La création de l’homme et de la femme

La création de l’homme et de la femme

Introduction :

Tout le monde a entendu dire que dans la bible, le monde avait été créé en 7 jours, que le premier homme et la première femme s’appelaient Adam et Eve ; et qu’ils ont tous deux désobéi à Dieu, en mangeant le fruit défendu., fruit qui d’ailleurs, ne serait probablement pas une pomme mais peut-être une figue.

Plus sérieusement, dans le cadre de notre découverte de l’Ancien Testament nous nous proposons aujourd’hui d’essayer de comprendre les récits de création dans la Genèse, (puisqu’il y en a deux), et plus particulièrement, ce qui concerne la création de l’homme et de la femme.

Cela nous conduira à parcourir les 4 premiers chapitres du livre de la Genèse.

  • Le chapitre 1 qui a été rédigé par des prêtres au moment de l’Exil à Babylone (VIe siècle avant JC). Sous le choc de l’Exil, le peuple de Dieu s’intéresse aux  »origines » et se pose des questions sur son identité.  C’est ce poème bien connu de la création en sept jours, dans lequel Dieu crée par la parole.
  • Les chapitres 2 à 4, plus anciens, auraient été rédigés majoritairement au temps du roi Salomon, au Xe siècle. Ce second récit est en prose, fortement centré sur l’homme.

Au point de départ de cet exposé, rappelons-nous que ces textes, n’ont pas pour but de nous délivrer une vérité scientifique, mais une vérité sur Dieu, sur le monde et sur l’homme : la réponse au « pourquoi » de la vie. Sans oublier que ces récits inspirés, sont pour nous Parole de Dieu. Ce sont donc des textes importants car ils nous permettent de mieux comprendre les fondements de toute l’histoire humaine.

  1. Au commencement

Savez-vous quels sont les deux premiers mots de la Bible ? Au commencement…

Au commencement, Dieu, Lui, existe déjà. Il est de toute éternité. Et en Dieu, existent les trois personnes divines :

  • Le Père créateur, qui aime le Fils de toute éternité
  • Le Fils qui est Sa Parole, et qui avant de s’incarner un jour, est déjà en Dieu. Et il va prendre part lui aussi à la création
  • Le Saint Esprit qui plane sur les eaux, sans pour autant se mélanger aux éléments.

C’est bien le Dieu trinité qui crée, et il lui plaît de créer, par amour. Tout a son origine dans ce désir de créer. Et il crée « ex nihilo », c’est-à-dire à partir de rien.

Comparaison avec celui qui construit une maison.

Et Dieu va créer jour après jour, un monde où tout est beau et bon.  Il est très important de ne pas oublier cela. Au commencement, tout dans la création révèle la grandeur et la perfection de Dieu qui n’est qu’amour.

  • La création de l’homme et de la femme

La création de l’homme et de la femme est racontée une première fois dans le premier chapitre. Dans ce récit, Dieu commence par créer le firmament, la terre, la lumière, les oiseaux, les animaux marins, les végétaux …

Chaque jour en effet, nous lisons : « Dieu dit, que la lumière soit… « Qu’il y ait un firmament…  Que la terre produise l’herbe… Qu’il y ait des luminaires… Que les eaux foisonnent d’une profusion d’êtres vivants, etc… ». Et Dieu voit que cela est bon.

Mais au sixième jour, comme une maman prépare avec amour le berceau de son enfant qui va naître, quand tout est prêt pour l’accueillir, le sixième jour Dieu intervient de façon particulière en faisant quelque chose de différent : il crée l’homme. Pour la première fois, nous lisons : Dieu dit : « Faisons l’homme à notre image », comme s’il se recueillait avant, faisons …

La création de l’homme nécessite aux yeux de Dieu, quelque chose de plus, un soin tout particulier. Et le verset suivant nous dit : 1,27 : « Dieu créa l’homme à son image, à l’image de Dieu il le créa, il les créa homme et femme. »

Plusieurs choses sont importantes dans ce verset :

  • Le mot créa est employé trois fois. On sent, par la répétition, que quelque chose de grand est en train de se passer : Voilà enfin l’être capable de représenter l’auteur invisible de toute cette œuvre, de connaître sa pensée et de réaliser sa volonté !
  • à l’image de Dieu  : De toute la création, l’homme est le seul à être créé à la ressemblance de Dieu. Nous sommes créés pour ressembler à Dieu, c’est-à-dire pour refléter Sa vie, sa splendeur, Sa sainteté. L’homme est capable de connaître son créateur et d’entrer en relation avec son lui, de réfléchir, de raisonner, d’avoir des intuitions et de faire ses propres choix, ce qui le met à part du règne animal, au point que Dieu va lui confier la terre. (Genèse 1,28)
  • Il les créa homme et femme : l’auteur fait ici ressortir la distinction des sexes, tout en indiquant que la femme, elle aussi, est créée à l’image de Dieu aussi bien que l’homme ; c’est sans doute grâce à cette idée que la femme occupait en Israël une position beaucoup plus élevée que chez les peuples voisins. Dans toute la Bible, la mère est considérée comme devant être respectée par les enfants à l’égal du père.

Le deuxième récit de création au chapitre 2 précisera encore : 2,7 : « Alors le Seigneur Dieu modela l’homme avec la poussière tirée du sol ; il insuffla dans ses narines le souffle de vie, et l’homme devint un être vivant. »

  • « Modela » : suggère que Dieu ne crée pas seulement l’homme par sa parole, mais il va le façonner de ses mains, dans un geste d’amour créateur.
  • « Avec la poussière du sol » : si l’homme est créé à partir de la poussière, ce n’est pas s’importe quelle poussière, et il n’est pas que cela.

Depuis le début de ce commentaire, nous parlons de l’homme au sens générique du terme, en tant qu’espèce et non en tant qu’individu de sexe masculin. Mot dont l’hébreu, est adam.

De fait, dans la traduction liturgique comme dans la bible de Jérusalem, Adam n’a le caractère d’un nom propre qu’au chapitre cinq, dans une généalogie. L’origine, les racines du mot ADAM en hébreu, nous apprend plusieurs choses sur ce qu’est l’homme.

  • ADAMAH, c’est la terre en hébreu, et pas n’importe quelle terre, puisque ce serait la terre de Jérusalem, qui servait à faire des vases très précieux ;
  • DAM, signifie le sang, qui est le support nécessaire à la vie de l’homme.
  • DAM signifie aussi la ressemblance. L’homme est celui qui ressemble à son créateur. Nous découvrons ainsi en Adam-l’homme, un être de terre, de sang et de ressemblance.

Et Dieu « insuffla dans ses narines le souffle de vie » : C’est le souffle de Dieu qui rend l’homme vivant, ce qui le distingue des animaux (Genèse 1,26-27). L’homme a un esprit qui est immortel, comme celui de Dieu. Depuis la création de « l’espèce humaine », tous les hommes, toutes les femmes ont un esprit immortel, comme celui de Dieu. Dieu a créé un être semblable à lui, capable de réfléchir, de raisonner, d’avoir des intuitions et de faire ses propres choix ; et qui s’apparente à la fois aux anges par son esprit ; et qui par son corps, fait partie du monde matériel.

« L’aspect le plus sublime de la dignité humaine consiste en sa vocation à la communion avec Dieu » (Vatican II)

Si bien qu’à la fin, au verset 1,31, nous lisons : « Et Dieu vit tout ce qu’il avait fait ; et voici : cela était très bon ». Pas seulement « bon » comme nous le lisons au terme de chaque jour, mais « très bon ».

Et Dieu confie à l’homme de prendre soin de la vie sous toutes ses formes, mais aussi de la faire croître et porter du fruit. « Dieu les bénit et leur dit : « Soyez féconds et multipliez-vous, remplissez la terre et soumettez-la. » (Gn 1,28)

Et Dieu établit l’homme, maître de la création. « Le Seigneur Dieu prit l’homme et le conduisit dans le jardin d’Éden pour qu’il le travaille et le garde. » (Gn 2,15)

Pour qu’il le travaille : l’homme est appelé au travail, car le travail est la condition de tout développement et Dieu veut pour l’homme le progrès. Mais ce travail ne devait rien avoir de servile ou pénible ; c’était celui du jardinier au milieu de ses plantations.

Pour qu’il le garde. On a parfois pensé que cela signifiait se préserver des bêtes féroces ; mais il s’agissait en fait de garder le jardin contre un ennemi d’une toute autre nature, qui chercherait à s’en rendre maître et qui ne va pas tarder à apparaître.

  • Il n’est pas bon que l’homme soit seul

Créé à l’image de Dieu, l’homme est un être en relation, créé en vue d’une communion.

« Il faut que je lui fasse une aide qui lui soit assortie » (Gn 2,18), se dit Dieu. Ce mot « aide », en hébreu c’est un mot très particulier : il ne s’agit pas de croire que la femme ait été créée pour apporter les pantoufles à l’homme, pour être sa servante.

L’hébreu signifie une aide qui soit son vis-à-vis, son égale. Il y a là l’affirmation massive de l’égalité de l’homme et de la femme. Une affirmation que les deux sont faits pour être vis-à-vis, ensemble pour se regarder.

Nous ne retrouvons ce mot hébreu que pour désigner Dieu, lorsqu’il se présente comme Sauveur. Cela situe la femme à côté de l’homme, pour être celle qui le sauve, celle qui est envoyée de la part de Dieu pour sauver l’homme et qu’il se réalise pleinement.

De façon surprenante, nous lisons alors aux versets suivants : « Avec de la terre, le Seigneur Dieu modela toutes les bêtes des champs et tous les oiseaux du ciel, et il les amena vers l’homme pour voir quels noms il leur donnerait. C’étaient des êtres vivants, et l’homme donna un nom à chacun. L’homme donna donc leurs noms à tous les animaux, aux oiseaux du ciel et à toutes les bêtes des champs. Mais il ne trouva aucune aide qui lui corresponde. » (Gn 2,19-20)

Dieu sait très bien que ce n’est pas l’animal qui mettra fin à la solitude de l’humain, car il y a trop de différence avec lui. Mais en faisant passer les animaux devant l’homme, le but du créateur était d’éveiller en lui le sentiment de son isolement, afin que l’aide qui allait lui être accordée, soit l’objet de son désir.

La création de la femme avait été indiquée en Genèse 1.7 par une expression sommaire. Elle est racontée maintenant dans tous ses détails et placée au moment précis où elle a eu lieu.

(Gn 2,21) « Alors le Seigneur Dieu fit tomber sur lui un sommeil mystérieux, et l’homme s’endormit. Le Seigneur Dieu prit une de ses côtes, puis il referma la chair à sa place ».

Nous assistons ici à une opération chirurgicale tout à fait particulière. Dieu fait tomber une torpeur sur l’homme.

Ce mot torpeur dans la Bible ne veut pas dire sommeil mais que c’est Dieu qui agit, et Dieu seul. L’homme n’intervient pas.

Nous retrouverons ce mot chez Abraham qui s’endort, ou au Thabor où les disciples s’endorment quand Dieu se manifeste. Même chose à Gethsémani. Jésus entre seul dans sa Passion.

L’homme n’intervient pas dans la création de la femme. C’est Dieu qui crée. Il ouvre le côté de l’homme. Le côté est, en hébreu, ce qu’il y a de plus intime dans l’individu. Il prend quelque chose de cette intimité de l’homme, et le referme. Et il façonne une femme qu’il conduit à l’homme qui la regarde.

« Dieu a fait la femme à partir de son côté pour qu’elle soit son égale, sous son bras pour qu’il la protège, près de son cœur pour qu’il la chérisse » (Thomas d’Aquin)

St Augustin de son côté, comprenait que l’homme est la solidité de la femme (elle vient de son os) ;

Et là, il prend la parole pour la première fois. Cela nous montre que l’homme n’est vraiment homme qu’a ce moment-là.

Il dit : « C’est la chair de ma chair », c’est un cri d’amour. Il s’émerveille de la femme, comme s’il voulait dire : « Cette fois, un autre moi-même ! » Il y a là un élan de surprise et de joie.

C’est pourquoi, l’homme quittera son père et sa mère et il s’attachera à sa femme. Le mot Hébreu est même « coller ». » L’apparition de la sexualité (ils deviendront une seule chair) est encadrée par deux affirmations : l’homme quittera son père et sa mère, et ils étaient tous les deux nus.

Pour l’homme comme pour la femme, la seule voie pour vivre à la ressemblance de Dieu et donc s’accomplir pleinement, c’est l’engagement de tout l’être dans l’accueil de l’autre et l’offrande de soi. Ils doivent pour cela s’attacher l’un à l’autre pour devenir une seule chair. Et c’est en étant capable de donner la vie qu’ils seront vraiment à l’image de Dieu. C’est bien Dieu qui a présenté la femme à l’homme.

  • Le péché entre dans le monde

L’homme et la femme vivent heureux, en communion avec Dieu qui leur a insufflé sa vie divine. Rien ne leur manque. Mais cette amitié et tous les privilèges qui en découlaient, dépendaient de leur obéissance à la loi donnée par Dieu :

Dieu est amour et il désire être aimé, notre cœur à son tour est fait pour aimer Dieu et se donner à Lui, pour notre bonheur ; mais nous pouvons aussi nous refuser à Lui et nous détacher de Lui, pour notre malheur. Car l’amour ne s’impose pas. Il faut que l’homme choisisse de vivre en union avec Dieu et donc, fasse ses preuves envers Lui, librement.

C’est pourquoi « Le Seigneur Dieu donna à l’homme cet ordre : « Tu peux manger les fruits de tous les arbres du jardin ; mais l’arbre de la connaissance du bien et du mal, tu n’en mangeras pas ; car, le jour où tu en mangeras, tu mourras. » (Gn 2,17)

C’est ainsi que le créateur établit une limite à l’homme, en posant cet interdit : l’arbre de la connaissance du bien et du mal. Cet interdit est donné assez vite dans le récit, avant même la création d’Eve, quand l’homme est seul.

Certes, nous pourrions dire que Dieu a pris un risque : celui que l’homme refuse cet amour et dise « moi d’abord ». Et c’est ce qui arrive…

La suite, nous la connaissons, au chapitre 3 nous voyons comment l’homme et la femme désobéissent et mangent le fruit de l’arbre interdit par Dieu (verset 6).

Nous avons tout d’abord un dialogue entre la femme et le démon qui se présente sous la forme du serpent.  C’est certainement sa première erreur, on ne discute pas avec Satan. Il sait très bien comment s’y prendre avec la femme et de façon très habile :

  • Il introduit le doute dans sa tête : « Dieu a-t-il réellement dit : vous ne mangerez pas de tous les arbres du jardin » ?
  • Il affirme ensuite le contraire de la parole de Dieu et abuse la femme par un mensonge : « Vous ne mourrez pas certainement » Fallait-il croire Dieu, ou Satan ?
  • Il sème l’orgueil en elle : « Vous serez comme Dieu ! »

Voilà Le travail de Satan qui cherche à détruire le bonheur que Dieu avait donné à l’homme et à rompre leur relation heureuse. Et Eve se laisse séduire, ne montre qu’insatisfaction et ingratitude envers son Créateur. Elle mange du fruit de l’arbre et en donne à son mari qui, sans se poser aucune question, en mange lui aussi (Gn 3, 6).

Ainsi, le premier acte de l’homme et de la femme est de désobéir. Ils tombent dans la transgression dès la première attaque de l’Ennemi, en ayant conscience de leur acte.  La rupture avec Dieu est consommée !

  • Les conséquences de la chute

Il nous faut comprendre qu’en désobéissant, ils n’ont pas simplement désobéi à une parole de Dieu. Ce qui est grave, c’est que leur désobéissance révèle chez eux, le désir d’être comme Dieu, de devenir le maître du bon et du mauvais. Derrière la symbolique de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, se cache le désir orgueilleux pour l’homme de s’approprier sa destinée et de devenir « comme des dieux ». Ils ont rejeté Dieu qui leur avait tant donné, la relation est rompue. Le péché est entré dans le monde.

Ce désir d’être Dieu – de dominer les gens et les choses – est au fond de chacun, même si ce n’est pas toujours conscient.

Hélas, contrairement à ce qu’a dit le serpent, Dieu n’avait pas menti, ils ne deviennent pas des dieux, mais ils découvrent au contraire leur nudité, c’est-à-dire leur fragilité ! « Alors leurs yeux à tous deux s’ouvrirent et ils se rendirent compte qu’ils étaient nus. » (Gn 3,7)

Ils se cachent l’un devant l’autre, car ils n’acceptent plus cette fragilité. Fini le paradis, ils connaissent la honte, la peur et les voilà en train de s’accuser et de rejeter la faute sur l’autre. Ils ont peur de Dieu et cherchent à se cacher de Lui.

« Le Seigneur Dieu appela l’homme et lui dit : « Où es-tu donc ? » Il répondit : « J’ai entendu ta voix dans le jardin, j’ai pris peur parce que je suis nu, et je me suis caché. » (Gn 3,8-9)

C’est ainsi qu’Adam avoue sa faute. Et lorsque Dieu lui demande : « Qui donc t’a dit que tu étais nu ? Aurais-tu mangé de l’arbre dont je t’avais interdit de manger ? » L’homme répond : « La femme que tu m’as donnée, c’est elle qui m’a donné du fruit de l’arbre, et j’en ai mangé. » Finalement, il accuse Dieu. Eve quant à elle accuse le serpent. Avec le péché, chacun se ment à lui-même, ce n’est pas sa faute, c’est la faute de l’autre.

Mais Dieu n’est pas dupe de ce sauve-qui-peut général. Il rend à chacun selon ses torts. 

  • Pour le serpent : « tu seras maudit parmi tous les animaux et toutes les bêtes des champs. Tu ramperas sur le ventre et tu mangeras de la poussière tous les jours de ta vie. Je mettrai une hostilité entre toi et la femme, entre ta descendance et sa descendance : celle-ci te meurtrira la tête, et toi, tu lui meurtriras le talon. »
  • Pour Eve : « Je multiplierai la peine de tes grossesses ; c’est dans la peine que tu enfanteras des fils. Ton désir te portera vers ton mari, et celui-ci dominera sur toi. »
  • Pour Adam : C’est dans la peine que tu en tireras ta nourriture, tous les jours de ta vie.

Par la suite du péché originel, la nature humaine, sans être entièrement corrompue, est blessée dans ses forces naturelles, soumise à l’ignorance, à la souffrance, au pouvoir de la mort ; elle est inclinée au péché.

Cela a des répercussions au niveau relationnel, le péché originel provoque aussi des ruptures douloureuses avec Dieu, avec soi-même (difficulté de s’accepter pécheur) ; avec les autres, comme on peut le voir dans le meurtre d’Abel tué par son frère Caïn. Enfin, l’homme vivra une relation désordonnée avec toute la Création matérielle.

Mais Dieu n’abandonne pas l’homme pour autant. Dieu ne va avoir de cesse de rechercher l’homme pour faire alliance avec lui. C’est l’extraordinaire aventure que nous allons découvrir tout au long de la Bible.

Et Dieu annonce d’une façon mystérieuse – (cf. Gn 3,15) – que le mal sera vaincu et que l’homme sera relevé de la chute. C’est la première annonce du Messie rédempteur. C’est pourquoi on ira jusqu’à qualifier la chute d’heureuse faute (felix culpa), car « elle a mérité un si grand Rédempteur » (Liturgie de la Veillée pascale).

« Si, par la faute d’un seul, la multitude est morte, combien plus la grâce de Dieu et le don conféré par la grâce d’un seul homme, Jésus-Christ, se sont-ils répandus à profusion sur la multitude » (Rm 5,14).

« Par leur désobéissance, Adam et Ève ont perdu immédiatement, pour eux et pour toute leur descendance, la grâce de la sainteté et de la justice originelles. Le péché originel, avec lequel naissent tous les hommes, est l’état de privation de sainteté et de justice originelle. (…) C’est une condition de naissance et non un acte personnel. » (CEC abrégé 75-76)

Le terme de péché originel a été créé par saint Augustin, probablement en 397, pour désigner l’état de péché dans lequel se trouve tout homme du fait de son origine à partir d’une race pécheresse


Conclusion

La fin du texte parle aussi de leurs enfants et en nomme trois : Abel, Caïn et Seth, Adam s’unit encore à sa femme, et elle mit au monde un fils. Elle lui donna le nom de Seth (ce qui veut dire : accordé), car elle dit : « Dieu m’a accordé une nouvelle descendance à la place d’Abel, tué par Caïn. »

Il est dit qu’Adam engendra d’autres fils et filles.  Adam vécut en tout 930 ans.  (Gn 5,5). Luc fait remonter la lignée de Jésus à cet homme (Luc 3,38).

Selon la légende, Adam fut enterré sur le Golgotha, sous le lieu de la future crucifixion. C’est la raison pour laquelle souvent, dans les représentations de la Crucifixion au Moyen-Âge et à la Renaissance, un crâne est visible au pied de la croix.

Dans la chapelle consacrée à Adam, il est possible de voir un rocher fissuré verticalement derrière une plaque en verre. Il rappelle le moment où le sang de Jésus s’est répandu après le coup de lance du centurion Longinus, en fissurant le rocher sous la croix (Mt 27, 51). Selon la légende, le sang du Christ mouilla aussi la tête d’Adam et lava les péchés des hommes.

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