22e Dim du TO B

22e Dim du TO B

Pour comprendre le sens de l’évangile d’aujourd’hui, nous pouvons prendre un exemple en lien avec la rentrée des classes. Dans chaque établissement scolaire, il y a un règlement intérieur avec les grands principes républicain de l’Éducation nationale (tout le monde a le droit au savoir, scolarité obligatoire et gratuite de 3 à 16 ans, être régulier aux cours, respecter les professeurs, les élèves, le matériel, etc.). A côté de cela il y a des modalités qui règlent le transport en bus, la cantine, la piscine, les voyages à l’étranger, les activités extra-scolaires. Depuis une quinzaine d’années, d’autres articles se sont rajoutés avec l’usage du téléphone portable dans la cour de récréation, puis avec la venue d’internet, l’utilisation des smartphones, des tablettes et depuis la Covid-19, les protocoles sanitaires pour le port du masque, l’usage du gel, etc. D’une à deux feuilles au départ, on en est arrivé à avoir un document de plusieurs dizaines de pages dont la lecture est devenue longue et fastidieuse.

Cet exemple peut d’une certaine façon être transposé à ce qui s’est passé dans le peuple hébreu. Au départ, il y avait les 10 commandements, puis au fur et à mesure des siècles, beaucoup de commentaires ont donné naissance à des traditions, si bien que les 10 commandements se sont enrichis de 613 préceptes !

Le problème, c’est qu’au temps de Jésus, certains juifs que nous appelons les pharisiens se croyaient quittes devant Dieu et assurés d’aller au paradis quand ils étaient capables de cocher toutes les cases de ces 613 préceptes. C’est ce qui nous est décrit dans la fameuse parabole du pharisien et du publicain qui montent tous deux au Temple pour prier (Luc 18, 9-14). Ici, comme dans l’évangile de ce dimanche (Mc 7, 1-8.14-15.21-23), Jésus pointe l’hypocrisie et le manque de cohérence.

A plusieurs reprises dans les psaumes (14 et 23 par exemple), le rédacteur pose la question de savoir qui est digne de se tenir en présence de Dieu dans le Temple :

  • « Qui peut gravir la montagne du Seigneur et se tenir dans le lieu saint ? »
  • « Seigneur, qui séjournera sous ta tente ? Qui habitera ta sainte montagne ? » Sous-entendu, qui peut s’approcher de Toi Seigneur ?

Dans les strophes du psaume de ce jour nous avons entendu la réponse :

  • Celui qui se conduit parfaitement, qui agit avec justice et dit la vérité selon son cœur.
  • Il met un frein à sa langue, ne fait pas de tort à son frère et n’outrage pas son prochain.
  • [Celui qui] honore les fidèles du Seigneur.
  • [Celui qui] ne reprend pas sa parole, s’il a juré à ses dépens.
  • [Celui qui] prête son argent sans intérêt, qui n’accepte rien qui nuise à l’innocent.
  • [Celui qui] qui fait ainsi demeure inébranlable.

 Le psaume 23, v 4 donne encore une réponse encore plus courte : « L’homme au cœur pur, aux mains innocentes ».

La pureté de cœur apparaît donc comme une condition pour s’approcher de Dieu, pour participer à son culte et pour voir son visage. Mais les pharisiens en étaient restés à ce qui est extérieur. Ils avaient mis l’accent sur les rites : le lavage des mains, des plats, des coupes. Ils étaient devenus ritualistes au point d’en oublier la plus élémentaire des charités. Nous en avons un exemple avec la parabole du bon Samaritain (Luc 10, 25-37). Sous prétexte de ne pas être impur en touchant un homme blessé et ensanglanté, le prêtre et le lévite en étaient venus à ignorer l’homme couché au bord de la route. Ils l’ont tout simplement ignoré en disant : « je ne peux pas lui porter assistance car si je le touche, je serai impur à cause du sang qu’il y a sur ses plaies », donc je ne pourrai pas servir le Seigneur dans le Temple avant d’avoir fait toutes les ablutions. En pratiquant de façon exagéré ces rites, ils avaient négligé ce qui est le plus fondamental : la charité la plus élémentaire et la pureté du cœur.

En accueillant ce passage pour nous aujourd’hui, nous nous rendons compte que Jésus met en lumière le manque de cohérence qu’il peut y avoir dans notre propre vie :

  • Tu manges bio dans ton assiette, mais quand tu es en voiture tu jettes tes déchets par la fenêtre sans aucun scrupule, pourvu que tu en sois débarrassé !
  • Tu laves 15 à 20 fois par jour tes mains au gel hydroalcoolique, mais tu ne fais pas attention aux germes et aux bactéries que tu laisses entrer dans ton cœur par tes mauvaises paroles ou les images que tu regardes sur les écrans 
  • Tu penses que Dieu te regarde avec davantage de bienveillance parce que tes mains sentent bon le savon, mais tu ne te rends pas compte que tes vilains propos révèlent un cœur où la colère, la rancune, la jalousie et l’orgueil dégagent une odeur qui ressemble à celle d’un animal en décomposition au bord de la route.
  • Tu peux prendre un petit bonbon à la menthe pour avoir une bonne haleine et finalement dire beaucoup de mal ou de choses méchantes sur les gens en distillant des choses pas bonnes.

Frères et sœurs, le jour de la Pentecôte, nous prions l’Esprit Saint et dans la séquence, qui est juste avant l’Évangile, nous Lui disons : « Esprit Saint, Ô Toi, la lumière bienheureuse, viens remplir jusqu’à l’intime le cœur de tous tes fidèles. Car sans ta puissance divine, il n’est rien en aucun homme, rien qui ne soit perverti ».

En ce jour de la fête de St Augustin, nous pouvons compléter cet hymne par la prière à l’Esprit-Saint composée par saint Augustin :

Respire en moi, Saint-Esprit, afin que je pense ce qui est saint.

Agis en moi, Saint-Esprit, afin que je fasse ce qui est saint.

Attire-moi, Saint-Esprit, afin que j’aime ce qui est saint.

Affermis-moi, Saint-Esprit, afin que je garde ce qui est saint.

Garde-moi, Saint-Esprit, afin que je ne perde jamais ce qui est saint.

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