3e Dim Avent
En ce 3e dimanche de l’Avent, nous sommes confrontés à ce que l’on pourrait appeler le trouble de saint Jean Baptiste. Hérode l’a fait emprisonner et il va bientôt mourir. Lui et ses disciples se posent des questions sur la véritable identité de Jésus. C’est pour cette raison, qu’il envoie des émissaires avec cette demande : « Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ? »
En effet, toute la vie de Jean-Baptiste a été orientée vers une seule mission : préparer la venue du Messie. Dès le jour de sa circoncision, son père prophétise ce pour quoi il est destiné : « Toi petit enfant tu seras appelé prophète du Très Haut, tu marcheras devant, tu prépareras ses chemins… ». Et quand, à l’âge de 30 ans, Jésus arrive au bord du Jourdain, Jean-Baptiste le reconnaît et Le désigne à ses disciples : « C’est Lui, l’Agneau de Dieu, qui enlève les péchés du monde ».
Or, de sa prison, Jean-Baptiste entend ce qui lui est rapporté du ministère de Jésus : ses enseignements, sa douceur, sa miséricorde, sa patience, les actes qu’il pose envers les petits, les guérisons de femmes impures, ses discussions avec des officiers romains, ses repas avec des pécheurs notoires, tout cela ne correspond pas à l’image qu’il se faisait, lui, du Messie.
Jean-Baptiste nous donne donc un exemple à suivre. Au lieu de s’enfermer sur ses certitudes, il accepte de se laisser bousculer et il fait preuve d’une saine curiosité spirituelle. En foot, nous dirions qu’il applique la devise de l’Olympique de Marseille : « Droit au but ! ». Peut-être que toi qui es là dans cette église, cela t’est aussi arrivé de douter à certains moments de ta vie. Si c’est le cas, plutôt que de tourner en rond, prends le plus court chemin, va à Jésus, lis sa vie dans les évangiles ou visionne-la, imprègne-toi de ses paroles et imite ses actes. En faisant questionner Jésus par ceux-là même qui partagent ses propres interrogations, Jean-Baptiste manifeste qu’il n’a jamais perdu confiance en Lui, mais qu’il n’a pas toutes les lumières.
Si tu es marié ou en couple, peut-être as-tu fait confiance à un conjoint et après quelques années tu te rends compte que cette personne souffrait d’un trouble dépressif, bipolaire. Te serais-tu trompé ? Ou alors ton conjoint t’a menti ou passe du temps sur des sites qui te provoquent des hauts le cœur. Te serais-tu trompé ? Ou encore, la personne qui partage ta vie a fait une dépense importante sans t’en parler ? Te serais-tu trompé ?
Parfois cela peut arriver au sein même de l’Eglise, tu découvres quelques années plus tard que le prêtre avec lequel tu as travaillé a mené une double vie ou a été manipulateur et tu n’as rien vu ! Et tu te dis : « Ne me suis-je pas illusionné ? » « N’a-t-on pas profité de mon travail et de mon désir de rendre service pour me rouler dans la farine ? »
La liste des déceptions, des désillusions est parfois longue, elle peut toucher ta profession : on t’avait promis une place et c’est quelqu’un d’autre qui l’a reçue. C’est une douche froide. La confiance est trahie.
Que fait Jésus ? Il ne critique pas l’apparent manque de foi de Jean-Baptiste et de ses envoyés, mais il leur montre qu’il accomplit la parole du prophète Isaïe : « Il fortifie leurs mains défaillantes, il affermit leurs genoux qui fléchissent ». Il les invite à constater la réalisation de ce que le prophète Isaïe avait annoncés 7 siècles plus tôt : « Les yeux des aveugles se dessilleront, les oreilles des sourds s’ouvriront, le boiteux bondira comme un cerf, et la bouche du muet criera de joie ».
Autour de nous, nous constatons beaucoup de mains défaillantes, lasses de donner et beaucoup de genoux qui fléchissent. Ce sont des signes de lassitude et de relâchement général de la piété. Dans un couple, une équipe de travail ou une paroisse, la détresse ou le découragement sont des fardeaux capables de faire baisser les bras de nombreuses personnes, d’affaiblir leur état d’âme, de chercher des solutions douteuses dans la voyance et l’ésotérisme qui éloignent de la communion de Dieu et qui sont des poisons spirituels pour l’âme. Notre devoir de croyant est d’être attentifs aux signes avant-coureurs. En effet, dans la course à pied, il n’y a pas que les jambes qui sont sollicitées ; l’action des bras est tout aussi importante parce qu’elle sert à coordonner le mouvement du corps avec le rythme des pas. Or, les bras qui faiblissent sont le premier signe de fatigue d’un coureur. Le second signe est la foulée qui ralentit à cause des genoux qui sont de plus en plus lourds à soulever.
Pour les personnes sincères chez lesquelles la conscience parle encore, il y a un remède à ce mal redoutable qui doit être appliqué sans retard. Comme nous le conseille le prophète Isaïe : « faites à vos pieds des sentiers droits », c’est-à-dire, ôtez de votre chemin, les pierres et tout ce qui serait pour vous occasion de chutes. Peut-être Jésus nous invite-il à l’imiter en ramenant avec douceur sur le bon chemin quelqu’un qui s’est éloigné de Lui et à lui proposer les sacrements de guérison de l’Eglise : le sacrement des malades et la réconciliation.
Terminons par une prière :
Jésus, veille sur mes mains et mes genoux ! Que dans mon cœur, la prière et l’intercession ne perdent ni leur fraîcheur ni leur continuité. Que ma serviabilité et ma marche restent toujours sous Ta bénédiction. Ainsi, je pourrai vivre, marcher et prier au milieu des circonstances présentes, sans être affaibli ou affecté. Jésus, bien des fois je rencontre des personnes en difficulté auxquelles tu m’invites à remonter le moral. Alors Seigneur, si aujourd’hui j’ai les jambes qui tremblent, aide-moi à plier les genoux devant Toi afin de faire appel à Toi pour cette épreuve à passer. Ma foi sera ainsi affermie et je reprendrai des forces pour me relever et affronter le doute que l’ennemi m’insuffle. Jésus, ma confiance et fa foi sont en Toi.