33e Dim du TO A

33e Dim du TO A

Contextes :

  • Sur le plan biblique, nous lisons aujourd’hui la 2e parabole du chapitre 25 de st Matthieu qui en compte trois (les 10 vierges, les talents et le jugement dernier). Dans la chronologie de l’évangéliste, nous ne sommes plus qu’à quelques jours de l’arrestation de Jésus. Il nous livre donc ses ultimes enseignements pour nous préparer à Sa venue, Lui qui « arrivera comme un voleur dans la nuit » (1 Th 5, 2). Jésus cherche donc nous faire réfléchir au Jugement personnel que nous vivrons tous à la fin de notre vie.
  • Sur le plan liturgique, vous savez que dans 15 jours, dans chaque église il y aura la couronne d’Avent et ce sera la couleur violette qui prédominera.

Dieu fait confiance à l’homme :

La parabole des talents est à mettre en lien étroit avec le 1er récit de la Création dans le Livre de la Genèse lorsque Dieu qui a fait toute chose, se retire en laissant la terre entre les mains des hommes : « Remplissez la terre et soumettez-la » (Gn 1, 28). En nous donnant l’intelligence et la capacité de transformer ce qu’Il a créé, Dieu nous rend capable de collaborer à l’œuvre de sa création. Il a voulu avoir besoin de nous pour qu’à la fin des temps, quand son plan sera achevé, tout apparaisse comme étant son œuvre et la nôtre.

Dieu connaît les talents qu’il a mis en chacun de nous. De toutes les espèces animales qui vont et viennent sur la terre, l’homme et la femme sont les deux seules à avoir une âme qui fait d’eux des êtres spirituels capables à la fois d’entrer en relation avec Lui, de réfléchir sur nous-mêmes et d’évoluer sans cesse. L’homme avec un grand H peut se rendre sur la lune, traverser les mers, créer des ordinateurs capables de calculs incroyables, trouver des vaccins contre des maladies redoutables, par son travail, nourrir plus de 7 milliards d’êtres humains et en même temps parler au tout-Puissant : « Dieu vit tout ce qu’il avait fait : c’était très bon » (Gn 1, 31).

Quelles significations pouvons-nous donner aux talents de la parabole ?

Sur le plan monétaire, un talent représentait une somme considérable : 6000 pièces d’argent soit près de 16 années de salaire. Si nous prenons le mot « talent » sur le plan des capacités personnelles : il évoque des dons ou des aptitudes physiques, intellectuelles, artistiques et spirituelles.

Dans les deux cas, la Bible nous dit que Dieu a été extrêmement généreux avec chacun d’entre nous. En sommes-nous conscients ?  Sommes-nous capables de reconnaître 3 – 5 – 10 de nos qualités ? De les énumérer pour les apprécier et remercier Dieu qui a fait des milliards de chefs d’œuvres en nous créant tous unique ? Apprécier nos propres qualités, ne devrait pas nous pousser à l’orgueil, mais à l’action de grâce car ce que nous sommes ne vient pas uniquement de nous : « As-tu quelque chose sans l’avoir reçu ? » (1 Co 4, 7).

Ces talents nous sont donnés par Dieu bien sûr, mais aussi par nos parents, les éducateurs, enseignants, prêtres, amis placés sur notre route. Le regard chrétien sur ces talents, c’est qu’ils sont pour les autres !

Combien de nos contemporains profitent encore aujourd’hui du génie de Mozart ou de Pasteur ? Ces dons que Dieu nous a donnés sont autant d’invitations à nous mettre au service des autres. Aussi pourquoi jalouser leurs qualités. Ils les possèdent pour nous. Quoi de plus dramatique dans une fratrie, un couple ou une équipe de travail quand des personnes ne savent pas se réjouir des talents des autres ou ne font que se comparer.

Le cas du 3e serviteur. Le gâchis : « Je suis responsable de ce que je n’ai pas été » Georges BERNANOS

Nous sommes parfois attristés par le gaspillage alimentaire ou énergétique, mais il faudrait que nous le soyons tout autant du temps qui fille entre nos doigts et que nous ne pouvons pas rembobiner : le temps perdu à dire du mal, à regarder des émissions qui n’édifient pas, à jouer de façon immodérée au lieu de nous tourner vers les autres. Il faudrait aussi que nous soyons attristés par les enfants extrêmement doués du Tiers-monde qui restent analphabètes ou par ces gens surdoués qui utilisent leur intelligence au service du mal tel que les cartels de drogue, la pornographie, les réseaux de prostitution, le vol organisé, etc…

Dom Helder Camara disait : « Des barrières à détruire la plus difficile, la plus difficile et la plus importante est, sans doute, celle de la médiocrité »

Une de mes grandes déceptions est de voir certaines personnes qui étaient très actives sur le plan professionnel et qui, une fois à la retraite, se coupent de tout engagement associatif, de tout altruisme pour ne plus occuper leur temps qu’en regardant la télévision ou en s’accoudant sur les comptoirs de bars. Nous avons une intelligence à entretenir par des lectures, pour faire travailler notre réflexion. Au fil des années, nous avons acquis un savoir-faire à mettre au service des autres. Nous avons des dons inexploités qui ne demandent qu’à éclore. Ici, en ce dimanche de collecte pour Caritas secours-Catholique, je voudrais les nombreux bénévoles de notre vallée qui mettent leurs compétences aux services des autres. Cette attitude passive, qui nous empêche de faire fructifier nos talents, s’appelle le péché par omission. Dieu qui nous accorde sa confiance nous demande de ne pas avoir peur de Lui comme le 3e serviteur de la parabole.

Pour terminer, je voudrais rappeler une petite anecdote sur la vie de ste Bernadette Soubirous : « l’emploi de la prière ». Nombreuses sont parfois les personnes qui se disent, mais moi, M. l’abbé, je ne peux plus rien faire pour vous aider : je suis trop âgé pour être catéchiste, mes compétences en informatique sont trop limitées. Certes, mais rappelez-vous quelle fut la mission que Bernadette reçut : l’emploi de la prière. 

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