5e Dim de Pâques
Je vous propose de réfléchir ce dimanche sur cette phrase où Jésus s’identifie à la vraie vigne : « MOI, JE SUIS la vraie vigne ».
- L’expression « JE SUIS » nous vient de l’Ancien Testament
Quand Moïse a fui Pharaon, et s’est retrouvé berger de son beau-père Jethro, Dieu s’est révélé à lui à travers le Buisson ardent qui brûlait mais ne se consumait pas. Dieu lui a confié la mission d’aller en Égypte pour libérer le peuple hébreu du joug de Pharaon. Moïse a demandé : « Au nom de qui suis-je envoyé ? ». Dieu lui répondit : « Tu lui diras, c’est « JE SUIS qui t’envoie ». Dieu se présente donc dans l’Ancien Testament comme celui qui est, l’éternel Présent, « Je suis celui qui suis » ou « Je suis celui qui serai ».
Si Jésus s’attribue ce « JE SUIS », nous devons nous poser la question : « est-ce que je crois vraiment que Christ est à nos côtés comme cet éternel présent, quelques soient les circonstances que nous traversons : joies, échecs, projets, peines, santé, maladie, difficultés ? Seigneur ai-je vraiment foi en ta présence perpétuelle, continuelle et éternelle à mes côtés ?
Dans l’évangile de Jean, Jésus reprend à son compte à 7 reprises l’expression : « JE SUIS ».
- « Je suis le Pain de vie ». Celui qui vient à moi n’aura jamais faim et celui qui croit en moi n’aura jamais soif. » (Jean 6, 35)
- « Je suis la lumière du monde. Celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, mais il aura au contraire la lumière de la vie. » (Jean 8, 12)
- » Je suis la porte, si quelqu’un entre par moi, il sera sauvé ; il entrera et sortira, et il trouvera de quoi se nourrir. » (Jean 10, 9)
- « Je suis le bon berger. Le bon berger donne sa vie pour ses brebis. » (Jean 10, 11)
- « Je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi vivra, même s’il meurt. » (Jean 11, 25 )
- « Je suis le chemin, la vérité, la vie. On ne vient au Père qu’en passant par moi. » (Jean 14, 6)
- » Je suis la vrai vigne »
Souvent nous nous situons par rapport à Jésus en ne prenant que l’un ou l’autre versets. Nous sommes parfois gênés d’affirmer que Jésus EST le chemin, la vérité et la vie. Dans un monde où nous croyons que tout se vaut et qu’il n’y a pas de hiérarchie de valeurs, nous serions tentés de dire : « Jésus est UN chemin mais pas LE chemin ! Ce serait même prétentieux et gênant pour nous. Reprenons ces sept passages et demandons-nous : « Seigneur, ai-je vraiment confiance en ces sept affirmations que Tu me proposes ? »
- Contemplons cette vigne
Dans l’Ancien Testament, la vigne est le symbole du peuple choisi que Dieu avait déplacée d’Égypte en Terre promise. Dans certains passages, il est dit que cette vigne, Dieu en pris soin. Il y a mis un pressoir, une clôture, une tour de garde et des vignerons. Malheureusement, il y a eu des déceptions car ni la vigne ni les vignerons n’ont toujours été à la hauteur des attentes de Dieu, qui de guerre lasse a dit : « Je te laisse à ce que tu as envie de faire ». Il lui retira sa protection et laissa les bêtes sauvages y entrer et la saccager. A cause des mauvais vignerons, cette vigne ne produisit plus ce pour quoi elle avait été plantée, mais des fruits amers.
Si Jésus dit : « JE SUIS la vraie vigne », nous devons nous demander : « en quoi le Christ est ce plant chéri de Dieu qui produit de bons fruits ? Comment nous aussi pouvons-nous porter de beaux fruits qui plaisent à Dieu ? »
La réponse se trouve dans le verset : « Demeurez en Moi comme Je demeure en vous ». Il nous est peut-être arrivé de faire l’expérience de tuyaux bouchés par le calcaire et qu’il faut détartrer : vieille cafetières ou machines à laver. Dans notre santé, des artères peuvent être bouchée et il faut que les médecins nous posent un stent pour les élargir.
Qu’est-ce qui est bouché dans notre vie spirituelle ? Qu’est-ce qui aurait besoin d’être détartré ou mis sous le regard de Dieu pour que sa vie divine passe davantage là où nous avons du mal à pardonner, à dire la vérité, là où nous sommes trop dans la jalousie ou l’envie, là où la colère nous submerge, etc. ?
- Les fruits
Quand nous faisons une pâtisserie, nous ne prenons pas de pommes avariées ou des fraises en mauvais état pour faire la garniture d’un gâteau. Nous choisissons ce qui est le plus beau à voir et de préférence le plus sain. Avec la mode du Bio et du consommer sain, nous prenons ce qui nous procure le plus de bonnes choses. Cependant, sommes-nous des beaux et bons fruits, des fruits goûteux et savoureux qui font la joie de Dieu ?
En Galates 5, 22-23, l’apôtre Paul nous parle du fruit de l’Esprit saint : « amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, fidélité, douceur et maîtrise de soi. »
Demandons-nous si toutes ces choses sont suffisamment présentes dans notre vie ou si par moment nous nous contentons juste d’en avoir l’une ou l’autre. Nous avons à nous redire que Dieu se réjouit de voir un cœur qui lui est donné et qui développe de belles choses pas seulement à l’état de graine, mais de fruits.
Ces fruits, frères et sœurs, Dieu n’y est pas insensible. Dieu se réjouit de voir ses enfants cultiver leurs talents. De cette façon, ce que le Seigneur nous a donné sera goûteux et savoureux pour les autres.
Relisons notre semaine pour voir en quoi il y a des améliorations à faire. Ne nous contentons pas de choses médiocres. Demandons au Seigneur les grâces nécessaires pour que nous ne soyons pas seulement un sarment couvert de feuilles, mais des raisins qui fassent la joie des autres et de Dieu.