1er janvier 2023

1er janvier 2023

Aujourd’hui nous venons d’entendre la bénédiction que Dieu avait donnée à Moïse pour qu’il la transmette à Aaron le grand prêtre. Même s’il s’agit d’un singulier collectif destiné à tout le peuple, je vous invite à l’accueillir personnellement pour chacun d’entre vous : « Que le Seigneur te bénisse et te garde ! Que le Seigneur fasse briller sur toi son visage, qu’il te prenne en grâce ! Que le Seigneur tourne vers toi son visage, qu’il t’apporte la paix ! » (Nb 6, 24-26).

Dans la liturgie juive, le prêtre bénissait le peuple chaque matin à l’issue du service et cette cérémonie se répète aujourd’hui encore dans les synagogues, même si les juifs n’ont plus de prêtres à cause de la destruction du Temple de Jérusalem.

Par extension, de par notre baptême, nous sommes invités à nous bénir les uns les autres en appelant la grâce et la paix de Dieu sur l’histoire de notre prochain. Voilà ce que nous dit l’apôtre Pierre (1 Pi 3, 9) : « Ne rendez pas le mal pour le mal, ni l’insulte pour l’insulte ; au contraire, invoquez sur les autres la bénédiction, car c’est à cela que vous avez été appelés, afin de recevoir en héritage cette bénédiction ».

En hébreu, le verbe bénir (barak) et le verbe créer (bara) n’ont qu’une lettre de différence. Cette lettre, le kaph, évoque la multiplication. Dire à quelqu’un : « Que le Seigneur te bénisse », signifie demander que le Seigneur fasse surabonder sa création sur cette personne. Dire à quelqu’un : « Que le Seigneur te garde ! » c’est demander à Dieu qu’Il accorde à cette personne sa protection par rapport aux mauvaises gens, aux mauvaises pensées (le découragement, le doute, le pessimisme, la dépression, les idées de suicide), par rapport à la peur face à la maladie, à la mort, à l’avenir, etc.

« Que le Seigneur fasse briller sur toi son visage ! » : Lorsque Moïse est redescendu du Sinaï, son visage était rayonnant de sa rencontre avec le Seigneur (Ex 34, 29). Le sommes-nous après un temps de prière, en sortant de la messe ? Un jour les disciples en voyant Jésus revenir d’un temps de prière lui ont demandé : « Apprends-nous à prier ! » (Luc 11, 1-13). Comme ce serait beau que des personnes en nous voyons sortir de la messe nous disent : « Dis-moi quand tu y retournes, que je vienne avec toi » !

« Que le Seigneur te prenne en grâce ! » : accueillir la grâce sur notre journée, c’est entendre que notre vie est unique, qu’elle a de l’importance pour Dieu, même si par moment, elle nous semble dérisoire.

« Que le Seigneur tourne vers toi son visage » : Vers qui ? Vers toi, oui toi qui es là et qui m’écoute ce matin / ce soir ! Vers moi ? Oui vers toi ! Cette bénédiction est un singulier collectif, mais elle est aussi personnelle ! Elle s’adresse à chacun, chacune ici présent et à vous tous qui m’écoutez sur Facebook.

« Que le Seigneur t’apporte la paix ! » : la paix (shalom) est plus que l’absence de guerre, elle induit la justice et la prospérité. En hébreu, les trois consonnes qui forment le mot paix sont associées au feu, au cœur et à l’eau. Dans la nature, le feu et l’eau sont antagonistes : l’eau éteint le feu et le feu assèche l’eau.

Le cœur qui est le siège de la compréhension véritable est au centre. Nous sommes donc en paix et nous la favorisons quand par notre intelligence et notre bonne volonté, nous faisons vivre l’harmonie entre l’eau et le feu. « Heureux les artisans de paix, ils seront appelés fils de Dieu » (Mt 5, 9).

« Ils invoqueront ainsi mon nom sur les fils d’Israël, et moi, je les bénirai ». La bénédiction place le nom de Dieu sur celui qu’on bénit. La foi consiste à considérer que tout ce qu’il y a de beau et de bon dans notre histoire est le fruit de la bénédiction de Dieu.

En l’associant au niveau liturgique à la fête de Marie Mère de Dieu et la nouvelle année, l’Église nous rappelle que Marie est la première destinataire de cette bénédiction. En effet, aucune créature n’a vu briller sur elle le visage de Dieu comme Marie. C’est elle qui a donné un visage humain au Verbe éternel, de sorte que tous puissent le contempler. D’ailleurs sa cousine Elisabeth ne s’y est pas trompée quand elle prononça sa bénédiction sur la Vierge Sainte : « Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni ! D’où m’est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ? » (Lc 1, 42-43)

Cette année, pourquoi ne pas imiter les bergers (Lc 2, 16-21) !

  • Que tu puisses comme eux te laisser déranger par Dieu, chaque fois qu’Il t’invitera à sortir de ta zone de confort
  • « Les bergers repartirent ; ils glorifiaient et louaient Dieu pour tout ce qu’ils avaient entendu et vu » : Ce n’était pas la 1ère fois que les bergers voyaient un enfant. Mais celui-ci était particulier. Puisses-tu avoir un cœur d’enfant et t’émerveiller des petits signes de la présence de Dieu, même si selon l’esprit monde, ils sont totalement insignifiants.
  • « Après avoir vu, ils racontèrent » : Seigneur, aide-moi /aide-nous à voir et à raconter ; fais de moi le témoin joyeux de tes signes dans ma vie.

Voilà comment nous pourrions accueillir ces textes de la Bible et nous souhaiter de bons vœux teintés par la Parole de Dieu.

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