Le livre de Job

Le livre de Job

Introduction

Le mois dernier, nous avons parlé de ce petit ensemble de livres bibliques que l’on appelle les livres de Sagesse. Il s’agit :

  • du livre des Proverbes,
  • de l’Ecclésiastique ou Ben Sirac. 
  • l’Ecclésiaste encore appelé Qohélet,
  • du livre de la Sagesse,
  • du livre de Job sur lequel nous nous penchons aujourd’hui.

Si vous vous rappelez, nous avons abordé le fait que la grande différence des écrits de sagesse par rapport au Pentateuque (la Torah) et les prophètes, était que dans ces livres, c’est presque toujours l’homme qui parle à Dieu en exprimant ses problèmes, ses doutes, ses incompréhensions. C’est particulièrement vrai avec le livre de Job.

  1. Origine et datation du livre

Il est couramment admis aujourd’hui que le livre de Job n’a pas été écrit d’un seul jet.

  1. Le document de départ, l’histoire de Job n’était au départ qu’un petit conte en prose qui ne comportait que le prologue d’aujourd’hui (les premiers versets jusqu’à 2,10) et la finale 42, 7-17. Si vous réunissez ces deux parties, comme nous l’avons fait sur la feuille du participant, vous obtenez ce que fut l’histoire de Job, au départ.

Ce texte primitif, serait un des plus anciens de la Bible. Il pourrait remonter à Moïse lui-même, qui l’aurait composé dans le temps où, exilé et fugitif, il faisait paître les troupeaux de son beau-père, dans le voisinage du Sinaï. Plusieurs particularités alimentent cette thèse :

  • Le texte a été écrit dans un hébreu saturé d’arabe, comme dans aucun autre livre biblique. Le pays de Ouç, se trouve en Orient, au pays d’Edom. Le nom de cette ville est connu dans la Bible. Il remonte aux origines de l’humanité, il est lié à Abraham.
  • La durée de la vie de Job rappelle celle des patriarches : il vit au moins 140 ans après son épreuve, soit près de 200 ans « Après cela, Job vécut encore cent quarante ans, et il vit ses fils et les fils de ses fils : quatre générations. Et Job mourut âgé, rassasié de jours. (Jb 42, 16-17)
  • Le livre ne fait aucune mention de la Torah. On se demande en effet comment un écrivain hébreu, postérieur à Moïse, aurait pu en faire ainsi totalement abstraction.
  • Nous voyons Job offrir des holocaustes en 1,5, (des sacrifices pour le péché), ce qui se faisait au temps de Noé, et avant la Loi (Genèse 8,20).
  • La monnaie est le késita (42,11). En Genèse 33,19 « Jacob acheta la portion du champ où il avait dressé sa tente, des fils d’Hamor, père de Sichem, pour cent kesita. » 
  • La richesse de Job est mesurée en têtes de bétail plutôt qu’en montants d’or et d’argent (Job 1,3 ; Job 42,12).  

Tout cela situe l’histoire de Job à l’époque patriarcale et au plus tard, à l’époque de Salomon : ce serait le conte d’un sage qui se pose la question de la souffrance et qui affirme simplement que Dieu n’abandonne jamais ceux qui lui sont fidèles et qu’il ne laisse pas souffrir les justes.

C’est pour cette raison que certaines bibles placent Job entre le Pentateuque et le Livre de Josué, tandis que d’autres le placent en tête des livres de sagesse.

Regardons dans un premier temps ce document initial.


b)  Qui est notre personnage ? Lecture 1,1

Comme d’autres livres de la Bible, celui de Job porte le nom de son personnage principal, nom qui pourrait soit venir de l’hébreu ou de l’arabe et signifier : « celui qui s’oppose, le partenaire de lutte ».

Monsieur Job a sans doute existé. Ezéchiel le place sur un pied de comparaison avec d’autres figures de justes comme Noé et Daniel. Or Noé et Daniel sont bien des personnages historiques et donc on ne peut mettre en doute que Job le soit aussi. Ez 14,14 : « et si dans ce pays il y avait ces trois hommes, Noé, Daniel et Job, alors eux, par leur justice, sauveraient leur vie – oracle du Seigneur Dieu. »

On lit encore en saint Jacques : « Voici que nous proclamons bienheureux ceux qui ont soutenu l’épreuve ; vous avez appris l’endurance de Job et le terme que le Seigneur y a mis » (5, 11). Il a 4 qualités fondamentales : c’est un homme juste et intègre. Il craint Dieu et se tient éloigné du Mal. Sa sagesse, son amour pour la justice, sa générosité suscitaient l’admiration des hommes.

De plus, Job est très riche. Lecture 1, 2-3

Il possède sept fils et trois filles, sept mille brebis, trois mille chameaux,

Le décompte de ses richesses est fondé sur le symbolisme du chiffre dix, celui de la perfection humaine 7 fils + 3 filles = 10 enfants et 7000 brebis + 3000 chameaux = 10 000 têtes de bétail.

500 paires de bœufs, 500 ânesses et des serviteurs à foison. Il est comblé !

Il mène une existence heureuse et paisible. Chacun avait atteint l’âge adulte. Job priait souvent pour eux et offrait des sacrifices pour le pardon de leurs péchés.  

c) Satan et Dieu Lecture 1,6-11

Le livre s’ouvre sur une scène qui se passe au ciel,

– Satan s’invite parmi les créatures célestes. Dieu lui parle de son serviteur Job : « As-tu remarqué mon serviteur Job ? Il n’a pas son pareil sur la terre : c’est un homme intègre et droit, qui craint Dieu et s’écarte du mal. » Dieu est fier de Job. Il pose sur lui un regard bienveillant.

Satan se comporte ici comme au Jardin de la création. Il essaie de mettre le doute chez Dieu, comme il l’avait fait avec Eve. Il veut arriver à lui prouver que si Job craint Dieu, c’est de façon intéressée.  « Est-ce pour rien que Job craint Dieu ? » Il essaie de persuader Dieu que Job ne sert Dieu que parce qu’il le protège. « Mais étends seulement la main, et touche à tout ce qu’il possède : je parie qu’il te maudira en face ! »

Satan est bien ici, l’accusateur de l’homme. Et il va très loin puisqu’il dit que l’homme est incapable de vivre une religion d’amour. Qu’il est incapable d’aimer Dieu pour Lui-même,  incapable de gratuité, avec des motivations qui ne sont pas pures, et que la relation qu’il a avec Dieu n’est qu’un simulacre. Il se montre certain de pouvoir monter Job contre son Dieu, probablement en se basant sur son expérience précédente avec les saints anges qu’il est parvenu à entraîner dans la rébellion. Satan ne croit pas en l’homme.

Mais Dieu n’est pas Adam. Il veut faire confiance en l’homme. Il croit en Job, il croit aussi en moi. Il va donc permettre la tentation afin de prouver à Satan la foi et la loyauté de Job.

C’est très important de réaliser, pour commencer, que le pari entre Dieu et Satan, n’est pas un pari entre égaux. Dieu est le seul Dieu et Satan n’a aucune autorité en dehors de celle que Dieu lui accorde. Chaque fois, Satan doit demander à Dieu le droit de faire du mal à Job. Ce sera important pour la suite de garder en tête le pourquoi des souffrances de Job.

d) Les épreuves : lecture 1,13-19

– A l’annonce de ces terribles nouvelles, Job est effondré. (Il a quand même perdu toutes ses bêtes, tous ses serviteurs, tous ses enfants et sa maison. En signe de deuil, il déchire son manteau, se rase la tête et se prosterne à terre. Il déclare : « Je suis sorti nu du ventre de ma mère, et j’y retournerai nu. L’Eternel a donné, l’Eternel a repris : que l’Eternel soit loué !» (Job 1,21)
Revient alors, comme un refrain, la même phrase qu’au verset 1,1. « Le Seigneur reprit : « As-tu remarqué mon serviteur Job ? Il n’a pas son pareil sur la terre : c’est un homme intègre et droit, qui craint Dieu et s’écarte du mal ; il persiste encore dans son intégrité, et c’est pour rien que tu m’as incité à le détruire. »

Cette fois, Satan en rajoute une couche, et Job devient lépreux, mais il persiste dans sa confiance en Dieu, sa foi ne faiblit pas. Il accepte la providence de Dieu avec une foi soumise et reconnaissante, malgré tout ce qu’il vient de perdre. Malgré sa douleur, malgré sa femme qui lui dit : « Tu persistes encore dans ton intégrité ! Maudis Dieu et meurs ! » Job lui répond « Tu parles comme une insensée. Si nous accueillons le bonheur comme venant de Dieu, comment ne pas accueillir de même le malheur ?  (2,10) Comme Eve la femme de Job se fait, sans le réaliser, la complice de Satan. Elle figure la tendance naturelle de l’être humain : « Révolte toi contre l’auteur de tes jours qui a permis que tu connaisses tant de souffrances ».

En fin de compte, Dieu sort victorieux et démontre à Satan que la foi qui sauve ne peut pas être détruite en dépit des épreuves infligées à un croyant, même si elles semblent incompréhensibles ou injustifiées.

  •  Le récit post exilique
  • Le contexte

Le peuple d’Israël a souffert, a été ébranlé par la destruction de tout ce qui lui était cher : sa nation, sa cité, son Temple, la royauté, son clergé et la déportation. Le grand problème des exilés n’était donc pas de nature économique mais plutôt spirituel et cultuel. Pourquoi Dieu avait-il permis cette épreuve ? Quel était le sens de l’exil ? Les dieux étrangers seraient-ils plus forts que leur Seigneur ? 

Autant de questions qui font qu’à partir du chapitre 3, la partie du récit ajouté après l’exil, change brutalement de ton. Les questions s’enchainent et Job n’est plus le même. Il devient amer, presque agressif.

Devant tant de souffrances endurées par le peuple d’Israël et vécues comme une punition de Dieu, suite aux infidélités du peuple, un auteur ressaisit l’histoire de Job, en y ajoutant 3 longs cycles de questionnements qui vont aller beaucoup plus loin sur le sens de la souffrance et la question de la responsabilité de Dieu. (3 à 26)

Ces questions sont amenées par 3 personnages, trois soi-disant amis, Eliphaz, Bildad et Tsophar qui rendent visite à Job. Aucun n’est israélite. Ils représentent la crème intellectuelle du Proche Orient. Officiellement ils viennent pour soutenir Job et le réconforter. Mais en arrivant chez lui, ils ne le reconnaissent plus tant il est couvert de plaies. Et ils éclatent en sanglots. En signe de deuil et de compassion, ils passent une semaine en silence auprès de lui.

  • Les questions du livre de Job ?

Après cette semaine de silence, Job finit par prendre la parole, et cette fois, ce n’est plus le même Job qu’au premier chapitre, avant l’exil. Il commence à se plaindre, maudit le jour de sa naissance, regrettant d’être en vie. « Après cela, Job ouvrit la bouche et maudit le jour de sa naissance. Il prit la parole et dit : « Périssent le jour qui m’a vu naître et la nuit qui a déclaré : “Un homme vient d’être conçu !” Ce jour-là, qu’il soit ténèbres ; que Dieu, de là-haut, ne le convoque pas, que nulle clarté sur lui ne resplendisse ! Que le revendiquent ténèbres et ombre de mort, qu’une nuée sur lui repose, que les éclipses l’épouvantent ! » (3, 1-5)

Il s’enfonce alors dans la dépression et déclare qu’il n’a plus envie de vivre. A partir de là, les amis vont se mettre à parler, les uns après les autres sur un schéma de cycles identiques :

  • Job parle, exprime les questions que font naître en lui toutes ces épreuves. Ce sont des questions que nous pouvons tous nous poser à un moment donné.
  • Un ami lui répond,
  • Job répond à cet ami.
  • Un autre ami réagit à la réponse de Job et ainsi de suite en 3 cycles. Chapitres 4 à 27 (18 discours). Jusqu’au verset 32,01 où là nous lisons : « Ces trois hommes cessèrent de répondre à Job ».

De ces échanges se dégagent 3 questions essentielles :

  • La vie est-elle un bien ? Mon destin n’est-il pas fixé par Dieu ?
  • Dieu est-il vraiment juste par nature et se base-t-il strictement sur la justice pour établir les lois de l’univers ?
  • Comment et pourquoi le mal et la souffrance ? Est-ce une punition ?
  • Les thèses traditionnelles sur la souffrance- châtiment

Chacun des amis s’exprime dans un style différent, mais ils tiennent tous le même rôle : apporter les thèses traditionnelles de l’enseignement religieux classique : si quelqu’un a fait du mal, Dieu le punit et s’il est puni, c’est qu’il a mal fait. Quelques exemples :

Ainsi au chapitre 8, 3-6 : « Dieu peut-il fausser le droit, le Puissant, fausser la justice ? Si tes fils pèchent contre lui, il les livre au pouvoir de leur crime. Quant à toi, si tu cherches Dieu, si tu supplies le Puissant, si tu es honnête et droit, alors, il veillera sur toi et rétablira ta demeure dans la justice. » (Bildad de Shouah)

Un peu plus loin au chapitre 15, 20-25, c’est Élifaz de Témane qui parle : « Tous les jours de sa vie, le méchant se tourmente, les années du tyran sont strictement comptées. Des voix effrayantes hurlent à ses tympans ; en pleine paix, le dévastateur vient l’attaquer. Il ne croit plus pouvoir échapper aux ténèbres et se voit promis au glaive. Il erre çà et là, mais où trouver du pain ? Il le sait : le sort qui l’attend, c’est un jour de ténèbres. La détresse et l’angoisse l’envahissent, elles le terrassent comme un roi qui se prépare à l’assaut. Car il a levé la main contre Dieu, il a bravé le Puissant. »

Autrement dit : Si vous êtes sage et bon, Dieu vous récompensera, sinon vous subirez des choses néfastes. Non seulement ces amis se trompent en posant comme dogme que le sort des méchants est terrible et que les justes sont heureux, mais ils manquent totalement de miséricorde et de compassion.

Or, comme les souffrances de Job sont épouvantables, et comme on sait que Dieu est juste et que le monde est régi par la justice et l’équité de Dieu, c’est donc que Job s’est rendu coupable de fautes graves. Par conséquent la seule solution pour lui, est de faire l’aveu de ses fautes ; et Dieu lui pardonnera et le rétablira.

Sauf que Job n’a rien à se reprocher, ce que ses amis ne peuvent entendre. Et plus il se défend, plus ses amis insistent et leurs accusations deviennent de plus en plus violentes. Ils se mettent à énumérer toute une liste de péchés que Job a certainement commis.

Elifaz lui dit par exemple 22, 3-10 : « Qu’importe au Puissant que tu sois juste, que gagne-t-il si tu améliores ta conduite ? Est-ce à cause de ta piété qu’il te reprend, qu’il vient en jugement avec toi ? Ta malice n’est-elle pas considérable, et tes fautes sans limite ? Car tu prenais indûment des gages à tes frères, tu dépouillais de leurs vêtements ceux qui étaient démunis. Tu n’abreuvais pas d’eau l’homme altéré ; à l’affamé tu refusais le pain. L’homme de poigne s’emparait de la terre, et son protégé s’y installait. Tu renvoyais les veuves les mains vides, et tu broyais les bras des orphelins. Voilà pourquoi des pièges t’environnent, et une terreur soudaine t’épouvante. »

Après chaque accusation Job proteste et réaffirme son innocence. Lui-même cherche aussi, à travers un long examen de conscience, les fautes qu’il a pu commettre.

1 : l’impureté : J’avais conclu un pacte avec mes yeux : comment, alors, aurais-je fixé du regard une jeune fille vierge ?

05 : le mensonge Si j’ai fait route avec le mensonge, si j’ai hâté le pas vers la fausseté, 06 qu’il me pèse sur une juste balance ! Dieu reconnaîtra mon intégrité.

07 les fautes contre la propriété des autres : Si mon pas a dévié du chemin, si mon cœur a suivi mes yeux et si une tache me colle aux mains, 08 qu’un autre mange ce que je sème, et que soient déracinées mes jeunes pousses !

09 Si mon cœur a été séduit par une femme et si j’ai guetté à la porte du voisin, 10 que ma femme tourne la meule pour autrui et que d’autres la possèdent ! 11 Car c’est une infamie, une faute relevant des juges ;

Contre les œuvres de miséricorde : 16 Ai-je repoussé les désirs des pauvres, ai-je laissé s’éteindre le regard de la veuve ? Ai-je mangé seul mon morceau de pain, sans que l’orphelin en mange aussi ? Au contraire, dès ma jeunesse, il a grandi avec moi comme avec un père ; dès mon enfance, j’étais le guide de la veuve.

Il se trouve innocent et ne supporte plus ses amis et arrête de discuter avec eux : « Je veux parler au Tout-Puissant et me défendre devant Lui… Vous n’êtes que de mauvais médecins, si seulement vous pouviez vous taire ! Taisez-vous, laissez-moi ! » (Job 13,3-11).

Sa souffrance ne peut être un châtiment divin. (Rappelez-vous du début Dieu avait qualifié lui-même Job d’homme fidèle et droit.) Il y a déjà une certitude que Dieu inscrit dans son cœur, et qui le soutient. Job l’exprime au chapitre 19 du livre : « Je voudrais que mes paroles soient écrites et qu’elles soient pour toujours gravées dans le roc : Je sais que mon rédempteur est vivant, Il se lèvera le dernier sur la terre. Quand ma peau sera détruite, Il se lèvera et je contemplerai Dieu. Je le verrai et Il me sera favorable. Mes yeux le verront et non ceux d’un autre. Mon âme languit d’attente au-dedans de moi ! » (Job 19,23).

Il cherche donc une autre raison à ce qui lui arrive. Donc ce qu’il endure n’est plus en accord avec ses convictions.

– Dieu ne dirigerait-il pas tout avec justice ? Serait-il à la source de tout ce qui va mal dans le monde ?

Mais à peine a-t-il prononcé ces mots qu’il se repent car il veut croire malgré tout que Dieu est profondément juste. Alors il demande à Dieu de s’expliquer en personne.

  • Elihu  

C’est alors qu’un ami surprise entre en scène, un jeune homme du nom d’Elihou (ch. 32-37).  Il est clair pour les exégètes que ce passage a été apporté plus tardivement :

« Élihou avait attendu pour s’adresser à Job, parce qu’ils étaient plus âgés que lui. Mais quand Élihou vit que ces trois hommes n’avaient plus de réponse à la bouche, sa colère s’enflamma. » (32,4-5)

Cet homme a un nom hébreu, proche de celui du grand prophète Elie, qui signifie « Le Seigneur est mon Dieu ». Il affirme que le souffle de Dieu est en lui.

Son arrivée va permettre deux choses :

  • Il se positionne clairement contre la théorie des 3 amis et amorce une réponse à l’angoisse de Job
  • Il établit une transition avant l’arrivée de Dieu réclamée par Job.

Selon Elihou, Dieu est bon et tout puissant. Il veut éduquer l’homme, et la création est là, pour que l’homme loue son créateur. « Eh bien ! te répondrai-je, en cela tu n’as pas raison, car Dieu est plus grand que l’homme. Pourquoi lui cherches-tu querelle sous prétexte qu’il ne rend compte d’aucun de ses actes ? C’est que Dieu parle une fois, deux fois, sans que l’on y prenne garde. » (33,12-14)

Et il apporte une grande nouveauté, en apportant un autre sens à la souffrance. « Dieu sauve le malheureux par son malheur ; par la détresse il lui ouvre l’oreille. » (36,15) On retrouve cette idée dans le chant du serviteur souffrant d’Isaïe : « Le Seigneur mon Dieu m’a ouvert l’oreille, et moi, je ne me suis pas révolté, je ne me suis pas dérobé. J’ai présenté mon dos à ceux qui me frappaient, et mes joues à ceux qui m’arrachaient la barbe. Je n’ai pas caché ma face devant les outrages et les crachats. » (Is 50,5-6)

Elihou invite à rechercher non pas la cause de la souffrance mais son but. L’épreuve devient alors un chemin de conversion pour avancer vers Dieu. Dans la souffrance, c’est l’amour de Dieu qui est à l’œuvre pour faire grandir l’homme et lui apprendre à aimer. Et il affirme par-dessus le marché que dans sa douleur, l’homme n’est pas abandonné par Dieu mais au contraire, celui-ci est plus proche que jamais.

Ex St Paul ou pour forger le caractère des gens. Job a donc tort d’accuser Dieu d’être injuste. Job ne répond même pas. (comme l’écharde envoyée à saint Paul pour le maintenir dans l’humilité malgré l’excellence de ses révélations (Élihou, 33.14-29,).

  • Dieu parle

Dieu intervient, il accepte de se révéler. Il n’est donc pas inaccessible ni indifférent à nos problèmes. Il s’intéresse à Job.

Dieu intervient. Il entre en dialogue avec lui mais il inverse les rôles. Ce n’est pas Job qui va parler à Dieu, c’est Dieu qui parle, et il commence par deux questions :

  • « Qui est celui qui obscurcit mes desseins par des discours sans intelligence » ?
  • « Où étais-tu quand j’ai fondé la terre ? » (38,4)

J’ai l’impression qu’il remet Job à sa juste place de créature ; Dieu est le tout autre. Il manifeste à Job son incapacité à tout savoir, tout expliquer, tout comprendre. Et Dieu démontre sa toute puissance et sa sagesse en rappelant à Job toute l’harmonie de la création.

Job finit par répondre humblement : « J’ai parlé à la légère ; que pourrais-je répondre ? Je mets ma main sur la bouche et je me tais. J’ai déjà trop parlé, je ne recommencerai plus! (40, 4-5) la lutte est finie, Job s’incline devant Dieu.

Conclusion

Job a beaucoup souffert, certes. Certaines souffrances sont venues de tout son questionnement et des accusations de ses amis. Mais il a grandi. Il a appris l’humilité. Il s’est laissé purifier. Il n’a jamais su pourquoi il avait souffert. Désormais Job est capable de faire confiance à Dieu quelles que soient les circonstances.

Dieu lui restitue le double de ce qu’il avait perdu, montrant ainsi que ce n’était pas une punition.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *