27e Dim TO C
Je ne sais pas si vous suivez l’actualité diocésaine. Depuis un mois maintenant, L’Alsace, les DNA, La Croix, Médiapart ainsi le site « Tribune chrétienne » se sont faits l’écho de problèmes liés à Mgr Gilles Reithinger et au chanoine Hubert Schmitt qui ont poussé ce dernier à présenter sa démission. Toutefois l’affaire ne s’est pas calmée car des prêtres ont également réagi par deux fois dans une lettre anonyme. Hier, deux confrères ont choisi de sortir de l’anonymat en publiant une lettre dans laquelle ils exposent leurs points de vue sur la situation du diocèse et leurs reproches. Vous en saurez plus en lisant les différents articles sur les sites des médias que je viens de mentionner. Ce dimanche, je voudrais donc vous proposer très modestement quelques pistes de réflexion à partir des textes bibliques que nous venons d’entendre (Ha 1, 2-3 ; 2, 2-4 ; 2 Tm 1, 6-8.13-14 ; Lc 17, 5-10).
Le thème dominant que nous pourrions dégager de ces différents passages est celui de la FOI. Or il se trouve que dans le CREDO, nous n’affirmons pas seulement croire en Dieu : Père, Fils et St-Et, nous affirmons également croire en la sainte Eglise catholique (Une et apostolique). Par rapport à certains serpents de mer qui réapparaissent tous les deux-trois ans, nous pourrions crier comme les apôtres : « Seigneur, augmente en nous la foi ! », la foi en cette Eglise qui nous semble si imparfaite.
Pour bien comprendre le contexte dans lequel les apôtres font cette demande à Jésus, regardons ensemble ce qui précède aux v. 1 à 5 du ch. 17. « Jésus disait à ses disciples : « Il est inévitable que surviennent des scandales, des occasions de chute ; mais malheureux celui par qui cela arrive ! Il vaut mieux qu’on lui attache au cou une meule en pierre et qu’on le précipite à la mer, plutôt qu’il ne soit une occasion de chute pour un seul des petits que voilà. Prenez garde à vous-mêmes ! » Puis Jésus parle du pardon à accorder à notre frère qui viendrait à pécher 7x par jour et qui reviendrait vers nous. C’est dans ce contexte que les Apôtres disent à Jésus : « Augmente en nous la foi ! » (Lc 17, 1- 6)
Jésus nous enseigne donc que tant que nous sommes sur terre, les causes de chute existent. Dans l’Eglise, ces scandales se caractérisent par les abus de toutes sortes, la double vie d’un prêtre, son goût pour l’argent, l’alcool, la pédopornographie, ou son départ du ministère, etc. Jésus nous prévient donc : « Il est inévitable que surviennent des scandales ». Mais le pire c’est lorsque celui qui chute, devient une occasion de chuter pour les autres, offense la réputation de l’Eglise et le Nom de Dieu.
C’est pour cette raison que Jésus dit : « Prenez garde à vous-mêmes ! » (Lc 17, 3). Cette recommandation s’adresse particulièrement à ceux qui ont des responsabilités dans l’Eglise. Dans la 1ère lettre qu’il adresse à son disciple Timothée (4, 12-16), Paul lui recommande également « de veiller sur lui-même et sur son enseignement, d’être pour les croyants un modèle par sa parole, sa conduite, sa charité, sa foi et sa pureté », « applique-toi, lui dit-il, afin que tous voient tes progrès ». Dans la 2e lecture de ce jour, nous entendons les encouragements de Paul envers son disciple à délaisser tout esprit de peur, mais à cultiver « l’esprit de force, d’amour et de pondération ».
Que faire cependant face aux scandales, quand ceux-ci surviennent et qu’ils semblent si massifs qu’ils en ressemblent à un sycomore qu’on ne peut déraciner ? Comme le prophète Habacuc dans la 1ère lecture, nous devons implorer Dieu pour qu’il intervienne et rétablisse la justice et la paix que les hommes ont rompu par la violence et les querelles. Dans sa réponse, Dieu souligne l’importance de la foi, parce que c’est par sa foi, que l’homme vivra (cf. Ha 2, 4). Dieu invite également à ne jamais perdre l’espérance.
Hier, nous fêtions St François d’Assise à qui Jésus avait dit dans la chapelle St-Damien : « François, va et répare mon église/ Eglise ». Vous vous souvenez que François avait pris cette phrase au 1er degré en rénovant trois bâtiments. Ce n’est que plus tard, qu’il comprit que c’était l’Eglise corps du Christ qu’il devait restaurer, non pas de l’extérieur, mais de l’intérieur. Par l’exemple des saints nous comprenons que Dieu change l’Eglise et le monde en changeant nos cœurs, et cela Il ne peut le faire sans nous. Lundi dernier, nous avons célébré les sts archanges, dont St Michel, gardien et protecteur de l’Eglise, mercredi ce fut Ste Thérèse de l’Enfant Jésus, puis jeudi nos saints anges gardiens. Demain ce sera St Bruno fondateur des Chartreux, mardi Notre-Dame du rosaire, ensuite Ste Thérèse d’Avila et tant d’autres jusqu’à arriver à la Toussaint. C’est cette Eglise-là que nous devons regarder, sans oublier celle que nous formons avec la pauvre pâte humaine qui est la nôtre. Face à certains membres de l’Eglise qui peuvent nous décevoir, essayons de faire de notre mieux. Vous savez que les tapis sont tissés en entrecroisant un fil dans la largeur (la trame) et un autre dans la longueur (la chaine). N’oublions pas de tisser notre vie en entrecroisant patiemment la trame de la foi et la chaîne du service. En prenant cet exemple, le Pape François notait que lorsque la foi se noue avec le service, elle devient puissante, elle fait des merveilles le cœur se maintient ouvert et jeune, et il se dilate en faisant le bien. Enfin, n’oublions pas la recommandation de Jésus qui nous rappelle que certains démons ne se chassent que par la prière et le jeûne.