4e dimanche de carême

4e dimanche de carême

Pour commencer, je vous propose de réfléchir ce matin sur les // que nous pouvons faire entre la 1ère lecture et l’évangile. Le roi Saül est tombé en disgrâce devant Dieu pour avoir désobéi gravement à deux reprises. Le prophète Samuel est envoyé par le Seigneur à Bethléem pour donner l’onction à un homme qui sera le nouveau roi. Samuel s’attend à ce que le nouvel élu de Dieu ait la même stature athlétique que Saül dont il est dit qu’il « était jeune et beau. Aucun fils d’Israël n’était plus beau que lui, et il dépassait tout le monde de plus d’une tête » (1 Sam 9, 2). Jugeant sur l’apparence, Samuel se dit que Dieu ne pourra choisir que parmi les ainés de Jessé. Or Dieu l’invite à convertir son regard et à voir les personnes comme Lui les voit, non au niveau de leur prestance, mais au niveau du cœur. A la différence des pharisiens dans l’évangile, la sagesse spirituelle de Samuel fait qu’il écoute le Seigneur lui parler au plus profond de son cœur, même lorsque cette dernière contredit son impression première. Les commentateurs bibliques se sont demandés pourquoi David n’avait pas été cherché et remplacé par un serviteur pour la surveillance des troupeaux à l’arrivée de Samuel ? Certains pensent que c’est parce qu’il était un enfant adultérin. C’est donc un mal aimé d’une famille et un aveugle de naissance, un handicapé, que Dieu choisit ce dimanche pour leur confier une mission particulière. 

Cela nous montre que la foi est une paire de lunettes, une grâce qui me permet de voir dans des événements ou des personnes la trace de Dieu. « Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu » (Mt 5, 8) nous dit Jésus dans les Béatitudes :

  • Pour les personnes qui choisissent le baptême, Jésus n’est plus seulement un personnage historique, mais le Fils de Dieu.
  • Cela nous montre que la foi ce n’est pas croire sans savoir, mais de reconnaître ce que je vois. Quand vous vous avancerez pour communier, et que vous direz « Amen » devant l’hostie consacrée, vous ne verrez plus seulement du pain azyme, mais le corps du Seigneur ressuscité.
  • Les saints dont vous portez le prénom, ne sont plus seulement des personnes qui avaient beaucoup de charisme par rapport à leur entourage, mais des personnes marquées par la grâce de Dieu,
  • Dans la lecture de la Parole de Dieu en trio, vous ne verrez pas juste une réunion sympathique, mais l’apprentissage que Dieu peut passer par un frère ou une sœur pour vous révéler une perle spirituelle qui va nourrir votre semaine.  

Mais vous comprenez que tout cela demande de notre part une coopération certaine et le refus des ténèbres. En effet, quand nous faisons le tour d’horizon des personnes qui entourent David et l’aveugle de naissance, nous pouvons classer leur entourage dans différentes catégories : les pragmatiques, ceux qui ont sur la réserve, les partagés, les indécis, les idéologues et les spirituels.

Dans l’évangile, l’attitude des voisins et des parents de l’aveugle rejoint ce que certains convertis vivent parfois douloureusement. Le retour à la foi ou la découverte de Jésus comme Fils de Dieu et Sauveur dérange. Elle peut provoquer de la gêne, une mise à l’écart voire de la haine. Comme st Jean le décrit, le parcours de foi de celui qui découvre Jésus est semé d’embuches, d’incompréhensions, de moqueries, de moments de grandes solitudes. Mais le plus important c’est que ce chemin nous affermisse et nous fasse grandir.

Au début, l’aveugle définit Jésus comme un « prophète » (Jn 9, 17). Il l’assimile à Elie ou à Elisée qui ont accompli des miracles pour manifester l’authenticité de leur vocation. Puis sa confession de foi devient plus précise. Il dit que cet « homme vient de Dieu » (Jn 9, 33). Enfin il donne à Jésus le titre de « Seigneur » et « se prosterne devant Lui ». Et c’est là que sa guérison devient complète et pleinement aboutie. Elle est totale : physique et spirituelle. En se prosternant devant Jésus, l’homme qui a été recréé par le mélange de boue et de salive nous montre que la foi commence par la reconnaissance que nous sommes devant plus grand que nous. Si nous ne sommes jamais capables de plier les genoux, ne serait-ce qu’en pensée, si nos articulations nous font mal, nos articulations se sclérosent et notre foi se rigidifie. 

Elle est totale : physique et spirituelle et elle reste une quête :

La quête spirituelle ne s’arrête pas, c’est la 1ère vertu de la foi. Elle se situe entre le dogmatisme et le scepticisme.

Le dogmatique en pose pas de questions, il a toutes les réponses.

Le sceptique ne pose pas de questions, car il pense qu’il n’y a pas de réponses.

L’homme spirituel reste en quête, il refuse d’enfermer Dieu dans sa compréhension et accepte de se laisser surprendre.

Dans quelle catégorie est-ce que je me situe ?

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