5e dimanche TO B
Les lieux où Jésus agit et prie pour que nous ne dédaignions ni les lieux ni les personnes où nous nous trouvons.
- Jésus nous entraine d’une synagogue à une autre : « Aussitôt sortis de la synagogue de Capharnaüm, Jésus et ses disciples allèrent, avec Jacques et Jean, dans la maison de Simon et d’André. » / « Jésus parcourut toute la Galilée, proclamant l’Évangile dans leurs synagogues, et expulsant les démons ».
Au début et à la fin de notre passage, il est question de synagogue et nous voyons que chaque journée de Jésus s’organise autour d’une visite à la synagogue. Quel est mon lien avec le bâtiment « église » ? Quel est le lien avec la communauté croyante ? Avec la liturgie communautaire ? Est-ce que cela te manque de ne pas pouvoir prier à plusieurs, ou est-ce que cela t’arrange parce que tu n’as pas besoin de sortir ? L’auteur de l’épître aux Hébreux nous dit : « Ne délaissons pas nos assemblées, comme certains en ont pris l’habitude, mais encourageons-nous » (Hb 10, 25).
Les évangiles nous montre l’importance qu’il y avait pour Jésus d’être fidèle à la liturgie communautaire et que Dieu y opérait des miracles et des guérisons.
- Capharnaüm, le village de la consolation, et la maison de Simon qui représente l’Eglise.
Marc articule le public et le privé. Dieu n’agit pas seulement dans nos églises ou dans nos grandes assemblées, Il peut toucher des cœurs dans les lieux intimes, sur un lit d’hôpital, une chambre d’Ehpad ou au domicile des personnes. Il suffit que tu agisses comme dans l’évangile : que tu parles à Jésus des personnes malades de ton entourage : « Aussitôt, on parla à Jésus de la malade. » Est-ce que tu énumères à Jésus la liste des prénoms des gens qui ne vont pas bien autour de toi ? Est-ce que tu intercèdes pour eux ? Crois-tu que Jésus puisse faire quelque chose pour eux ? Demandes-tu à d’autres de se joindre à toi pour prier pour des situations compliquées ?
« Jésus s’approcha, la saisit par la main et la fit lever. La fièvre la quitta, et elle les servait». Cette femme n’est pas devenue leur bonne à tout faire. Servir en hébreu signifie aussi « rendre un culte ». Elle rend gloire à Dieu. Elle rend à Dieu ce qui lui revient, surtout que nous sommes le jour de sabbat, jour où la femme a un rôle particulier.
Comme maîtresse de maison, elle n’est pas tenue d’aller à la synagogue. Mais elle a un office religieux qui lui est propre, l’allumage des bougies de la table et elle prononce la bénédiction sur la lumière. « Eloigne de nous toute sorte de honte, fais que la paix, la lumière et la joie demeurent toujours dans cette maison. En toi est la fontaine de la vie, à ta lumière nous voyons la lumière. Amen » Donc dans toute la tradition juive, il y a un lien entre la femme et la lumière. Sans sa présence la maison est comme vide, sombre. En guérissant la belle-mère de Simon, Jésus la rétablit dans sa santé mais aussi dans son service liturgique.
Ici, il me parait important de rappeler que lorsque Dieu permet qu’une vie dure encore grâce à une santé qui est retrouvée, c’est pour que cette vie soit employée pour le Royaume. Quand Dieu nous accorde quelques années supplémentaires à vivre, c’est pour que nous les mettions au service des autres et non pour que nous prenions un abonnement à Netflix ou à BEIN Sport.
Jésus t’invite toi aussi à faire de ta maison une petite Eglise !
- La porte de la maison, symbole du lieu de rencontre avec les autres
Le soir venu, toute une partie de la synagogue qui y a vu Jésus accomplir un exorcisme, qui y a entendu son enseignement, vient à la maison de Simon. C’est en fait tout Capharnaüm qui a besoin de cette consolation. Jésus n’opère pas de guérison collective mais des guérisons personnelles. Il fait du sur mesure et a une relation individuelle avec chacun. C’est la mission de l’Eglise, c’est la mienne. Toi aussi, tu peux faire beaucoup de bien sur une place de marché, sur un parking où tu croises quelqu’un, quand tu vas au cimetière, dans une salle d’attente ou dans la fille devant la caisse.
Le pape François : « Jésus n’a pas seulement voulu que les disciples soient des spectateurs de sa mission : il les a impliqués, il les a envoyés, il leur a donné aussi le pouvoir de guérir les malades et de chasser les démons (cf. Mt 10, 1 ; Mc 6, 7). Et cela s’est poursuivi sans interruption dans la vie de l’Église, jusqu’à aujourd’hui. Prendre soin des malades de toutes sortes n’est pas une « activité optionnelle » pour l’Église, mais cela fait partie intégrante de sa mission, comme c’était celle de Jésus. Cette mission c’est d’apporter la tendresse de Dieu à l’humanité souffrante. Le WE prochain : sacrement des malades à tous les offices.
- Le désert, lieu de la rencontre et de la révélation de Dieu qui renouvelle son alliance.
Jésus a guéri beaucoup de malades, mais au petit matin, il éprouve le besoin de se retrouver seul dans un lieu désert pour prier. Lors des tentations que Jésus a vécues après son baptême, le diable lui a proposé de fasciner les foules par des miracles (Mt 4, 6 ; Lc 4, 9-11). Jésus a résisté à la tentation en restant serviteur de Dieu. Après le succès du commencement de son ministère, Jésus sait qu’il est menacé par cette tentation. C’est pourquoi, il retourne au désert pour ne pas oublier le sens de sa vocation.
Toi aussi, quand tu es menacé par l’orgueil, agis comme Jésus, retire-toi seul à seul avec Dieu pour reconnecter ton GPS intérieur avec Lui et ne pas te tromper de route ! Le temps du carême pourra être l’occasion de le faire.