David devient roi

David devient roi

Le déclin du roi Saül et l’ascension de David

  • Nous sommes toujours dans le premier livre de Samuel. Menacés par les Philistins, les Israélites ont demandé à Dieu de leur donner un roi, pour être « comme les autres nations ». Bien que le Seigneur sache que leur problème n’est nullement politique mais spirituel, Il charge le prophète Samuel de répondre à cette demande du peuple en donnant l’onction à Saül pour qu’il devienne roi.
  • La royauté est installée en Israël, une royauté intégrée à l’Alliance comme Dieu le voulait et il s’agit, dans ces livres de Samuel, de montrer qu’après la sombre période des Juges, la royauté est bien d’institution divine.
  • Après avoir montré de belles qualités humaines, le roi Saül, accumule les erreurs et les désobéissances. Le point de non-retour est atteint lorsque Saül, désobéissant à Dieu, laisse Agag le roi des Amalécites en vie et s’empare de son cheptel. Le Seigneur regrette son choix et serepent d’avoir fait régner Saül sur Israël »
  • Maintenant que Saül est rejeté de manière totale et définitive, nous allons assister à l’ascension de David, le roi choisi par Dieu, le roi « selon son cœur ». Son règne sera souvent considéré comme un âge d’or dans l’histoire d’Israël. Nous sommes au chapitre 16 de ce premier livre de Samuel, l’histoire de David personnage principal va commencer. 60 chapitres de la bible lui seront consacrés.
  • La royauté de David revêt une importance particulière au niveau historique mais aussi au niveau théologique. Dès le livre de la Genèse, Dieu avait laissé entendre que son plan pour racheter le monde des conséquences du péché d’Adam et Ève serait centré sur l’un des descendants d’Ève, qui renverserait Satan. Cet espoir fut ensuite lié à Abraham, puis à sa descendance par laquelle toutes les nations de la terre seraient bénies.

La promesse du Seigneur d’établir le trône de David pour toujours sera la pierre angulaire de l’attente messianique dans le judaïsme et dans le christianisme.

I. L’ascension de David

  1. le choix de David

« Le Seigneur dit à Samuel : « Combien de temps encore seras-tu en deuil à cause de Saül ? Je l’ai rejeté pour qu’il ne règne plus sur Israël. Prends une corne que tu rempliras d’huile, et pars ! Je t’envoie auprès de Jessé de Bethléem, car j’ai vu parmi ses fils mon roi » (1S 16,1-2).

Samuel qui aimait beaucoup Saül avait pris le deuil. Maintenant il doit arrêter de pleurer sur lui et Dieu l’envoie à Bethléem, chez Jessé. Jessé, (cf KTèse arbre de Jessé), était le petit-fils de Ruth et Booz. La bible Second l’appelle Isaïe, à ne pas confondre avec le prophète du même nom.

Dieu envoie donc Samuel à Bethléem. Mais pour aller de Rama où habite le prophète, à Bethléem, il faut passer par Guibéa où réside Saül. Or le roi sait très bien que Dieu a choisi quelqu’un d’autre pour le remplacer mais il ne sait pas encore qui.

Alors craignant la jalousie de Saül, Dieu protège Samuel en ne lui disant pas de quel fils il s’agit. Et pour dissimuler son action, il lui suggère d’annoncer qu’il se rend à Bethléem pour offrir un sacrifice. Samuel fit ce que Dieu lui avait demandé de faire et il convoqua Jessé et ses fils.

« Lorsqu’ils arrivèrent et que Samuel aperçut Éliab, il se dit : « Sûrement, c’est lui le messie, lui qui recevra l’onction du Seigneur ! » Mais le Seigneur dit à Samuel : « Ne considère pas son apparence ni sa haute taille, car je l’ai écarté. Dieu ne regarde pas comme les hommes : les hommes regardent l’apparence, mais le Seigneur regarde le cœur. » Jessé appela Abinadab et le présenta à Samuel, qui dit : « Ce n’est pas lui non plus que le Seigneur a choisi. » Jessé présenta Shamma, mais Samuel dit : « Ce n’est pas lui non plus que le Seigneur a choisi. » Jessé présenta ainsi à Samuel ses sept fils, et Samuel lui dit : « Le Seigneur n’a choisi aucun de ceux-là. » (1S 16,6-10).

C’est le droit d’aînesse qui a vallu à Eliab d’être présenté le premier. Samuel en voyant sa belle apparence pensa que ce devait être lui. Mais le SEIGNEUR lui dit qu’il n’en était rien. Dieu regarde au-delà des apparences. Nous nous souvenons ici combien la beauté de Saül avait suffi à le faire accepter. Il en fut ainsi avec les six autres.

Alors Samuel dit à Jessé : « N’as-tu pas d’autres garçons ? » Jessé répondit : « Il reste encore le plus jeune, il est en train de garder le troupeau. » Alors Samuel dit à Jessé : « Envoie-le chercher : nous ne nous mettrons pas à table tant qu’il ne sera pas arrivé. » 

Remarquez que lorsque Samuel demande à Jessé s’il n’a pas un autre fils, ce dernier répond sans même mentionner son nom. Nous apprenons juste qu’il est le plus jeune et qu’il garde le troupeau.

Les commentaires se sont demandé pourquoi David n’était pas avec ses frères. Si le livre de Samuel ne le dit pas, un indice nous vient des psaumes 27 et 51, attribués à David :

  • « Ne te détourne pas de moi, ne me repousse pas avec colère, moi, ton serviteur ! Car mon père et ma mère m’abandonnent, mais le Seigneur me recueillera. » (Ps 27,9-10). 
  • « Je suis né dans la faute, ma mère m’a conçu dans le péché. » (Ps 51,7-8).

Ces deux passages laissent entendre que David était rejeté par les siens. Les commentaires rabbiniques racontent qu’il aurait été un enfant adultérin, ce qui expliquerait le mépris de ses frères. Comme souvent dans la Bible, c’est le petit dernier, le rejeté, qui est le sujet de la bénédiction.

« Jessé le fit donc venir : le garçon était roux, il avait de beaux yeux, il était beau. Le Seigneur dit alors : « Lève-toi, donne-lui l’onction : c’est lui ! » Samuel prit la corne pleine d’huile, et lui donna l’onction au milieu de ses frères. L’Esprit du Seigneur s’empara de David à partir de ce jour-là. Quant à Samuel, il se mit en route et s’en revint à Rama. » (1S 16,11-13).

  • Physiquement, David est décrit comme « roux », ce qui était plutôt rare chez les Hébreux, avec de beaux yeux et une belle apparence. Les personnages importants de la bible sont beaux. Deux traits de caractères assez contradictoires. Le Talmud explique que le roux est plutôt signe de quelqu’un aimant verser du sang, alors que le terme « beaux yeux » est décrit plutôt comme quelqu’un ayant bon cœur et de bons traits de caractère. Cela revient à expliquer que lorsque le Roi David partait en guerre, il était très dur à la bataille, et quand il étudiait la Torah, il devenait plus doux.
  • Dès qu’il a reçu l’onction nous apprenons son nom : c’est David, nom qui signifie « bien-aimé »,
  • Saül avait reçu l’onction à partir d’une fiole, symbole de la fragilité. David la reçoit à partir d’une corne d’huile. La corne représente le pouvoir. Il la reçoit devant ses frères et pas complètement en privé comme Saül.
  • L’effet de l’onction reçue par David est également très différent de celui produit en Saül. David est habité en permanence par « l’esprit » que confère l’onction. Il est ainsi qualifié pour gouverner le peuple.

Toute cette description nous fait penser à Jésus qu’elle annonce !

– Son origine, David vient de Bethléem. Le Seigneur aussi naîtra à Bethléem, comme l’avaient annoncé les prophéties (Michée 5,1-3).

– David est berger, Jésus sera le “bon berger”.

– Le Seigneur Jésus est le Fils bien- aimé de Dieu, ce que signifie le nom David.

– Jésus sera rejeté, comme l’était David au sein de sa famille.

  • David est appelé auprès de Saül

Alors l’Esprit du Seigneur s’empare de David, alors qu’un esprit mauvais, envoyé par le Seigneur, se met à tourmenter Saül. Désormais l’Esprit de Dieu va œuvrer par l’intermédiaire de David. Cela nous est dit avec insistance « Dieu était avec David », pas moins de 5 fois en 3 chapitres. (1 Samuel 16,18 ; 17,37 ; 18, versets 12. 14 et 28) comme une sorte de refrain. Tandis que l’un descend du trône, l’autre en monte successivement les degrés. Et la première chose que devra faire David, sera d’apaiser la violence de Saül.

Les serviteurs de Saül lui dirent : « Voici qu’un mauvais esprit de Dieu te tourmente. Un seul mot de notre maître, et les serviteurs qui sont devant toi chercheront un bon joueur de cithare ; ainsi, quand un mauvais esprit de Dieu viendra sur toi, cet homme jouera de son instrument, et cela te fera du bien. » Saül répondit à ses serviteurs : « Voyez donc s’il n’y a pas pour moi un homme qui soit un bon musicien, et amenez-le-moi. » L’un des garçons prit la parole et dit : « J’ai vu, justement, un fils de Jessé, de Bethléem, qui sait jouer. C’est un homme de valeur, un vaillant guerrier ; il parle avec intelligence ; c’est un bel homme et le Seigneur est avec lui ! » Alors Saül envoya à Jessé des messagers pour lui dire : « Envoie-moi ton fils David, qui est avec le troupeau » (1S 16,15-19).

En Orient, on ne se présente jamais devant un supérieur les mains vides. C’est ce qui explique que Jessé prend un âne chargé de cadeaux qu’il envoie au roi par son fils David.

Le Seigneur Jésus était entré à Jérusalem assis sur un âne, David entre au service du roi, de la même façon. Saül le prend en affection et chaque fois que le mauvais esprit l’assaillait, David prenait sa lyre et en jouait. Alors le roi se calmait et le mauvais esprit le quittait.

  • David contre Goliath (ch 17)

Ceci est sans doute l’épisode le plus connu de la vie du roi David.

A cette époque, les Philistins menaçaient à nouveau Israël. Chaque matin et chaque soir, et ceci durant quarante jours, un guerrier du nom de Goliath sortait des rangs philistins pour provoqu Absalom, un autre ils de David, n’a aucune relation avec Dieu. Il agit de manière impulsive. Lorsque Joab chef de l’armée, refuse d’aller le voir, il met le feu à son champ. Joab rapporte cet événement à David. Quelle est sa réaction? Le roi appela Absalom, qui vint vers lui et se prosterna le visage contre terre en sa présence. Et le roi embrassa Absalom. 2S 14.33 er en combat singulier un soldat d’Israël. Or ce Goliath était un géant de 2m90 dont l’armement pesait 70 kg et le fer de sa lance 8 kg. A sa vue, les Israélites étaient saisis de crainte et nul n’osait relever le défi.

« Jessé dit à son fils David : « Prends donc pour tes frères cette mesure d’épis grillés, avec les dix pains que voici, et cours les porter au camp à tes frères. Ces dix fromages, tu les porteras à l’officier de millier ; tu verras si tes frères sont en bonne santé, et tu m’en rapporteras le signe que tout va bien. […] David se leva de bon matin, laissa le troupeau à un gardien, et partit avec les provisions, comme Jessé le lui avait ordonné. Il arriva au milieu du camp lorsque l’armée, sortant pour se mettre en ligne, poussait le cri de guerre. Israël et les Philistins se rangèrent ligne contre ligne. David se déchargea de ses bagages, les laissa aux mains du gardien des bagages et courut vers la ligne de front. Une fois arrivé, il demanda à ses frères s’ils étaient en bonne santé. Comme il parlait avec eux, voici que monta des lignes philistines le champion appelé Goliath, le Philistin de Gath, qui reprit les mêmes paroles, et David l’entendit. En voyant l’homme, tous ceux d’Israël s’enfuirent devant lui, terrifiés. Ils disaient : « Avez-vous vu cet homme qui monte contre nous ? C’est pour défier Israël qu’il monte ! Celui qui l’abattra, le roi le fera riche, très riche ; il lui donnera sa fille, et il affranchira sa famille de toute charge en Israël. » David demanda à ceux qui se tenaient près de lui : « Que fera-t-on pour récompenser l’homme qui abattra ce Philistin et relèvera le défi lancé à Israël ? Qui est-il, en effet, ce Philistin incirconcis, pour avoir défié les armées du Dieu vivant ? » […] Éliab, son frère aîné, l’entendit qui parlait avec les gens. Il se mit en colère contre David et dit : « Pourquoi donc es-tu descendu ? À qui as-tu laissé ton maigre troupeau dans le désert ? Je connais, moi, ton arrogance et la malice de ton cœur : c’est pour voir la bataille que tu es descendu ! » David répondit : « Qu’est-ce que j’ai fait encore ? On n’a plus le droit de parler ! » […] Mais les paroles de David attirèrent l’attention et furent rapportées à Saül qui le fit venir » (1S 17,16-31).

  • Nous avons donc Goliath, un géant de 2m90, qui pendant quarante jours défie les Hébreux et que personne n’ose affronter. À l’époque, provoquer un peuple revenait à provoquer son dieu et donc à prouver quel dieu était le plus fort. 40 est un nombre important dans la Bible, il symbolise ici une période d’épreuve et de doute.
  • Pendant que Saül est à la guerre, David rentre chez lui pour garder le troupeau. Trois de ses frères étant dans l’armée des Hébreux, son père l’envoie sur le front pour leur apporter du ravitaillement. Au verset 12 nous lisons : « David était fils de cet Éphratéen de Bethléem en Juda, nommé Jessé et qui avait huit fils. Or, au temps de Saül, cet homme était un vieillard avancé en âge » Ce qui tend à conforter l’hypothèse que David n’était pas tout à fait un enfant à cette époque.
  • Nous voyons aussi que David est obéissant, il se lève de bon matin et un peu plus loin nous voyons qu’il se renseigne exactement comme son père le lui avait demandé, sur la santé de ses frères. Il ne part pas en négligeant son troupeau, il le confie à un gardien.
  • Nous apprenons aussi que celui qui vaincra ce géant recevra en récompense de nombreuses richesses, la fille de Saül en mariage et que sa famille sera libérée de tout impôt en Israël.
  • David se renseigne sur le sort de celui qui vaincra Goliath mais ses motivations ne sont pas matérielles. Ce qui le préoccupe, c’est qu’un incirconcis insulte l’armée du Dieu vivant.

A vue humaine, le combat semble bien inégal entre David et Goliath et le roi refuse que David affronter ce guerrier. Mais expliquant au roi comment Dieu l’avait aidé face à un lion et un ours, à défendre son troupeau, Saül finit par lui donner ses propres armes. Elles ne sont bien sûr pas adaptées à sa taille. Alors il s’en débarrasse, descend au ruisseau et choisit cinq pierres polies, les place dans sa besace et s’avance vers le Philistin, sa fronde à la main. Cinq est un chiffre symbolique qui représente la Torah :

« Goliath dit à David : « Viens vers moi, que je te donne en pâture aux oiseaux du ciel et aux bêtes sauvages ! » David lui répondit : « Tu viens contre moi avec épée, lance et javelot, mais moi, je viens contre toi avec le nom du Seigneur des armées, le Dieu des troupes d’Israël que tu as défié. Aujourd’hui le Seigneur va te livrer entre mes mains, je vais t’abattre, te trancher la tête, donner aujourd’hui même les cadavres de l’armée philistine aux oiseaux du ciel et aux bêtes de la terre. Toute la terre saura qu’il y a un Dieu pour Israël, et tous ces gens rassemblés sauront que le Seigneur ne donne la victoire ni par l’épée ni par la lance, mais que le Seigneur est maître du combat, et qu’il vous livre entre nos mains. » Goliath s’était dressé, s’était mis en marche et s’approchait à la rencontre de David. Celui-ci s’élança et courut vers les lignes des ennemis à la rencontre du Philistin. Il plongea la main dans son sac, et en retira un caillou qu’il lança avec sa fronde. Il atteignit le Philistin au front, le caillou s’y enfonça, et Goliath tomba face contre terre. Ainsi David triompha du Philistin avec une fronde et un caillou : quand il frappa le Philistin et le mit à mort, il n’avait pas d’épée à la main. Mais David courut ; arrivé près du Philistin, il lui prit son épée, qu’il tira du fourreau, et le tua en lui coupant la tête. Quand les Philistins virent que leur héros était mort, ils prirent la fuite » (1S 17,44-51).

Le combat est de courte durée, avec un simple caillou il heurte le Philistin au front puis lui tranche la tête avec sa propre épée. Le récit oppose ici la puissance de Dieu à la puissance des armes et dans une confiance totale, David place sa vie entre les mains de Dieu. Nous pouvons voir dans ce combat contre Goliath une image de la lutte de Jésus contre le diable.

  • David ne cache pas sa foi : « Tu viens contre moi avec épée, lance et javelot, mais moi, je viens contre toi avec le nom du Seigneur des armées, le Dieu des troupes d’Israël que tu as défié ».
  • Il ne doute pas : « Aujourd’hui le Seigneur va te livrer entre mes mains » – « Toute la terre saura qu’il y a un Dieu pour Israël ».

4. David, objet de l’affection du peuple et de la famille de Saül

Devenu chef de guerre au service de Saül David gagne l’affection de son entourage. L’amour qu’il inspire et la présence du Seigneur avec lui sont un leit-motiv du chapitre17.

  1. L’amitié de Jonathan

Le spectacle extraordinaire de David rapportant la tête de Goliath, fait jaillir l’admiration, de Jonathan, le fils du roi. « Jonathan s’attacha de toute son âme à David et il l’aima comme lui-même » (18,3).

Nous avions découvert ce fils le mois dernier : un homme de foi, courageux et lucide sur les erreurs de son père. C’est lui l’héritier de Saül, le trône lui reviendrait légitimement mais devant la bravoure de David, il décide de lui porter allégeance et se dépouille au profit de David des symboles de son pouvoir :

  • de sa robe de prince héritier en Israël, comme pour lui préparer le chemin du trône,
  • de son épée, symbole de ses victoires,
  • de son arc, signe de son influence morale à distance
  • de sa ceinture, figure du service, en témoignage de son attachement et de son dévouement total. Il lui dira un peu plus loin : « Tu régneras sur Israël, et moi je serai au second rang près de toi. »

David puisera consolation et réconfort dans cette profonde amitié, quand il sera en butte à toute la haine de Saül. Jonathan l’aidera plusieurs fois à se sauver et le soutiendra dans son accession au trône.

  • Un héros pour tout le peuple

David devient aussi progressivement un héros pour tout le peuple d’Israël et même pour les serviteurs de Saül.

Sur son passage les femmes chantaient : « Saül a tué mille Philistins ; David en a tué dix milles », mettant ainsi David au-dessus de Saül qui n’avait eu aucun mérite dans cette victoire.

David se mêle au peuple : la victoire ne l’a pas rendu hautain. Son humilité fait qu’il ne suscite aucune jalousie parmi les proches du roi. Au contraire, il leur est agréable et tous l’aiment.

  • L’amour de Mikal

« Or Mikal, fille de Saül, aimait David ». Saül disposera de ses filles selon ses visées personnelles.

II. Le temps des épreuves

Commence alors pour le futur roi, un temps d’épreuves. Un peu comme avec Joseph, on retrouve ici le thème du juste, qui a la bénédiction divine et qui est persécuté par celui qui a perdu cette bénédiction.

1. La jalousie de Saul

Saül le prit très mal et fut très irrité. Il disait : « À David on attribue les dizaines de milliers, et à moi les milliers ; il ne lui manque plus que la royauté ! » Depuis ce jour-là, Saül regardait David avec méfiance” (1 S 18, 8-9).

La gloire de David commence à éclipser celle du roi. Il craint que David ne prenne sa place, au point qu’un jour :

« David jouait de son instrument comme chaque jour, et Saül avait sa lance à la main. Saül la lança en se disant : « Je vais clouer David au mur ! » Mais par deux fois David échappa à Saül. Saül eut peur de David. En effet, le Seigneur était avec David et s’était écarté de Saül. Quant à Saül, il écarta David de sa présence en le nommant officier de millier. David partait en campagne et revenait à la tête du peuple. Il réussissait dans toutes ses expéditions : le Seigneur était avec lui. En voyant à quel point il réussissait, Saül le redouta » (1S18,10-15).

Saül tente de tuer David avec sa lance. Mais Dieu le protège et à deux reprises, la lance passe à côté. Ayant échoué, Saül lui confie des tâches militaires de plus en plus risquées, dans l’espoir de le voir mourir au combat. Mais Dieu est avec lui et il réussit toutes ses expéditions militaires.

Il avait promis sa fille Mérab à quiconque frapperait Goliath, mais au dernier moment, Saül la donne à un autre homme. Il lui propose alors sa cadette, Mikal, et il en profite pour lui tendre un piège en lui demandant une dot en nature : cent prépuces de Philistins ! Qu’à cela ne tienne, David en tue deux cents ; le roi est obligé de consentir au mariage et doit se rendre compte que « Dieu est avec lui » (v. 28).

  • La fuite de David

Une fois encore, « Un mauvais esprit envoyé par le Seigneur vint sur Saül, alors qu’il était assis dans sa maison. Il tenait sa lance à la main, et David jouait de son instrument. Saül chercha à clouer David au mur avec sa lance, mais David esquiva le coup de Saül, qui ficha sa lance dans le mur. David prit la fuite et fut sauvé cette nuit-là. Saül envoya des émissaires à la maison de David, pour le surveiller et le mettre à mort au matin. Mais Mikal, la femme de David, l’avertit : « Si tu ne te sauves pas cette nuit, demain tu seras mis à mort ! »  Et Mikal fit descendre David par la fenêtre. Il partit, prit la fuite et fut sauvé » (1S 19,9-12).

Les rédacteurs de ces chapitres insistent vraiment sur le fait que Dieu est avec David et qu’« il fut sauvé », 4 fois en quelques versets. Le but étant de montrer que David est vraiment l’élu de Dieu mais aussi que pour être agréée par Lui, la monarchie doit suivre les lois inscrites dans le Deutéronome.

David est donc en fuite. Il quitte : femme, maison, amis, ressources, et pendant plusieurs années, il va errer cherchant du secours çà et là : cela durera 7 ans.

  • Auprès du vieux Samuel qui s’occupait alors d’une école de prophètes.
  • Chez le prêtre Ahimélek qui n’est autre que le petit-fils de Phineas et l’arrière-petit-fils d’Éli (14. 3), David se fait donner du pain et demande s’il a une épée à lui donner. Il reçoit la seule épée disponible, celle de Goliath. Cette aide coûtera la vie à Ahimélek et sa famille.
  • David cherche alors refuge chez Akish, le roi de Gath, une ville philistine, pensant que Saül ne viendrait pas le chercher là. Mais on le reconnaît, il ne s’en tire qu’en simulant la folie.

Il part plus loin, dans une région où se trouvent de nombreuses cavernes. Dans la caverne d’Adullam, sa famille qui craint la vengeance du roi, vient le rejoindre. Puis 400 hommes se joignent à lui, puis 600 hommes des personnes dans la détresse, des désespérés, des vagabonds ; des hommes à qui il doit tout enseigner, la foi, la discipline. C’est avec eux qu’il apprendra vraiment à diriger les hommes, à canaliser leur ardeur et à les mener à la victoire malgré les difficultés. Ils deviendront (2 S 23,8-39) les hommes puissants de David.

Un commentaire a déclaré qu’avant de recevoir la royauté sur Israël, David devait d’abord régner sur des misérables. Comme si la fréquentation de la misère était un préalable pour assumer les responsabilités les plus hautes !

A travers toutes ces épreuves, David apprend à s’appuyer sur Dieu seul. On peut lire dans les psaumes ses cris et ses prières. Ainsi le psaume 142 en rend témoignage : « Il n’y a personne qui me reconnaisse ; tout refuge est perdu pour moi ; il n’y a personne qui s’enquière de mon âme… je suis très misérable… mes persécuteurs sont plus forts que moi ».

Contrairement à Saül, David prospère à l’école de la souffrance. Il doit être rendu parfait par la souffrance, comme ce fut le cas pour le Seigneur Jésus. Nous lisons à nouveau que Saül craint David parce que l’Éternel est avec lui, et que David prospère en conséquence. Il possède une sagesse qui fait honte à tous ses adversaires et qui ne peut être contredite.

  • Toujours poursuivi par Saül, David et ses 600 hommes partent ensuite dans le désert de Ziph. Là Jonathan vient rendre visite à David. Puis David va habiter près des falaises d’En Guedi, alors que Saül est à sa recherche avec 3000 hommes d’élite.
  • David tient Saül à sa merci

De façon incroyable, Saül entre un jour pour se reposer au seuil de la grotte où se trouvent David et ses amis. Le roi s’endort ignorant que David est tout proche avec ses hommes. Saül est à sa merci, il peut se débarrasser de son ennemi et ne plus devoir toujours fuir. Les hommes qui accompagnent David l’encouragent à profiter de cette situation et ils veulent tuer Saül. Mais le respect pour ce roi consacré et la crainte de Dieu, retiennent David.  Il se contente de couper un bout de son manteau pour prouver qu’il aurait facilement pu le tuer. Il démontre par là sa bonne foi et sa bienveillance. Il ne profite pas des circonstances pour se venger.

Lorsque le roi s’éveille David informe Saül de ce qui vient de se passer. Très touché de la bonté du jeune homme, le roi promet à David de le laisser tranquille. Ce dernier restera néanmoins loin de Saül et il aura raison car le roi essaiera à nouveau de le tuer.

David devra expliquer à ses hommes pourquoi il a agi ainsi, et ça n’a pas été sans difficulté. Tous n’auraient été que trop heureux de tuer personnellement Saül.

Le cœur de Saül est véritablement touché. Il appelle David « mon fils », et pleure, mais il n’y a pas de repentir.

  • Nabal et Abigail ch 25

C’est à cette période que le prophète Samuel meurt. Il semble que David en est très affecté. Il a besoin de soutien et descend au désert de Paran.

Le désert de Paran évoque des souvenirs liés au voyage dans le désert du peuple d’Israël. C’est l’un des lieux de repos au cours de ce voyage. C’est de là qu’étaient partis les espions envoyés par Moïse.

A cet endroit habitait un homme très riche, Nabal. David dit à ses hommes de lui demander de la nourriture, mais il refuse. Apprenant son refus, David s’apprête à attaquer Nabal avec 400 de ses hommes.

Un serviteur va dire à Abigaïl, femme de Nabal : « David a envoyé du désert des messagers pour saluer notre maître, et celui-ci les a traités avec dureté. Pourtant ces hommes se sont montrés très bons pour nous. Ils ne nous ont fait aucun mal et rien ne nous a été volé durant tout le temps où nous avons été avec eux lorsque nous étions dans les champs. Il lui dit encore : Ils nous ont nuit et jour servi de protection, durant tout le temps où nous avons été avec eux pour garder les troupeaux ». (1S 25.16).

Abigaïl apporte aussitôt de la nourriture à David et à ses. Elle prend conscience du danger qui pèse sur sa famille et, sans rien dire à Nabal, elle charge sur des ânes « deux cents pains, deux outres de vin, cinq moutons apprêtés, cinq séas de grain rôti, cent gâteaux de raisins secs et deux cents gâteaux de figues sèches ».

Le lendemain, Abigaïl raconte à Nabal ce qu’elle a fait. A cet instant Nabal fait un infarctus. 10 jours plus tard, l’Eternel le frappe et il meurt. David apprend que Nabal est mort. Il propose à Abigaïl de devenir sa femme. Elle accepte et part aussitôt avec David.

  • La mort de Saül ch 28

Ici, la mort de Samuel est à nouveau soulignée. Ce décès présuppose aussi la fin des révélations prophétiques de Dieu. Cela ne veut pas dire qu’elles ne sont plus là du tout, mais qu’elles ne sont plus là pour Saül.

Or les Philistins menacent une fois encore Israël. Saül qui autrefois était courageux a peur. Alors il veut consulter le Seigneur pour connaître l’issue des combats. Mais le Seigneur ne répondant plus, Saül cherche à entrer en contact avec le monde des esprits, alors qu’il avait lui-même promulgué une loi interdisant ces pratiques.

Il se rend de nuit, déguisé, chez une femme qui pratique la divination et lui demande de faire apparaître le prophète Samuel. Nous ne lisons nulle part que, lorsque Samuel habitait à Rama, Saül ne soit jamais allé le consulter. Maintenant que Samuel est mort, il veut le consulter.

La femme commence ses incantations mais elle ne peut aller jusqu’au bout. Ce n’est pas elle qui contrôle la situation. Dieu intervient Lui-même et fait apparaître Samuel.

Il s’agit bien de Samuel et non d’un esprit démoniaque qui se fait passer pour Samuel. Le prophète s’adresse directement à Saül. Il mentionne maintenant le nom de l’homme à qui le Seigneur a donné le royaume (verset 17). Samuel lui en indique aussi les raisons. Saül est aussi informé qu’il mourra le lendemain et ses fils avec lui.

La Bible transmet deux versions différentes sur la mort de ce roi.

  • Dans l’une, il est tué par un soldat, que David aurait fait par la suite exécuter 2S1
  • Dans la seconde, c’est Saül qui se suicide pour ne pas être tué par un ennemi. Il serait le premier suicidé de la bible. Rien ne permet de dire laquelle des deux traditions est la plus authentique. 1S 30

Dans ce livre de Samuel, les doublets abondent et souvent deux traditions d’inspiration très différente se croisent et se juxtaposent comme par exemple, une tradition antimonarchiste et une autre en faveur de la royauté.

La réaction de David à la nouvelle de ces décès de Saül et de son fils Jonathan est inattendue. Dans son cœur il n’y a pas de rancune. Au lieu de se réjouir, il accomplit les gestes du deuil et de douleur : pleurer, jeûner, déchirer ses vêtements, pour souligner la mort du roi et de son ami Jonathan. Il prononcera lui-même son oraison funèbre.

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