Toussaint
1a) Le 1er et le 2 novembre forment du diptyque : un tableau pliant formé de deux volets pouvant se rabattre l’un sur l’autre. Aujourd’hui, en ce jour de la Toussaint, nous fêtons tous ceux qui sont déjà arrivés au bout du chemin : tous ceux et celles qui sont déjà au ciel et qui voient Dieu face à face. Le 1er novembre est donc un jour éminemment joyeux, car nous nous rappelons que notre cité se trouve dans les cieux.
Quand je suis au cimetière, il m’arrive de le rappeler par la prière suivante : « Marie ou Syméon, nous t’avons accompagné jusqu’au lieu où reposera ton corps. Nous croyons que ce n’est pas ta dernière demeure. [Ce n’est pas ton ultime adresse]. Nous avons foi en Celui qui a dit : « Je pars vous préparer une place et Je reviendrai vous prendre avec Moi pour que là où Je suis vous y soyez aussi ».
1b) C’est la raison pour laquelle la couleur liturgique employée est le blanc ou le doré qui rappellent la fête. Nous sommes dans la joie pour tous ceux qui ont franchis la ligne d’arrivée. Ils sont auprès de Dieu et nous réjouissons pour eux. Lorsque nous jouons au jeu de l’oie et qu’un autre joueur gagne, parfois nous faisons la grimace : « c’est elle/c’est lui qui est arrivé le premier et pas moi ». Ici, rien de tel parce nous savons que Dieu a réservé une place pour chacun et que loin d’avoir peur des saints, nous savons qu’ils intercèdent pour nous ;
1c) Mais peut-être que vous avez déjà pris le temps d’aller vous recueillir sur les tombes des personnes qui sont décédées voici quelques semaines, quelques mois ou quelques années. C’est demain, le 2 novembre, et durant tout le mois de novembre que nous prierons plus particulièrement pour tous ceux qui ne sont pas encore au ciel et qui ont encore besoin de guérison : guérison du cœur s’ils ont aimé imparfaitement, guérison des sens s’ils ont sali leurs yeux ou leurs oreilles ou alourdi leur langue par des images qu’il ne fallait pas voir ou des propos inconvenants qui ont été répétés ou proférés.
1d) C’est pour cette raison que la couleur de la messe de demain sera le violet, couleur de la pénitence.
2) Parmi vous, il y en a qui ont appris le solfège et qui savent non seulement déchiffrer une partition, mais qui ont aussi une belle voix pour chanter la mélodie et les paroles et qui peuvent aussi la jouer sur un instrument de musique.
2a) Dieu qui nous a créés à son image nous a donnés un mode d’emploi pour bien vivre sur terre.
2b) C’est la Bible qu’on appelle aussi la Parole de Dieu.
3) Si je prends une même partition, il existe de nombreuses manières de l’interpréter :
- 3a) Christian Robischon ou Nampoina la joueront d’une certaine manière à l’orgue,
- 3b) Maurice André d’une autre manière à la trompette
- 3c) André Rieu d’une autre façon au violon.
- 3d) et votre humble serviteur, d’une autre façon encore à la guitare
4) De la même façon la Parole de Dieu/la Bible est une partition et les saints en sont les interprètes chacun à leur façon. Ceci nous montre que la sainteté est multiforme et belle. Il n’y en a pas deux qui se ressemblent.
4b) Le courant spirituel du carmel a donné de belles figures de sainteté à l’Eglise (St Jean de la Croix, ste Thérèse d’Avila, Ste Thérèse de l’Enfant Jésus, le bienheureux Marie-Eugène de Jésus, Ste Thérèse Bénédicte de la Croix, ou le père Jacques qui fut arrêté parce qu’il cachait des enfants juifs durant la 2e GM.
4c et 4 d) St François de Sales, évêque de Genève et ste Jeanne de Chantal, baronne, jeune veuve de 28 ans et mère de 4 enfants (qui ont tous deux, vécu à la charnière entre le 16e et le 17e siècle) ont tous deux, été appelés par Dieu à travailler ensemble pour fonder l’œuvre de la Visitation Sainte-Marie et créer en à peine 30 ans, 87 couvents.
4e) La sainteté de Louis et Zélie Martin a été déclarée tout récemment le 18 octobre 2015. Ils n’étaient ni religieux, ni moine, mais mariés, formant un couple aimant avec 8 enfants dont 3 sont décédés en bas âge. Tous les deux avaient un métier fort prenant. Une de leur fille, Thérèse est déjà sainte, pour une autre, Léonie, qui était l’enfant terrible de la famille, un procès de béatification est en cours.
4f) Plus proche de nous, Carlo Acutis qui est décédé en 2006 d’une leucémie a été béatifié le 10 octobre 2020. Parce qu’il possède une grande maturité spirituelle, il est autorisé à faire sa première communion à sept ans. Dès lors, et jusqu’à sa mort, Carlo participe chaque jour à la messe. Il disait : « Si l’on s’approche tous les jours de l’eucharistie, on va tout droit au paradis. » Il récite aussi quotidiennement le chapelet et va se confesser une fois par semaine. Adolescent, il s’investit aussi dans le catéchisme qu’il fait aux enfants de sa paroisse. En tant que cyber apôtre, il est le patron des geeks.
5a) Chacun des saints, connu par nous ou non, reconnu comme tel par l’Eglise ou accueilli comme tel par Dieu seul, chacun d’eux a essayé de jouer sa partition de musique du mieux qu’il a pu. Il en est de même pour nous. Dans ce travail d’apprentissage, n’ayons pas peur de faire de fausses notes. Ne croyons pas que les hommes et les femmes que nous célébrons aujourd’hui n’ont jamais chuté. Il leur a fallu du temps. Rappelons-nous deux phrases célèbres du curé d’Ars :
- « Tous les saints n’ont pas forcément bien commencé, mais ils ont tous bien terminé ».
- Au jeune Antoine Givre qui lui a indiqué la bonne route pour se rendre dans sa nouvelle paroisse : « Tu m’as montré le chemin d’Ars, je te montrerai le chemin du ciel »
Ce doigt levé vers le ciel nous rappelle que « Notre Cité, se trouve dans les cieux ».