25e Dim TO C

25e Dim TO C

« Ne laisse pas les autres fausser la balance de ton jugement » (cf Amos 8, 5)

  1. La prière est le métier du chrétien

« J’encourage, avant tout, à faire des demandes, des prières, des intercessions et des actions de grâce pour tous les hommes, pour les chefs d’État et tous ceux qui exercent l’autorité, afin que nous puissions mener notre vie dans la tranquillité et le calme » (1 Tim 2, 1-2). Ces 2 versets de la 2e lecture me font penser aux deux manifestations que notre pays vient de vivre ces derniers jours et à la récente démission du 1er ministre. Que l’on apprécie ou non ce qui se passe à l’Elysée, à Matignon ou au Palais Bourbon, je ne sais pas si spontanément, beaucoup de chrétiens pensent à prier pour notre chef d’Etat, son 1er ministre et le gouvernement en place. Pourtant, c’est ce que nous devrions faire, tout en ne négligeant pas notre devoir de citoyen. Le st curé d’Ars disait : « l’homme a une belle fonction, celle de prier et d’aimer. (…) Dieu dans sa bonté nous a permis de Lui parler. (…) Vous avez un petit cœur mais la prière l’élargit et le rend capable d’aimer Dieu. (…) La prière ne nous laisse jamais sans douceur ». Elle nous procure la paix et la confiance en Dieu par rapport à l’avenir incertain. Dans les sociétés démocratiques, où le droit de vote nous est accordé, nous devons exercer ce droit et prier pour nos dirigeants même si ceux qui ont été élus ne sont pas les candidats de notre choix. 

  • Les critiques du prophète Amos par rapport au Royaume de Samarie

Dans la 1ère lecture, il est question du prophète Amos. A son époque au VIII°s avant JC, la prospérité ne profitait pas à tous. Certains s’enrichissaient alors que d’autres s’appauvrissaient. Pour ne pas mourir de faim ou de froid, certains n’avaient plus d’autre solution que de se vendre comme esclaves : « Nous pourrons acheter le malheureux pour un peu d’argent, le pauvre pour une paire de sandales. »

En théorie, le pauvre pouvait demander justice, mais Amos dénonce la corruption des tribunaux parce que les riches payaient les juges : « On change le droit en poison, on jette à terre la justice » (Amos 5, 7). Le prophète dénonce aussi cette frénésie à faire du profit et à voir tout jour férié comme un manque à gagner. Dans le calendrier juif, chaque nouvelle lune était un jour fériée. Aucun travail, aucun déplacement, aucune activité commerciale n’étaient autorisés ; c’était par excellence le jour du repos et de la gratuité, exactement comme le sabbat (chaque samedi). Mais ce répit dans les affaires qui visait à tourner l’homme vers Dieu était une plaie pour les employeurs : « Quand donc la fête de la nouvelle lune sera-t-elle passée » – « Quand donc le sabbat sera-t-il fini »

En regardant l’état de la société actuelle, nous pourrions dire : « rien de neuf sous le soleil ! ». Le dernier livre de Philippe PASCOT : « Pilleurs d’Etat » nous donne l’impression d’une quasi impunité pour un certain nombre de gens. Parfois les lanceurs d’alerte qui résistent et dénoncent ce qu’ils jugent inadmissible, le paient durement par des intimidations, des menaces, des représailles. Ce sont des personnes qui comme le prophète Amos dans la 1ère lecture, refusent de « fausser les balances ».

  • « Ils faussent les balances » (Amos 8, 5).

La balance est à la fois un outil pour le commerce, la pesée ou le change de la monnaie, mais elle est aussi un des symboles de la justice (la déesse grecque Thémis a les yeux bandés en signe d’impartialité, la balance dans une main et le glaive dans l’autre). L’image de la balance faussée signifie à la fois le signe du mensonge, de la malhonnêteté, mais aussi absence de justice et de vérité. Avez-vous un jour réfléchi aux balances qui commencent à être faussées dans notre société ?

Au niveau des mots employés, il y a les termes « parent 1 et parent 2 » qui ont remplacé « père – mère ». Il y a 3 ans, le Conseil Consultatif National d’Ethique dans son rapport sur la question de la fin de vie a utilisé le même mot : « fraternité » pour qualifier à la fois l’aide active à mourir (euthanasie déguisée) et l’accompagnement par les soins palliatifs.

Le 20 juin dernier, le Collège national des gynécologues et obstétriciens de France a annoncé, dans un communiqué de presse, s’être « prononcé à l’unanimité pour la suppression de la clause de conscience spécifique à l’interruption volontaire de grossesse. »

Ce qui est difficile à comprendre c’est que ce qui n’était pas éthique hier devienne éthique aujourd’hui. Normalement, la dignité humaine et le respect qui est dû à l’être humain ne devraient pas changer au rythme des quinquennats. Comment en arrive-t-on à changer les mentalités, à fausser les balances ? En suivant 5 constantes : a) suivre l’exemple de pays étrangers, b) suivre l’opinion de certains sondages, c) mettre un cadre à des pratiques illégales existantes, d) « mourir plutôt que souffrir », e) trouver des personnages célèbres que les médias mettront en avant par rapport à leurs choix.

J’ai conscience que ce sont des sujets épineux qui peuvent concerner nos familles. Si Amos déplorait qu’à son époque les balances soient faussées, c’est qu’il y avait des gens qui ont permis qu’elles le soient ! Il y a des gens qui ne se sont pas insurgés ou qui n’ont pas réalisé qu’ils pouvaient en être victimes un jour. Il ne s’agit pas de juger les personnes, mais d’avoir le discernement nécessaire afin que les choses faussées ne passent pas par nous. Notre silence peut laisser croire que tout cela est bénin. « Après tout la Loi le permet, d’autres le font ! » Ce n’est pas parce que dans certains lieux la législation le permet que ce soit juste moralement. « Seigneur permet que chacun dans notre vie nous puissions nous tourner vers Toi pour te demander : donne-nous la grâce de faire en toute chose ce qui est juste. Amen ». 

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