7e Dim TO C

7e Dim TO C

Je voudrais m’arrêter ce matin sur la 1ère lecture avec David et le roi Saül. En voici le contexte : Nous sommes au ch. 26 du 1er livre de Samuel. Si vous aimez les histoires à suspens, commencez votre lecture au chapitre 8. Rappelons-nous que Saül est le 1er Roi d’Israël. Auparavant, les 12 tribus étaient gouvernées par des juges. Le dernier d’entre eux était Samuel mais ses fils avaient un comportement si lamentable que le peuple demanda un roi et le choix de Dieu se porta sur Saül. Malheureusement, assez rapidement, il se mit à dysfonctionner et Dieu demanda à Samuel de donner l’onction à David alors qu’il n’était qu’un adolescent. Saül n’en fut pas informé. Or le roi avait par moment de violentes colères provoquées par un esprit mauvais. Ses conseillers firent venir David au palais car la musique qu’il jouait avec sa lyre apaisait Saül et l’esprit mauvais s’éloignait de lui.      

Parmi les reproches que la Bible fait à Saül, il y a l’orgueil. Le roi n’a pas supporté d’être dépassé par David. Après sa victoire sur le géant Goliath, David engrangea de nombreuses victoires militaires qui provoquèrent les liesses des femmes et la jalousie du roi qui avait moins de like et de followers de lui. Au lieu de s’en réjouir et d’y voir l’aide de Dieu, Saül laissa le poison de la malveillance ravager son cœur et ne vit en David plus qu’un concurrent. Nous savons que lorsque notre vision est faussée, nous ne voyons le mal chez les autres et souvent nous nous entourons de personnes critiques et malveillantes qui augmentent notre jugement négatif. Or la 1ère chose à faire est d’arrêter de fréquenter des gens toxiques et faire un véritable travail sur notre personnalité.

Lorsque Saül se rendit compte que Dieu protégeait David. Il l’envoya en guerre espérant qu’il serait tué par ses ennemis, mais à chaque fois David revenait vainqueur. Puis le roi lui promit sa fille Mérab en mariage qu’il donna finalement en noce à quelqu’un d’autre. Il lui promit sa seconde fille Mikal en mariage s’il prouvait qu’il avait tué 100 Philistins. David revint après en avoir tué le double. Puis Saül tenta de le faire assassiner dans son sommeil. Après ce nouvel échec, il détruisit le mariage de sa fille Mikal et essaya ensuite de retourner son fils Jonathan contre David en lui faisant croire que celui-ci convoitait son trône. Il insulta son fils avec des mots indignes d’un père (1 Sam 20,30). Après avoir détruit sa famille, Saül se mit à détruire la famille de Dieu (chap. 22). Moïse avait institué des villes de refuge, qui était des villes de paix absolue. David se réfugia à Nob où le prêtre Ahimelek lui donna à manger et lui remit l’épée de Goliath. De colère Saül en fit tuer les 85 prêtres et tous les habitants.

La situation de David dans la 1ère lecture au ch 26 : il est en fuite et après une nouvelle dénonciation, Saül est à ses trousses avec 3000 hommes. De nuit David décide de s’infiltrer là où le roi dort. Il y réussit avec l’aide de Dieu car : « Le Seigneur avait fait tomber sur eux un sommeil mystérieux » (1 Sam 26, 12). Cette torpeur est la même que celle que Dieu fit tomber sur le 1er homme pour créer la femme qui soit son vis-à-vis ou quand Abraham fit alliance avec Dieu en Genèse 15,12. Ceci nous montre que le Seigneur est toujours du côté de ceux qui renoncent à la violence.

David a, face à lui ; la lance avec laquelle Saül avait essayé de le tuer à deux reprises (1 Sam 18, 11 ; 19, 10), mais il refuse que son compagnon ne s’en serve contre le roi. Pour la seconde fois, il épargne son ennemi décidant de pas se venger lui-même. Il quitte le campement en prenant la lance et la cruche d’eau avec laquelle Saül faisait ses ablutions. Le voilà donc dépouillé de son arme et d’un objet de culte. Une fois à l’extérieur du camp, David interroge le roi sur les motifs de sa haine et les raisons de mobiliser son armée contre lui alors qu’il n’a jamais porté la main sur lui. Dans l’attitude de Saül, il y a quelque chose de pathologique !

Pardon ou réconciliation ? Comme au ch.24 où dans la grotte d’Eïn-Guédi, David lui avait déjà laissé la vie sauve, le roi reconnaît sa faute. Mais David se méfie de cette sincérité qui ne dure que quelques jours. Il pardonne au roi mais ne rentre pas avec lui au palais. Il se méfie ! Il lui rend sa lance et s’en remet au jugement de Dieu : « Le Seigneur rendra à chacun selon sa justice et sa fidélité. Aujourd’hui, le Seigneur t’avait livré entre mes mains, mais je n’ai pas voulu porter la main sur le messie du Seigneur » (1 Sam 26, 23).

Saül avait-il un problème psy ou spi ? Est-il un pervers narcissique ? Un manipulateur mental ? Est-il borderline ou bipolaire ? Est-il dévoré par ses peurs ? Était-il arrivé au maximum de sa compétence, ou a-t-il développé une jalousie maladive qui l’a rendu capable de tuer ? A-t-il négligé ou refusé d’élever son niveau spirituel ? Peut-être n’avait-il tout simplement pas la relation avec Dieu qui correspondait à son niveau hiérarchique. Peut-être que son niveau spirituel était trop bas, et qu’il ne supportait pas de voir que David puisse être supérieur à lui. Quelqu’un qui a ce syndrome, dénigre les autres pour rester en place. L’attitude de David nous montre sa grandeur d’âme, le respect de la vie qui l’anime à ce moment-là précisément, ce ne sera pas toujours le cas par la suite, malheureusement.

Le Ps. 42,1 dit : « Rends-moi justice, ô mon Dieu, défends ma cause ». Il nous invite à ne pas nous venger par nous-mêmes. Souvent, il m’est arrivé de dire dans ma prière : « Seigneur, Toi Tu sais ! » et Dieu a fait les choses en son temps. Combattre les gens qui entravent notre travail en utilisant les mêmes méthodes qu’eux n’est pas une victoire mais une défaite. Nous sommes alors nous-mêmes vaincus par le mal qui est toujours prêt à se manifester en nous. Dans la 2e lecture (1 Co 15, 45-49), Paul nous invite à ne pas imiter le comportement terrestre d’Adam mais à imiter Jésus-Christ, le nouvel Adam, et à laisser l’Esprit de Dieu nous inspirer des comportements dignes de notre vocation. Le carême qui approche est un temps privilégié pour « Aimer nos ennemis, faire du bien à ceux qui nous haïssent. Souhaiter du bien à ceux qui nous maudissent, prier pour ceux qui nous calomnient ». C’est clairement ce que Dieu le Père a fait à notre égard. St Paul l’affirme en disant : « Dieu nous a réconciliés avec lui par la mort de son Fils quand nous étions encore ses ennemis » (Rm 5,10).

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