28e Dim du TO A
Il vous est déjà probablement arrivé de vous poser la question : « Comment ce sera dans l’éternité ? » Ce dimanche, la 1ère lecture et l’évangile nous donnent des éléments de réponses avec l’image du mariage. Cette image traduit l’intensité de l’amour que Jésus porte à chacune de nos âmes qu’Il souhaite épouser et la joie de nous inviter à un banquet (nous en avons une description par le prophète Isaïe avec les viande grasses, vins décantés, coupe débordante, etc.). Chacun de nous a déjà connu la déception de ne pas pouvoir réunir les personnes que nous aurions aimées avoir à nos côtés pour un événement heureux. Dans la parabole, il en est ainsi pour Dieu. Commençons par les deux premiers actes pour laisser le 3e qui est le plus difficile à la fin.
Acte 1 : Aucun des invités du roi ne vient. Plus grave : certains de ses serviteurs sont malmenés, voire tués. Mais le monarque ne se décourage pas. Il tient absolument à ce que la salle de noces soit bondée. Acte 2 : Il envoie ses serviteurs « à la croisée des chemins », les chargeant d’inviter tous ceux qu’ils rencontreraient, sans faire le tri entre « les mauvais et les bons ». Et de fait la salle est comble.
Sur le plan historique : Les premiers invités qui ont décliné l’invitation, c’est le peuple élu, le peuple juif dont certains sont allés jusqu’à persécuter voire tuer les prophètes. Les invités venus dans un second temps sont les païens. C’est ce que nous voyons, à la fois dans la vie de Jésus et dans le Livre des Actes des apôtres.
Pour ce qui est de la colère du roi, à la fin de la première parabole (les troupes qui font périr et qui brûlent la ville), il est clair que l’évangéliste Matthieu avait en tête les événements tragiques qui s’étaient passés peu de temps avant la rédaction de son évangile : la révolte juive contre l’Empire romain, la destruction du Temple et de la ville de Jérusalem par les troupes de Titus en l’an 70. Des milliers de Juifs furent massacrés et ce fut la fin de l’État d’Israël qui ne renaîtra que 19 siècles plus tard, en 1948.
L’Acte 3 nous surprend toutefois. C’est là qu’il nous faut accepter de lire cette scène avec les yeux d’un oriental. Car autrefois, en Orient, celui qui invitait à des noces, ne fournissait pas seulement le festin, mais aussi la robe dont il voulait voir ses convives revêtus. Tout devait être digne de lui ! C’est la raison pour laquelle, lorsque le Roi entre, il examine le vêtement de chacun de ceux qui sont à table. Ses yeux sont comme une flamme de feu, discernent et jugent tout sans compromission (Apocalypse 1, 14 ; 2, 18).
C’est la raison pour laquelle, celui qui s’est présenté dans un vêtement misérable, ou dans un vêtement précieux et flatteur, au mépris de la robe offerte attire immédiatement le regard du Roi : « Mon ami, comment es-tu entré ici, sans avoir le vêtement de noce ? »
Quand nous voyageons, nous rencontrons par moment des personnes qui portent le costume traditionnel, pour les fêtes. C’est une coutume qui est commune à toutes les civilisations. Nous trouvons des traces de ce vêtement bien spécial dans la Bible : dans la parabole de l’enfant prodigue, lorsque le père donne de nouveaux vêtements à son fils qui rentre au foyer. Dans les débuts de l’Église, les nouveaux baptisés revêtaient un vêtement blanc pendant une semaine entière, symbole d’une vie nouvelle. Cette tradition du vêtement de fête nous la retrouvons pour les jeunes mariés, pour l’enfant présenté au baptême, pour les étudiants qui célèbrent l’obtention de leurs diplômes, etc.
Nous trouvons des exemples de ce vêtement de fête dans les lettres de saint Paul : « Comme des élus de Dieu, mes bien-aimés, revêtez le vêtement d’amour et de compassion, de bonté, d’humilité, de douceur et de patience. Supportez-vous les uns les autres. Pardonnez-vous l’un à l’autre comme le Christ vous a pardonné. A votre tour, placez par-dessus tout, la charité, ce lien parfait » (Colossiens 3, 12-15). Ou encore, dans sa lettre aux Éphésiens : « Dépouillez-vous du vieil homme… et revêtez l’homme nouveau, créé selon Dieu, dans la justice et la sainteté de la vérité » (Éphésiens 4, 22-24).
Quel sont les torts de cet homme ? :
- Le 1er tort, c’est son silence qui résonne comme un refus de dialogue : il n’essaye même pas de balbutier une excuse quelconque. Il aurait pu dire : « Seigneur, je ne suis pas digne de Te recevoir, mais dit seulement une parole et je serai guéri ».
- Le second tort, c’est qu’en se taisant volontairement, il professe qu’il connaît Jésus mais il ne l’a pas revêtu : il ne l’a pas reconnu comme son Sauveur : « mais revêtez-vous du Seigneur Jésus Christ » (Romains 13, 14) ; « Vous tous que le baptême a unis au Christ, vous avez revêtu le Christ » (Galates 3, 27).
Cette deuxième parabole nous rappelle que le Salut n’est jamais automatique : Dieu ne nous sauve pas sans notre volonté, ni sans notre collaboration. « Seigneur, aide-moi à répondre à ton invitation en acceptant de Te laisser transformer mon cœur et de me revêtir réellement du vêtement du Salut ».