18e Dim TO-C

18e Dim TO-C

« Que ta prière soit rayonnante et intercédante »

« Quand Jésus il eut terminé de prier, un de ses disciples lui demanda : « Seigneur, apprends-nous à prier ». Quand je lis ce verset de la Bible, je me dis que lorsque Jésus terminait son temps de prière, il devait rayonner quelqu’un chose de si beau que les disciples avaient envie d’en connaître le secret, d’où la demande de l’un d’entre eux : « Seigneur, apprends-nous à prier ». Cela m’interroge parfois ma façon dont des personnes peuvent me percevoir après la prière ou la messe : suis-je un peu différent après avoir prié ? Suis-je un peu plus rayonnant de l’amour de Dieu ? Suis-je plus enclin au pardon ? Mes conseils sont-ils davantage empreints de vie, de bonté, de bienveillance ? Que ce soit au sein de nos familles, dans le travail, le voisinage, la commune ou la paroisse, nous faisons tous l’expérience de personnes sèches, antipathiques ou par moment désagréables. Rappelons-nous que notre pardon peut marquer favorablement notre entourage : « quel est ton secret ? Comment es-tu arrivé à surmonter ce différent ? ». Sans que nous nous en rendions compte, par la prière, la sainteté de Dieu agit en nous. Lorsque nous disons « Père, que ton nom soit sanctifié, c’est-à-dire, rendu sacré », nous prions pour que le Nom de Dieu soit reconnu pour sacré et que les humains vivent de cette sainteté.

Dans la 1ère lecture, il est dit : « La clameur /les cris venus jusqu’à moi » (Gn 18, 21)

J’ai été marqué par ce verset. Il nous rappelle que Dieu voit et entend ce qui se passe sur terre. Parfois, nous concevons le mal en imaginant que Dieu ne voit rien. Or lorsque Caïn décide de tuer son frère Abel Le Seigneur l’interroge sur ce qui se passe dans son cœur : « Pourquoi es-tu irrité, pourquoi ce visage abattu ? Le péché est accroupi à ta porte. Il est à l’affût, mais tu dois le dominer. » (Gn 4, 6-7). Lorsque Caïn tue son frère Abel, Dieu lui dit « Caïn, la voix du sang de ton frère crie de la terre vers moi ! » (Gn 4, 10). Dans la Bible, le mot sang est au pluriel : les sangs de ton frère. Les commentaires disent qu’il s’agit de la vie d’Abel et de celle se tous ses descendants qui ne verront jamais le jour. 

Nous retrouvons un cri semblable qui monte de la terre vers le ciel lors de l’esclavage du peuple hébreu en Egypte : « Du fond de leur esclavage, les fils d’Israël gémirent et crièrent. Leur appel monta vers Dieu. Dieu entendit leur plainte ; Dieu se souvint de son alliance avec Abraham, Isaac et Jacob. Dieu regarda les fils d’Israël, et Dieu les reconnut » (Gn 2, 23-25).

Cela nous montre que du temps d’Abraham, la situation de la ville de Sodome était si grave, que les cris de tous ceux qui subissaient les injustices de Sodome montaient vers Dieu et étaient connus de Lui. Le jugement des méchants a toujours été la grande espérance des opprimés. Pensons à toutes les situations dans le monde où les petits, les faibles, les innocents crient vers le Très-Haut.

Dans le psaume 10,3 le psalmiste pose la question : « Quand sont ruinées les fondations, que peut faire le juste ? » Ce qui nous reste, c’est la prière pour la guerre à Gaza au Donbass, etc.

L’intercession d’Abraham : Abraham nous montre que le chemin de la prière nous fait entrer dans l’amitié avec Dieu. En effet, plus on prie Dieu, plus on devient son confident et plus Dieu nous révèle ce qui nous éloigne de Lui. St Jacques nous dit qu’Abraham « reçut le nom d’ami de Dieu. » (Jc 2, 23). Un ami est quelqu’un à qui on peut tout dire, que nous soyons d’accord ou non. C’est ainsi que Dieu révèle à Abraham le sort qui attend les villes de Sodome et Gomorrhe. Par la prière, Dieu nous donne des antennes spirituelles face au Mal.

La Bible nous présenta également un autre homme qui a entretenu une relation d’amitié avec Dieu : Moïse (Ex 33, 11). Il a en commun avec Abraham d’avoir prié pour faire revenir le Seigneur sur sa décision de détruire le peuple après l’épisode du veau d’or (Ex 32, 11-14). L’intercession de ces deux personnages tranchent avec celle de Noé qui, lorsque Dieu lui a annoncé qu’il allait détruire la terre, s’est dépêché de construire une arche pour être sauvé, lui et sa famille. Or si Noé avait été un grand juste, il aurait plaidé la cause des humains comme Abraham et Moïse (Ex 32, 11-14) l’ont fait pour les gens de leur époque. Et nous, qu’en est-il face nos ennemis, nos dirigeants ?

Si vous lisez la suite de l’histoire d’Abraham, vous verrez qu’il ne restait en Sodome que très peu de justes : Loth et ses filles et encore… Parmi nous, il y a des personnes qui sont revenues à la foi, qui ont été sauvées d’une certaine façon, qui ont découvert l’amour de Dieu, se sont repenties d’une vie d’égarements. Peut-être que notre retour à l’Eglise est lié à la prière d’un membre de notre famille ou d’un inconnu qui a intercédé pour nous auprès de Dieu. Pensons à Ste Monique qui a prié près de 18 ans pour la conversion de son mari et de son fils Augustin, à Ste Odile qui a prié pour son père Adalric et à tant d’autres personnes qui doivent leur retour à l’Eglise à l’intercession d’une religieuse cloîtrée à qui l’on a un jour remis un petit papier avec une situation et un prénom.

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