Les livres des martyrs d’Israël

Les livres des martyrs d’Israël

Introduction

Nous avions, dans le livre de la Sagesse et le livre de Tobie, entendu le souci pour Israël, de garder la foi et observer la Loi en pays étranger et en ne se diluant pas dans le monde

  • Dans le livre de Tobie, il s’agissait de résister à Ninive
  • Durant l’Exil, face à la culture Babylonienne
  • Dans le livre de la Sagesse, face à la culture et la philosophie grecque.

Les deux livres dont nous parlerons aujourd’hui, sont le témoignage de la résistance des Juifs contre la dynastie grecque des Séleucides.

Ces textes, en particulier, le 2e livre, marquent une étape capitale dans le développement de la foi juive, puisqu’ils constituent l’une des premières affirmations de la Résurrection des morts

  1. Histoire de la rédaction des deux « livres des Martyrs d’Israël » 

Les 2 livres aujourd’hui appelés « livres des Martyrs d’Israël » dans la Traduction liturgique de la Bible, faisaient partie d’une ensemble de 4 ouvrages, connus sous le nom de « livres des Maccabées ». Ecrits en langue grecque, et bien qu’ indépendants les uns des autres, ils décrivent tous un ou plusieurs aspects d’un épisode historique du IIe siècle av. J.-C., (entre -175 et -140) : la révolte des Maccabées, commémorée encore aujourd’hui dans la tradition juive, lors de la fête d’Hanoucca.

Ces quatre livres des Maccabées ont été considérés de façon différente par les différentes traditions religieuses :
• le catholicisme a inclus les deux premiers dans son canon, parmi les livres deutérocanoniques. Dans la traduction liturgique, ils sont appelés Premier et Deuxième Livre des Martyrs d’Israël.
• les orthodoxes ont retenu les quatre livres
• le protestantisme n’a pas inclus ces livres dans son canon, il considère toutefois ces œuvres comme des sources historiques fiables. On dit d’ailleurs que Luther aurait souhaité intégrer le premier livre au canon Protestant.

Nous ne parlerons aujourd’hui que des deux premiers ouvrages, puisque ce sont les seuls retenus dans la Bible catholique.

  • Le premier livre couvre la première partie de la révolte des Maccabées.
  • Le second qui a d’ailleurs été rédigé avant le précédent, s’attarde seulement sur quinze de ces années (176 à 161). Il fait une large part au miraculeux et aux considérations théologiques. 

On ignore par quels auteurs ont été écrits ces livres. Le verset 2M2, 23 nous dit cependant : « Tout cela, Jason de Cyrène l’a exposé en cinq livres, que nous allons tenter de résumer en un seul ouvrage. » Le deuxième livre des Martyrs d’Israël a donc été rédigés à partir de notes de ce Jason de Cyrène, qui demeure un parfait inconnu. Rien n’a été retrouvé à ce jour, provenant de sa plume et aucun auteur de son temps ne le cite. Les exégètes pensent qu’il pourrait être un Judéen de la diaspora.

Et pour ceux qui voudraient savoir ce que contiennent les «3e et 4e livres de la bible orthodoxe, et qui sont pour nous Catholiques des livres apocryphes :

a) Le contexte historique

-538Retour d’exil à Babylone
-538 à -333Période perse (- 417 : second Temple terminé)
-333 à -134Période hellénistique (grecque, Alexandre le Grand
-134 à -63Période offrant plus d’indépendance
-63 à 324La période romaine

Rentrés dans leur patrie grâce à Cyrus, ayant rebâti le Temple de Jérusalem, les Juifs vont passer successivement de la suzeraineté perse à la domination grecque avec, entre autres Alexandre le Grand. La langue et les idées des Grecs se répandent rapidement, et le grec devient la langue officielle. Les Juifs se soumettent sans trop de difficultés à cette influence.

Mais les choses changent en 167 av. J.-C, lorsque le grec, Antiochus Epiphane, devient roi d’Israël. C’est l’existence même de la communauté juive qui est alors menacée.

Il ne supporte pas la religion au Dieu unique et veut supprimer l’identité religieuse des Juifs. La circoncision, le sabbat, la lecture des Écritures, la nourriture juive : tout est interdit sous peine de mort. Et pour couronner le tout, il profane le Temple, le dédie à Zeus, y sacrifie des cochons. Partant du principe qu’il est un dieu sous forme humaine, il exige d’être vénéré correctement. Il fait frapper des pièces de monnaie à son effigie d’un côté et à celle du dieu Zeus de l’autre.

Voilà ce qu’en dit le premier livre des Martyrs d’Israël 1, 54-61 : « Antiocos éleva sur l’autel des sacrifices l’Abomination de la désolation, et, dans les villes de Juda autour de Jérusalem, ses partisans élevèrent des autels païens. Ils brûlèrent de l’encens aux portes des maisons et sur les places. Tous les livres de la Loi qu’ils découvraient, ils les jetaient au feu après les avoir lacérés. Si l’on découvrait chez quelqu’un un livre de l’Alliance, si quelqu’un se conformait à la Loi, le décret du roi le faisait mettre à mort. Mois après mois, dans les villes, on sévissait durement contre ceux d’Israël qui étaient pris en infraction. Le vingt-cinq de chaque mois, on sacrifiait sur l’autel dressé sur l’autel des sacrifices. Selon l’ordre du roi, les femmes qui avaient fait circoncire leurs enfants, on les mettait à mort, avec leurs nourrissons suspendus à leur cou. On exécutait aussi les membres de leurs familles, et ceux qui avaient opéré la circoncision. »

« Cependant, (nous dit le verset suivant), beaucoup en Israël résistèrent et eurent le courage de ne manger aucun aliment impur. » (1M 1,62)

b) La résistance juive

La résistance va s’organiser sous la conduite du prêtre Mattathias puis de ses fils. C’est le premier livre qui nous raconte majoritairement les détails de cette résistance. Le second livre sera, nous l’avons dit, beaucoup plus spirituel.

« Alors Mattathias se mit à crier d’une voix forte à travers la ville : « Ceux qui sont enflammés d’une ardeur jalouse pour la Loi, et qui soutiennent l’Alliance, qu’ils sortent tous de la ville à ma suite. » Il s’enfuit dans la montagne avec ses fils, en abandonnant tout ce qu’ils avaient dans la ville. Alors, beaucoup de ceux qui recherchaient la justice et la Loi s’en allèrent vivre au désert, avec leurs fils, leurs femmes et leur bétail. » (1 M 2,27-30)

Par contre, cette résistance se fait dans la violence. Le Premier Livre rapporte que Mattathias et ses compagnons parcouraient la Judée pour imposer partout la « vraie foi » et forcer les Juifs « impies » à se soumettre à la loi de Moïse. Ils détruisent les autels païens, circoncisent de force les enfants, brûlent les villages hellénisés…

« Après la mort de Mattathias, son fils Judas, appelé Maccabée, se leva à sa place. » (1M3,1)

Ce Judas, qui est le troisième fils de Mattathias, devient le principal héros de cette résistance. Le nom « Maccabées », provient du surnom qui va lui être donné. Il pourrait provenir :

  • de l’araméen maqqaba, qui signifie « marteau », allusion à sa force dans les batailles. 
  • ou de la racine m. q. b. qui signifie « désigner » : Judas serait celui qui fut désigné par Dieu.

C’est parce qu’il est souvent fait allusion à la mort dans le deuxième livre des Maccabées que le mot « macchabée » a pris dans l’argot des étudiants de médecine le sens de cadavre.

Judas Maccabée est décrit comme un guerrier de la trempe du roi David. : « Revêtu de son armure, comme un héros, et fort de ses armes de guerre, il livra des batailles, protégeant le camp de son épée. Tel un lion en pleine action, pareil au lionceau rugissant vers sa proie, il traquait les hommes infidèles à la Loi, il les pourchassait et livrait au feu ceux qui troublaient son peuple. Devant la crainte qu’il inspirait, les hommes infidèles à la Loi furent abaissés et tous les malfaisants, pris de panique. Par sa main advint le salut. » (1M 3, 3-6)

Sa renommée nous fait penser à celle de David.

« La renommée de David se répandit dans tous les pays, et le Seigneur le fit redouter de toutes les nations. (1 Ch 14, 17)« Son nom retentit jusqu’aux extrémités de la terre et il rassembla ceux qui allaient périr. » (1 M 3, 9)  

Comme David devant le géant Goliath, Judas bénéficie de la protection divine. Il vainc Apollonios et prend son épée comme autrefois David celle de Goliath.

« Ainsi David triompha du Philistin avec une fronde et un caillou : quand il frappa le Philistin et le mit à mort, il n’avait pas d’épée à la main. Mais David courut ; arrivé près du Philistin, il lui prit son épée, qu’il tira du fourreau, et le tua en lui coupant la tête. » (1 S 17, 51),« Alors, Apollonios rassembla des païens et une troupe importante venue de Samarie, pour combattre Israël. Judas en fut informé. Il sortit à sa rencontre, le battit et le tua. Il y eut de nombreuses victimes, et les survivants s’enfuirent. On ramassa le butin, et Judas s’empara du glaive d’Apollonios, pour s’en servir tous les jours au combat. » (1 M 3, 10-12)

La renommée de Judas Maccabée fait le tour de la Judée et il trouve dans les campagnes un soutien humain et matériel de poids. Les victoires s’enchaînent. En bon diplomate, Judas va alors se tourner vers Rome, un allié inattendu.

« Judas choisit deux hommes et « il les envoya à Rome pour conclure amitié et alliance. Il espérait ainsi que les Romains, voyant le joug de servitude imposé à Israël par le royaume des Grecs, l’en délivreraient. Ces hommes se rendirent donc à Rome. Au bout d’un très long voyage, ils entrèrent au Sénat et prirent la parole. Ils dirent : « Judas, celui que l’on surnomme Maccabée, ainsi que ses frères et tout le peuple des Juifs nous ont envoyés pour conclure avec vous une alliance de paix, afin d’être inscrits au nombre de vos alliés et amis. » Cette affaire parut bonne aux yeux des Romains. » (1M 8,17-20)

Se rappelant ses revers face au puissant Empire romain, Antiochos IV prend peur et change de stratégie. En 164 av. J.-C., il adresse une lettre aux Juifs où il garantit que « tous ceux qui retourneront chez eux obtiendront l’impunité » et auront « l’usage de leurs aliments spéciaux et de leurs lois comme auparavant ». Ils arrivent bien trop tard : Judas n’a que faire de ces signes d’apaisement, il est déjà aux portes de Jérusalem qu’il va libérer.

La première mesure est très symbolique : il purifie le Temple, trois ans jour pour jour après sa profanation, et y rétablit le culte. On raconte qu’Antiochos IV meurt en apprenant la nouvelle…

Aujourd’hui, la fête juive d’Hanoukka commémore Jérusalem délivrée, le Temple rendu au culte du Dieu d’Israël, la fête deHanukkah (dédicace) commémore cette victoire et un miracle : une simple fiole d’huile pure qui pourvut à l’allumage du candélabre sept jours de suite.

Mais ce n’est pas pour autant la fin de la guerre, car les Maccabées ont désormais pour objectif de libérer les Juifs dans toute la Palestine.

  • Judas est tué au printemps 160 av. J.-C. C’est un rude coup porté à la révolte des Maccabées.
  • A la mort de Judas, c’est son frère Jonathan qui prend la relève, montrant des qualités égales. Il comprend que ses effectifs militaires ne sont plus suffisants et choisit la carte diplomatique et devient grand prêtre puis gouverneur civil et militaire de la Judée.
  • Simon prendra la relève et verra, lui la fin de l’oppression.

3-     Des martyres à l’origine de la résurrection

  1. La mort des sept frères et de leur mère

C’est sans doute le texte du 2e livre des Martyrs d’Israël que nous connaissons le mieux : « Sept frères avaient été arrêtés avec leur mère. A coups de fouet et de nerf de bœuf, le roi Antiochus voulut les contraindre à manger du porc, viande interdite. L’un d’eux déclara au nom de tous : « Que cherches-tu à savoir de nous ? Nous sommes prêts à mourir plutôt que de transgresser les lois de nos pères. » Le deuxième frère lui dit, au moment de rendre le dernier soupir : « Tu es un scélérat, toi qui nous arraches à cette vie présente, mais puisque nous mourons par fidélité à ses lois, le Roi du monde nous ressuscitera pour une vie éternelle. » Après celui-là, le troisième fut mis à la torture. Il tendit la langue aussitôt qu’on le lui ordonna, et il présenta les mains avec intrépidité, en déclarant avec noblesse : « C’est du Ciel que je tiens ces membres, mais à cause de sa Loi je les méprise, et c’est par lui que j’espère les retrouver. » Le roi et sa suite furent frappés du courage de ce jeune homme qui comptait pour rien les souffrances. Lorsque celui-ci fut mort, le quatrième frère fut soumis aux mêmes tortures.
Sur le point d’expirer, il parla ainsi : « Mieux vaut mourir par la main des hommes,
quand on attend la résurrection promise par Dieu, tandis que toi, tu ne connaîtras pas la résurrection pour la vie éternelle
. » 2 M 7, 1-2.9-14

Suivent les paroles de la mère : « Leur mère fut particulièrement admirable et digne d’une illustre mémoire : voyant mourir ses sept fils dans l’espace d’un seul jour, elle le supporta vaillamment parce qu’elle avait mis son espérance dans le Seigneur. Elle exhortait chacun d’eux dans la langue de ses pères ; cette femme héroïque leur parlait avec un courage viril : « Je suis incapable de dire comment vous vous êtes formés dans mes entrailles. Ce n’est pas moi qui vous ai donné l’esprit et la vie, qui ai organisé les éléments dont chacun de vous est composé.

C’est le Créateur du monde qui façonne l’enfant à l’origine, qui préside à l’origine de toute chose. Et c’est lui qui, dans sa miséricorde, vous rendra l’esprit et la vie, parce que, pour l’amour de ses lois, vous méprisez maintenant votre propre existence. » (2 M 7, 20-23)

Ce n’est pas pour rien si ce passage nous est proposé, en lien avec l’évangile du dimanche juste après la Toussaint, dans lequel les sadducéens – « ceux qui soutiennent qu’il n’y a pas de résurrection – s’approchèrent de Jésus et l’interrogèrent … » (Lc 20, 27)

Ce passage est important car il marque une étape capitale car il constitue l’une des premières affirmations de la Résurrection des morts dans la Bible. Jusque-là, on y parlait relativement peu de l’après-mort ; l’intérêt se concentrait sur cette vie et sur le lien vécu ici-bas entre Dieu et son peuple. Ce lien qu’on appelait l’Alliance. On pensait que seule une ombre subsistait dans le « shéol », lieu de silence, de ténèbres, d’oubli, de sommeil.

Et là, au sein même des persécutions, naît la foi en la Résurrection : car une évidence est apparue : puisque nous mourons par fidélité à la loi de Dieu, lui qui est fidèle nous rendra la vie.

On a donc là une affirmation très claire de la Résurrection ; et une résurrection, très charnelle : l’un des frères parle de retrouver ses membres : « C’est du Ciel que je tiens ces membres, mais à cause de sa Loi je les méprise, et c’est par lui que j’espère les retrouver ».

La découverte de la foi en la résurrection des corps n’a été possible qu’après une longue expérience de la fidélité de Dieu. C’est une étape capitale sur le chemin de la découverte de Dieu. Mais on envisage la résurrection seulement pour les justes. Ceux qui sont morts de leur fidélité à Dieu, le Dieu fidèle les ressuscitera. C’est ce que dit le quatrième frère : « Mieux vaut mourir par la main des hommes quand on attend la résurrection promise par Dieu, tandis que toi, tu ne connaîtras pas la résurrection pour la vie éternelle. »

Il faudra encore des siècles d’éducation patiente de Dieu, puis la résurrection du Christ, pour que la foi en la Résurrection des morts soit affirmée sans restriction. Aujourd’hui nous l’affirmons dans le je crois en Dieu: « J’attends la résurrection des morts et la vie du monde à venir.

« Cette idée d’une résurrection des morts ne devait plus s’oublier dans le judaïsme. Ce sont les Pharisiens qui la recueillirent, contrairement au parti des Sadducéens, parti des prêtres et de la noblesse du Temple de Jérusalem, qui, eux, n’acceptèrent pas ce qu’ils considéraient comme une doctrine fausse, car ils ne la trouvaient pas dans la Loi de Moïse (cf. Marc 12.18 et Actes 23.8). […] Le sceau définitif de cette foi en la résurrection sera donné par Jésus lui-même, dans sa propre résurrection. » 

L’intercession

Le second livre des Maccabées marque également l’efficacité de la prière pour les morts. 12, 40-45

« Puis, ils se répandirent en supplications pour demander que le péché commis soit entièrement effacé. Le noble Judas exhorta la troupe à se garder de tout péché, ayant sous les yeux le malheur de ceux qui avaient succombé pour avoir commis cette faute. Il organisa une collecte auprès de chacun et envoya deux mille pièces d’argent à Jérusalem afin d’offrir un sacrifice pour le péché. C’était un fort beau geste, plein de délicatesse, inspiré par la pensée de la résurrection. Car, s’il n’avait pas espéré que ceux qui avaient succombé ressusciteraient, la prière pour les morts était superflue et absurde. »

Et l’intercession des défunts pour les vivants. 15,11-16

Le Catéchisme de l’Église Catholique (n. 1032), en citant ce passage, rappelle que dès les premiers temps l’Église a honoré la mémoire des défunts et a offert pour eux des suffrages, en particulier le sacrifice eucharistique, afin que, purifiés, ils puissent parvenir à la vision béatifique de Dieu.

C’est pourquoi l’Église recommande les aumônes, les indulgences et les œuvres de pénitence en faveur des défunts.

La doctrine du purgatoire a été affirmée, après le second Concile de Lyon (1274), par les Conciles de Florence (1439) et de Trente (1563) (Cf. Dz Sch. 856, 1304, 1820).

Le Catéchisme de l’Église Catholique exprime ainsi cette doctrine de foi : « Ceux qui meurent dans la grâce et l’amitié de Dieu, mais imparfaitement purifiés, bien qu’assurés de leur salut éternel, souffrent après leur mort une purification, afin d’obtenir la sainteté nécessaire pour entrer dans la joie du ciel. »

On sait que certains mettent en doute cette doctrine de foi, ou tendent à en minimiser l’importance. Pourtant cette importance est grande, car à travers la piété réservée aux morts, le peuple de Dieu professe sa foi dans notre vocation à la vision béatifique. La culture contemporaine est marquée par un certain nombre de courants de pensée qui s’opposent à cette foi et tentent d’en miner les bases : sans parler de la négation de la personne et de son destin transcendant, nous pensons aux théories matérialistes, ou encore au succès des théories de la réincarnation.

  • La mémoire des Maccabées dans l’Eglise

Les premiers chrétiens admiraient ces martyrs du judaïsme car ils les considéraient comme les précurseurs des martyrs chrétiens. Leur culte se

répandit rapidement.

Sous le nom de Maccabées on s’est mis aussi à vénérer ces sept fils, Abim,

Antoine, Gourias, Éléazar, Eusébon, Hadim (ou Halim) et Marcel, (tradition

orthodoxe) et leur mère Salomée et leur Maître, le scribe Éléazar. Leurs reliques

étaient honorées à Antioche du temps de saint Jérôme, puis elles ont été

déposées à Rome dans l’église de Saint-Pierre aux Liens, au cours du VIe siècle.

L’Eglise fait ainsi mémoire le 1er Août,

C’est la seule mémoire de personnages de l’Ancien Testament. Ecoutez ce qu’en

dit saint Augustin :

« Quoique ces illustres frères, aient souffert le martyre plusieurs siècles avant la naissance de Jésus-Christ, ils l’ont néanmoins enduré pour la Foi de Jésus-Christ. Il faut que le mérite de ces Martyrs soit grand, en effet, pour que l’Église ait inséré leur mémoire dans son office ecclésiastique, honneur qu’elle n’a fait ni à Jérémie, ni à Isaïe, ni à aucun autre martyr de la Loi écrite ; non pas même à Abraham, ni à Moïse, ni à David, quoique le premier ait été la tige du peuple de Dieu ; celui-là, le grand législateur de l’Ancien Testament ; et ce dernier, le chef de la famille royale dont Notre-Seigneur a voulu tirer son origine temporelle. Il est donc de notre devoir d’instruire aujourd’hui les fidèles de la qualité des souffrances de ces glorieux Martyrs, et de la générosité avec laquelle ils ont, avec leur sainte mère, enduré la mort pour l’observance de la Loi de Dieu et des traditions de leurs pères. »

Saint Grégoire de Naziance se demande, au bréviaire, pourquoi les chrétiens honorent les saints de l’ancienne Loi. « Ils méritent l’hommage de tous par le courage et la constance qu’ils ont montrés à observer les lois et les coutumes de leurs ancêtres. Puisqu’ils ont enduré le martyre avant la Passion de Jésus-Christ, que n’eussent-ils pas fait, s’ils avaient été persécutés après lui, avec l’exemple de sa mort pour notre salut ? Bien plus, une raison mystérieuse et intime, que partagent avec moi tous ceux qui aiment Dieu, me porte à croire qu’aucun de ceux qui ont souffert le martyre avant la venue du Rédempteur, n’a pu obtenir cette gloire sans la foi en Jésus-Christ ».

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *