1er Dim Avent
En ce premier dimanche de l’Avent l’Église nous fait lire un bien curieux passage. Vendredi, vous avez assisté au lancement des illuminations de Noël et hier soir à 20h la sonnerie des cloches dans toute l’Alsace a annoncé l’entrée en Avent. Or l’Église met devant nos yeux le tableau de la fin du monde ! C’est que l’Avent ne commémore pas seulement une, mais trois venues du Seigneur :
- L’avènement du premier Noël qui se fait dans la pauvreté de la crèche
- L’avènement de Jésus dans la gloire qui se fera à l’autre bout de l’histoire. Pour en parler, l’Évangile reprend des images qui évoquent des cataclysmes et des bouleversements sur terre et jusque dans le cosmos. Ces images sont surtout destinées à souligner la puissance de Dieu, qui est le Maître de l’univers et qui continue d’agir dans l’histoire des hommes.
- Entre ces deux moments du premier Noël et du dernier avènement, il y a la venue silencieuse et invisible du Christ Jésus dans notre propre vie, en chacune de nos journées qu’elles soient ponctuées de joies ou de peines.
Face à ces trois avènements, notre attitude de chrétiens est différente :
- L’avènement de Noël, nous ne pouvons que le commémorer d’où ce temps de l’Avent que nous débutons et la célébration de la grande fête de Noël
- L’avènement glorieux de la fin des temps, nous ne pouvons que l’attendre dans l’espérance et le hâter en transformant le monde ;
- Quant à l’avènement de Jésus Christ dans notre vie personnelle, en famille, nous pouvons le préparer et l’accueillir jour après jour.
Ce dimanche, essayons de comprendre ce que Jésus veut nous dire quand il parle de :
- « Deux hommes seront aux champs : l’un sera pris, l’autre laissé ».
- « Deux femmes seront au moulin l’une sera prise, l’autre laissée ».
Il y a tout d’abord un caractère imprévisible dans la venue du Christ : les hommes et les femmes seront sur leur tracteur, devant leur ordinateur ou leur tablette, sur leur Fenwick, dans leur cuisine, leurs bureaux, au magasin, ou chez eux en train de dormir. C’est donc la vie habituelle qui sera interrompue par une intervention divine qui concerne tout le monde.
« Deux personnes seront ici ou là : l’un sera prise, l’autre laissée ». Cela laisse entendre que Dieu opérera un discernement alors qu’extérieurement ces deux personnes feront le même travail, les mêmes gestes, et auront peut-être le même rendement. Cependant l’une est portée au ciel, l’autre laissée sur place. Ce discernement porté par Dieu seul laisse entendre que ces deux personnes qui travaillent au même endroit n’ont pas les mêmes intentions, elles n’ont pas dans le même but.
Si dans les jours qui précèdent Noël, deux petits-enfants (qui peuvent être déjà grands) visitent leur grand-mère, l’un peut le faire parce que c’est une joie profonde de revoir celle qui l’a cherché tous les jours après l’école, l’autre peut le faire dans l’espoir secret d’une enveloppe pour son argent de poche.
Ceci nous amène à nous demander dans quel est le but nous travaillons dans notre champ, notre entreprise, ou notre bureau. Après quoi courons-nous ? Que voulons-nous nous prouver ou prouver aux autres ? Quelle est mon intention profonde : l’argent ? L’aisance ? Le sommet de l’échelle sociale ? Pour arriver à réaliser mes ambitions suis-je prêt à mettre en péril mon équilibre de vie : ma santé, le couple et les enfants ?
Nous sommes dans cet entre-deux dont j’ai parlé où nous pouvons toujours changer notre fusil d’épaule, rééquilibrer notre vie selon la sagesse du Christ qui place l’amour partagé, le don de soi, l’esprit de service, le travail bien fait, l’humilité, la patience au-dessus de toutes les ambitions humaines qui lorsqu’elles nous dominent nous épuisent et nous dévorent.
- « Rejetons les activités des ténèbres, revêtons-nous pour le combat de la lumière ».
- Le choix du pardon, qui est dans certains cas un véritable combat intérieur…
- Le combat contre nous-mêmes et contre les habitudes faciles de notre société …
Vous connaissez le dicton : l’enfer est pavé de bonnes intentions. Rien n’est plus faux ! C’est le paradis qui est pavé de bonnes intentions. Dieu ne regarde que les intentions des hommes pour les juger. Si nous l’avons compris et si nous veillons sur nos intentions de manière à ce qu’elles soient toujours droites et bonnes et que nous mettons notre cœur en tout ce que nous entreprenons, tous nous serons pris, personne ne sera laissé.