Le M de Marie

Le M de Marie

En ce mois de décembre, après ce reconfinement, je vous propose de vous retrouver de façon à poursuivre ensemble votre cheminement spirituel en lien avec la démarche du M de Marie. Nous sommes dans le temps de l’Avent, quelques jours avant ou après la Solennité de l’Immaculée Conception, selon la date à laquelle vous vous rencontrez.

Lors de notre premier cénacle, nous avions découvert l’histoire des apparitions mariales de la Rue du Bac à Paris en 1830, associée très étroitement à sœur Catherine LABOURE et à la Médaille miraculeuse dont la Vierge Marie avait demandé la diffusion. Sur la 1ère face de l’objet de piété, on peut y lire l’invocation : « Ô Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous ». Cette courte prière est, pourrait-on dire, une des multiples marches sur lesquelles l’Eglise catholique s’appuiera pour définir le dogme de l’Immaculée conception en 1854. Quatre ans plus tard, comme pour confirmer cette démarche des enfants de l’Eglise envers leur Mère du ciel, Marie choisira d’apparaitre à Lourdes à une jeune bergère auprès de qui elle se nommera en patois bigourdan : « Je suis l’Immaculée conception ». Bernadette n’ayant aucune connaissance en la matière répétera cette formule dans sa tête pour la retenir et la déclamera devant le curé Peyramale qui n’en croyait pas ses oreilles. Dès lors, ce dernier se mit à croire à la véracité des apparitions, car une fillette illettrée et sans catéchisme n’était pas capable de connaître cette définition que l’Eglise venait de donner quatre ans plus tôt à la Vierge Marie. 

Ce mois-ci, je vous propose dans un premier temps une petite formation doctrinale sur le thème de l’Immaculée Conception. Dans un deuxième temps, je souhaiterais vous montrer la cohérence de la pédagogie divine au travers de celles que Marie a choisi pour être ses messagères.

Belle montée vers Noël à chacun, abbé Frédéric FLOTA, curé

Le fondement biblique de l’Immaculée Conception :

L’Immaculée Conception est un dogme (une vérité de foi) qui s’enracine dans l’Écriture. Il est évident que ce n’est pas Marie elle-même qui s’est exemptée du péché originel.

Ce don exceptionnel de Dieu pour la Vierge Marie, l’Écriture l’affirme à plusieurs reprises. D’abord c’est l’Archange Gabriel qui, en s’adressant à elle, lui dit : « Réjouis-toi », ou « Je te salue » car en grec le salut se dit par l’expression Kairé = réjouis-toi. Ensuite Gabriel dit : « Kékaritoméné » ce qui veut dire : « qui as été comblée de grâce ». On ne connaît pas dans toute la Bible une autre occasion ou un Ange de Dieu salue un homme ou une femme de cette façon ! Marie elle-même en est consciente : « Le Puissant a fait pour moi des merveilles », dit-elle dans le cantique du Magnificat (Luc 1,49).

La fête liturgique :

En ce temps liturgique de l’Avent, la fête de l’Immaculée Conception nous permet de faire – si je puis dire – une « entorse » à la logique de l’Avent. Pendant ces quatre semaines de préparation du cœur, on tait le grand chant du « Gloire à Dieu », pour qu’il retentisse comme un chant nouveau dans la nuit de Noël. Mais à la solennité de l’Immaculée conception, nous le chantons, comme une anticipation de la joie de Noël. L’Immaculée conception, c’est vraiment la fête qui anticipe la joie du salut !

Le péché originel et la victoire du Christ :

Le mystère de l’Immaculée Conception confirmé par Marie elle-même en se présentant à Bernadette le 25 mars 1858, nous rappelle deux vérités fondamentales de notre foi :

  • Tout d’abord le péché originel,
  • Ensuite la victoire de la grâce du Christ sur celui-ci, victoire qui resplendit de manière sublime en la Très Sainte Vierge Marie.

L’existence de ce que l’Église appelle le « péché originel » est malheureusement d’une évidence écrasante en regardant :

  • Le monde : les génocides, les guerres civiles, les guerres de religion, le nombre de bébés qui ne voient jamais le jour, le nombre de femmes battues, violées, humiliées, les camps de concentration, la pollution de la planète, la pollution des cœurs et des consciences,
  • Nos familles : jalousie, querelles, rancunes tenaces, désunions
  • L’Eglise : avec les scandales de certains de ses membres
  • En nous : les pensées auxquelles nous pouvons donner prises, les paroles blessantes que nous pouvons dire, etc…

Cette expérience du mal est en effet tellement forte, qu’elle s’impose d’elle-même et qu’elle suscite en nous la question : d’où provient-il ? En particulier, pour un croyant, la question est encore plus profonde : si Dieu, qui est la Bonté absolue, a créé toute chose, d’où vient le Mal ?

C’est avec les premières pages de la Bible (Genèse 1-3) que nous pouvons répondre à cette question fondamentale qui interpelle chaque génération humaine. Nous y trouvons le récit de la création et de la chute de nos ancêtres.

Dieu a créé toute chose pour la Vie, Il a notamment créé l’être humain à son image. Il n’a pas créé la mort, mais celle-ci est entrée dans le monde par la jalousie du diable (cf. Sagesse 1, 13-14 ; 2, 23-24). Le démon s’est non seulement rebellé contre Dieu, mais Il a aussi attiré et trompé les hommes, en cherchant à les faire douter de sa bonté. C’est le drame de la liberté, que Dieu accepte jusqu’au bout par amour, en promettant toutefois que viendra le Fils d’une femme pour écraser la tête de l’antique serpent (Genèse 3, 15).

C’est pourquoi, dès le commencement, Dieu a prédestiné Marie à devenir mère du Rédempteur, mère de Celui qui s’est humilié, jusqu’à l’extrême pour que nous retrouvions notre dignité originelle. Marie est cette Femme. Aux yeux de Dieu, elle a depuis toujours un visage et un nom : « pleine de grâce » (Luc 1, 28).

Marie est la nouvelle Ève, l’épouse du nouvel Adam, destinée à être la mère de tous les hommes rachetés. La liturgie du 8 décembre affirme que Dieu a « préparé une digne demeure pour son Fils et en prévision de Sa mort, il l’a préservée de toute tache de péché » (Prière de la Collecte).

En Marie Immaculée, nous contemplons le reflet de la Beauté de Dieu qui sauve le monde : la beauté qui resplendit sur le visage du Christ. En Marie, cette beauté est totalement pure, humble, libre de tout orgueil et présomption.

Les deux voyantes : Catherine LABOURE et Bernadette SOUBIROUS

Catherine Labouré, la robuste paysanne bourguignonne, qui apporte ses bras solides au service des pauvres n’a rien, en apparence, de la chétive petite Bernadette essoufflée par son asthme… Toutes deux cependant, sont ignorantes de science humaine, mais très riches de science divine. Elles sont sœurs par leur âme transparente, leur simplicité évangélique, leur héroïque fidélité. La mission que la Vierge confie à chacune d’elle à la rue du Bac et à Massabielle s’harmonisent divinement :

  • La novice des Filles de la Charité devra faire frapper la médaille dont le modèle lui est montré au cours des apparitions et la répandre dans le monde. La médaille rappellera la bonté et la puissance de Marie. Grands et petits la suspendront à leur cou pour être protégés, guéris, consolés…. Marie a laissé Catherine Labouré joindre ses mains sur ses genoux, mettre son regard dans le sien… A la Rue du Bac, on vient donc surtout prier la Vierge dans un cœur à cœur intime. En s’approchant tout près de Marie, on oublie les distances et l’âme se refait…
  • Bernadette dira : « J’ai vu la Sainte Vierge comme elle est sur la Médaille Miraculeuse ». Or, cette médaille, elle la portait sur elle pendant les apparitions. Cette précieuse relique est conservée aujourd’hui dans le trésor de la rue du Bac. La « Dame du rocher » demande à la jeune bergère d’appeler les foules et de lui faire construire une chapelle. Lourdes sera le témoin de floraison de miracles par la grande prière des foules qui processionnent, qui se plongent dans les eaux miraculeuses, qui lancent les accla­mations.

Il ne s’agit pas de préférer ou de comparer un lieu avec l’autre .C’est la même Vierge, l’IMMACULÉE, tour à tour grave et souriante, émue jusqu’aux larmes, tendre et compatissante, dont les lèvres murmurent des prières ou lancent des appels à la péni­tence ou à la confiance…C’est ELLE, à Paris comme à Lourdes, qui prend droit de cité chez nous, venant parler à la France de cette pureté qui repose, qui attire, qui réjouit et qui relève…Au fond, il n’y a pas le message de la rue du Bac et le message de Lourdes :il y a le message de l’IMMACULÉE.

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Déroulement possible du cénacle :

Choisir un chant d’entrée, puis après avoir lu les pages 1 à 4, proposer un temps de partage à partir de l’une ou l’autre des questions suivantes :

Qu’est-ce qui me touche ou bien ce que je découvre dans les explications ?

Ai-je déjà été à Lourdes ? Et si oui, qu’est-ce qui m’a marqué ?

Suis-je sensible à la fête du 8 décembre ? Si oui, pourquoi ?

Comment est-ce que je comprends que le ciel choisisse des personnes de condition modeste ?

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Prière à la Vierge de l’attente :

Sainte Marie, vierge de l’attente, donne-nous de ton huile, parce que nos lampes s’éteignent. Vois, nos réserves se sont consumées. Montre-nous qu’il n’est pas nécessaire que nous allions vers d’autres marchands. Allume à nouveau dans nos âmes les anciennes ardeurs qui nous brûlaient de l’intérieur, quand il suffisait d’un rien pour nous faire tressaillir de joie. Si aujourd’hui nous ne savons plus attendre, c’est parce que nous sommes à court d’espérance. Ses sources se sont asséchées.

Nous souffrons d’une crise profonde du désir. Et, désormais satisfaits des mille succédanés qui nous assaillent, nous risquons de ne plus rien attendre, pas même ces promesses surnaturelles qui ont été signées avec le Sang du Dieu de l’Alliance. Sainte Marie, femme de l’attente, soulage la douleur des mères souffrant pour leurs fils qui, sortis un jour de la maison, n’y sont jamais revenus, tués dans un accident ou séduits par les appels de la jungle ; dispersés par la fureur de la guerre ou aspirés par le tourbillon des passions ; engloutis par la fureur de l’océan ou bouleversés par les tempêtes de la vie.

Sainte Marie, vierge de l’attente, donne-nous une âme de veilleur. En ce début de troisième millénaire, nous nous sentons malheureusement plutôt fils du crépuscule que prophètes de l’Avent.

Marie, toi la Sentinelle du matin, réveille dans nos cœurs la passion de fraîches nouvelles à porter à un monde qui se sent déjà vieux. Face aux changements qui secouent l’histoire, donne-nous de sentir sur notre peau les frissons des commencements. Fais-nous comprendre qu’il ne suffit pas d’accueillir, il faut attendre. Accueillir est parfois un signe de résignation. Attendre est toujours un signe d’espérance. Rends-nous pour cela ministres de l’attente. Quand le Seigneur viendra, ô Vierge de l’Avent, qu’il nous surprenne, grâce à ta complicité maternelle, la lampe à la main. 

(Adaptation d’une prière de Mgr Tonino Bello)

Dizaine du chapelet (une intention par Je vous salue Marie)

  1. Pour ceux qui attendent d’être parents
  2. Pour les enfants qui attendent d’être adoptés
  3. Pour les étudiants et les personnes en attente d’un stage ou d’un travail
  4. Pour les parents dans l’attente du retour d’un enfant qui s’est égaré
  5. Pour ceux qui sont en attente d’un toit ou de la régularisation de leurs papiers
  6. Pour les personnes dans l’attente du résultat d’un contrôle médical
  7. Pour le peuple juif, qui attend toujours le Messie
  8. Pour les prisonniers en attente de leur libération
  9. Pour ceux qui attendent la mort
  10. Pour ceux qui attendent de Dieu l’exaucement de leurs prières

PRIÈRE de la neuvaine de l’Immaculée conception : “Ô Mère de miséricorde, nous confions à ton cœur et à ton amour le peuple entier et l’Eglise de cette terre. Garde-nous de toute injustice, de toute division, de toute violence et de toute guerre. Garde-nous de la tentation et de l’esclavage du péché et du mal. Sois avec nous. Aide-nous à vaincre le doute par la foi, l’égoïsme par le service, l’orgueil par la mansuétude, la haine par l’amour. Aide-nous à vivre l’Evangile et la folie de la Croix afin de pouvoir ressusciter avec ton Fils à la vraie vie, avec le Père, dans l’unité de l’Esprit Saint. Ô Mère du Christ, sois notre réconfort et donne force à tous ceux qui souffrent : aux pauvres, à ceux qui sont seuls, aux malades, aux non-aimés, aux abandonnés. Donne la paix à notre terre divisée et à tous, la lumière de l’espérance. Amen !” (Saint Jean-Paul II).

Quelques idées pour se préparer à Noël :

  • Lire chez soi, dans sa bible, les passages suivants : Genèse 1-3, Luc 1 et 2, Sagesse 1, 13-14 ; 2, 23-24,
  • Prendre un temps de prière quotidien
  • Me rendre dans une église ou une chapelle et contempler la crèche
  • Rendre visite ou téléphoner à une personne avec qui je n’ai plus de contacts depuis quelque temps

Proposition de chants

Aube nouvelle

1 – Aube nouvelle dans notre nuit pour sauver son peuple, Dieu va venir. Joie pour les pauvres, fête aujourd’hui, il faut préparer la route au Seigneur (bis)

2 – Bonne nouvelle, cris et chansons, pour sauver son peuple, Dieu va venir ;

Voix qui s’élève dans nos déserts, il faut préparer la route au Seigneur (bis)

3 – Terre nouvelle, monde nouveau, pour sauver son peuple, Dieu va venir,

Paix sur la terre, ciel parmi nous, il faut préparer la route au Seigneur (bis)

Les mains ouvertes devant Toi

Les mains ouvertes devant Toi, Seigneur, pour T’offrir le monde,
Les mains ouvertes devant Toi, Seigneur, notre joie est profonde.

3 – Garde-nous tout-petits devant Ta Face, comme la Vierge immaculée !
Garde-nous transparents à tous nos frères, de l’amour qui l’a consumée.

4 – Apprends-nous à chanter ton Evangile, comme Marie auprès de Toi.
Comble de Ton Amour le cœur des pauvres, le cœur des riches, change-le.

Sous ton voile de tendresse,

Sous ton voile de tendresse, nous nous réfugions. Prends-nous dans ton cœur de mère où nous revivrons, Marie, Mère du Sauveur, nous te bénissons.

Marie, notre mère garde-nous dans la paix,

Refuge des pécheurs, protège tes enfants.

Quand nous sommes dans l’épreuve, viens nous visiter. De tous les dangers du monde, viens nous délivrer. Marie, Mère du Sauveur, prends-nous en pitié.

Marie, Vierge immaculée, apprends-nous à prier. Que demeurent dans nos cœurs, le silence et la paix. Marie, Mère du Sauveur, veille à nos côtés.

Couronnée d’étoiles

Nous te saluons, ô toi Notre Dame, Marie Vierge sainte que drape le soleil,
Couronnée d’étoiles, la lune est sous tes pas, En toi nous est donnée l’aurore du salut.


1. Marie Eve nouvelle et joie de ton Seigneur,

Tu as donné naissance à Jésus le Sauveur.
Par toi nous sont ouvertes les portes du jardin,

Guide-nous en chemin, étoile du matin. 3. Quelle fut la joie d’Eve lorsque tu es montée,
Plus haut que tous les anges, plus haut que les nuées.
Et quelle est notre joie, douce Vierge Marie,
De contempler en toi la promesse de vie.

4. O Vierge immaculée, préservée du péché, en ton âme en ton corps, tu entres dans les cieux. Emportée dans la gloire, douce Vierge Marie,
Tu nous accueilleras, un jour auprès de D

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