17e Dim du TO A
17e dimanche du TO A
Aujourd’hui frères et sœur, la liturgie nous gâte avec quatre petites paraboles qui parlent toutes du Royaume de Dieu. Commençons par les deux premières qui sont très ressemblantes :
- Il y a d’abord un laboureur qui trouve de façon inopinée un trésor dans un champ. Comme ce lopin de terre ne lui appartient pas, pour ne pas avoir à partager la moitié du trésor, il cache à nouveau sa précieuse découverte et se met en quête d’acquérir le terrain.
- Dans la 2e parabole, c’est un négociant en perles fines qui tombe sur une perle plus belle que toutes celles qu’il possède déjà.
Dans les deux cas, chacun vend tout ce qu’il possède, et il achète pour l’un le champ, pour l’autre la perle. Que représentent ce trésor et cette perle ? Certains commentateurs y voient la Très Sainte Trinité si humble et si discrète. Le champ où est enfoui ce trésor, c’est notre âme, notre cœur et notre intériorité. Pensez à saint Augustin, qui avait cherché son bonheur dans différents plaisirs terrestres, dans différents courants ou connaissances philosophiques de l’époque et qui en découvrant la foi chrétienne, s’y attache, délaisse tout le reste et demande le baptême : « Bien tard je t’ai aimée, ô beauté si ancienne et si nouvelle,
bien tard je t’ai aimée ! Et voici que Tu étais au-dedans, et moi au-dehors et c’est là que je te cherchais ».
Augustin va découvrir que pour devenir pleinement chrétien, il faut qu’il accepte que le Christ prenne possession de toute sa vie, de ses pensées, de ses idées, de ses projets, de son affectivité. Il va devoir, lui aussi, se séparer de toutes ses ambitions, de toutes ses attentes, ses désirs pour que ce soit les attentes et les désirs de Dieu qui prennent possession de sa vie. Jésus nous dit en effet que pour vivre uniquement du trésor, pour posséder la perle ; il faut accepter de tout vendre et de ne plus rien posséder d’autre. Dieu ne se révèle qu’au cœur détachée de lui-même, c’est pour cela que le jeune homme riche, s’arrêtera à mi-parcours et s’en ira tout triste quand Jésus lui dira : « va, vends tout ce que tu as, puis viens et suis-moi » (Mt 19, 16… 21).
Dans la 3e parabole, Jésus nous met en présence du jugement dernier. Nous connaissons bien la scène décrite en saint Matthieu avec les boucs et les brebis. Aujourd’hui, il s’agit de la multitude des poissons. Pour bien comprendre cette image, rappelons-nous que lorsqu’un homme en détresse est ramené sur le rivage, il est sauvé. Ce Dieu pêcheur tire sur le rivage tous les poissons pris dans le grand filet de la rédemption. Ce filet a une maille si fine, qu’il est capable de retirer toute l’humanité hors de l’eau. Il y aura ainsi des poissons de toutes sortes, de toute couleurs, de toute culture car Jésus veut sauver tout l’univers.
Le pêcheur qui est le Père s’assoit pour trier les bons poissons des mauvais. Lui ne peut pas se tromper, car au dernier jour il regardera à l’intérieur de notre cœur. Laissons st Augustin nous expliquer comment Dieu fera la différence entre les poissons pour ne pas préjuger de nous-mêmes : « C’est l’amour seul qui différencie les fils de Dieu et les fils du diable. Qu’ils se signent tous du signe de la croix du Christ ; qu’ils répondent tous : « Amen » ; qu’ils chantent tous : « Alléluia » ; qu’ils soient tous baptisés ; qu’ils entrent dans les églises ; qu’ils s’entassent dans l’enceinte des basiliques : les fils de Dieu ne se distinguent des fils du diable que par la charité. Ceux qui ont la charité sont nés de Dieu ; ceux qui ne l’ont pas, ne sont pas nés de Dieu ». Homélies sur la première épître de saint Jean V, 7 BA 76, p. 227-229.
Dieu, qui seul voit ce qu’il y a dans les cœurs, verra donc s’il y a en nous : « Cette perle de grand prix, qu’est la charité » (idem). Ainsi, les mauvais poissons seront rejetés à l’eau, les autres seront gardés. Ce jugement de Dieu est bon, juste et nécessaire ; car chacun recevra selon les actes d’amour qu’il a posés. Le but de Jésus, n’est pas de nous faire peur, mais de nous dire ce qui pourrait se passer si nous ne marchons pas tous sur les chemins du bien.
Reste enfin la 4e parabole avec « le scribe devenu disciple du Royaume, comparable à un maître de maison qui tire de son trésor du neuf et de l’ancien ». Jésus explique ce qu’il fait lui-même en s’exprimant en parabole : il cherche à exprimer de façon nouvelle des choses anciennes. De la même manière, aujourd’hui encore, ceux qui ont la charge d’annoncer l’Evangile doivent s’employer à présenter les vérités anciennes par des expressions nouvelles (internet, réseaux sociaux, le multimédia, la vidéo, etc…).
Ces comparaisons mettent en évidence deux caractéristiques concernant la possession du Royaume de Dieu : la recherche et le sacrifice. Il est vrai que le Royaume de Dieu est offert à tous, c’est un don, un cadeau, une grâce. Mais il n’est pas mis à disposition sur un plateau d’argent, il exige un dynamisme : il s’agit de chercher, de marcher, de se donner de la peine. Il n’y a pas de demi-mesure.