Baptême du Seigneur du TO B

Baptême du Seigneur du TO B

Nous concluons ce dimanche le temps de Noël. Je voudrais ce dimanche rappeler les trois grandes fêtes que nous avons vécues ces derniers jours et montrer le lien qu’il y a entre elles. Ces trois fêtes peuvent se nommer des épiphanies, c’est-à-dire des manifestations.

1ere épiphanie à Noël : Jésus manifesté aux bergers, aux plus pauvres parmi les pauvres par un ange. Aujourd’hui, c’est comme si l’ange apparaissait aux gitans de Leval, aux migrants, aux sdf qui logent le long du chemin de fer à Mulhouse.

2eme épiphanie : la fête que nous appelons de ce même nom : Jésus manifesté aux mages par une étoile. Ces trois hommes représentent les savants, les chercheurs de Dieu, les non-juifs, les autres croyants, les païens, …

3eme épiphanie : lamanifestation de la Trinité elle-même. Sur le haut de la photo présentée sur l’écran, on voit : les mains du Père qui désignent le Fils, envoie l’Esprit Saint et l’évangile nous parle d’une voix : « Tu es mon Fils bien-aimé ; en Toi, Je trouve ma joie. » L’Esprit Saint est donc manifesté sous l’apparence d’une colombe (rappel de celle apportant le rameau d’olivier à Noé à la fin du déluge) ; Jésus, pleinement homme est révélé comme le Fils de Dieu.

Posons-nous la question : Jésus avait-il besoin d’être baptisé ? La réponse est NON. Il est le Fils de Dieu, pur de tout péché. Alors, pourquoi le Christ, l’Innocent, est-il allé au Jourdain pour se faire baptiser ?

Deux mots peuvent résumer sa démarche : HUMILITE et SOLIDARITE

Jésus est humble et il montre sa solidarité avec tous les coupables qui venaient à Jean pour demander le baptême de repentance. Jésus ne nous rejettera jamais. C’est ce que les foules ressentiront, c’est aussi pour cela que les bien-pensants et les autorités religieuses le critiqueront autant.

Par son baptême, Jésus prend sur Lui tous nos péchés

Jésus prend sur ses épaules le fardeau de la culpabilité de l’humanité tout entière. Il commence sa mission en se mettant à la place des pécheurs, dans la perspective de la croix. C’est par cet acte d’abaissement que Jésus a voulu se conformer totalement au plan d’amour de Dieu le Père.

En entrant dans les eaux du Jourdain, Jésus les a sanctifiées pour toujours. La mode dans nos maisons est celle d’utiliser des filtres et des purificateurs tant pour l’air que pour l’eau. Jésus est baptisé non pour être sanctifié par l’eau, mais pour sanctifier lui-même l’eau et pour purifier par sa pureté ces flots qu’il touche. Lorsque Jésus est lavé, c’est alors que l’eau est d’avance purifiée toute entière en vue de notre baptême. Le Christ a donc reçu le baptême par avance, pour que les peuples chrétiens prennent sa suite avec confiance. Avec lui,

  • Ce qui était sale, devient propre,
  • Ce qui était impur, devient pur,
  • Ce qui était indigne, devient digne
  • St Paul dira : « Là où le péché a abondé, la grâce a surabondé » (Romains 5, 20)

Rappelons-nous que l’eau du Jourdain utilisée pour les baptêmes, n’est jamais bénie par l’évêque, le prêtre ou le diacre qui baptise.

En demandant le baptême alors qu’il n’en a pas besoin, Jésus nous montre le chemin. Il est comme la nuée de feu qui fend le 1er la Mer Rouge et laisse passer le Peuple hébreu.

Dans l’Ancien Testament, lorsque le Peuple hébreu quitta l’Egypte, Dieu manifesta sa présence par une colonne de feu. Lorsque le peuple se retrouva coincé face à la Mer rouge, Moïse frappa les eaux avec son bâton, la colonne de feu passa la 1ère et ouvrit la marche. C’est alors seulement que les fils d’Israël suivirent ses traces avec courage. La colonne de feu a traversé les eaux en premier pour préparer la voie à ceux qui viendraient après elle.

St Maxime de Turin, explique que jadis, c’est Jésus qui a précédé les fils d’Israël à travers la Mer dans la colonne de feu. Maintenant, par le baptême, c’est Lui encore qui nous précède. A l’époque, Il a été cette lumière dans la nuit, maintenant Il offre sa lumière au cœur des croyants. Jadis, grâce à Lui, les Hébreux ont trouvé un chemin solide à travers les eaux, aujourd’hui, par le baptême, Jésus fortifie notre marche dans le bain de la foi.   

Qu’en est-il de notre propre baptême ?

A lumière de ce que nous venons d’expliquer, nous comprenons que le Baptême est plus qu’un lavement ou une purification. C’est plus qu’entrer dans une communauté. C’est une nouvelle naissance, un nouveau commencement de la vie. Dans le Baptême, nous nous donnons au Christ. Il nous assume en Lui, afin que nous ne vivions plus pour nous-mêmes, mais par Lui, avec Lui et en Lui. Dans le Baptême nous nous abandonnons, nous déposons notre vie entre ses mains, de sorte que l’on peut dire avec saint Paul : « Ce n’est plus moi qui vis, mais le Christ qui vit en moi » (Gal 2,20)

Le Baptême implique que notre vie appartient au Christ, non plus à nous. Mais c’est précisément pour cela que nous ne sommes pas seuls, même dans la mort, mais nous sommes avec Lui qui vit éternellement.

Le soir de Noël, je vous disais que le désir du prophète Isaïe : « Seigneur, si Tu déchirais les cieux et si tu descendais » (Is 63, 19) s’était réalisé à Bethléem. Lors du baptême de Jésus, cette prière se réactualise à nouveau. Après être resté très longtemps fermé et silencieux, le ciel s’ouvre à nouveau, l’Esprit de Dieu est de retour parmi le peuple et la parole du Seigneur retentit de nouveau.

Dans le Baptême c’est le mouvement de Noël qui se répète : Dieu descend encore, il entre en chacun de nous, il naît en nous afin que nous naissions en Dieu et le Christ devient le centre de toute la vie chrétienne.

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