Epiphanie année B
Les trois mages que la tradition nomme Melchior, Gaspard et Baltazar peuvent être assimilés à des prêtres païens, des astronomes ou des scientifiques. Grâce à leur savoir, ils ont observé la naissance d’une nouvelle étoile. Mais en conscience, ils ont voulu vérifier s’ils en avaient bien compris le sens. Pour en avoir le cœur net, ils se sont mis en route car au plus profond de leur cœur ce sont des chercheurs de Dieu.
Il n’est pas sûr qu’autour d’eux : collègues, épouse, gardes et serviteurs aient trouvé leur démarche très raisonnable. Aujourd’hui encore, lorsque quelqu’un cherche un sens à sa vie en faisant le Chemin de Compostelle, demande une disponibilité pour vivre une année sabbatique, beaucoup de gens autour d’eux leur disent que : « Dieu est mort et n’existe plus ». « A quoi bon perdre son temps, on n’a qu’une vie, autant en profiter au maximum et ne pas s’encombrer de questions auxquelles personne n’a de réponses ».
Or, l’exemple des mages et celui de nombreux témoins canonisés ou non, nous montre que lorsqu’on cherche Dieu, Il se laisse trouver ! Lorsqu’on se met en route, Il nous donne des signes, même par intermittence. Je voudrais donc voir avec vous quelles sont les médiations que Dieu a utilisées pour guider les mages jusqu’à Bethléem.
- Notons tout d’abord qu’ils sont trois : Il est rare que Dieu ne mette pas sur notre route un frère ou une sœur, parfois un conjoint qui va partager la même démarche que nous. C’est la grâce de la communauté, la fraternité, la famille biologique ou spirituelle ou tout simplement l’Eglise. C’est avec ces coéquipiers que l’on va trouver les signes.
- Cette quête prend sa source dans leur travail. Beaucoup de scientifiques ont trouvé Dieu dans la cohérence de la science : « ce n’est pas possible que ce soit le fruit du hasard ». Dieu peut se servir de ce qui nous passionne, de ce qui fait notre identité profonde : notre métier, un sport, la musique, un hobby pour susciter une curiosité qui vient du cœur profond.
- Cette quête n’est pas toujours linéaire : Bien souvent quand nous nous mettons en route pour quelque chose, quand nous faisons une recherche sur internet, nous nous égarons par distraction au point d’en oublier ce que nous cherchions au départ. Pour notre âme c’est pareil. Elle est faite pour Dieu, mais notre quête de sens rencontre par moment tellement de choses à consommer et nous en venons à oublier ce que nous étions venus chercher.
Par moment, nous nous trompons de chemin ou de personnes ressources. C’est ce qui arrive aux mages. La bonne nouvelle, c’est que malgré ces tâtonnements, Dieu va les guider jusqu’à son Fils.
- En perdant de vue l’étoile, ils se rendent de bonne foi à Jérusalem au palais du Roi Hérode qui n’est pas un ami de Dieu. Les historiens nous disent qu’il a fait tuer plusieurs de ses femmes et de ses fils. Dieu peut parler à travers un mécréant, car Hérode mettra les mages sur la piste des Docteurs de la Loi.
- Ces hommes religieux avaient malheureusement perdu de leur zèle spirituel, sinon ils auraient eux-aussi fait le déplacement à Bethléem. Dieu peut parler à travers des personnes qui ne sont croyants que de façade.
- MAIS c’est dans les livres des Ecritures que les scribes vont trouver ce qu’ils avaient oublié. St Augustin disait : « quand tu pries, c’est toi qui parles à Dieu, quand tu lis la Bible, c’est Dieu qui te parle ».
- Les mages vont susciter la curiosité, ils vont réveiller et déchainer tous les quotidiens et les réseaux sociaux de Jérusalem. Toute la capitale est en émoi et s’interroge : qui sont ces trois étrangers avec leur suite ? Nous sommes parfois nous aussi confronté à l’opinion publique du « tout Jérusalem ». Est-ce que ce qui fait vibrer l’opinion publique me freine, me fait reculer, renoncer ou me fait avancer, même si je suis à contre-courant ?
- Ils revoient cette étoile. Cette intermittence, ressemble à notre biorythme spirituel quand nous ressentons des consolations et des désolations.
- « Ils se réjouirent d’une très grande joie » : l’expression est assez unique. Leur joie était double, intense, décuplée. La joie profonde à l’intérieur de nous est le signe que Dieu est en train d’agir en nous.
Ils trouvent trois autres signes :
- Une famille : guidés par le St Et, ils reconnaissent que cette famille a quelque chose de particulier
- Un enfant : Dieu leur parle à travers la faiblesse, l’innocence, la vulnérabilité,
- Une relation à Dieu par la vie intérieure : « avertis en songe », ils sont en mesure d’écouter les motions intérieures de l’Esprit qui leur suggère de repartir par un autre chemin. Toute rencontre avec Dieu nous transforme. Ils font le choix de ne plus retourner chez Hérode le puissant pour continuer à vivre de l’intimité qu’ils ont partagé avec l’Humble enfant de la Crèche.
Voilà un panel non-exhaustif des signes dont Dieu peut se servir pour guider une âme vers la Vérité de sa personne. Rien ne lui est impossible. A nous de nous mettre en route. Il sera au rdv !