3e dim carême

3e dim carême

Cette année, nous avons la joie d’accompagner plusieurs personnes dans le cadre de leur baptême. C’est la raison pour laquelle, l’Eglise nous invite à prendre pour les 3e, 4e et 5e dimanches de carême les textes de l’année A.  Aujourd’hui nous lisons donc l’évangile de la Samaritaine en nous vivrons tout à l’heure le 1er scrutin en lien avec cet extrait biblique.

Posons-nous la question, quelles sont les différentes soifs que nous rencontrons ?

  1. Les plus anciens qui ont encore leur collection intégrale de Tintin avec le capitaine Haddock se souviennent peut-être de l’album : Tintin au pays de la soif. C’est une soif que nous avons déjà tous expérimentée, en faisant du sport, une bonne marche, en allant dans un pays chaud, ou en travaillant à l’extérieur,
  2. Les cinéphiles quant à eux, se souviennent du film avec Christian Clavier, La soif de l’or, sorti en 1993. Cette soif de richesses, de pouvoir peut engendre la comparaison, la jalousie et jusqu’à la guerre. Certains pensent que s’ils n’ont pas le dernier i Phone ou le dernier Samsung, ils seront la personne la plus malheureuse de la vallée !
  3. Soif de santé : qui se caractérise par le souci croissant de l’écologie, de manger sain, d’avoir de l’eau potable, de ne pas avaler toutes les nanoparticules qui trainent dans l’air, dans l’eau ou les aliments.
  4. Il y a également la soif d’amour, de tendresse qui se manifeste parfois chez les enfants par une demande affective « J’ai besoin d’un câlin » – « fais-moi un hug ».
  5. Enfin, en cette période de carême, rappelons-nous que parmi les 7 parolesprononcéespar Jésus sur la croix, il y a : « J’ai soif ». Thérèse de Lisieux dira que Jésus n’avait pas seulement la bouche sèche et le corps déshydraté, mais il avait aussi soif d’être aimé.

Dans la 1ère lecture (Exode 17, 1-7) de l’année A, lue en ce 3e dimanche de carême, nous voyons que les hébreux après leur sortie d’Egypte, sont sur le point de manquer d’eau. Le peuple est au bord de l’émeute et crie après Moïse pour qu’il trouve une solution. Dans le désert, il existe des rochers qui pare leurs cavités sont comme des réservoirs d’eau. Le miracle réside dans le fait que sur l’ordre de Dieu, Moïse tape au bon endroit avec son bâton et fait jaillir l’eau qui va permettre de désaltérer hommes et bétails. Quant à Jésus, le voilà fatigué et assis au bord d’un puits à l’heure la plus chaude de la journée. Il a soif, mais il n’a ni seau, ni timbale pour puiser de l’eau et le puits est profond. Alors il demande de l’aide à cette femme qu’on appelle la Samaritaine.

Qu’est-ce qu’une Samaritaine ?

En regardant la carte du pays de Jésus, vous voyez le fleuve du Jourdain qui coule du Nord au Sud et trois régions sur sa gauche. Au Nord : la Galilée (Cana, le Mont Thabor, Nazareth), au centre : la Samarie et au Sud : la Judée (Bethléem, Jérusalem, Emmaüs, Jéricho, etc.). Les Samaritains étaient des habitants de l’ancien Royaume du Nord qui politiquement et religieusement avaient fait sécession avec le Royaume de Juda, au moment du règne de Roboam, le fils du roi Salomon. Pour rivaliser avec le Temple de Jérusalem, leur Roi avait fait construire deux hauts lieux, l’un à Bethel et l’autre à Dan en y installant dans chacun un veau d’or (1 Rois 12, 27-31). Par de telles pratiques, les habitants de cette région se détournèrent de la religion juive. Plus tard, après le retour d’exil, on construisit un temple au Mont Garizim au 4e siècle avant Jésus-Christ. Progressivement, les deux peuples en étaient arrivés à se haïr au point que les juifs avaient détruit le temple du Mont Garizim en 125 av JC. Du temps de Jésus, les deux peuples s’évitaient et se fréquentaient le moins possible au point que par moment, ils refusaient l’un et l’autre de s’accorder l’hospitalité (Luc 9, 51-55). Les Samaritains existent encore : c’est un des plus petits peuples au monde, ils habitent en Cisjordanie actuelle.   

Quelle est la particularité de cette Samaritaine ?

Cette femme que Jésus rencontre au Puits de Jacob n’est pas chanceuse dans sa vie sentimentale. Elle a déjà eu cinq maris et elle partage sa vie avec un 6e homme avec lequel elle n’est pas mariée. Soit elle est instable, soit elle n’a pas rencontré les bonnes personnes. Si elle est avec ce 6e compagnon, c’est qu’elle a soif de plus, elle veut trouver l’homme idéal, l’amour parfait, qui n’existe pas sur terre. Cette femme n’est pas très fière de sa vie, elle vient au puits à midi, l’heure la plus chaude de la journée. Là au moins, elle ne croisera personne et n’aura besoin d’adresser la parole à qui que ce soit. Mais c’est aussi quelqu’un qui se pose des questions sur sa foi, où faut-il prier pour être le mieux entendu de Dieu : à Jérusalem ou au Mont Garizim ?

Que fait Jésus ?

Normalement, un juif ne parlait pas aux Samaritains ; un juif n’employait pas les récipients des Samaritains car cela les rendait impurs et surtout, un homme ne parlait pas à une femme en l’absence de son mari, sinon cela pouvait sous-entendre qu’il lui faisait des avances. Jésus bouscule tous les codes, toutes les conventions. Il ne profite pas de son passé pour la juger, lui faire la morale ou la tester sur ses fragilités sentimentales en la draguant pas. Non, la seule faveur qu’il lui demande, c’est de pouvoir avoir un peu d’eau à boire. Jésus devient un mendiant de sa foi ! Il lui montre que la soif d’absolu qu’elle recherche, lui peut la combler, parce que c’est lui le messie attendu par le peuple juif et que les vrais adorateurs n’iront plus ni à Jérusalem, ni au Mont Garizim, mais ils adoreront le Père en esprit et en vérité.

La symbolique du puits : Dans la Bible, le puits est souvent un lieu de rencontre (le serviteur d’Abraham et Rebecca, la future femme d’Isaac ; Jacob et Rachel ; Moïse et les filles de Madian) à partir duquel des mariages vont être contractés. Ici, Jésus se présente comme l’époux, amoureux et assoiffé de l’humanité. Il est ce Dieu, mendiant d’amour, qui vient à la rencontre de l’homme pécheur pour lui proposer d’unir notre âme à la sienne, d’abreuver notre cœur au sien.

Pour conclure, voici une petite citation de ste Mère Térésa : « Tant que nous ne savez pas au plus profonde de vous que Jésus a soif de vous, vous ne pouvez pas savoir qui Il veut être pour vous. Ou qui Il veut que vous soyez pour Lui ».

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