3e Dim de carême B

3e Dim de carême B

En cheminant dans ce carême depuis trois semaines déjà, nous avons vu comment Jésus, poussé par l’Esprit saint était devenu vainqueur des tentations de Satan et combien l’Esprit Saint, présent dans la nuée au moment de la transfiguration de Jésus, nous était absolument vital pour rester sur le droit chemin de Dieu. En ce 3e dimanche de carême, nous voyons Jésus au Temple de Jérusalem, entrer dans une sainte colère à cause de toute la corruption qu’il y constate.

Qu’est-ce que le Temple de Jérusalem à l’époque de Jésus ?

Aujourd’hui, nous avons du mal à réaliser, ce que le Temple de Jérusalem représentait aux yeux des juifs. C’était une vraie cité à l’intérieur de la Ville, un peu comme celle du Vatican à l’intérieur de Rome. Pour les Juifs du monde entier, son importance pourrait être semblable à ce qu’est aujourd’hui la Cité de La Mecque pour les musulmans. Le Temple avait été construit sous le règne du Roi Salomon. Détruit par Nabuchodonosor, il avait été reconstruit après l’exil à Babylone puis embelli sous le règne du Roi Hérode le Grand. Ce roi était un habile politicien, ce qui lui avait permis d’accéder au pouvoir alors que la Palestine était sous domination romaine. Hérode connaissait la promesse que le prophète Nathan avait faite à David et que les juifs attribuaient au Messie à venir : « C’est lui qui bâtira une maison pour mon nom, et je rendrai stable pour toujours son trône royal » (2 Samuel 7, 13). Le roi aurait bien voulu se faire passer pour le Messie attendu par les Juifs pour mieux asseoir son pouvoir, mais il n’était pas issu de la tribu de David !

Le Temple était donc le lieu le plus sacré d’Israël puisque Dieu ne craignait pas d’y demeurer au milieu de son peuple. Il était composé de différentes parties que nous pourrions appeler des cercles concentriques : la partie plus sacrée était le Saint des Saints dans lequel se trouvait l’Arche d’Alliance avec les Tables de la Loi. Puis il y avait le Temple lui-même, l’autel des sacrifices, le parvis des Juifs avec une partie pour les hommes et une autre pour les femmes et enfin le parvis des nations pour tous ceux qui voulaient venir y prier ou admirer le bâtiment.

Aux grandes fêtes juives, comme celle de la Pâques, des pèlerins venaient de tout le pourtour du bassin méditerranéen ; rappelez-vous les peuples cités le jour de la Pentecôte : « Parthes, Mèdes et Élamites, habitants de la Mésopotamie, de la Judée et de la Cappadoce, de la province du Pont et de celle d’Asie, de la Phrygie et de la Pamphylie, de l’Égypte et des contrées de Libye proches de Cyrène, Romains de passage, Juifs de naissance et convertis, Crétois et Arabes » (Actes des Apôtres 2, 9-11). Il était impossible de venir de loin avec ses propres bêtes à sacrifier. Celles-ci étaient donc achetées sur place. Il y avait un grand marché de bestiaux non loin du Temple, tenu par les pharisiens.

Pour leur faire une concurrence déloyale, le grand prêtre, Caïphe, qui était sadducéen, avait créé un autre marché de bestiaux dans l’enceinte même du Temple où il faisait de très bonnes affaires. De plus, pour y acheter des choses, il fallait changer sa monnaie contre celle du Temple car les Juifs ne voulaient pas que des pièces à l’effigie des faux dieux ou d’un empereur païen entrent dans le sanctuaire. Les changeurs du Temple en profitaient au passage pour prendre une petite commission ! Tout ce trafic enrichissait beaucoup de monde, alors qu’on était dans un lieu saint. De plus, dans le Deutéronome (18, 1-2) il est dit : « Les prêtres lévites, la tribu de Lévi tout entière, n’auront ni part ni héritage avec Israël : ils se nourriront des sacrifices par le feu, offerts au Seigneur, et de son patrimoine. Cette tribu n’aura pas d’héritage au milieu de ses frères, mais le Seigneur sera son héritage ». Avec ce panorama, nous comprenons mieux les sentiments de Jésus et son attitude qui ont profondément déplus au Grand-Prêtre à qui les reproches de Jésus étaient indirectement adressés. En effet, Jésus ne pouvait pas rester insensible à tout ce qu’il voyait de dévoyé et d’offensant pour son Père dans le lieu saint.

Certains se demandent peut-être quel est le lien entre l’évangile et la 1ère lecture (Exode 20, 1-17) où nous entendons l’énumération des dix commandements. A la suite de Jésus qui parle de son corps comme d’un Temple, l’apôtre Paul nous révèle que notre corps est lui-aussi le temple de l’Esprit-Saint (1 Corinthiens 6, 19). Relisons calmement cet extrait du livre de l’Exode pour voir s’il n’y aurait pas de petites ou de grandes compromissions avec certains faits dénoncés par Dieu. Pensons simplement à la convoitise dont il est question tout à la fin et appliquons-la à aux objets que notre entourage possède : smartphone dernier cri, voiture, piscine, statut social, etc… N’y a-t-il pas, par moment, des attitudes, des pensées, des actes qui en moi « attristent l’Esprit-Saint » (Ephésiens 4, 30) ?

En gardant le fil rouge esquissé depuis le début de ce carême, nous pourrions demander à l’Esprit de nous aider à garder pures les choses saintes de Dieu, à ne pas faire de compromission avec ce qui est mauvais, de façon à ne pas en entrainer d’autres sur un chemin de perdition. Demandons à l’Esprit Saint de nous aider à veiller sur notre cœur, sur ce que Dieu a mis de saint en nous, parce que nous avons été créés à son image et à sa ressemblance.

Esprit révèle-moi les choses saintes qui sont en moi, révèle-moi ce à quoi je suis destiné (e), révèle-moi ce qui est beau en moi pour que je ne le salisse pas. Et si j’ai péché, renouvelle ma vie, pour que mon temple intérieur soit à l’image de Celui de qui j’ai été créé (e).

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *