Le roi David (1)

Le roi David (1)

Introduction

En ce temps pascal, je suis tombée sur un extrait du livre des Actes des Apôtres, chapitre 13, 16-24, et je me suis dit : « voilà une bonne introduction pour situer la vie du Roi David dans l’histoire du Salut ». Voici ce que nous dit l’apôtre Paul :


« Israélites, et vous aussi qui craignez Dieu, écoutez : Le Dieu d’Israël a choisi nos pères ; il a fait grandir son peuple pendant le séjour en Égypte et il l’en a fait sortir à bras étendu. Pendant une quarantaine d’années, il les a supportés au désert et, après avoir exterminé tour à tour sept nations au pays de Canaan, il a partagé pour eux ce pays en héritage.
Tout cela dura environ quatre cent cinquante ans. Ensuite, il leur a donné des juges, jusqu’au prophète Samuel.

Puis ils demandèrent un roi, et Dieu leur donna Saül, fils de Kish, homme de la tribu de Benjamin, pour quarante années.

Après l’avoir rejeté, Dieu a, pour eux, suscité David comme roi, et il lui a rendu ce témoignage : J’ai trouvé David, fils de Jessé ; c’est un homme selon mon cœur qui réalisera toutes mes volontés. De la descendance de David, Dieu, selon la promesse, a fait sortir un sauveur pour Israël : c’est Jésus ».

A dix-sept reprises dans les évangiles, nous entendons des hommes et des femmes en quête de miséricorde ou de guérison, appeler Jésus : « Fils de David ».

Mais qui est ce David dont le nom qui signifie « bien-aimé », apparaît plus d’un millier de fois dans la Bible ? Vous connaissez déjà au moins son arrière-grand-mère Ruth, cette Moabite dont nous avions fait la connaissance lors de notre dernière rencontre. Vous connaissez aussi un de ses descendants qui sera Jésus Lui-même. La vie de notre personnage se déroule au 11° siècle avant Jésus Christ, les dates de l’an 1085 à 1000 avant JC étant le plus souvent évoquées.

Nous trouvons son histoire dans les deux livres de Samuel, le premier livre des Rois et le 1er livre des Chroniques. La moitié des psaumes lui sont attribués.

Pour bien comprendre son histoire, il nous faut comme l’a fait saint Paul,

  • revenir rapidement, à la période des Juges afin de comprendre comment la royauté va s’installer en Israël.
  • découvrir la jeunesse de David, comprendre pourquoi et comment il devient roi
  • Et si vous voulez bien, nous regarderons seulement son accession au trône et les débuts de son règne.

Nous garderons pour la prochaine fois, la deuxième partie de son règne en évoquant, plus particulièrement les grandes fautes que ce roi selon le cœur de Dieu, va commettre et comment il obtiendra le pardon de ses graves péchés, par sa foi et sa confiance en la miséricorde de Dieu.

  1. Le contexte
  2. Retour sur l’histoire d’Israël

Moïse et l’arrivée en Terre promise, vous vous souvenez. La dernière fois avec Ruth nous nous sommes quittés « Au temps des Juges, alors qu’il n’y avait point de roi en Israël. Chacun faisait ce qui lui semblait bon. » Voilà la situation de laquelle nous partons aujourd’hui. Il est si important de se rappeler cela que nous trouvions cette phrase 4 fois répétée dans le livre (Jg 17,6),  (Jg 18,1), (Jg 19,1) et (Jg 21,25)

C’est dans ce contexte :

– sombre au niveau politique, alors qu’il n’y a pas encore de roi, alors que chacun faisait ce qui lui plaît,

– sombre au niveau religieux alors que La Parole de Dieu était rare et que la vision n’est pas répandue, (1 Sam 3,1)

– sombre au niveau économique au point que même un habitant de Bethléem envisage de quitter La terre Promise. Rappelons-nous Elimelek.

Avec la fin du temps des Juges, survient un changement majeur en Israël puisque nous voyons arriver un roi et la naissance d’une capitale : Jérusalem

C’est à ce moment-là, que le Seigneur va appeler un jeune garçon dans le temple de Silo, un des plus importants lieux de culte d’Israël à l’époque. Vous connaissez cette histoire : Il s’agit du jeune Samuel qui dans la nuit entend Dieu l’appeler, et à qui le prêtre Eli conseille de répondre « Parle Seigneur, ton serviteur écoute ». Il nous faut d’abord rapidement parler de lui car il va jouer un rôle crucial dans la suite des évènements.

  • Le prophète Samuel

–   Sa naissance : une prière exaucée : Anne, femme d’Elkana, prie dans le temple, à Silo. Etant stérile, (encore une) elle implore Dieu de lui donner un fils. Et elle fait la promesse que si Dieu lui donne un fils, elle le Lui consacrera tous les jours de sa vie. Quelques mois plus tard, le Seigneur exauçait sa prière. Elle devint enceinte et donna naissance à Samuel.

–    Samuel grandit dans le temple, auprès d’Eli. Il apprend à écouter Dieu et lui restera très fidèle. Au fil du temps, il devient évident que Dieu agit à travers lui au point que « Tout Israël, reconnaît en lui un prophète ». (1 Samuel 3,20) Si le Seigneur a choisi Samuel comme prophète, c’est parce que les deux fils d’Éli, étaient des vauriens, ne respectant ni Dieu ni ses commandements.

Comme juge, il réussit à maintenir le peuple dans les voies du Seigneur au point que durant toute sa vie, Israël ne sera pas inquiété par les peuples voisins.

Arrivé à un âge avancé, Samuel commence à être fatigué. Il établit ses deux fils pour l’aider. Mais ces derniers ne sont pas à la hauteur de leur mission. C’est pourquoi les chefs du peuple viennent un jour le voir et lui disent : « Tu es devenu vieux, et tes fils ne marchent pas sur tes traces. Maintenant donc, établis, pour nous gouverner, un roi comme en ont toutes les nations. » (1 Sam 8,5)

c)      Les débuts de la royauté en Israël

Samuel est mécontent que le peuple demande un roi « comme il y en a chez toutes les nations ». Israël, ce peuple choisi par Dieu, n’était pas un peuple comme les autres. Seul Dieu devait être roi d’Israël. En demandant un roi, le Seigneur le dit clairement à Samuel, « C’est moi qu’ils rejettent, pour que je ne règne plus sur eux. » (1 Sam 8,7)

C’est pourquoi Dieu demande au prophète Samuel d’avertir le peuple en faisant état des contraintes qu’un roi lui imposera : les guerres, les impôts… Mais devant leur insistance, Dieu demande à Samuel d’accéder à leur demande, souhaitant que le peuple élu sache ce qu’il en coûte de rejeter le Seigneur.

Israël ne pouvait pas avoir un roi comme les autres peuples. Son roi devait régner au nom de Dieu et selon la loi divine.

Samuel rassemble le peuple et procède au choix d’un roi par tirage au sort. Saul est alors désigné. Au début, il gouverne selon les commandements. Il a parfaitement conscience qu’il tient sa mission de Dieu et laisse agir sa puissance dans sa vie et dans ses œuvres.

Mais très vite, il se met à calquer sa royauté sur le modèle des rois païens, donnant malheureusement raison aux pires craintes du prophète Samuel : l’amour du pouvoir et de la guerre, l’orgueil et la jalousie, l’emportent sur la fidélité à l’Alliance. Cela va si loin que, sans attendre la fin de son règne, Dieu envisage la succession et choisit déjà un futur roi : Il envoie Samuel à Bethléem, chez Jessé (Isaï dans les bibles protestantes, Jessé étant la forme grecque du nom d’Isaï), afin de donner l’onction royale à l’un de ses fils.

  • La jeunesse de David

a) L’onction

En se rendant à Bethléem, Samuel n’est pas tranquille car il sait que si Saül l’apprend, il pourrait le tuer lui et le garçon choisi. Mais il obéit.

Il arrive chez Jessé et aperçoit un premier fils, Éliab. Il est grand, fort et beau. Samuel se dit : « Sûrement, c’est lui qui recevra l’onction du Seigneur ! » Mais le Seigneur lui dit : « Ne considère pas son apparence ni sa haute taille, car je l’ai écarté. Dieu ne regarde pas comme les hommes : les hommes regardent l’apparence, mais le Seigneur regarde le cœur. » 

Jessé appelle son second fils et le présente à Samuel : « Mais il n’est pas non plus celui que le Seigneur a choisi. » et ainsi de suite pour les sept premiers fils qui passent successivement devant Samuel.

Etonné Samuel dit à Jessé : « N’as-tu pas d’autres garçons ? » Jessé répondit : « Il reste encore le plus jeune, il est en train de garder le troupeau. » Samuel demande alors qu’on aille le chercher. Le garçon était roux, il avait de beaux yeux, il était beau. Le Seigneur dit alors : « Lève-toi, donne-lui l’onction : c’est lui ! » Samuel prit la corne pleine d’huile, et lui donna l’onction au milieu de ses frères.

Ce qui se passe ici est important. Le nom de ce 8e fils, n’est pas immédiatement donné. On apprend juste que c’est le petit dernier et qu’il est berger, ou pasteur. A priori, il ne correspond pas à l’image que nous pouvons nous faire du roi.

Dans l’Ancienne Alliance, Dieu est représenté comme le Berger d’Israël. Ce n’est pas pour rien que Dieu choisit David qui correspond à cette figure du berger. C’est celui-ci qui est digne de régner.

Dès qu’il a reçu l’onction nous apprenons son nom : c’est David et il nous est dit que l’Esprit du Seigneur s’empara de lui aussitôt après, alors que l’Esprit du Seigneur se détourna de Saül, et qu’un esprit mauvais, envoyé par le Seigneur, se mit à le tourmenter.

Cela nous est dit avec insistance « Dieu était avec David », pas moins de 5 fois en 3 chapitres. (1 Samuel 16,18 ; 17,37 ; 18, versets 12. 14 et 28) comme une sorte de refrain. Tandis que l’un descend graduellement du trône, l’autre en monte successivement les degrés.

Dans un premier temps, le Seigneur, à travers les évènements, se charge d’éduquer le jeune homme, en mettant à plusieurs reprises sa foi à l’épreuve. David va ainsi apprendre à se reposer sur Dieu seul et sur sa grâce, et non sur sa propre force. Nous illustrerons cela à travers la victoire de David sur Goliath.

b) La victoire de David contre le géant Goliath 

L’histoire, vous la connaissez. Plusieurs points sont à dégager du récit (1 Sam 17,1-54) Goliath, ce Philistin qui nous est présenté comme un « homme » terrifiant par sa taille : six coudées et un empan, environ trois mètres, taille qui a été presque atteinte par quelques géants. En Inde, au pied de l’Himalaya, on a trouvé en 1838 un squelette de près de trois mètres, et en 1879 on montrait à Berlin un géant chinois de 279 centimètres de hauteur.

  • On nous décrit ensuite son armure, rien ne manque, il est protégé de la tête aux pieds. Un casque de bronze sur la tête, une cuirasse à écailles ; qui pèse à elle seul cinq mille sicles de bronze, soit 75 kilos, des jambières de bronze et un javelot de bronze entre les épaules. Et enfin le bois de sa lance était comme le rouleau d’un métier à tisser, c’est-à-dire énorme et sa pointe pesait six cents sicles de fer.

Alors que tous les guerriers de Saül fuient terrifiés, voilà que David se propose pour faire face à Goliath.  Et il s’avance avec l’assurance que Dieu est de son côté et lui accordera la victoire.

Il refuse les armes et la tenue qu’on lui propose et garde pour combattre avec les instruments du berger : le sac du berger et y place cinq pierres. Ce ne sont pas des armes d’agression, mais de défense, de quoi éloigner les fauves du troupeau (1 Sam 17,34-35), ce qui était déjà arrivé alors qu’il gardait ses brebis, un lion avait surgi et avait enlevé une de ses bêtes : il avait alors poursuivi le fauve, délivré l’animal et tué le lion.

L’auteur biblique nous montre ici que David n’entre pas dans la logique du guerrier mais dans la logique du roi selon le cœur de Dieu : un roi pasteur, un berger.

Et lorsque le géant s’approche, David, prend une pierre, la lance avec sa fronde : la victoire est donnée. Le Seigneur est avec David. 

  • David à la cour de Saül

Le spectacle extraordinaire du jeune David rapportant la tête de Goliath, fait jaillir l’admiration, en particulier chez Jonathan, le propre fils du roi.

A partir de ce moment, Saül garde David dans son palais et ne lui permet plus de retourner chez son père. La musique tient une grande place dans la vie du jeune homme. Il joue de la harpe et sa musique apaise le roi lorsqu’il a ses crises de démence.

D’emblée il est élevé à une très haute position militaire. Dans ses expéditions, David réussit partout où l’envoie Saül. Et c’est ainsi qu’il devient progressivement un héros pour tout le peuple d’Israël. Sur son passage les femmes chantent : « Saül a tué mille Philistins ; David en a tué dix milles ».

Saül est furieux. Il comprend que David est certainement le successeur annoncé par Samuel : et il va sombrer dans des crises de jalousie pathologiques, au point qu’il se met à persécuter David.

Commence alors pour le futur roi, un temps d’épreuves. Un peu comme avec Joseph, on retrouve ici le thème du juste, qui a la bénédiction divine et qui est persécuté par celui qui a perdu cette bénédiction.

– Saül avait promis sa fille Mérab et de grandes richesses à quiconque frapperait Goliath. Au lieu de tenir parole, il va mettre des conditions au mariage, espérant que David meure au combat. Mais chaque fois David revient sain et sauf. Et au moment de donner Mérab à David, son père la donne à un autre homme.

– Mical, la plus jeune des filles de Saül aimait David. Saül y voit une occasion magnifique d’essayer à nouveau de faire périr son rival par la main de ses ennemis. Il lui demande la mort de cent Philistins pour avoir sa fille. Qu’à cela ne tienne, David en tue deux cents. Saül est donc obligé de lui donner Mical, et doit se rendre compte que « l’Éternel était avec lui » (v. 28).

Alors il décide de le faire assassiner, mais prévenu par les enfants du roi Jonathan et Mikal, il se sauve.

  • Le Seigneur forme son serviteur

David est donc obligé de s’enfuir et de tout quitter : femme, maison, amis, ressources. Pendant des années il va errer cherchant du secours ça et là :

  • Auprès du vieux Samuel
  • , pensant qu’il pourrait intervenir en sa faveur. Mais ses efforts n’aboutissent à rien.
  • qui lui donne des pains et une épée ; mais amenant le malheur sur Akhimélec et sa famille, il doit à nouveau s’enfuir.
  • David cherche alors refuge auprès des ennemis de son peuple, les Philistins qu’il avait lui-même combattus. Impossible de cacher son identité. Il est démasqué, probablement arrêté, et ne s’en tire qu’en faisant l’insensé.

Tous les efforts de David pour trouver appui et secours auprès des hommes, ont été vains. Solitaire, il se réfugie dans la caverne d’Adullam.

On peut se demander comment, alors que David a été choisi, qu’il a reçu l’onction, que Dieu est avec lui « Mais que fait Dieu ? Pourquoi n’agit-il pas en sa faveur ? ». Avant d’accéder au trône, il faut encore que Dieu le façonne.

Au fond de la détresse David apprend à s’appuyer sur Dieu seul. On peut lire dans les psaumes les cris et les prières de David. Ainsi le psaume 142 en rend témoignage : « Il n’y a personne qui me reconnaisse ; tout refuge est perdu pour moi ; il n’y a personne qui s’enquière de mon âme… je suis très misérable… mes persécuteurs sont plus forts que moi ».

Et voilà que lui qui avait cherché de l’aide auprès des autres se met à accueillir dans la caverne où il vit, des frères, qui précédemment se moquaient de lui. Des hommes dans la détresse, se joignent à lui. Il devient leur chef. Une troupe d’environ 400 hommes se forme. Elle n’a rien de glorieux, mais la foi l’anime.

Pour se mettre à l’abri de l’armée de Saül, David et ses amis se cachent au fond d’une grotte dans l’obscurité. De façon curieuse Saül entre un jour pour se reposer au seuil de la grotte où se trouvent David et ses amis. Le roi s’endort ignorant que David est tout proche avec ses hommes qui auraient pu en finir avec lui. Mais le respect pour ce roi consacré et la crainte de Dieu, retiennent David.  Il se contente de couper le pan de sa robe, comme preuve de ce qu’il aurait pu faire.

Lorsque le roi s’éveille David informe Saül de ce qui vient de se passer. Très touché de la bonté du jeune homme, le roi promet à David de le laisser tranquille. Ce dernier restera néanmoins loin de Saül et il aura raison car le roi essaiera à nouveau de le tuer.

Samuel meurt peu de temps après. Puis ce seront Saül et son fils qui mourront au combat contre les philistins. La Bible transmet deux histoires assez singulières sur la mort de ce roi.

  • Dans l’une, il est tué par un soldat, que David aurait fait par la suite exécuter
  • Dans la seconde, c’est Saül qui se suicide pour ne pas être tué par un ennemi. Il est le premier suicidé de la bible.                                                                                                                Rien Rien ne permet de dire laquelle des deux traditions est la plus authentique.

La réaction de David à la nouvelle de ces décès est inattendue. Dans son cœur il n’y a pas de rancune. Au lieu de se réjouir, il accomplit les gestes du deuil et de douleur : pleurer, jeûner, déchirer ses vêtements, pour souligner la mort du roi et de son ami Jonathan. Il prononcera lui-même son oraison funèbre.

3-     Le début du règne de David

  1. David devient roi

A la mort de Saül, David a 30 ans. Il consulte le Seigneur et se rend à Hébron où les anciens de la tribu de Juda viennent le trouver et lui donnent l’onction royale. Mais il n’est pas immédiatement accepté par tout Israël, les tribus du Nord, ayant offert la couronne à Isboseth, le dernier des enfants de Saül, âgé de 40 ans.

Hébron, ville sainte où reposent Abraham Isaac et Jacob, devient alors sa capitale.

Sept ans plus tard, vers l’an 1000, Isboseth est lâchement assassiné et toutes les tribus viennent à Hébron faire leur soumission à David, qui est oint sur tout Israël, selon la promesse que Samuel lui avait faite vingt ans auparavant.  Juda et Israël deviennent alors un royaume uni.

  • La prise de Jérusalem

Une des premières choses entreprises par David est de s’emparer de Jérusalem, ville qu’il choisit comme capitale. A l’époque la ville s’appelle Jébus et elle est entre les mains des Jébusiens.

Les motivations de David sont nombreuses :

–  Jérusalem est pour un juif, le lieu où Adam aurait été créé, c’est là aussi sur le mont, alors appelé Moriah, qu’Abraham envisageait d’offrir Isaac

– C’est un endroit sûr et facile à défendre, moins à la portée des villes philistines

– la ville est moins au sud qu’Hébron, ce qui favorise l’unité entre les tribus.

David se lance donc à la conquête de la ville. Il va pour cela faire le siège et avec l’aide de Dieu, il devient maître de la cité sans qu’aucun Jébuséen ne meure. Il y fait construire son palais, entoure la citadelle de remparts.

  • L’Arche d’Alliance

David maintenant veut faire de Jérusalem un centre religieux. Pour cela il souhaite y installer l’Arche d’Alliance.

Pause de l’enregistrement. Le reprendre en écran partagé avec l’Arche d’Alliance

Faisons un retour au temps de l’Exode, alors que Dieu guidait Israël dans le désert, il avait commandé à Moïse de lui construire une Demeure qui lui permettrait d’habiter au milieu de son peuple. Ce sanctuaire que l’on appelait « Tente de la Rencontre » était le lieu privilégié où l’Eternel s’entretenait avec Moïse. La Tente abritait l’Arche d’alliance, ce coffre en bois recouvert d’or, qui contenait les tables de la Loi ou les dix commandements donnés à Moïse sur le mont Sinaï. L’Arche était considérée comme le trône et la résidence de Dieu sur la terre.

Elle était entrée en Terre Promise, portée par les prêtres. Après l’installation en Terre Promise, l’arche avait été transportée en divers endroits :

  • Les Philistins s’en été emparé, et l’avait installée dans la ville d’Ashdod. Mais devant les ennuis que cela leur attirait, ils l’avaient renvoyée en Israël, sur un chariot tiré par des vaches.
  • Du temps de Samuel, elle était à Silo, où elle avait été installée après sa mésaventure.
  • David forma le dessein de la transporter à Jérusalem.

La montée de l’Arche à Jérusalem est un évènement d’une importance considérable pour Israël. Jérusalem devient la cité de Dieu.  Un retour triomphal est organisé en grande procession au son des cithares et des tambourins. Le roi David, rempli de la joie de Dieu, se laisse aller à une danse d’exultation sur la musique que font les cris de joie du peuple devant son Dieu, sans se soucier de ce que l’on pensera de lui. Il n’y a que la sagesse qui danse devant Dieu dans la bible avec la même expression.

Cela déplaît profondément à Mikal sa femme qui trouve cette attitude tout à fait indigne d’un roi, et elle se met à mépriser son mari. La Bible nous dit qu’elle n’eut jamais d’enfant. Sous entendu, elle fut punie à cause de cela.

  • C’est moi qui te bâtirai une maison

Maintenant que l’Arche est à Jérusalem, David réalise qu’il habite une maison de cèdre ; alors que l’arche est « sous des tapis ». L’idée lui vient de construire pour l’Éternel, une maison digne de Son nom.

Il fait part de son projet au prophète Nathan, le successeur de Samuel. Tout semble désigner David, pour entreprendre une telle œuvre. Aussi Nathan, donne son approbation et il affirme : « le Seigneur est avec toi » (v. 3).

Mais la nuit porte conseil. Cette nuit-là, Dieu vient dire à Nathan ce qu’il pense de ce projet ; et tout bascule car c’est un NON catégorique : « Non, toi, David, tu ne me bâtiras pas une maison. »

Pour cela trois arguments très clairs :

  • Premièrement, je ne t’ai rien demandé.
  • Deuxièmement, crois-tu que je sois un Dieu qu’on peut installer, fixer quelque part ?
  • David a du sang sur les mains, suite à de nombreuses guerres
  • Troisièmement, ne cherche pas à renverser les rôles : entre Dieu et David, comme toujours entre Dieu et l’homme, celui qui est en position de bienfaiteur, c’est Dieu.

Le projet de Dieu n’est pas du tout un temple de pierre : sa volonté va beaucoup plus loin que des constructions matérielles ; ce qu’il veut, c’est établir durablement son peuple ; il le redit encore par l’intermédiaire de Nathan : « Je fixerai en ce lieu mon peuple Israël, je l’y planterai, il s’y établira, il ne tremblera plus, et les méchants ne viendront plus l’humilier… »

C’est le peuple (et non le roi) qui est au centre du projet de Dieu. Et si Dieu protège le roi, c’est au bénéfice du peuple ; il le redit ici à David : « Je te ferai un nom aussi grand que celui des plus grands de la terre… Je te donnerai des jours tranquilles en te délivrant de tous tes ennemis. »,

 « Le Seigneur te fait savoir qu’il te fera lui-même une maison. Quand ta vie sera achevée et que tu reposeras auprès de tes pères, je te donnerai un successeur dans ta descendance, qui sera né de toi, et je rendrai stable sa royauté… Ta maison et ta royauté subsisteront toujours devant moi, ton trône sera stable pour toujours. »

Dans un premier temps, David a entendu dans ces paroles la promesse d’une dynastie et de la consolidation de son royaume. De même que Dieu a choisi un peuple, et qu’il lui a assigné une terre et une ville, il a choisi une dynastie royale pour régner dans cette ville et gouverner son peuple. Cette promesse, on se la rappellera souvent ; on en déduit que l’on peut compter sur le soutien indéfectible de Dieu à la dynastie qu’il a choisie ; de là est née l’espérance d’Israël ; encore aujourd’hui, pour entretenir l’espérance, on se répète en Israël ce mot « toujours » : « Ta maison et ta royauté subsisteront toujours devant moi ». C’est à cause de cette promesse qu’on a commencé à attendre un Messie. Encore aujourd’hui le peuple juif l’attend parce qu’il sait que Dieu est fidèle.

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