4e dimanche Avent
Souvent, frères et sœurs nous avons une idée si déformée de Dieu que nous croyons que les histoires bibliques n’appartiennent qu’au passé et ne peuvent en aucun cas concerner nos vies. Je voudrais donc parcourir l’évangile de ce dimanche et voir avec vous comment il peut être actualisé dans notre quotidien.
Nazareth : Vous avez remarqué que dans la 1ère lecture, la scène entre le prophète Nathan et le roi David se passe dans le palais royal situé dans la capitale. Dans l’Évangile, c’est au sein d’un tout petit village de rien du tout, que Dieu choisit de se révéler à Marie et recueillir son « oui ». Dieu nous enseigne par-là qu’Il nous rejoint dans notre humble quotidien. Pensons à Bernadette à qui Marie est apparue alors qu’elle cherchait du bois, ou à Lucie de Fatima qui, un jour, a vu Jésus-Enfant lorsqu’elle sortit les poubelles de son couvent.
Voyons maintenant la salutation de l’ange Gabriel : « Je te salue, comblée de grâce ». Elle est magnifique, non ? Les anges parlent un beau langage, non seulement parce qu’ils s’adressent à la mère de Dieu mais parce qu’ils sont les messagers du Très-Haut. Apprenons d’eux à soigner notre langage. Pensons aux personnes que nous aimons plus ou moins (les fameuses pièces rapportées), et que nous croiserons en ces jours de fête. Quelle que soit notre degré de sympathie, veillons à ce que notre langage soit beau, chargé de cette force aimante qui manifeste la présence de Dieu en nos âmes.
« Tu as trouvé grâce auprès de Dieu » sous-entendu : « Tu plais à ton Seigneur, merci pour ce que tu es ». Je pense au pasteur Bruno Picard qui signe tous ses mails par deux mots : « Merci d’exister ». Au ciel, j’espère que nous entendrons tous, ce merveilleux compliment de Dieu : « Tu as plu au Seigneur ».
Venons-en maintenant à l’un des points communs qu’il y a entre la 1ère lecture et l’évangile. Ces deux textes se rejoignent sur la question de la Demeure de Dieu. Le Roi David, qui s’était fait construire un beau palais, souhaitait que l’Arche d’Alliance, symbole de la présence de Dieu au sein de son peuple, demeure dans un temple digne de ce nom pour que les Israélites puissent Le rencontrer. Par la parole du prophète Nathan, le Seigneur récompensa David pour sa sollicitude en lui promettant que sa royauté subsisterait à jamais.
Les Pères de l’Église ont vu en Marie, la nouvelle arche d’alliance, le nouveau temple de Dieu. L’Arche d’alliance était en effet couverte d’or et enveloppée de la nuée, la gloire de Dieu. Or saint Luc nous dit que l’Esprit Saint recouvrit Marie de son ombre (Lc 1,35). Elle est couverte de toute part des feux de l’Esprit.
Par son oui, Marie devient le nouveau lieu de la présence divine. Elle porte en elle Jésus, le Verbe incarné. De la même façon que dans l’arche d’alliance il y avait les tables de la Loi (les 10 commandements) et de la manne, ce pain descendu du ciel pendant les 40 ans passés dans le Désert, ainsi Marie est celle qui a reçu en elle le pain de la vraie vie, la nouvelle manne, le Christ.
Face à cette comparaison, il y a plusieurs attitudes possibles : voir uniquement cela comme du passé, ou être dépité parce que nous n’avons pas vécu à cette période.
La Bonne nouvelle, c’est que Dieu continue d’avoir besoin d’une demeure digne de ce nom : notre cœur ! A ce propos, je voudrais vous rappeler deux épisodes
- Le 1er : des gens viennent dire à Jésus : « Ta mère et tes frères sont dehors, qui te cherchent », Jésus leur répond : « Qui sont ma mère et mes frères ? Ce sont ceux qui écoutent la Parole et qui la mettent en pratique ». Marie est Sa mère parce qu’elle écoute la Parole et qu’elle la met en pratique ;
- Le second : une femme dit à Jésus : « Heureux le ventre qui t’a porté et le sein qui t’a allaité », Jésus répond : « Bienheureux plutôt ceux qui écoutent la Parole et qui la mettent en pratique ». Marie apparaît comme l’exemple de celui qui écoute et qui met en pratique ce qu’il écoute.
Peu de temps avant d’être arrêté, Jésus a eu ces paroles : « Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole ; mon Père l’aimera, nous viendrons vers lui et, chez lui, nous nous ferons une demeure » (Jn 14, 23).
Dans le livre de l’Apocalypse, Il affirme :« Voici que je me tiens à la porte, et je frappe. Si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui ; je prendrai mon repas avec lui, et lui avec moi. » (Ap 3, 20).
Ces exemples nous montrent que Dieu souhaite encore et toujours une demeure comme celle envisagée par le Roi David et celle offerte par Marie. Lui faire une place pour qu’Il puisse venir habiter dans nos vies n’est pas facile, mais cela ne l’était pas non plus pour David ou pour Marie. Pour y arriver, il nous faut répondre comme la Vierge : « Voici la servante du Seigneur ». Être servante ce n’est perdre sa liberté mais c’est vivre dans l’intimité d’un autre. Comme David et Marie, décidons de coopérer et nous nous rendrons compte que de grandes choses peuvent se produire par notre « oui » si nous nous conformons aux plans de Dieu. Craignons juste qu’au moment où Dieu passe nous ne nous en rendions pas compte et le laissions passer.