11e Dim du TO B

11e Dim du TO B

En la fête patronale de st Antoine de Padoue

Mon souhait ce matin, est de garder l’image de l’arbre que Jésus décrit à travers la parabole de la graine de moutarde, pour l’appliquer à notre vie et l’illustrer par celle de st Antoine de Padoue. Un proverbe dit : « Les arbres aux racines profondes sont ceux qui montent haut » (Frédéric Mistral 1830 – 1914). Pour nous, cela signifie que si nous voulons grandir en Dieu, nous devons être profondément ancrés dans ce que nous croyons sur Dieu. Ai-je des racines spirituelles ? Pensons à ces grands arbres tombés en forêt ou au bord de la Doller en janvier dernier à cause du poids de la neige, par manque de racines ou à cause de racines pourries…

« N’oublions pas que ce n’est pas le nombre et la longueur de ses branches, mais la profondeur et la santé de ses racines qui font la vigueur d’un arbre ». Gustave ThibonPhilosophe (1903 – 2001)

Dans le psaume 1, le psalmiste écrit : « L’homme qui est profondément ancré en Dieu, ressemble à un arbre planté près d’un ruisseau, qui donne du fruit en son temps, et dont le feuillage ne meurt jamais ».

Le tronc de l’arbre nous rappelle la croissance dans la durée. Souvent nous sommes pressés, nous voudrions que l’arbre planté nous procure des fruits et de l’ombre très vite. Or pour qu’un arbre grandisse et porte du fruit, il faut du temps et de la patience. Il en fut de même pour Fernando (futur saintAntoine)qui vécut une sorte de 1ère période de vie cachée. Pour ne plus être dérangé par les fréquentes visites de parents et d’amis, il quitta la ville et s’en alla au monastère de Santa Cruz de Coimbra par un amour du silence et de l’étude. Par sa conduite, il montra clairement à tous que ce ne fut pas seulement un changement de lieu mais aussi de vie. Ce furent les années les plus fécondes de sa formation théologique et spirituelle.

Les fruits : Le prophète Jérémie en reprenant l’image de l’arbre au bord de l’eau rajoute que l’homme : « qui met sa foi dans le Seigneur (…) ne craint pas quand vient la chaleur : son feuillage reste vert. L’année de la sécheresse, il est sans inquiétude : il ne manque pas de porter du fruit » (Jr 17, 7-8).

Ceci signifie qu’il ne suffit pas de porter du fruit quand tout va bien. Il faut aussi le faire dans des circonstances moins favorables, en gardant notre sang-froid quand nous sommes sous pression, en restant bons envers les autres quand rien de positif ne se passe pour nous, en maintenant la paix lors des épreuves personnelles.

Dieu veut que nous soyons ainsi pour que les autres puissent voir que nous avons quelque chose de précieux en nous et qu’ils se disent : « ça, je le veux aussi ». Ils voudront savoir comment vous pouvez être comme ça, et pourquoi, vous, vous êtes différents.

Deux événements firent que Fernando connut aussi ce désir :

  1. Il fut un jour très marqué par l’authenticité de plusieurs Frères pauvres de François qui demandèrent l’aumône. Ces Frères vivaient de leur travail et, bien qu’illettrés, ils enseignaient l’Évangile par leur vie.
  2. En 1220, on exposa les reliques des cinq premiers missionnaires franciscains, qui s’étaient rendus au Maroc, où ils avaient subi le martyre. Leur vie suscita chez le jeune Fernando le désir de les imiter et d’avancer sur le chemin de la perfection chrétienne : il demanda alors de quitter les Chanoines augustiniens, devient Frère mineur et prend le prénom d’Antoine par rapport à St Antoine du désert.

Je vous ai parlé de la 1ère période cachée d’Antoine. Parfois Dieu nous appelle à faire quelque chose mais Il prend le temps de nous affermir. Rappelez-vous David qui reçut l’onction très jeune, mais qui attendit 20 ans avant de porter la couronne.

Antoine va connaitre une 2e période cachée : tout d’abord, souhaitant aller au Maroc pour y mourir martyr, il sera immobilisé par une maladie. Au moment où il s’apprête à rentrer au Portugal, des vents contraires détournent le bateau sur les côtes de la Sicile. C’est là qu’il participe en 1221, à la grande rencontre des frères de François, le « Chapitre des nattes » à Assise. Par la suite, il vécut pendant quelque temps caché de la manière la plus totale dans un couvent près de Forlì, au nord de l’Italie où il fera des tâches très humbles.

L’attraction que les frères mineurs avaient eu sur Antoine, Antoine la développera aussi sur les autres. Un jour, le prêtre qui devait prêcher lors d’une ordination sacerdotale tombe malade et on demande à Antoine de le remplacer au pied levé. Ce qu’il dit touche tellement les cœurs, que ses supérieurs qui pensaient qu’il n’était bon qu’à éplucher les pommes de terre, balayer le couvent et faire la vaisselle, le destinent à la prédication. Il parcourt l’Italie et la France et convertit un grand nombre de personnes qui s’étaient détachées de l’Eglise. A 30 ans, il déplace les foules. Partout où il passe les fidèles se pressent, le forçant à prêcher à l’extérieur des villes, dans de grands champs. Il confesse ensuite durant des heures. Il meurt à 36 ans, d’épuisement. Il montre combien Dieu est capable de faire « reverdir l’arbre sec », comme le dit Ezéchiel dans la 1ère lecture (17, 22-24)

Antoine est une illustration type de ce que nous dit Jésus dans l’Evangile : « Une graine de moutarde : quand on la sème en terre, elle est la plus petite de toutes les semences. Mais quand on l’a semée, elle grandit et dépasse toutes les plantes potagères ; et elle étend de longues branches, si bien que les oiseaux du ciel peuvent faire leur nid à son ombre. » Suis-je suffisamment attirant pour que les oiseaux du ciel viennent faire en moi leur demeure et ce quel que soit mon âge ? « Vieillissant, il fructifie encore, il garde sa sève et sa verdeur » (Ps 91, 15). C’est ce que Dieu me demandera à la fin de ma vie. Voici ce que nous dit la 2e lecture : « Notre ambition, c’est de plaire au Seigneur. Car il nous faudra tous apparaître à découvert devant le tribunal du Christ, pour que chacun soit rétribué selon ce qu’il a fait, soit en bien soit en mal, pendant qu’il était dans son corps » (2 Co 5, 9-10).

Seigneur, par l’exemple de st Antoine, rappelle-moi le sens de ma vie, aide-moi à croire que Toi, Tu peux soigner mes racines, tu peux faire reverdir ce qui est sec en moi, me faire porter du fruit et me permettre d’accueillir les oiseaux du ciel qui souhaitent faire leurs nids mes branches et y trouver de l’ombrage. 

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