Marie et l’attente du Saint Esprit

Marie et l’attente du Saint Esprit

Au sortir du carême, le dernier cénacle nous avait conduits à contempler certaines épreuves que Marie avait vécu et qui l’avaient préparée à entrer dans le mystère pascal. Aujourd’hui, à l’occasion de ce 7e Cénacle, en lien avec la fête de la Pentecôte, c’est vers « Marie, Mère de l’Eglise » que nous tournerons nos regards dans le but de nous aider à nous préparer à recevoir l’Esprit saint.

« Tous, d’un même cœur, étaient assidus à la prière, avec des femmes, avec Marie la mère de Jésus, et avec ses frères. » (Actes 1,14).

  1. Marie et la naissance de l’Eglise : Le récit des Actes des apôtres nous présente Marie au Cénacle, fidèle à la prière, avec les apôtres, demandant le don de l’Esprit pour elle-même et pour la communauté. Sa présence parmi les disciples, bien que discrète, est très importante car, non seulement elle soutient leur attente dans la prière, comme Jésus l’avait demandé ; mais elle va aussi les aider à Le recevoir (Actes 1-2).
  2. Marie et l’effusion du Saint Esprit : A Nazareth, Marie avait conçu l’Enfant Jésus par l’Esprit Saint qui la couvrit de son ombre (Luc 1, 35). Ainsi, une première effusion de l’Esprit sur la Vierge, eut lieu en vue de sa maternité divine. Au Golgotha, devant son fils crucifié, Marie est debout au pied de la Croix au moment où Jésus remet l’esprit. C’est une nouvelle maternité concernant les disciples qui lui est confiée par Jésus. « Or, près de la croix de Jésus se tenaient sa mère (…) Jésus, voyant sa mère, et près d’elle le disciple qu’il aimait, dit à sa mère : « Femme, voici ton fils. » Puis il dit au disciple : « Voici ta mère. » (Jn 19, 25-27).
  3. Marie et la grâce de l’unité : « Dès cette heure-là, le disciple l’accueillit comme sienne » (Jean 19,27). Il y a un contraste entre ce verset et cet autre verset : « Voici venir l’heure — et elle est venue — où vous serez dispersés chacun de votre côté et me laisserez seul » (Jean 16,32).

En abandonnant Jésus qui est leur lien d’unité, les disciples vont chacun de leur côté, dans leurs affaires et ils se dispersent : c’est une dispersion géographique et spirituelle : chacun se replie sur ses propres intérêts et les disciples ne sont plus rassemblés dans l’unité ; chacun perd le lien avec Jésus et se disperse intérieurement : sans la foi on ne peut pas unifier la vie et la mort, le passé et le futur, l’existence devient dissolue, il n’y a plus d’harmonie intérieure. Qui disperse ? Le loup, Satan (Jean 10,12) et Judas qui est venu là où Jésus se réunissait avec ses disciples (Jean 18,2) provoquent la dispersion.

L’Evangile oppose au fait de se disperser chacun de son côté, le fait de prendre Marie comme sienne. Accueillir Marie produit l’unité des disciples entre eux et l’harmonie intérieure. Accueillir Marie permet d’édifier le royaume de Dieu, la paix et l’unité dans la communauté, l’Eglise, les nations, l’humanité.

La Mère qui est près de la croix accepte le testament d’amour de son Fils et accueille tous les hommes, personnifiés par le disciple bien-aimé, comme ses enfants. De façon réciproque, dans le disciple bien-aimé, le Christ confie sa mère à chacun d’entre nous, afin que nous l’accueillions avec une affection filiale. Cette mission exige pour Marie un renouvellement du don de l’Esprit en vue de la fécondité de sa maternité spirituelle.

  • La présence de Marie le jour de la Pentecôte : Répondant à la prière de Marie et de la communauté rassemblée au Cénacle le jour de la Pentecôte, l’Esprit Saint opère en la Vierge et en ceux qui sont présents, une profonde transformation en vue de la diffusion de la Bonne Nouvelle. Des forces nouvelles et un dynamisme nouveau leur sont donnés pour la croissance de l’Église.

Cette présence de Marie au Cénacle lors de la naissance de l’Eglise :  témoigne bien du plan de Dieu de lui attribuer un rôle décisif dans la conduite et la sanctification de l’Église.  Désormais, tout va s’accomplir en elle, en fonction de l’Église, dont elle est appelée à être la figure, le modèle et la mère. Nous ne disposons d’aucune information sur l’activité de Marie dans l’Église primitive, mais il est permis de supposer que, même après la Pentecôte, elle a continué à vivre une existence cachée et discrète, attentive et efficace. Mais éclairée et conduite par l’Esprit, elle a exercé une influence profonde sur la communauté des disciples du Seigneur.

  • Marie, Mère de l’Eglise : La piété chrétienne a honoré Marie avec les titres, de Mère des disciples, des fidèles, des croyants, de tous ceux qui renaissent dans le Christ, et aussi de « Mère de l’Eglise ».
  • Au 4e siècle, saint Augustin disait : « Marie est la mère des membres du Christ, parce qu’elle a coopéré par sa charité à la renaissance des fidèles dans l’Eglise ».
  • Au siècle suivant, saint Léon le Grand indique que Marie est en même temps mère du Christ, Fils de Dieu, et mère des membres de son Corps mystique, c’est-à-dire de l’Eglise.

Le vocable de « Mère de l’Eglise » avait déjà été repris par saint Paul VI qui nourrissait d’ailleurs une profonde dévotion envers la mère de Dieu. Le 21 novembre 1964, à l’occasion du Concile Vatican II, il promulgua la Constitution dogmatique sur l’Église, Lumen Gentium, dont un chapitre est entièrement consacré à Marie. Il y explore son rôle dans le mystère du Christ et celui de l’Église.

« C’est donc à la gloire de la bienheureuse Vierge et à notre réconfort que Nous proclamons Marie très sainte, Mère de l’Église, c’est-à-dire de tout le peuple de Dieu, aussi bien des fidèles que des pasteurs, qui l’appellent Mère très aimante, et Nous voulons que, dorénavant, avec un tel titre très doux la Vierge soit encore plus honorée et invoquée par tout le peuple chrétien », déclarait solennellement le Souverain Pontife devant les pères conciliaires.

Ce titre est présenté en détails dans le Catéchisme de l’Église Catholique n° 963 : « Le rôle de Marie envers l’Église est inséparable de son union au Christ, elle en découle directement ». Par la suite, le Siège apostolique proposait à l’occasion de l’Année Sainte de la Réconciliation (1975), une messe votive en l’honneur de la bienheureuse Marie Mère de l’Eglise.

Une mosaïque de « Marie, Mère de l’Église », installée sur une façade du Palais apostolique, veille sur la Place Saint Pierre. L’image, de plus de 2,5 mètres de long, a été placée à cet endroit à la demande de saint Jean-Paul II. Le Pape polonais voulait ainsi remercier la Vierge Marie pour sa protection lors de l’attentat dont il avait fait l’objet, le 3 mai 1981. 

  • La fête de Marie Mère de l’Eglise :  Le pape François, instaurait en mars 2018, la fête liturgique de « Marie, Mère de l’Eglise » qui serait désormais célébrée le lundi après la Pentecôte. Il mettait ainsi en évidence, l’essence de la mission de Marie, au cœur du Peuple de Dieu, « La promotion de cette dévotion peut favoriser, chez les pasteurs, les religieux et les fidèles, la croissance du sens maternel de l’Église et de la vraie piété mariale ». (Cardinal Robert Sarah)

Le choix de cette date est symboliquement très riche. En effet, célébrer Marie Mère de l’Eglise le lundi de Pentecôte, reprise du temps ordinaire dans la liturgie, signifie que l’Eglise, née du Saint Esprit en présence de Marie, est aussi conduite et accompagnée dans l’histoire par sa présence maternelle. « L’Église est femme », « elle est mère » et quand ce trait vient à manquer, elle devient « une association de bienfaisance ou une équipe de foot ». Quand « l’Église est masculine », elle devient tristement « une Église de vieux garçons », « incapables d’aimer, incapables de féconder ». (Homélie du Pape François en la fête de Marie Mère de l’Eglise)

  • Avec Marie, accueillir le Don de l’Esprit

Le don que Jésus nous fait de Marie est un don qui se reçoit dans l’ensemble des autres dons que le Fils de Dieu nous fait.

Jésus a fait beaucoup de dons. « Il a donné pouvoir de devenir enfants de Dieu » (Jean 1,12). Il a donné l’Eau vive (Jean 4,10), une « source d’eau jaillissant en Vie éternelle » (Jean 4,14). Il donne le Pain de vie : « le pain que je donnerai, c’est ma chair pour la vie du monde » (Jean 6). Il donne « un commandement nouveau : vous aimer les uns les autres ; comme je vous ai aimés, aimez-vous les uns les autres. » (Jean 13,34). Il donne la paix, sa paix (Jean 14,27). Il donne sa joie (Jean 15,11). Il donne sa vie, « Nul n’a plus grand amour que celui-ci : donner sa vie pour ses amis. » (Jean 15,13), la vie éternelle (Jean 17,2), et sa gloire : « Je leur ai donné la gloire que tu m’as donnée, pour qu’ils soient un comme nous sommes un » (Jean 17,22). Finalement, il donne sa mère (Jean 19,25-27) et son Esprit Saint (Jean 19,29 et Jean 20,22).

Qui peut dire : j’ai accueilli tous les dons de Dieu, j’en ai fait ma vie ? Chaque Eglise a accueilli davantage tel ou tel don, tantôt la Parole, tantôt le Pain, tantôt la Mère, tantôt l’Esprit… Marie est un don parmi les dons. Il nous faut harmoniser le don de Marie avec les autres dons de Jésus. Il y a une synergie entre les dons. Pour accueillir le don de devenir fils de Dieu, il nous faut accueillir le don de sa Parole et le don de Marie…

Pour accueillir le don de Marie, il faut accueillir le don de l’Esprit Saint : nous avons une admirable concordance entre l’Evangile de Jean où la maternité spirituelle de Marie est liée au don de l’Esprit Saint et l’Evangile de Luc où Marie devient mère par l’opération de l’Esprit Saint.

  • Déroulement possible du cénacle :
  • Comment est-ce que j’accueille le fait « que Marie, en accueillant le disciple bien-aimé, m’accueille, moi aussi et que le Christ me choisit et compte sur moi pour aimer sa Mère ? »
  • Nous pouvons ensemble prendre un temps, en Cénacle pour demander à « l’Esprit Saint d’infuser en nous un intense désir d’être saint pour la plus grande gloire de Dieu et à nous aider les uns les autres dans cet effort »

Choisir un chant d’entrée à l’Esprit Saint, puis après avoir lu les pages 1 à 5, proposer un temps de partage :

  • Une dizaine du chapelet (chaque personne propose une intention pour le « Je vous salue Marie » qu’elle débute)

La première en chemin, pour suivre au Golgotha / le fils de ton amour que tous ont condamné. Tu te tiens là, debout, au plus près de la Croix
Pour recueillir la vie de son cœur transpercé. Marche avec nous, Marie, sur nos chemins de croix, ils sont chemin vers Dieu (bis).

La première en chemin avec l’Eglise en marche / dès les commencements, tu appelles l’Esprit ! En ce monde aujourd’hui, assure notre marche ; Que grandisse le corps de ton fils Jésus-Christ. Marche avec nous, Marie, aux chemins de ce monde, ils sont chemin vers Dieu (bis).

  • Ô Mère, aide notre foi !

Ouvre notre écoute à la Parole, pour que nous reconnaissions la voix de Dieu et son appel. Éveille en nous le désir de suivre ses pas, en sortant de notre terre et en accueillant sa promesse.

Aide-nous à nous laisser toucher par son amour, pour que nous puissions le toucher par la foi. Aide-nous à nous confier pleinement à Lui, à croire en son amour, surtout dans les moments de tribulations et de croix, quand notre foi est appelée à mûrir. Sème dans notre foi la joie du Ressuscité. Rappelle-nous que celui qui croit n’est jamais seul. Enseigne-nous à regarder avec les yeux de Jésus, pour qu’il soit lumière sur notre chemin. Et que cette lumière de la foi grandisse toujours en nous jusqu’à ce qu’arrive ce jour sans couchant, qui est le Christ lui-même, ton Fils, notre Seigneur !

Pape François, Prière à Marie, Mère de l’Eglise et Mère de notre foi, extraite de l’encyclique Lumen Fidei (29 juin 2013)

  1. Prière de Jean-Paul II à Marie, Mère de l’Eglise : Ô Mère de miséricorde, nous confions à Ton cœur et à Ton amour le peuple entier et l’Église de cette terre. Garde-nous de toute injustice, de toute division, de toute violence et de toute guerre. Garde-nous de la tentation et de l’esclavage du péché et du mal. Sois avec nous ! Aide-nous à vaincre le doute par la foi, l’égoïsme par le service, l’orgueil par la mansuétude, la haine par l’amour. Aide-nous à vivre l’Évangile et la folie de la Croix afin de pouvoir ressusciter avec ton Fils à la vraie vie, avec le Père, dans l’unité de l’Esprit Saint. Ô Mère du Christ, sois notre réconfort et donne force à tous ceux qui souffrent : aux pauvres, à ceux qui sont seuls, aux malades, aux non-aimés, aux abandonnés. Donne la paix à notre terre divisée ; et à tous, la lumière de l’espérance. Ainsi soit-il.
  2. Lundi de Pentecôte : Nous vous donnons rdv à la messe à l’église de Rimbach à 10h30. A l’issue, dans le respect des règles sanitaires en vigueur, il sera proposé de faire un petit pèlerinage jusqu’à l’église Notre-Dame de Sewen, en prévoyant un pique-nique. Il y aura une halte dans les églises d’Oberbruck et de Dolleren. Vêpres de clôture à Sewen à 15h00. Il est bien sûr possible de rejoindre le groupe à partir de l’un des villages ou au terminus.  Des renseignements complémentaires seront donnés aux responsables de cénacle.  
  1. Prolongement possible :

Aux grands maux, les grands remèdes spirituels. Le pape François a décidé de consacrer le mois de mai à un « marathon de prière » afin de demander à Dieu la fin de la pandémie. « La prière à Dieu montait sans cesse de toute l’Église » (Actes, 12,5). Pour cela il vous suffit de vous munir d’un chapelet. L’idée est de réciter un rosaire chaque jour si vous le pouvez ; un chapelet ou une simple dizaine, selon votre santé et votre disponibilité.

Durant le mois de juin, chaque groupe sera invité à un petit bilan sur le contenu, une suite possible, le thème de l’année prochaine si on continue, les modalités, améliorations et suggestions.

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