18e Dim du TO B
Jésus vient purifier nos désirs :
Rappel du contexte : nous sommes dans l’évangile de Jean. Jésus a multiplié cinq pains et deux poissons pour nourrir une foule de 5000 hommes et les apôtres ont ramassé douze paniers pleins de reste. Cette foule est alors remplie de désirs : elle était venue pour écouter Jésus, le voir faire des miracles et elle a été comblée au-delà de ses attentes. Elle ne veut donc plus quitter Jésus ! Cet homme qui donne à manger aussi gracieusement, c’est une aubaine, il faut qu’il soit leur roi ! Mais Jésus leur échappe. Et lorsqu’Il monte en barque pour traverser le lac, les gens Le retrouve à Capharnaüm. Contrairement à ce que nous pourrions croire, cette foule est loin d’être bête. Car la Tradition rabbinique rapportait que dans les temps messianiques, le miracle de la manne se reproduirait chaque jour. C’est pour cette raison que les Juifs sollicitent à nouveau Jésus et Lui demandent de renouveler le miracle auquel ils ont assisté la veille.
« Quel signe vas-tu accomplir pour que nous puissions le voir, et te croire ? Quelle œuvre vas-tu faire ? Au désert, nos pères ont mangé la manne ; comme dit l’Écriture : Il leur a donné à manger le pain venu du ciel. »
La demande du renouvellement du miracle n’est pas mauvaise en soi. Dans l’Ancien Testament, au chap. 6 du Livre des Juges, lorsque Gédéon est appelé par Dieu à combattre Amalec et les Madianites, il sollicite deux confirmations de sa mission avec la toison qu’il dépose à terre. Le 1er jour, il demande que seule la toison soit humidifiée par la rosée et que le sol autour soit sec et le lendemain que la toison soit sèche et que le sol autour soit couvert de rosée. Et Dieu lui donne ces deux signes pour lui montrer qu’Il est bien à ses côtés.
Dans l’évangile, Jésus va chercher à purifier la demande de la foule : « Vous me cherchez, non parce que vous avez vu des signes, mais parce que vous avez mangé de ces pains et que vous avez été rassasiés. Travaillez non pas pour la nourriture qui se perd, mais pour la nourriture qui demeure jusque dans la vie éternelle, celle que vous donnera le Fils de l’homme »
Rappelez-vous que dans le Notre Père, la prière toute légitime qui consiste à demander le pain de ce jour, ne vient pas en 1er, c’est la 5e ! La 1ère c’est : que le Nom de Dieu en moi soit sanctifié ! Que par ma vie, la vôtre, la nôtre, le Nom de Dieu soit rendu saint !
Jésus ne va donc pas se moquer du désir de la foule, mais il souhaite l’élever, le rendre saint. Nous aussi par moment avons besoin d’élever nos désirs et de les purifier quand ils sont uniquement terre à terre et que nous ne cherchons pas Jésus pour Lui-même. « Seigneur, faites que je trouve la voiture pas trop chère dont mon mari a besoin pour aller travaille » ; « Seigneur, faites que mon fils puisse avoir cette chambre en collocation avec son amie sur tel ville », « Seigneur faites que ma fille réussisse son concours d’entrée dans telle école, etc… ». Mais on ne cherche pas Jésus pour Jésus. C’est comme s’Il nous disait : « Vous me cherchez pour autre chose, cherchez-Moi pour Moi-même ! »
Que faire quand nous nous rendons compte que nos désirs nous conduisent vers le péché ? Par exemple, quand nous sommes trop possessifs, jaloux, égocentriques ou que nous cherchons un bonheur immédiat ou illusoire ou que nous nous trompons de bonheur ?
Prenons l’habitude d’en parler tout de suite au Seigneur et demandons-nous ce qu’il y a derrière. Quel est le désir qui a besoin d’être puissamment comblé, ici et maintenant ? La solitude, un manque d’affection ou d’amour, un manque de sens, un manque de joie, de beauté, de paix ? Si le désir profond qui a provoqué telle envie nous apparaît clairement, nous sommes déjà à mi-chemin ! Si ensuite nous renonçons à la tentation d’un bonheur illusoire et immédiat, il nous reste ce manque que nous pouvons déposer aux pieds de Jésus sur la Croix. Supplions-le d’abreuver ce désert par son eau vive et de purifier ce désir. Seigneur, montre-moi le bonheur que Tu veux pour moi, fais que je perde le goût pour toutes les fausses promesses de bonheur !
Parmi les désirs que nous pouvons avoir, voici une petite liste de ceux que Dieu approuvera toujours :
Celui de la consolation et du réconfort Dieu nous invite ensuite à partager aux autres (2 Corinthiens 1, 3-4) : « Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus Christ, le Père plein de tendresse, le Dieu de qui vient tout réconfort. » Dans toutes nos détresses, il nous réconforte ; ainsi, nous pouvons réconforter tous ceux qui sont dans la détresse, grâce au réconfort que nous recevons nous-mêmes de Dieu ».
Avoir la vie éternelle : Nous n’avons pas à craindre la mort, car Jésus a dit : « Quand je serai parti vous préparer une place, je reviendrai et je vous emmènerai auprès de moi, afin que là où je suis, vous soyez, vous aussi » (Jean 14, 3).
Demander que le mal soit détruit même si nous ne savons pas quand, tout ceci prendra fin : « Les méchants seront déracinés, mais qui espère le Seigneur possédera la terre. Encore un peu de temps : plus d’impie ; tu pénètres chez lui : il n’y est plus. Les doux posséderont la terre et jouiront d’une abondante paix ». (Psaume 36, 9-11)
Trouver la vraie paix : En quittant cette terre, Jésus savait que nous rencontrerions des difficultés, Il savait aussi que nous aurions besoin de sa paix. C’est pourquoi, Il nous la laissée. « Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix. Je ne vous donne pas comme le monde donne. Que votre cœur ne se trouble point, et ne s’alarme point ». (Jean 14, 27)
Recevoir le pardon des autres et surtout de Dieu : C’est un besoin essentiel de chacun. « Rendez grâces au Père, qui vous a rendus capables d’avoir part à l’héritage des saints dans la lumière, qui nous a délivrés de la puissance des ténèbres et nous a transportés dans le royaume du Fils de son amour, en qui nous avons la rédemption, la rémission des péchés ». (Colossiens 1, 12-14).