Les livres de Samuel
Introduction
Retours nécessaires :
a) sur l’histoire d’Israël (Dates de la TOB)
- Les patriarches : – 1800 avant JC avec Abraham, Isaac et Jacob qui va prendre le nom d’Israël. Ils étaient d’origine nomade. (Genèse)
- Vers 1750-1250 av JC :Période assez longue de la mainmise de l’Egypte. Une population nommée Israël se retrouve plus de 400 ans en Egypte (4 livres du Pentateuque).
- Vers 1250 av JC : la sortie d’Egypte avec Moïse (Exode). 40 ans au désert (Nombres)
- Vers 1200 av JC : Josué entre avec 600 000 hommes dans la terre donnée par Dieu et la conquête du pays de Canan. (La question n’est pas de savoir si la Bible est vraie ; la question est de savoir ce que la Bible veut dire. Aux époques reculées de l’Ancien Testament, ce terme pouvait également s’employer pour parler, de façon approximative, d’un grand nombre de personnes.
Les tribus vont progressivement se sédentariser. C’est la période dont nous parlent les livres de Josué et des Juges. Les tribus sont installées des deux côtés du Jourdain mais c’est encore une période tribale. (livre de Josué)
- Vers 1200-1030 av JC : c’est le temps des Juges, qui suit la mort de Josué, période durant laquelle Israël tente d’émerger face aux populations cananéennes idolâtres et aux Philistins. Mais la situation se dégrade.
- Vers 1040 av JC : A l’époque de Samuel, la période des Juges n’est pas encore close. Nous allons passer progressivement d’une période tribale, à l’unification politique que constitue la royauté. En effet, bien implanté dans la montagne, Israël a du mal à s’imposer en plaine face aux Philistins qui présentent une force unie contre laquelle aucune tribu ne peut lutter isolément.
A travers un long processus dont le prophète Samuel sera la cheville ouvrière, Israël va faire un pas décisif vers une forme de pouvoir capable d’assurer l’unité des tribus autour d’un seul chef : le roi, même si Juda et Syméon, les deux tribus du Sud resteront un peu à part des 10 tribus du nord.
Le livre de Ruth en débutant par l’histoire d’Elimélek, homme de Juda, et se terminant par la généalogie du roi David, nous a montré comment Dieu préparait un roi selon son cœur.
(1030-1010 av JC, Saül. 1010-970 av JC, David. 970-931 av JC, Salomon)
Jusqu’à l’établissement définitif d’un roi, nous avons, dans le 1er livre de Samuel, une période de transition. Même les prêtres qui constituaient le point de contact entre le peuple et Dieu, sont pour la plupart infidèles et ne peuvent plus être le fondement des relations du peuple avec Dieu. Le Seigneur ne pouvait rester en relation avec le peuple par l’intermédiaire de ces prêtres corrompus. Alors Dieu, en la personne de Samuel, va se susciter quelqu’un de fidèle, qui pourra assurer le lien entre le peuple et Dieu (1 S 2,35). Samuel va exercer un pouvoir à la fois politique à la manière des juges et sur les tribus d’Israël, et une fonction religieuse, sacerdotale et prophétique, comme prêtre.
Tout cela explique pourquoi le 1er livre de Samuel débute par la tribu de Lévi, qui pour avoir soutenu Moïse après l’incident du Veau d’Or, avait reçu de Dieu la charge sacerdotale.
b) Silo et l’Arche d’Alliance
Dieu dans le désert, avait demandé à Moïse que soit fabriquée pour son culte l’Arche d’Alliance, ce coffre qui contenait les tables de la loi, un pot contenant de la manne et le bâton d’Aaron, trois choses qui représentaient un des aspects de la présence et de l’aide de Dieu au milieu de son peuple.
Sous Josué, l’arche d’Alliance avait été déposée à Silo « Toute la communauté des fils d’Israël s’assembla à Silo et on y installa la tente de la rencontre. Le pays leur était soumis » (Jos 18, 1).
Silo était ainsi devenu le sanctuaire le plus important d’Israël, doté d’un clergé permanent. Leur groupe était séparé du monde afin de servir Dieu. Les prêtres offraient et préparaient les sacrifices d’animaux apportés par le peuple. Le sanctuaire de Silo revêtait une importance similaire à celle qu’aura par la suite le Temple de Jérusalem.
Chaque année, tous les Israélites hommes étaient tenus de se rendre à Silo à l’occasion des trois grandes fêtes de pèlerinage. (Pessah « la Pâque », Chavouot « Pentecôte », et Souccoth qui commémorait les 40 ans au désert).
- Les livres de Samuel
- Dans la bible hébraïque et donc dans la TOB, ils font partie des livres prophétiques.
- Dans la bible de la liturgie vous trouverez les livres de Samuel dans les livres historiques, après les livres des Juges et de Ruth. On considère que le livre de Ruth est en quelque sorte une introduction à Samuel, en raison de ce qui se prépare au niveau de la royauté. Rappelons-nous le dernier verset qui est la généalogie du roi David. Les livres des Rois suivent les livres de Samuel.
À l’origine, il n’existait qu’un seul livre de Samuel la division en deux livres est assez récente. Le milieu du livre se trouvait à la fin du chapitre 28, au verset 24. (le 1er livre compte 31 chapitres). Nous aurons la même chose pour les livres des rois.
Le titre de Samuel reflète la tradition rabbinique qui donnait Samuel pour auteur. 1 Chroniques 29,29, parle d’un livre de Samuel, laisse penser que le prophète en rédigea une partie. « Les actions du roi David, des premières aux dernières, cela est écrit dans les Actes de Samuel le voyant, dans les Actes de Nathan le prophète, et dans les Actes de Gad le voyant », ne signifie pas que Samuel en soit l’auteur en effet, sa mort est déjà racontée dans 1 S 25, mais il en est le héros principal.
On considère aujourd’hui que les livres de Samuel sont le fruit de rédactions successives ce qui explique les nombreuses répétitions que l’on y trouve.
Cet ouvrage nous renseigne :
- Sur la royauté : en Israël, le vrai roi c’est Dieu.
- Sur terre, le roi par excellence sera David (Cf la préparation du livre de Ruth)
- La naissance et les premières années de Samuel
Les chapitres 1 à 3 du premier livre de Samuel nous offrent plusieurs textes connus car nous les entendons à différents moments de l’année liturgique.
- Une naissance miraculeuse
Tout d’abord, les conditions de sa naissance nous sont expliquées en détail. Nous nous souvenons que dans la bible, cela annonce un personnage important.
« IL Y AVAIT UN HOMME de la ville de Rama, dans la montagne d’Éphraïm ; il s’appelait Elcana, fils de Yéroham, fils d’Éliou, fils de Tohou, fils de Souf ; c’était un Éphratéen. Cet homme avait deux femmes. L’une s’appelait Anne, l’autre Peninna. Peninna avait des enfants, mais Anne n’en avait pas. Chaque année, Elcana montait de sa ville au sanctuaire de Silo pour se prosterner devant le Seigneur de l’univers et lui offrir un sacrifice. C’est à Silo que résidaient, comme prêtres du Seigneur, les deux fils d’Éli, Hofni et Pinhas. Un jour, Elcana offrait le sacrifice ; il distribua des parts de la victime à sa femme Peninna, à tous ses fils et à toutes ses filles. Mais à Anne, il donna une part de choix car il aimait Anne, que pourtant le Seigneur avait rendue stérile. Sa rivale cherchait, par des paroles blessantes, à la mettre en colère parce que le Seigneur l’avait rendue stérile. Cela recommençait tous les ans, quand Anne montait au sanctuaire du Seigneur : Peninna cherchait à la mettre en colère » (1S 1-9).
L’histoire de Samuel commence avec force précisions, par la présentation de son père Elcana, nous avons même droit aux quatre dernières générations de sa famille.
- Elcana dont le nom signifie « Dieu a créé » ou « Dieu a établi », était un Lévite de la lignée du rebelle Coré (Nb 16,1-3), cousin de Moïse et Aaron, qui avait essayé, avec 250 hommes de prendre la place de Moïse pour diriger les Hébreux, dans le désert. Elcana étant un lévite, il pouvait lui aussi offrir les sacrifices à Silo. Nous sommes dans un milieu sacerdotal.
- Nous avons ensuite Anne, la femme d’Elcana, qui était stérile, comme la plupart des épouses des patriarches.
- Et nous avons Peninna, la deuxième femme, qui elle avait des enfants. A l’époque, ne pas avoir d’enfants était la plus grande des calamités. Elcana avait donc pris une deuxième femme pour avoir une descendance. La polygamie n’était pas approuvée par Dieu, mais elle était tolérée. Cf Dt 21,15-17).
Anne accumule donc les malheurs.
- elle est stérile,
- elle doit partager son mari avec une autre
- cette autre qui s’appelle Peninna a des enfants, elle.
- Peninna la tourmente.
Alors un jour, elle ne supporte plus tout cela. Durant un pèlerinage à Silo, elle se réfugie à l’intérieur du sanctuaire, elle pleure, elle prie, et elle fait une promesse à Dieu : regardons un peu plus en détail cette prière que la liturgie nous propose le premier lundi du temps ordinaire, en année paire :12 janvier 2026
| Anne pleura et ne voulut rien manger. Son mari Elcana lui dit : « Anne, pourquoi pleures-tu ? Pourquoi ne manges-tu pas ? Pourquoi ton cœur est-il triste ? Et moi, est-ce que je ne compte pas à tes yeux plus que dix fils ? » Anne se leva, après qu’ils eurent mangé et bu. Le prêtre Éli était assis sur son siège, à l’entrée du sanctuaire du Seigneur. Anne, pleine d’amertume, se mit à prier le Seigneur et pleura abondamment. Elle fit un vœu en disant : « Seigneur de l’univers ! Si tu veux bien regarder l’humiliation de ta servante, te souvenir de moi, ne pas m’oublier, et me donner un fils, je le donnerai au Seigneur pour toute sa vie, et le rasoir ne passera pas sur sa tête. » Tandis qu’elle prolongeait sa prière devant le Seigneur, Éli observait sa bouche. Anne parlait dans son cœur : seules ses lèvres remuaient, et l’on n’entendait pas sa voix. Éli pensa qu’elle était ivre et lui dit : « Combien de temps vas-tu rester ivre ? Cuve donc ton vin ! » Anne répondit : « Non, mon seigneur, je ne suis qu’une femme affligée, je n’ai bu ni vin ni boisson forte ; j’épanche mon âme devant le Seigneur. Ne prends pas ta servante pour une vaurienne : c’est l’excès de mon chagrin et de mon dépit qui m’a fait prier aussi longtemps. » Éli lui répondit : « Va en paix, et que le Dieu d’Israël t’accorde ce que tu lui as demandé. » Anne dit alors : « Que ta servante trouve grâce devant toi ! » Elle s’en alla, elle se mit à manger, et son visage n’était plus le même. | Manifestement Elcana ne comprend pas l’ampleur des souffrances de sa femme. Il n’en comprend pas la cause. Anne reste seule. Anne vient à Dieu avec un esprit brisé un cœur brisé et humilié. « Le sacrifice qui plaît à Dieu, c’est un esprit brisé ; tu ne repousses pas, ô mon Dieu, un cœur brisé et broyé » (Ps 50,19). Elle promet à Dieu que s’il exauce sa prière, elle lui donnera son fils, qu’il sera consacré comme nazir, et à vie. Cela nous rappelle quelque chose : ne pas se couper les cheveux et la barbe faisait partie des pratiques de ceux qui faisaient vœu de Naziréat (Cf Samson). Ils devaient aussi s’abstenir d’alcool, de raisins et de toucher un cadavre. Face à la prière humble et sincère de cette femme nous avons les paroles choquantes du prêtre Éli qui ne sait même pas reconnaître une femme qui prie, d’une femme ivre. Cela nous renseigne sur les mœurs de l’époque. Certains faisaient une grosse fête et venaient ensuite cuver leur vin dans le parvis même du sanctuaire. Après avoir compris la situation Eli bénit Anne. Suite à son entretien avec le grand-prêtre qui lui donne une parole qui la libère, qui déverrouille sa stérilité, comme Sarah a reçu la sienne, aux chênes de Mambré, avec la visite inattendue des messagers. (Gn 18,10). |
Nous avons la conclusion de tout cela aux versets 19 et 20 : « Le lendemain, Elcana et les siens se levèrent de bon matin. Après s’être prosternés devant le Seigneur, ils s’en retournèrent chez eux, à Rama. Elcana s’unit à Anne sa femme, et le Seigneur se souvint d’elle. Anne conçut et, le temps venu, elle enfanta un fils ; elle lui donna le nom de Samuel (c’est-à-dire : Dieu exauce) car, disait-elle : « Je l’ai demandé au Seigneur. »
- Samuel est conduit à Silo
Nous n’avons pas de détails sur la façon dont l’enfant grandit, le texte met l’accent sur le fait qu’Anne se concentre sur l’allaitement jusqu’à ce que l’enfant soit sevré. Le mot revient 4 fois de façon très rapprochée, comme si ce moment était un objectif.
Ce qui compte pour elle, c’est la consécration qu’elle a fait de son fils. C’était un trésor dont elle avait la charge et qu’elle ne voulait pas quitter un instant jusqu’à ce qu’elle le remette à Celui qui le lui avait confié. C’est pour Dieu qu’elle le nourrissait et lui donnait tous ses soins. Elle fait passer Dieu avant tout, y compris avant son fils, comme l’avait fait Abraham autrefois Gn 22.
« Lorsque Samuel fut sevré, Anne, sa mère, le conduisit à la Maison du Seigneur, à Silo ; l’enfant était encore tout jeune. Anne avait pris avec elle un taureau de trois ans, un sac de farine et une outre de vin. On offrit le taureau en sacrifice, et on amena l’enfant au prêtre Éli. Anne lui dit alors : « Écoute-moi, mon seigneur, je t’en prie ! Aussi vrai que tu es vivant, je suis cette femme qui se tenait ici près de toi pour prier le Seigneur. C’est pour obtenir cet enfant que je priais, et le Seigneur me l’a donné en réponse à ma demande. À mon tour je le donne au Seigneur pour qu’il en dispose. Il demeurera à la disposition du Seigneur tous les jours de sa vie. » Alors ils se prosternèrent devant le Seigneur » (1S 1,24-28).
| Liturgie | TOB |
| Lorsque Samuel fut sevré, Anne, sa mère, le conduisit à la Maison du Seigneur, à Silo ; l’enfant était encore tout jeune. Anne avait pris avec elle un taureau de trois ans, un sac de farine et une outre de vin. 25 On offrit le taureau en sacrifice, et on amena l’enfant au prêtre Éli. | Lorsqu’elle l’eut sevré, elle le fit monter avec elle, avec trois taureaux, une mesure de farine et une outre de vin ; elle le fit entrer dans la Maison du SEIGNEUR à Silo, et l’enfant devint servant. 25 Ils immolèrent le taureau et amenèrent l’enfant à Eli. – |
Dans la façon dont le verset en gras est construit, nous comprenons qu’Anne s’apprête à faire deux sacrifices au Seigneur :
- Le taureau de 3 ans, (ou les 3 taureaux dans certaines traductions. Ratner estime que le mot « taureau » dans 1 Samuel 1,25 est utilisé comme un collectif et qu’il doit être compris comme signifiant les trois taureaux). Le taureau désigne alors celui des trois qui serait entièrement brûlé pour l’holocauste. Samuel, bien qu’enfant, était un pécheur et il avait besoin d’un sacrifice pour approcher Dieu.
- Un second taureau était peut-être un sacrifice pour le péché, et le troisième un sacrifice de prospérité. C’étaient des sacrifices et des offrandes à l’Éternel pour la consécration à Dieu du petit Samuel (Nb. 8,8-12). Dieu avait dit : « On ne paraîtra pas à vide devant ma face » (Ex 23,15, 34,20). . Un second taureau était peut-être un sacrifice pour le péché, et le troisième un sacrifice de prospérité. Dans ce dernier, celui qui offrait pouvait, avec sa famille, manger une partie de la chair.
- L’enfant qui devait avoir lui aussi 3 ans puisque à cette époque, l’allaitement maternel se prolongeait trois années. (// Abraham). Elle se sépare de son fils unique, donné par Dieu même, de celui qu’elle avait « demandé à Dieu », montrant ainsi que pour elle Dieu a plus de prix que ce fils tant désiré.
Anne raconta alors à Eli comment Dieu avait répondu à sa prière, et comment elle désirait que son enfant soit dès ce jour consacré à Dieu.
- La prière d’action de grâce d’Anne
Alors le chapitre 2 s’ouvre sur ce que l’on appelle parfois « le Magnificat de l’Ancien Testament », dans lequel Anne rend grâce à Dieu dans une longue prière d’action de grâce.
Le fait que cette prière n’arrive que lorsque Anne a donné son fils, et pas après la naissance, nous donne l’impression que ce moment où elle donne son enfant au Seigneur est plus important que sa naissance.
« Et Anne fit cette prière : Mon cœur exulte à cause du Seigneur ; mon front s’est relevé grâce à mon Dieu ! Face à mes ennemis, s’ouvre ma bouche : oui, je me réjouis de ton salut ! Il n’est pas de Saint pareil au Seigneur. – Pas d’autre Dieu que toi ! Pas de Rocher pareil à notre Dieu ! Assez de paroles hautaines, pas d’insolence à la bouche. Le Seigneur est le Dieu qui sait, qui pèse nos actes. L’arc des forts est brisé, mais le faible se revêt de vigueur. Les plus comblés s’embauchent pour du pain, et les affamés se reposent. Quand la stérile enfante sept fois, la femme aux fils nombreux dépérit. Le Seigneur fait mourir et vivre ; il fait descendre à l’abîme et en ramène. le Seigneur rend pauvre et riche ; il abaisse et il élève. De la poussière, il relève le faible, il retire le malheureux de la cendre pour qu’il siège parmi les princes, et reçoive un trône de gloire. Au Seigneur, les colonnes de la terre : sur elles, il a posé le monde. Il veille sur les pas de ses fidèles, et les méchants périront dans les ténèbres. La force ne rend pas l’homme vainqueur : les adversaires du Seigneur seront brisés. Le Très-Haut tonnera dans les cieux ; le Seigneur jugera la terre entière. Il donnera la puissance à son roi, il relèvera le front de son messie » (1S 2,1-10) .
Texte que la liturgie nous propose en guise de psaume le même jour que la prière d’Anne, cette année mardi 13 janvier, premier mardi semaines paires.
Les paroles nous rappellent bien sûr le Magnificat de la vierge Marie (Luc 1,46-55) quand elle rend visite à sa cousine Élisabeth, mère de Jean-Baptiste.
Nous avons ici un exemple du lien qui unit l’Ancien et le Nouveau Testament, Luc a probablement été influencé par la prière d’Anne en écrivant son évangile « Mon cœur exulte à cause du Seigneur » Samuel / mon âme exalte le Seigneur, exulte mon esprit en Dieu mon Sauveur… » st Luc.
Nous retrouvons deux grands thèmes communs aux paroles de ces deux femmes :
- 1) Les pauvres et petits sont secourus au détriment des riches et puissants la grâce souveraine et la puissance de Dieu, qui abaisse l’orgueilleux et celui qui met sa confiance en la chair, et relève le faible et l’impuissant, « car les piliers de la terre sont à l’Éternel et sur eux il a posé le monde ».
- 2) Israël fait l’objet de la faveur de Dieu, conformément à la promesse faite à Abraham puis à sa descendance.
Le v. 10 prédit, comme nous l’avons vu, la venue du Messie, du vrai Roi. Dieu élèvera la corne de son Oint. Être associé directement avec Lui, telle est la puissance accordée à Anne au v. 1 : « Ma corne est élevée en l’Éternel ».
« Elcana repartit chez lui à Rama, tandis que l’enfant demeurait au service du Seigneur, en présence du prêtre Éli. »
On nous parle d’Elcana qui rentra chez lui, mais pas d’Anne par contre nous apprendrons plus loin que : « Sa mère lui faisait chaque année un petit manteau qu’elle lui apportait quand elle montait avec son mari pour offrir le sacrifice annuel ». L’enfant portait un pagne de lin, comme Eli, et assurait le service en présence du Seigneur.
Il nous est également dit qu’Anne enfantera par la suite trois fils et deux filles.
- Le grand prêtre Eli
« L’enfant demeurait au service du Seigneur, en présence du prêtre Éli. Or les fils d’Éli étaient des vauriens qui ne connaissaient pas le Seigneur ».
Voilà cet enfant offert à Dieu par sa maman, confié à Éli dont on nous dit que ses propres fils étaient des vauriens. Quel contraste !
Regardons qui est le prêtre Eli : Il est un descendant d’Aaron, à la fois Juge et Grand Prêtre.
Le grand prêtre était le chef religieux suprême des Israélites. L’un de ses rôles consistait à superviser les responsabilités de tous les prêtres subordonnés (2 Chroniques 19,11). Seul le grand prêtre pouvait porter l’urim et le thummin (pierres gravées en forme de dés utilisées pour déterminer le vrai et le faux). C’est pourquoi le peuple hébreu se rendait auprès du grand prêtre pour connaître la volonté de Dieu.
Eli était un brave homme, mais il était faible, désengagé de l’éducation de ses fils qui, bien que prêtres eux aussi, avaient mal tourné. Un peu plus loin, on apprend qu’ils sont en réalité des « fils du diable » qui se rendent coupables d’abus de pouvoir auprès des fidèles.
Au lieu de se contenter de la portion des sacrifices que la loi de Moïse leur assignait, ils exigeaient du peuple et prenaient même de force les meilleurs morceaux choisis à leur gré, et même ce qui était exclusivement réservé à l’Éternel, c’est-à-dire la graisse. De toutes les offrandes d’Israël. et la conséquence de leur manière de faire est que le peuple n’avait plus de respect pour les choses saintes.