14e Dim du TO A

14e Dim du TO A

14e dimanche du TO A (Matthieu 11, 25-30)

  1. Le contexte du chapitre 11 de saint Matthieu

Jean le Baptiste, a été jeté en prison et il envoie des disciples à Jésus pour être sûr que c’est bien Lui l’Envoyé de Dieu. Jésus leur répond en leur demandant de rapporter à Jean ce qu’ils entendent et ce qu’ils voient : « Les aveugles retrouvent la vue, et les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, et les sourds entendent, les morts ressuscitent, et les pauvres reçoivent la Bonne Nouvelle. Heureux celui pour qui je ne suis pas une occasion de chute ! » (Mt 11, 5-6).

Jésus rend témoignage à Jean et par là, montre le peu de discernement que certains contemporains ont eu à son sujet. « Jean Baptiste est venu, en effet ; il ne mange pas, il ne boit pas, et l’on dit : “C’est un possédé !” Le Fils de l’homme est venu ; il mange et il boit, et l’on dit : “Voilà un glouton et un ivrogne, un ami des publicains et des pécheurs.” Mais la sagesse de Dieu a été reconnue juste à travers ce qu’elle fait. » (Mt 11, 18-19).

Les reproches de Jésus : Il vient en effet d’essuyer un échec sur le plan de l’apostolat. Les habitants de trois villes situées au bord du lac de Galilée : Corazine, Bethsaïde, et Capharnaüm ont refusé de suivre Jésus, malgré les signes vus et les prédications entendues. Jésus leur dit que si ces miracles avaient eu lieu à Tyr, à Sidon et à Sodome, leurs habitants se seraient convertis. Au jour du Jugement, Tyr, Sidon et Sodome seront traitées moins sévèrement que les villes côtières que Jésus vient de parcourir.

Rappelez-vous que Jésus, le jour même où il est entré triomphalement à Jérusalem, monté sur un âne, a pleuré sur la ville sainte : « Que de fois j’ai voulu rassembler tes enfants comme une poule rassemble ses poussins sous ses ailes, et vous ne l’avez pas voulu ! » (Matthieu 23, 37).

  • Les explications de l’évangile de ce dimanche

La révélation du Père et sa préférence pour les petits

C’est dans ce contexte, que loin de se laisser abattre par les épreuves citées précédemment, Jésus entonne un chant de louange semblable au Magnificat que la Vierge Marie entonne lors de sa visite chez Elisabeth, quand elle dit que « Il disperse les superbes. Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles » (Luc 1, 51-52). « Père, dit Jésus, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits » (Mt 11, 25). Cette attitude de Jésus nous interroge sur notre façon de faire quand nous sommes confrontés aux adversités, aux échecs, aux épreuves. Est-ce que spontanément, nous nous tournons vers Dieu, ou est-ce qu’il nous arrive de Le pointer d’un doigt accusateur. L’attitude de Jésus, empreinte d’humilité et de douceur nous désarme et nous gêne peut-être, parce que nous aurions probablement agit différemment. C’est la raison pour laquelle Jésus nous dit que seul le Père le connait réellement. « Personne ne connaît le Fils, sinon le Père, et personne ne connaît le Père, sinon le Fils, et celui à qui le Fils veut le révéler » (Mt 11, 27), cela nous rappelle que ce n’est que par Jésus que nous avons accès au Père. Jésus n’est pas venu nous dire qu’il possède un secret réservé uniquement à quelques initiés. Il est au contraire venu nous dire que tout homme peut avoir accès au Père : « Quand tu pries, retire-toi dans ta pièce la plus retirée, ferme la porte, et prie ton Père qui est présent dans le secret ; ton Père qui voit dans le secret te le rendra » (Mt 6, 6).

Les sages et les savants / les tout-petits : Ceux qui avaient le plus de facilités et d’études rabbiniques et bibliques pour comprendre les gestes et le message de Jésus, sont ceux qui sont restés bloqués sur ce qu’ils avaient étudié, sans se remettre en question. L’orgueil de l’Esprit est le pire ennemi de l’intelligence ! Ceux qui, au contraire, avaient le moins d’instruction religieuse sont ceux qui se sont laissés séduire par les paroles et les actes de Jésus et qui ont tout de suite compris qu’il n’était ni un charlatan, ni un vendeur de rêves, ni seulement un homme extraordinaire, mais bel et bien l’Envoyé de Dieu !

Aller à Jésus

« Venez à Moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et Moi, Je vous procurerai le repos, (…) vous trouverez le repos pour votre âme ». En ce début du mois de juillet, nous aspirons probablement à reposer notre corps. Mais il y a peut-être parmi nous des personnes qui aspirent à reposer leur âme angoissée ou tourmentée ou qui souhaiteraient avoir un peu de silence pour donner à Dieu l’occasion de Lui parler et de l’entendre Lui, leur parler en retour. La prière n’est jamais un monologue, mais un dialogue. Dieu nous parle, par le conjoint, les enfants, une prédication, la vie d’une saint, la lecture de l’Evangile.

Se mettre à l’école de Jésus : Jésus nous donne deux clés pour le suivre et Lui ressembler : la douceur et l’humilité.  Ces deux vertus qui n’ont pas beaucoup la côte aujourd’hui. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, le doux n’est pas un amorphe ou un apathique. Quand on est doux, c’est qu’on est capable de dominer ses réflexes, son impatience ou sa colère face aux violences ou aux agressions quotidiennes. N’ayons pas peur d’aller à Jésus, ne croyons pas que ce n’est que pour les enfants. Il nous attend. Ayons, nous aussi cette simplicité, cette humilité pour accueillir sa douceur !

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