17e DIM TOB

17e DIM TOB

D’où partons-nous ? Ces derniers dimanches dans l’évangile de st Marc, nous avons vu Jésus guérir une femme atteinte de perte de sang depuis 12 ans et rendre la vie à une jeune fille de 12 ans. Jésus a été confronté aux manques de foi des habitants de Nazareth, mais loin de se résigner à cet échec, il a envoyé ses disciples en mission. Ceux-ci sont revenus tout joyeux de voir que dans le Nom de Jésus, des miracles puissants étaient accomplis. Jésus les invite donc à une relecture et un temps de recul pour se poser et se reposer. C’est là qu’ils voient la foule arriver et que l’Eglise nous propose de continuer l’histoire en lisant le récit de la multiplication des pains en Jn 6. Nous resterons sur ce ch.6 durant 5 dimanches, car il nous permettra de lire l’explication que Jésus donne lui-même à ce geste.

Le parallèle entre la 1ère lecture (2 Rois 4, 42-44) et l’évangile (Jn 6, 1-15) : tous deux décrivent une situation de pénurie. Au temps du prophète Elisée, il y avait une famine liée à une période de sécheresse. Les hommes étaient rassemblés pour la prière, mais à jeun. Les vingt pains d’orge représentaient le 10ème, la dîme, de la pauvre moisson qu’un homme venait d’apporter au prophète.

  • Comment est-ce que je réagis en période de pénurie : est-ce que je suis prêt à partager le peu que j’ai où est-ce que je montre les griffes parce que je ne pense d’abord qu’à moi ?

A vue humaine, ces pains étaient insuffisants, puisque le serviteur d’Elisée s’exclama : « Comment donner cela à cent personnes ? » Elisée insiste cependant et promet : « On mangera et il en restera ».

Dans l’évangile, la notoriété de Jésus par rapport aux miracles qu’il accomplit, a fait se rassembler une foule d’environ 5000 hommes, sans compter les femmes et les enfants. Ces gens ont entendu dire dans toute la région que Jésus guérissait. Ils veulent bénéficier de ses pouvoirs de guérison. Jésus ne les rejette pas, mais au lieu de rester dans la plaine, il décide de gravir la montagne. La vie chrétienne demande toujours un petit effort pour suivre le Christ et recevoir ce qu’Il veut nous donner.

Une fois au sommet de la montagne, Jésus aurait pu se contenter de donner son enseignement, mais il voit que certains sont sur le point de défaillir, car ils n’ont rien mangé depuis longtemps. Ici, arrêtons-nous un moment pour admirer Jésus qui se préoccupe de la santé et de la fatigue des personnes qui sont devant lui.

  • « Où pourrions-nous acheter du pain pour qu’ils aient à manger ? »

Cette question, Jésus continue de nous la poser pour nous-mêmes, pour nos proches et pour ceux qu’il nous demande d’aimer.

En effet, tout comme Philippe et André, nous nous trouvons, par rapport à notre bénévolat dans la société et dans l’Eglise, sur le plan paroissial ou communal, devant une tâche démesurée, disproportionnée à nos forces. Pensons à la rentrée qui s’annonce dans 5 – 6 semaines :

  • Les enfants et les jeunes à catéchiser et les catéchistes à trouver
  • Les personnes malades à visiter et les visiteurs à trouver, sans oublier les bâtiments à entretenir et les réparations à payer, etc…

À bien des niveaux, il y a des bonnes volontés, de l’aide çà et là, des dons et des idées mais les nécessités ou les urgences de la mission apparaissent, sans proportion avec les ressources que nous pouvons avoir : « mais qu’est-ce que cela pour tant de monde ! » 

Emerveillons-nous de l’attitude de ce jeune garçon qui imite l’amour du Christ après l’avoir écouté et qui lui apporte ses cinq pains et ses deux poissons. Imitons également Jésus qui rend grâce pour si peu.   

Trois tentations :

Pour les apôtres : dans l’évangile // en st Mc 6, 36 « L’endroit est désert et déjà l’heure est tardive. Renvoie-les : qu’ils aillent dans les campagnes et les villages des environs s’acheter de quoi manger. »

Les apôtres sont tentés de séparer en l’homme, la dimension religieuse de la dimension matérielle. Or ce n’est pas un hasard si la présentation de l’Eucharistie commence par le récit de la multiplication des pains. La Bible veut ainsi nous faire comprendre que l’on ne peut séparer, en l’homme, la dimension religieuse de la dimension matérielle :

  • On ne peut pourvoir à ses besoins spirituels et éternels sans, dans le même temps, se préoccuper de ses besoins terrestres et matériels. (Parler de Dieu et oublier les besoins primaires : la nourriture et la santé du corps)
  • Et inversement, on ne peut se préoccuper de ses besoins terrestres et matériels sans en même temps pourvoir à ses besoins spirituels et éternels : (‘donner à manger, mais sans aider les gens à avoir un sens moral et spirituel à leur vie.

La tentation de la foule : faire de Jésus un roi. Le projet de la foule pouvait être de s’emparer de Jésus malgré lui pour le conduire à Jérusalem afin de le couronner. En effet, ce n’est plus la peine dans ce cas de travailler ou de se fatiguer pour trouver de la nourriture. Si cette interprétation est juste, le danger est réel. En effet, l’évangile se méfie de la foule et de son instinct grégaire. Il suffit de se rappeler que ce sont les mêmes personnes qui ont acclamé Jésus lors de son entrée dans Jérusalem et qui ont demandé quelques jours plus tard sa mort en échange de l’exemption de Barrabas.  

La tentation de Jésus : la domination sur le monde. C’est ce que le diable lui propose déjà dans le récit de la tentation des évangiles de Mt (4, 8-10) et de Luc, le diable propose à Jésus la domination. « Alors le diable l’emmena plus haut et lui montra en un instant tous les royaumes de la terre. Il lui dit : « Je te donnerai tout ce pouvoir et la gloire de ces royaumes, car cela m’a été remis et je le donne à qui je veux. Toi donc, si tu te prosternes devant moi, tu auras tout cela. » Jésus lui répondit : « Il est écrit : C’est devant le Seigneur ton Dieu que tu te prosterneras, à lui seul tu rendras un culte. » (Lc 4, 5-8). Comment Jésus réagit face à cette tentation ?  

  • Jésus laisse les apôtres ramasser les restes « Rassemblez les morceaux en surplus, pour que rien ne se perde » et récolter les mercis : « Que ta main gauche ignore ce que donne ta main droite » (Mt 6, 3).
  • Il se retira de nouveau sur la montagne seul : comme réponse à la foule, il se retrouve dans la solitude, sur la montagne pour prier. Face aux tentations de puissance que nous connaissons tous, Jésus propose le face-à-face, seul à seul, avec Dieu. « Mais toi, quand tu pries, retire-toi dans ta pièce la plus retirée, ferme la porte, et prie ton Père qui est présent dans le secret ; ton Père qui voit dans le secret te le rendra » (Mt 6,6). Cette quête de solitude au moment où on veut le faire roi évoque le combat spirituel de Jésus.

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