Nuit de Noël
Aujourd’hui frères et sœurs, j’ai fait deux choses qui m’ont semblé importantes:
- J’ai remercié Dieu de pouvoir célébrer la Fête de Noël avec vous parce que cela n’avait pas été possible à Pâques,
- J’ai écrit un tout petit mot que j’ai posté à l’adresse : 55 Rue du Faubourg Saint-Honoré, 75008 Paris. Je vous laisse deviner qui est le destinataire…. C’est le Pdt de la République. Ma petite carte était brève : je lui ai souhaité un prompt rétablissement et je l’ai remercié de nous permettre de fêter Noël en famille et de pouvoir aller à la messe en bénéficiant de l’exemption du couvre-feu.
Si je vous raconte ces deux anecdotes, c’est juste pour vous rappeler, que depuis que naviguons à vue entre confinement et déconfinement, avec un certain nombre de contraintes, il ne faut pas que nous oubliions la gratitude : dire merci !
La gratitude envers les aux autres : Je ne sais pas si nous irons vers un monde meilleur et si nous tirerons de grandes leçons du bouleversement que nous vivons depuis presque un an. Je n’attends pas de choses révolutionnaires de nos gouvernants. Je crois plus à nos petits gestes d’attention et de bienveillance du quotidien. L’erreur que nous faisons souvent c’est de ne pas apprécier ce que nous avons tout près de nous. Auparavant, nous croyions que le luxe était ce qui est rare, cher et inaccessible. Aujourd’hui, nous nous rendons compte que le luxe, c’est d’être dans un état de santé qui nous tienne loin des hôpitaux, c’est de pouvoir se promener dans la rue seul à n’importe quelle heure, c’est de respirer sans masque, c’est de se réunir avec la famille et les amis sans avoir de limite de nombre, c’est voir les regards et les sourires, c’est de pouvoir se manifester des gestes de tendresse (câlins et bisous). Tout cela c’était le luxe et nous ne le savions pas ! N’oublions donc pas de dire merci aux autres pour ce qu’ils sont et pour tous ces moments où nous nous sentons bien avec eux.
La gratitude envers Dieu : Pour certains d’entre vous, votre présence ce soir est le signe que vous avez fait le choix de donner une place à la prière, à vos convictions religieuses ou que vous ne souhaitiez pas oublier certaines traditions chrétiennes. D’autres sont peut-être là, un peu malgré eux. Vous avez accompagné votre famille, mais venir à l’église, ce n’est pas forcément votre tasse de thé. Merci d’être là.
Pourquoi dire merci à Dieu ?
Certains s’imaginent que Dieu est là-haut, dans le ciel, sur son trône, entourés d’anges qui lui donnent de temps en temps des nouvelles de ce qui se passe ici-bas : « Seigneur, tu sais, il y a ces trois gendarmes tués il y a 48 heures », « Il y a aussi ces milliers routiers coincés de part et d’autre de la Manche, etc… »
On pourrait s’imaginer que Dieu là-haut contemple notre pauvre monde en disant distraitement : « Archange St Michel, va donc leur dire un mot ! Moïse va donc les réconforter ! Vous les prophètes Isaïe et Jérémie soutenez ce pauvre peuple, mais maintenant passons aux choses sérieuses : mon repas va refroidir ». Un tel Dieu nous révolterait, car il ne s’intéresserait pas à nous et ne serait pas intéressant pour nous. Dans l’Ancien Testament cependant, dans le Livre d’Isaïe (64, 1) il y a un cri bouleversant. « Ah si tu déchirais les cieux et si tu descendais ». Impossible disent les athées et les philosophes, ou encore certaines religions ! Impossible ! Et pourtant ce cri est bel et bien là : « Seigneur, si tu déchirais les cieux et si tu descendais » !
Et bien frères et sœurs, Noël c’est ça ! C’est non seulement devenu possible, mais c’est en plus vrai et historique. L’évangile nous dit que cela s’est passé quand Auguste était Empereur et que Quirinus était gouverneur de Judée. C’est inscrit dans les annales de l’histoire. Jésus n’est donc pas un mythe. Il est réellement venu. Nous avons des documents, des témoignages des historiens de l’époque : Flavius Joseph, Tite Live, Suétone et d’autres.
Dieu s’est dit : « je ne peux plus envoyer des messages et des prophètes. Il faut que je vienne moi-même en personne : voilà je descends ». Peu importe mon rang et ma dignité. Ma place est avec ceux souffrent. Je serai avec eux jusqu’à la croix, jusqu’à la mort. Le Dieu chrétien est donc à l’extrême opposé de tous les autres dieux qui veulent garder leur dignité et leur grandeur. La dignité de notre Dieu, c’est d’aimer. C’est pour cela que nous disons que nous avons un Dieu amour ! Lorsque l’ange apparait aux bergers, il ne leur annonce pas qu’ils verront un géant aux pouvoirs surpuissants, comme les autocollants des héros de Marvel que vous avez reçus lors de vos achats de Noël au magasin Leclerc. L’ange dit simplement aux bergers que le signe sera : « Un enfant, nouveau-né enveloppé de lange et couché non dans un berceau mais dans une mangeoire ». Le signe de Noël, c’est le signe de la faiblesse, de l’impuissance et de l’amour. Si Noël n’existait pas, il faudrait l’inventer. Si de Jésus, vrai Dieu et vrai homme n’existait, il faudrait le créer et l’imaginer. Sa grandeur est dans la petitesse, sa force est dans la faiblesse. « Jésus, je crois en Toi, parce que Tu es venu chez nous dans la simplicité et non dans le faste, dans la douceur et non dans la force. Tu es si humble, que Tu permets que je puisse m’incliner devant pour T’adorer. Devant Toi, je n’ai pas peur. C’est pour cela, que je veux Te dire ma gratitude. Amen ».