle est véritablement le « glaive de l’Esprit Saint » (Ep 6, 17).

  • Si tu es tenté par l’esprit d’orgueil, répète : « Je ne cherche pas ma gloire » (Jean 8, 50) ou encore : « Qu’as-tu que tu n’aies reçu ? » (1 Cor 4, 7).
  • Si tu es tenté par l’esprit d’impureté, affirme : « Heureux les cœurs purs » (Mt 5, 8) Si tu es tenté par la rancune : « Pardonne 7 x 70 fois »

Pour terminer, je voudrais que nous puissions faire nôtre cette prière de Syméon le Nouveau Théologien: « Esprit Saint, viens consolation de ma pauvre âme (…) Vêtement éblouissant qui consumes les démons (…) demeure, ô Maître, et ne me laisse pas seul, afin que mes ennemis survenant, eux qui toujours cherchent à dévorer mon âme, te trouvent demeurant en moi et qu’ils prennent la fuite, en déroute, impuissants contre moi, en te voyant, toi plus puissant que tout, installé à l’intérieur, dans la maison de ma pauvre âme » (Hymnes de l’amour divin).

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