5e Dim du TO B
Ce dimanche, je vous propose dans un premier temps de rester sur l’évangile de la guérison de la belle-mère de Pierre (Marc 1, 29-39) et de voir ensemble en quoi l’attitude de la famille de Pierre, puis de cette femme peut nous aider à ne pas passer à côté des occasions qui nous sont données pour faire le bien. Puis, dans un second temps, je voudrais aborder avec vous les dimensions de guérison et de consolation dont l’Eucharistie est la source.
L’intercession : Dimanche dernier nous avions laissé Jésus enseigner et libérer un homme possédé. Ces deux actions étaient des illustrations concrètes de la venue du royaume de Dieu et de l’appel à la conversion. Aujourd’hui, Jésus quitte la maison de Dieu, la synagogue et se rend dans la maison de Pierre. Dans cet habitat, la doyenne (c’est moi qui le suppose) est si malade, qu’elle ne peut pas se lever pour accueillir ce jeune rabbi. Mais il est dit qu’ON parla de la malade à Jésus et plus tard, qu’ON lui amenait tous ceux qui étaient atteints d’un mal Est-ce que ma prière contient, elle-aussi, des prénoms, des situations que je choisis de présenter au Seigneur ? Est-ce que j’ai suffisamment confiance en Lui pour Lui parler de situations même les plus insurmontables ? Jésus guérit cette femme âgée et grabataire et cette guérison est si soudaine et totale qu’elle n’a nul besoin de repos ou de convalescence !
« Elle les servait » : Quand Dieu permet qu’une vie dure encore grâce à une santé qui est retrouvée, c’est pour que cette vie soit employée pour le Royaume. Quand Dieu nous accorde quelques années supplémentaires à vivre, c’est pour que nous les mettions au service des autres et non pour avoir le nez rivé sur notre smartphone ou que nous prenions un abonnement à Netflix ou à BEIN Sport. Franciszek GAJOWNICZEK (15 novembre 1901 – 13 mars 1995), ce sergent de l’armée polonaise de 40 ans, qui a échappé au Bunker de la mort d’Auschwitz grâce à St Maximilien Kolbe (+ 14/08/1941) avait dit : « Aussi longtemps que j’aurai de l’air dans les poumons, je penserai qu’il est de mon devoir de parler aux gens de l’acte d’amour héroïque accompli par Maximilien Kolbe. » Vivre pour servir et témoigner !
L’Eucharistie sacrement de guérison : Face au récit de l’évangile et au grand nombre de malades guéris par Jésus, nous pouvons être tentés d’être nostalgiques du passé et de ne pas croire que Dieu peut encore nous visiter et nous guérir. Pourtant à chaque messe nous prions : « Seigneur, je ne suis pas digne de te recevoir ; mais dis seulement une parole et je serai guéri ».
Quand nous communions à la messe en recevant l’hostie consacrée, il se passe quelque chose d’identique à ce que la belle-mère de Pierre et les nombreux malades ont vécu au contact de Jésus. Dieu vient à notre rencontre sur le plan spirituel et corporel. Sur le plan spirituel, Il visite notre âme, Il éclaire notre intelligence afin de la centrer sur la vérité. Il vient aussi orienter notre liberté vers le Bien suprême. Il purifie notre mémoire de tous les souvenirs négatifs, de toutes les images impures, blessées et blessantes qui restent en nous. Il vient apaiser notre imagination.
Le père Nicolas BUTTET, fondateur de la communauté EUCHARISTEIN où l’adoration eucharistique tient une très grande place, raconte qu’un jour ils ont accueilli une toxicomane de 15 ans qui était absolument invivable, sans cesse au bord de la crise de nerfs, ne supportant pas les autres et ne se supportant pas elle-même. Partout où elle était passée, elle avait été en échec et avait été renvoyée. Ne sachant plus quoi faire, le père Nicolas lui conseilla de se rendre à la chapelle et de se décharger sur Jésus, là au moins, elle ne casserait rien et elle pourrait hurler autant qu’elle voulait. Comme le lieu était insonorisé, elle ne gênerait personne.
Un après-midi, la jeune fille au bord de l’explosion alla devant le Saint-Sacrement et lança un défi à Jésus : « Tu as une heure pour me montrer que tu existes. Sois, tu existes et tu fais quelque chose, soit je n’ai pas de réponse et je me suis suicide. Peut-être si tu existes on se retrouvera de l’autre côté, mais moi je ne supporte plus la vie comme ça ! » Elle se mit à genoux une heure montre en main devant l’Ostensoir et au bout de 60 mn, elle se leva en disant à Jésus : « Tu ne m’as rien dit ! On se verra de l’autre côté si tu existes ». Au moment où elle allait partir, elle sentit son cœur brûler d’une telle intensité, qu’elle s’effondra, tellement ça la brûlait de l’intérieur. Elle devint croyante avec cette expérience du Christ qui vint la sauver. Elle fit le chemin de St Jacques, passa son bac, puis décrocha un Master en sciences po.
L’Eucharistie, sacrement de la consolation : La guérison physique est toujours signe d’une autre réalité spirituelle. Le miracle de la guérison dans le corps est là pour nous montrer ce qui se passe invisiblement mais réellement au fond du cœur. L’Eucharistie est une thérapie qui nous donne la certitude que nous sommes faits pour la vie. Mais certains se diront, pourquoi tant de malades qui assistent à Lourdes à la procession eucharistique ne sont pas guéris ! Leur vend-on du rêve ? Pourquoi reviennent-ils quelques années plus tard. Voici une discussion entre Thérèse de Lisieux et sa sœur Mère Agnès qui avait fait célébrer une messe pour elle, car elle était très souffrante :
- « Merci pour la messe » dit Thérèse à sa sœur
- « Vous n’en êtes pas soulagée ? » lui demanda Mère Agnès
- « C’est pour mon soulagement que vous avez fait dire une messe ? » répondit Thérèse
- « C’est pour votre bien » lui dit Mère Agnès
- « Mon bien, c’est sans doute de souffrir. Quelle grâce d’avoir la foi ! Si je n’avais pas eu la foi, je me serais donné la mort sans hésiter un seul instant ».
C’est par la grâce de l’Eucharistie que Thérèse tenait au milieu de tant de souffrances. Elle savait bien que c’est dans la foi et par la grâce de Dieu qu’elle pouvait supporter tant d’épreuves.