3e Dim de Pâques

3e Dim de Pâques

Frères et sœurs, quand vous assistez à un mariage, il est fort possible que le texte biblique qui revienne régulièrement dans le top 3 soit : L’hymne à la charité de st Paul (1ère Corinthiens 12, 31 -13, 8). C’est le passage où il est dit :

« L’amour prend patience ; l’amour rend service ; l’amour ne jalouse pas ; il ne se vante pas, ne se gonfle pas d’orgueil ; il ne fait rien d’inconvenant ; il ne cherche pas son intérêt ; il ne s’emporte pas ; (v. 5) il n’entretient pas de rancune ; il ne se réjouit pas de ce qui est injuste, mais il trouve sa joie dans ce qui est vrai ; il supporte tout, il fait confiance en tout, il espère tout, il endure tout. L’amour ne passera jamais ».

Avec les fiancés, je prends toujours le temps de leur demander quel est le verset qui est le plus difficile à vivre pour eux ? Parfois, pour l’un c’est : « l’amour ne jalouse pas », pour l’autre au contraire, ce sera : « l’amour n’entretient pas de rancune ». Cela me donne de parler avec eux du pardon, des petites vexations ou de nos bouderies…

Frères et sœurs, si vous êtes rancuniers ou rancunières, j’ai aujourd’hui, une BONNE NOUVELLE pour vous : DIEU N’EST PAS RANCUNIER ! C’est ce thème que je voudrais aborder avec vous ce matin en parcourant tour à tour les trois textes bibliques que l’Eglise nous propose : 

  1. La 1ère lecture évoque un extrait du 2e discours de Pierre à Jérusalem
  2. Le 1er discours ou la 1ère catéchèse avait été donnée le jour de la Pentecôte. Son fruit : 3000 conversions !
  3. Le 2e discours de Pierre fait suite à la guérison d’un infirme de naissance qui avait l’habitude de se tenir à la porte du Temple et qui par la prière de Pierre et de Jean, a été guéri. Pierre leur dit : « Vous avez tué le Prince de la vie, lui que Dieu a ressuscité d’entre les morts, nous en sommes témoins. Tout repose sur la foi dans le nom de Jésus Christ : c’est ce nom lui-même qui vient d’affermir cet homme que vous regardez et connaissez ; oui, la foi qui vient par Jésus l’a rétabli dans son intégrité physique, en votre présence à tous ». Mais Pierre les excuse de deux façons :
    1. « Vous avez agi dans l’ignorance ». Les évangiles nous montrent en effet que beaucoup de juifs qui étaient venus à Jérusalem pour le pèlerinage de la Pâque, s’étaient laissés entraîner par la contagion d’une fureur populaire orchestrée par les chefs des prêtres ! Beaucoup de gens croyaient que Jésus était un émeutier, condamné de façon juste et équitable. Ce n’est qu’en le voyant agoniser qu’ils réalisèrent que l’homme en croix qui expirait après avoir offert un pardon et remis sa vie à Dieu, ne pouvait être un coupable : « Tout le peuple qui était accouru à ce spectacle, raconte St Luc, voyant ce qui s’était passé, s’en retournait en se frappant la poitrine » (Luc 23, 48).
    1. L’ignorance et l’accomplissement du plan de salut de Dieu. C’est de cette façon que les prophéties se sont accomplies : le Messie devait endurer ces souffrances pour entrer dans sa gloire (cf. Lc 24, 26). Jésus expliquera aux disciples d’Emmaüs, en partant de Moïse et de tous les prophètes, ce qui le concernait dans toute l’Ecriture. A nouveau dans l’évangile de ce dimanche que nous venons d’entendre, Jésus dit aux Apôtres : « Il fallait que s’accomplisse tout ce qui a été écrit de Moi dans la loi de Moïse, les Prophètes et les Psaumes » (Luc 24, 45-47).
  4. La conséquence de cette attitude de Pierre et le fruit de cette 2e catéchèse : « Beaucoup de ceux qui avaient entendu la Parole devinrent croyants ; à ne compter que les hommes, il y en avait environ cinq mille ».
  5. Saint Jean dans la 2ème lecture nous dit que nous avons un Défenseur (1 Jean 2, 1)auprès de Dieu. Dans la Bible, l’Accusateur est un synonyme du diable (Apocalypse 12, 10). Dans sa miséricorde, Jésus ne dit pas : « Ce n’est pas grave », mais : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font », (Luc 23,34).

Aujourd’hui, le mot « Défenseur » évoque les sports (handball – basket) où on a le droit d’ouvrir ses mains comme Jésus sur la croix. Pensons au grand frère qui s’interpose dans la cour de récréation pour protéger son petit frère … C’est une image bien faible de ce que le Christ fait pour nous sauver.

  • Voyons maintenant la salutation de Jésus à ses Apôtres : « La paix soit avec vous ! » La présence du Christ dissipe toujours le trouble, la culpabilité et fait fondre le scrupule.

C’est aussi cela la grâce de Pâques : recevoir cette paix du Christ lui-même, en vivre et la transmettre. C’est exactement ce qui se passe au dernier verset de l’évangile de ce dimanche : « A vous d’en être les témoins ! » (Luc 24, 48).

Si nous ne voulons pas que Pâques soit une fête du passé, il nous revient de ne pas en rester à nos fautes du passé et de ne pas enfoncer les autres dans leurs fautes. Rappelons-nous que le Christ est notre Défenseur et qu’Il nous donne sa paix pour que nous la partagions. A nous d’en être les témoins !

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