Christ- Roi
La brûlante actualité de la Fête du Christ-Roi
Un peu d’histoire : nous célébrons aujourd’hui une fête qui a tout juste 100 ans. Elle a été instituée par le Pape Pie XI par l’encyclique Quas Primas en 1925. Elle est liée à une période de l’histoire durant laquelle dans plusieurs pays, les dirigeants politiques athées ont essayé de nier l’existence de Dieu, de combattre le catholicisme et de l’invisibiliser : « La foi c’est à la maison, il n’est plus question d’en parler dans la sphère publique ». Pensons à ce qui s’est passé en France en 1905, au communisme athée, aux martyrs du Mexique, etc… Aujourd’hui nous retrouvons des relents de cette laïcité agressive avec toutes ces groupes qui cherchent à gommer les racines chrétiennes de la France, à travers les procès faits aux maires qui installent une crèche dans leur mairie, qui font démonter les croix dans les espaces publics comme en Corse, ou qui souhaitent que les vacances de Noël s’appellent désormais vacances d’hiver, etc. Or que nous dit Jésus au sujet de sa royauté :
- « Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre. Allez ! De toutes les nations faites des disciples, apprenez-leur à observer tout ce que je vous ai commandé. Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. » (Mt 28, 17-20)
- Cette royauté nouvelle se traduit par des signes« En mon nom, ils expulseront les démons ; ils parleront en langues nouvelles ; ils prendront des serpents dans leurs mains et, s’ils boivent un poison mortel, il ne leur fera pas de mal ; ils imposeront les mains aux malades, et les malades s’en trouveront bien. » (Mc 16, 17-18)
En 1925, le pape ne demandait pas un retour au Moyen Age, et ne voulait pas instituer un régime catholique universel, car Jésus a aussi dit : « Mon Royaume n’est pas de ce monde » (Jn 18, 36). C’est de lui que vient la séparation du profane et du religieux. Au baptême, lorsque le prêtre donne l’onction du saint-chrême, nous devenons prêtre pour offrir notre vie à Dieu, prophète pour témoigner de Lui et roi non seulement pour régner avec Lui mais aussi pour le laisser régner en nous. Or pour régner, un roi a besoin d’être reconnu, il a besoin d’une armée.
Un roi a besoin d’être reconnu, l’exemple David dans la 1ère lecture : Les anciens des 12 tribus d’Israël viennent à Hébron auprès de David pour lui demander de régner non plus sur une partie d’entre elles, mais sur toutes les 12. C’est par le prophète Samuel que David avait reçu l’onction quand il était adolescent. Mais pendant une quinzaine d’années, David a été tour à tour : « le petit 8e » de la famille, méprisé par ses frères, il a ensuite été le porteur d’armes de Saül et le musicien qui l’apaisait quand ce dernier avait d’énormes crises de colère. Après sa victoire sur le géant Goliath, David fut persécuté par Saül qui souffrait d’une jalousie maladive, et il fallut bien des années et des morts liés à des intrigues pour que la route de la royauté soit dégagée et que David quitte Hébron pour s’installer à Jérusalem. Le temps de Dieu n’est pas celui de nos impatiences !
Dans l’évangile, nous voyons combien la royauté de Jésus sur la croix échappe à un grand nombre. Sa couronne n’a ni or, ni pierres précieuses, mais des épines. Sa pourpre, est un vulgaire manteau dont les soldats l’ont revêtu, son sceptre est un roseau. Son trône, c’est sa croix sur laquelle Pilate a fait inscrire en hébreu, en grec et en latin : Jésus le Nazaréen, Roi des Juifs. Cette expression est résumée par les 4 lettres INRI qui sont l’acronyme de l’expression latine : Iesvs Nazarenvs, Rex Ivdæorvm. Pour les ennemis de ce roi, c’est la justification de sa condamnation. Pour ses sujets, c’est l’annonce et la proclamation dans les langues les plus utilisées de l’époque, de sa souveraineté universelle.
Je vous ai dit que pour qu’un Roi règne, il faut que son autorité soit reconnue. Tous les 14 juillet, il y a dans notre pays la grâce présidentielle. Seul un président ou un roi peut gracier ceux que les tribunaux ont condamné. Dans l’Ancien Testament déjà, le prophète Isaïe, annonçait six siècles avant notre ère, la venue d’un serviteur de Dieu dont la mission serait de justifier les multitudes, en se chargera de leurs fautes (Is 53,11). C’est précisément ce que Jésus fait pour le bon larron. Sur le Golgotha, ce brigand que la tradition nomme Dismas, est la 1ere personne qui fait allégeance à Jésus. Cet homme a reconnu humblement ses péchés : « nous avons ce que nous méritons », et il a pris la défense de Jésus : « Lui n’a rien fait » et il Lui demande : « Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras dans ton Royaume. ». C’est parce que Jésus règne en pardonnant les injures, les blasphèmes, les moqueries, les abandons, c’est parce qu’il descend dans notre péché et en le prenant sur lui, qu’il est capable de faire cette promesse inouïe : « Aujourd’hui, avec moi, tu seras dans le Paradis ». A la suite du bon larron, Paul dans la 2e lecture va décrire ce dont nous bénéficions à notre tour : « Nous arrachant au pouvoir des ténèbres, Dieu nous a placés dans le Royaume de son Fils bien-aimé : en lui nous avons la rédemption, le pardon des péchés » et « Par Jésus, sur la terre et dans les cieux nous avons la paix par le sang de sa Croix ».
Comment le faire régner dans nos cœurs ? Comment devenir un vrai sujet de Jésus Roi de l’univers ? D’abord par le pardon et la paix qu’il veut nous donner, par la vérité et par la justice. Mais aussi :
- En nous réconciliant avec notre histoire par rapport aux années que nous avons gâchées.
- En bénissant au lieu de critiquer, en renouvelant notre pardon dans les blessures du quotidien,
- En reconnaissant que les autres ont aussi de bonnes idées plutôt qu’en les cassant, en visitant un malade, en défendant le plus faible, en accueillant l’autre dans une fidélité inconditionnelle, que nous ferons régner le Christ dans nos cœurs.
- En laissons Jésus régner dans nos pensées, sur notre imagination, dans nos sentiments, notre affectivité,
A chacun de nous, éclairés par l’Esprit saint, de trouver cet acte de charité, qui deviendra comme une pierre précieuse qui viendrait orner la couronne du Christ Roi de l’univers.