2e Dim de l’Avent année B

2e Dim de l’Avent année B

Dieu prend le temps. Ce dimanche, je voudrais voir avec vous le thème de la patience de Dieu. Dans la 2e lecture, l’apôtre Pierre nous dit : « Un seul jour est comme mille ans, et mille ans sont comme un seul jour. Le Seigneur ne tarde pas à tenir sa promesse. Il prend patience envers vous, car il ne veut pas en laisser quelques-uns se perdre, mais il veut que tous parviennent à la conversion » (2 Pierre 3, 9).

De la même façon que pendant des siècles, Dieu a laissé murir les réalités de la création pour les laisser éclore au moment juste, Il a également pris le temps avec l’humanité pour la préparer à La grande rencontre avec Son Fils. 

Quand l’homme s’est rebellé par le péché originel – Dieu ne l’a pas abandonné à son destin. Tous ceux qui ont un GPS dans leur voiture pour leur indiquer le chemin, savent que lorsque vous cessez de suivre ses indications, en quelques secondes l’appareil vous propose un nouvel itinéraire, à partir de la position dans laquelle vous vous trouvez, jusqu’à la destination souhaitée. Eh bien, c’est ce que Dieu a fait avec l’homme, décidant, après la faute commise, un plan de rédemption pour lui.

La longue et patiente préparation de Dieu commence par les alliances bibliques.

  • Tout d’abord avec les individus : Noé, Abraham, Isaac, Jacob ;
  • Puis à travers Moïse, avec tout Israël qui devient le peuple de l’alliance.

Ces alliances, à la différence des alliances humaines, sont toujours des alliances de paix, jamais de guerre contre des ennemis. Mais puisque Dieu n’est pas seulement le Dieu des Juifs, mais de toute l’humanité, ces vieilles alliances temporelles étaient destinées à s’étendre un jour à tout le genre humain. En effet les prophètes commencent à parler de plus en plus clairement d’une « alliance nouvelle et éternelle », d’une « alliance de paix » (Ex 37, 26) qui, de Sion et de Jérusalem s’étendra à tous les peuples (cf. Is 2, 2-5).

Il aura donc fallu près de 2000 ans à Dieu pour préparer son peuple afin qu’il soit disposé à accueillir le Messie. Une fois l’heure venue, le Père a demandé à son Fils de demeurer pendant 30 ans dans un village ignoré : 30 ans de silence et de travail et seulement 3 ans de prédication. Dieu le Père décida que la venue du Christ devait être précédée par son cousin dont la voix va résonner dans le désert.

Frères et sœurs, cette préparation est aussi pour nous :

Dieu nous supplie sur ces jours qui nous séparent de Noël d’aller au désert pour polir notre âme sous la voix inimitable de Jean-Baptiste qui insiste de toutes ses forces sur la nécessité de la préparation. Jean Baptiste est archi précis : pour accueillir le Christ, il faut nettoyer l’âme, car elle prend la poussière (pas celle blanche, fine ou légère que l’on trouve en campagne, mais celle noire, que l’on trouve dans les grands villes). Regardons ce qui a évolué en nous depuis le confinement. Ce qui est devenu plus difficile en termes de gratuité, de paroles bienveillantes, de don de nous-mêmes pour les autres.

En chacun de nous Jésus a besoin de venir pour égaliser nos aspérités et convertir en routes planes tout ce qui est chaotique, pour faire de nous un chemin sans danger de chute, un chemin facile et très pur, pour que Dieu le Père puisse progresser en nous et que son Fils Jésus Christ fasse en nous sa demeure et dise : « Mon Père l’aimera, nous viendrons chez lui, nous irons demeurer auprès de lui ». (Jn 14,23).

Les passages tortueux deviennent droits. En chacun de nous il y a des choses tortueuses, qui ont besoin d’être redressées. Pensons à la séquence de la Pentecôte.

7 – Viens Esprit Saint, lave ce qui est souillé, baigne ce qui est aride, guéris ce qui est blessé en moi                                                                                          8 – Viens Esprit Saint, assouplis ce qui est raide, réchauffe ce qui est froid, rends droit ce qui est faussé en moi.

Jean-Baptiste et l’Esprit Saint nous font comprendre que cela ne sert à rien que Jésus soit venu jadis dans la chair, s’il ne vient pas venu aussi dans notre âme. Prions pour que son avènement s’accomplisse chaque jour en nous, et que nous puissions dire: « Je vis, mais ce n’est plus moi, c’est le Christ qui vit en moi » (Ga 2,20).

Cette préparation passe par nous pour les autres. La mission de Jean-Baptiste ravive l’exigence de notre propre vocation de baptisé : « A travers le désert, une voix crie : Préparez le chemin du Seigneur, aplanissez sa route » (Marc 1, 3). Dans notre société, nous pouvons avoir l’impression parfois de prêcher dans le désert par rapport à notre conjoint, nos enfants ou notre entourage qui ne croient pas. Le fossé entre ce que prône le monde et les valeurs de notre foi se creuse toujours plus. Ceux qui croyaient que nous vivions encore dans une société chrétienne ont vite déchanté avec la crise sanitaire du COVID 19. Il suffit de penser à la difficulté que les aumôniers ont eue pour accompagner des malades et des mourants par ou l’autorisation des messes dominicales pour 30 personnes.

Nous pouvons nous sentir découragés, mais le Seigneur ne nous demande pas de sauver le monde, simplement d’être un témoin comme Jean-Baptiste, d’être une lumière qui brille dans l’obscurité. Jean-Baptiste l’a bien compris, c’est pourquoi il affirme qu’il n’est pas le Messie : « Voici venir derrière moi celui qui est plus fort que moi » (Marc 1, 7).

Frères et sœurs, laissons la lumière du Christ nous illuminer pour que nous puissions nous irradier de sa présence ceux qui nous entourent.

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