12e Dim TO
A l’occasion de la 1ère communion de 6 enfants et du baptême d’un 7e enfant (Mt 10, 26-33)
Chers enfants, Jésus adresse les paroles que je vous ai lues juste après avoir appelé les Douze apôtres pour les envoyer en mission. Ces Douze vous connaissez leur prénom, au moins les plus importants : Pierre, Jacques, Jean, André. Les adultes se rappellent peut-être plus de Thomas puisque beaucoup s’identifient à lui lorsqu’il a dit : « Si je ne vois pas, … je ne croirai pas » (Jn 20, 25). Par moment, nous sommes un peu tous comme lui.
Ceux qui connaissent un peu la vie de Jésus se souviennent de Judas, celui qui pour 30 pièces d’argent a vendu Jésus. Enfin, il y a tous les autres qui sont sur l’écran.
Jésus les envoie donc en mission et peut-être qu’aujourd’hui il pourrait vous envoyer, vous les enfants qui faites votre première communion aujourd’hui. Nous pourrions mettre vos prénoms car, de par le baptême et la compréhension que vous avez eu durant ces deux années, vous savez que l’on ne vit pas sa foi en la mettant dans un mouchoir ou dans la poche. La foi, si on la vit dans la joie, doit se communiquer. C’est pour cela que normalement, c’est dans la famille que ça commence, avec votre papa, votre maman, vos parrains et marraines et puis aussi vos grands-parents. Souvent, ce sont les grands-parents qui apprennent à prier.
Aujourd’hui, dans cet envoi en mission, Jésus dit que ça ne se passera pas toujours très bien. Il est clair qu’il y aura des portes qui se fermeront, des gens qui se moqueront. Peut-être que cela vous est déjà arrivé à l’école, à vous les enfants qui suivez les cours de religion. Certains sourient parfois en disant : « Jésus n’existe pas, ça sert à rien de croire en Dieu et de prier ». C’est de plus en plus fréquent.C’est aussi le cas au lycée. Il n’y a pas si longtemps que cela, j’ai demandé à un petit groupe qui se réunit une fois par mois, combien dans leur classe sont chrétiens. Une adolescente m’a dit : « Moi je ne sais pas parce qu’en fait, on n’en parle pas ». Une autre a dit : « Je pense qu’on doit être 3 ou 4, pas plus, sur 30 ».
Pour vous les adultes, c’est probablement pareil, vous n’en parlez pas parce que vous êtes un peu gênés. Pour ceux dont vous savez qu’il y a une appartenance à l’Eglise, vous ne devez pas être très nombreux aujourd’hui.
Aujourd’hui, Jésus nous dit qu’il y a deux choses en nous où l’on peut nous porter atteinte.
Le corps et l’âme : « Ne craignez pas ceux qui tuent le corps sans pouvoir tuer l’âme » (Mt 10, 28). Tout au début du christianisme, Jésus et les premiers chrétiens ont été suppliciés. Pendant trois siècles, il y a eu des persécutions, avec Néron et tant d’autres empereurs qui ont fait tout leur possible pour empêcher le christianisme de se développer. Jésus nous dit que dans la vie il y a des choses qui peuvent tuer le corps et l’âme.
Souvent les parents sont sensibles à l’équilibre alimentaire, mais parfois aussi ils vous disent : « Les écrans, ça suffit ! » Pour les adolescents, c’est parfois l’alcool, le tabac ou d’autres choses que l’on fume et qui sont encore plus nocives comme certaines fréquentations. Pour un certain nombre aussi, il y a tout ce qui touche à la pornographie, des images sales sur l’amour qui abiment le cœur, qui laissent des traces dans la mémoire et dénaturent l’amour humain. Et parfois on se demande comment certains drames arrivent dans la société, et l’on oublie qu’il y a des télévisions dans les chambres des enfants, des écrans qui ne sont pas bridés. Il est donc important de se réaliser que s’il y a des choses qui tuent le corps et l’âme, peut-être qu’en tant qu’adulte, j’ai aussi à réagir. J’ai à avoir une juste attitude et ne pas tout accepter, parce que l’âme est le lieu, le jardin secret du cœur. C’est là que Dieu habite et toi, Rémi, qui tout à l’heure sera baptisé, tu pourras entendre dans ton cœur Dieu te dire : « Tu es mon petit garçon bien-aimé », parce que tu lui appartiendras totalement.
Souvent, nous oublions que le corps n’a qu’un temps. Il y a ici beaucoup de personnes plus jeunes que moi ; souvent, nous sommes très portés sur l’apparence, les canons de la beauté. Peut-être que depuis quelques semaines déjà, quelques-unes se disent : « Il faut que je rentre dans mon maillot de bain ; quand je serai sur la plage, il faut que je sois filiforme et bien bronzée partout. Ou bien parfois, on rencontre des messieurs qui ont un abonnement à Liberty gym et qui font quelques séances pour que, sur la plage, au bord de la piscine ou face aux collègues.
Mais on oublie une chose, c’est que le corps prend des rides. On prend du poids, on perd des cheveux. Un de mes professeurs disait : « Dans le temps j’étais jeune et beau, maintenant il n’y a plus que le « et » qui reste ». Ça nous arrive tous. Je me souviens d’une petite grand-mère, 80 ans passés, qui, voyant une demoiselle bien pimpante, m’a dit : « Vous savez, moi aussi, à l’époque, j’étais très belle » !
C’est important pour nous de ne pas seulement miser toute notre vie sur les choses passagères. C’est le danger que Jésus pointe dans notre vie, surtout dans un monde où l’on poste beaucoup de choses sur les réseaux sociaux. On se prend en selfie, dans telle ou telle position, dans telle tenue. Jésus nous dit : « Ce n’est pas là-dessus que Dieu regardera ta vie quand tu iras au ciel ». Ça, ce n’est que de l’apparence. Ce qui compte, c’est de ne pas oublier que tu as une âme. Cette âme est immortelle et elle a aussi besoin que tu la nourrisses, que tu en prennes soin.
Jésus a dit qu’il y a une nourriture, qui n’est pas seulement du pain, c’est la Bible, la Parole de Dieu. Je ne sais pas, si parmi les personnes ici présentes, beaucoup ont déjà ouvert la vie de Jésus, ne serait-ce que pour la lire. Pouvez-vous par exemple citer 5 paroles de Jésus ? Peut-être au travail rencontrez-vous des frères et sœurs évangéliques, musulmans ou témoins de Jéhovah qui vont vous surprendre car ils connaissent la Bible ou le Coran. Nous, catholiques, sommes très au ras des pâquerettes, même sur la vie de Jésus.
Nous pouvons aussi nous demander si nous savons parfois faire une petite halte du cœur, pour le nourrir, nourrir votre intelligence. Des gens me disent parfois qu’ils n’en peuvent plus de la comptabilité et des chiffres, ils ont envie de changer de métier. Certains disent : « Ce que je fais ça ne me nourrit plus, nous ne sommes que dans les objectifs à atteindre. Moi je veux de l’humain ». Vous aussi, parfois pouvez réfléchir et vous dire : « Que vais-je faire de ma vie ? ».
Je peux nourrir mon âme en essayant de connaître le saint ou la sainte fêtée chaque jour. Qui ici parmi vous connaît la vie de son saint ou de sa sainte patronne ? Avez-vous dit un jour à vos enfants pourquoi ils portaient ce prénom et quelle était la vie de ce saint patron ?
Aujourd’hui, les enfants, vous faites votre première communion. En recevant l’hostie consacrée, vous recevez la nourriture ultime de l’âme, la vie même de Dieu. C’est Dieu lui-même qui se donne à vous à travers l’hostie consacrée. Il n’y a pas de nourriture plus fortifiante, plus vivifiante que Jésus ressuscité. Et en plus, vous êtes faits à l’image et à la ressemblance de Dieu. Votre âme, qui est immortelle, a besoin d’être nourrie.
Regardons cette phrase de Jésus qui n’est pas facile : « Quiconque se déclarera pour moi devant les hommes, moi aussi je me déclarerai pour lui devant mon Père qui est aux cieux. »
Posons-nous la question, que direz-vous demain à vos collègues qui vous demanderont ce que vous avez fait ce dimanche ? Vous direz que vous étiez à une fête de famille ou oserez-vous dire que vous étiez à une première communion ? Mon fils, ma fille, mon filleul, mon neveu… Oserez-vous le dire ? Ou ce sera difficile ? « Avec tout ce qu’on entend dans les médias, toi tu es catholique ! »
Dans quelques jours ce sera l’été, oserez-vous entrer dans une église pour la visiter, vous y asseoir pour prier, allumer une bougie, confier votre famille ? Essaierez-vous de chercher une messe, d’organiser votre journée pour pouvoir vous y rendre ?
Et si on vous invite à un bon apéritif, vers 11h30, alors que la messe un peu éloignée est à 10h30, aurez-vous le courage de dire que vous viendrez un peu plus tard ? Si on a compris que les deux nourritures sont importantes, celle du corps et celle de l’âme, parce que seule l’âme va d’abord au Ciel et que le corps ne la rejoindra qu’un peu plus tard à la résurrection de la chair, oserez-vous dire que la messe est importante le dimanche ?

Je voudrais terminer en parlant de quelqu’un que vous les messieurs, connaissez : il s’agit d’Olivier Giroud. Il porte sur son bras une phrase en latin, un tatouage, la première phrase d’un psaume connu (22) : « Le Seigneur est mon berger je ne manque de rien ». Si vous regardez, Olivier Giroud n’hésite pas à parler de sa foi. Il lit la Bible à ses trois enfants pour qu’ils apprennent à connaître Dieu, car il a fait une rencontre avec Dieu. Quand il ne peut aller au culte, il a un pasteur qui l’accompagne.
Quand il jouait à Arsenal, alors que son club avait gagné la coupe d’Angleterre, aussitôt le coup de sifflet final retenti, il a retiré son maillot pour laisser apparaître un T-shirt tout blanc, sur lequel il avait écrit au marqueur : « I’m the way, the truth, the life » Jesus. « Je suis le chemin, la vérité, la vie ». C’est une phase de Jésus. C’est important de voir son audace et son courage. Quand il marque un but, il pointe son index vers le ciel comme pour dire : « « Seigneur, à toi la gloire, c’est toi qui m’as aidé. Ce sont des petites choses que nous pouvons faire nous aussi pour oser dire notre foi.
Dans beaucoup de familles, c’est une souffrance pour moi, on pose aux enfants la question : « Tu veux faire ta communion ? » L’enfant ne sait même pas faire son signe de la croix, il n’a jamais été à l’église et ne sait pas qui est Jésus sur la croix. Comment voulez-vous qu’il puisse dire qu’il veut faire sa première communion. Frères et sœurs, c’est un cri du cœur. C’est comme si vous inscriviez votre enfant au CP alors que vous ne lui avez jamais parlé de l’alphabet, de l’écriture… Pour moi c’est douloureux et je vous partage cela. Pourquoi ne pas prendre soin de cette âme qui va vers Dieu afin de se retrouver un jour auprès de Dieu
Demandons au Seigneur cette grâce d’oser parler du Seigneur et j’espère que dans les jours à venir, vous pourrez dire que votre enfant a fait sa première communion et que vous en serez fier. Amen