Jour de Noël

Jour de Noël

Nous venons d’entendre l’introduction de l’Évangile selon st Jean. On comprend mieux pourquoi, Jean l’évangéliste est représenté par un aigle, car c’est celui des 4 narrateurs qui a pris le plus de hauteur pour contempler le mystère de la personne de Jésus, vrai Dieu et vrai homme. Cela ne montre que la fête ou le mystère de Noël ne se comprend pas avec un seul texte biblique. Il nous faut plusieurs portes d’entrée. C’est la raison pour laquelle, la liturgie propose 4 messes de Noël différentes :

  • Celle de la veille au soir avec l’évangile de la généalogie de Jésus dans laquelle le verbe « engendrer » revient 42 fois comme une litanie, et cette généalogie est suivie de l’annonciation de l’ange à Joseph,
  • Puis il y a la messe de la nuit, où nous entendons le récit de la naissance de Jésus selon Luc avec son souci d’être précis sur le plan historique au niveau des dates, des lieux, des personnes. L’évangéliste souhaitait montrer que la naissance de Jésus est vraiment un événement historique, advenu en un temps et en un lieu précis. Noël n’est ni une émotion, ni une fable et Jésus n’est pas un mythe.
  • La messe de l’aurore avec l’arrivée des bergers à Bethléem (2, 1-20).
  • Enfin, il y a la messe du jour à laquelle vous assistez, où l’Église nous fait entendre le Prologue de saint Jean sur l’origine divine de Jésus. Le cœur du message en est le suivant : « Le Verbe s’est fait chair » (1,14). 

L’opercule de notre lunette s’oriente donc vers l’infiniment grand : « Au commencement était le Verbe, et le Verbe était avec Dieu et le Verbe était Dieu. (…)  Mais aussi sur l’infiniment petit : « Et le Verbe s’est fait chair et il a habité parmi nous, et nous avons contemplé sa gloire, gloire qu’il tient de son Père comme Fils unique, plein de grâce et de vérité » Jean (1-18). Vous me direz peut-être : « mais que Dieu est compliqué à connaître ! ». Je vous répondrai : « certes, mais Dieu est excellent pédagogue ! » C’est ce que nous rappelle l’auteur de l’épître aux Hébreux : « Après avoir, à bien des reprises et de bien des manières, parlé par les prophètes, Dieu en ces jours qui sont les derniers, nous a parlé par son Fils » (He 1,1-2).

Dieu n’a pas voulu rester étranger au monde qu’Il avait créé. Il s’est manifesté tout au long de l’histoire de l’humanité. C’est tout le sens de ce que nous appelons la Révélation. Il s’être laissé entrevoir par la Création. C’est ainsi que par la raison naturelle, l’homme peut connaître Dieu avec certitude à partir de ses œuvres. Mais il existe un autre ordre de connaissance que l’homme ne peut nullement atteindre par ses propres forces, c’est celui de la Révélation divine.

Aujourd’hui, grâce au Prologue, nous contemplons le mystère central de notre foi : l’Incarnation. Regardons, ce qui nous est dit de Jésus et comment Il agit pour nous ? (Je reprends cette classification à Olivier Belleil).

  1. Jésus est le Verbe. St Jean utilise le mot grec « le logos » qui revient 5x. Pour les contemporains de Jean le logos, c’est la parole et la pensée. Le Christ est donc à la fois la pensée et la parole de Dieu : « Qui me voit, voit le Père » (Jn 14, 9), « Le Père et Moi nous sommes un » (Jn 10, 30)
  2. Ce Verbe est Dieu et il en possède tous les attributs. Il est éternel, infini, omniscient (il sait tout) omnipotent (il peut tout) et parfait. Cette affirmation n’est pas reçue par le judaïsme et islam qui refusent la divinité du Verbe. « Je suis dans le Père et le Père est en Moi » (Jean 14, 11) « Vous croyez en Dieu, croyez aussi en Moi » (Jean 14, 1).
  3. Le Verbe est créateur. Même si nous professons dans le credo que la création revient au Père, le Verbe et l’Esprit y participent aussi. Rappelons-nous que l’Esprit plane sur les eaux et que Dieu parle au moment de la Création en utilisant le pluriel : « Faisons l’homme à notre image » (Genèse 1).
  4. Le Verbe est la Vie : Jésus dira qu’Il est « la Résurrection et la vie » (Jean 11, 25), qu’Il est venu pour que nous ayons la vie en abondance (Jean 10, 10)
  5. La lumière : « le Verbe était la lumière qui éclaire tout homme en venant dans le monde »
  6. Il vient dans le monde : par son Incarnation, à Noël.
  7. Malheureusement, il sera rejeté par l’homme, « Le monde ne l’a pas reconnu, les siens ne l’ont accueilli ». C’est le drame de l’amour de Dieu qui se propose et c’est le drame de l’homme qui fait son propre malheur
  8. Pour ceux qui lui ouvrent leur cœur, il y a deux Noëls : le 1er Noël, c’est le Verbe qui est venu dans le monde il y a 2000 ans. Le 2e Noël, c’est la naissance de Dieu dans mon âme : « A tous ceux qui L’ont accueilli, Il a donné pouvoir de devenir enfant de Dieu ». Il s’agit pour moi de recevoir et accueillir Jésus en moi, d’où l’importance du verbe croire.
  9. Le fruit de ce mystère « A tous qui l’ont reçu Il a donné le pouvoir devenir enfant de Dieu ». Noël c’est la fête de Jésus, mais c’est aussi ma fête, c’est une nouvelle naissance : il y a ma vie naturelle et la vie surnaturelle de tous ceux qui accueillent Dieu en eux et qui sont enfants de Dieu.
  10. Notre vocation : qu’avons-nous à faire sur cette terre ? Devenir ce que nous sommes : fils et filles de Dieu ! Notre mission c’est notre sanctification et en même temps faire découvrir aux autres ce qu’ils sont, ils sont bien plus que ce qu’ils croient être : bien plus que des mammifères évolués qui ont eu plus de chance que les autres, ils sont enfants, hommes et femmes divinisés

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *