16e DIM TO

16e DIM TO

La semaine dernière, nous avions entendu l’envoi en mission des disciples, deux par deux. Ce dimanche, nous les voyons revenir enthousiastes et heureux car la mission a été riche et bénie : dans certains lieux, les maisons et les cœurs se sont ouverts. Par la prière, l’imposition des mains et les onctions d’huile, ils ont été témoins de miracles, et des démons ont été chassés. Des choses extraordinaires se sont déroulées sous leurs yeux, si bien que chaque binôme a plein de choses à raconter. Dans l’évangile de st Luc, Jésus confirmera même l’avancée du Royaume de Dieu : « Je voyais Satan tomber du ciel, comme un éclair ».

Que pourrions-nous retenir de ce passage pour cet été ?

1.Jésus se réjouit de la réussite des disciples. Est-ce toujours notre cas ? Ce n’est pas si sûr. Notre psychologie est parfois compliquée : il peut nous arriver que la joie des autres nous fasse de l’ombre. Les congés d’été sont parfois l’occasion de retrouver des personnes éloignées géographiquement qui nous partagent la réalisation de leurs projets, la réussite scolaire ou professionnelle de leurs enfants, une retraite heureuse et épanouie, etc. Ne soyons pas des tueurs d’enthousiasmes, intéressons-nous à ce qui est dit, encourageons ce qui est bien. Comme Jésus, confirmons les signes de Dieu, s’il nous est donné de le faire. 

2.Puis Jésus leur dit : « Venez à l’écart ». Ici l’expression grecque serait : « Venez vous-mêmes vous mettre à l’écart ». Jésus insiste, il impose aux disciples de prendre la décision par eux-mêmes, de se mettre à l’écart. En agissant ainsi, Il répond à ce qu’ont dit les disciples quand ils lui ont raconté qu’ils n’avaient pas ménagé leurs efforts, que ça fusait de partout et que c’était un moment de réveil spirituel et de bénédictions extraordinaires. C’était tellement excitant que les disciples ont donné tout ce qu’ils pouvaient. Alors pourquoi se mettre à l’écart ? Si on regarde le texte, on s’aperçoit qu’en voyant la foule les suivre sur leur camp de base, les disciples continuaient sur le même mode de fonctionnement. Fin du v. 31 : « De fait, ceux qui arrivaient et ceux qui partaient étaient nombreux, et l’on n’avait même pas le temps de manger ». Il y avait tellement à faire que les disciples avaient fait le choix de travailler non-stop. Mais Jésus leur dit : « Il faut que de vous-mêmes, vous vous arrêtiez ».

3.« Alors, ils partirent en barque pour un endroit désert, à l’écart ». C’est ce que Jésus leur avait demandé : « Venez à l’écart dans un endroit désert, et reposez-vous un peu. » Ici, le mot désert « érémos », ne désigne pas un lieu aride, de sable, mais il désigne un état de solitude avec personne autour.

Les disciples avaient besoin d’un temps seul à seul avec Jésus. Un temps particulier d’actions ou de bénédictions ne justifie pas que nous n’ayons pas de temps à passer avec notre Maître. C’est vrai pour les nous prêtres, mais c’est tout aussi vrai pour vous qui êtes en couples ou qui vous donnez pour la paroisse tout au long de l’année. Tous, nous avons besoin d’un temps seul à seul avec Jésus. Dans les Actes des Apôtres (8), nous avons l’exemple du diacre Philippe. Il est témoin en Samarie d’un réveil spirituel extraordinaire avec plein de miracles et pourtant Dieu lui demande d’aller sur un chemin désert. Et Philippe y va ! Il y passe un certain temps jusqu’à ce qu’arrive un ministre éthiopien. Cet homme se laisse enseigner et demande le baptême. Dans sa tête, Philippe s’est probablement demandé : « Seigneur, qu’est-ce que je fais là alors que tous les autres disciples sont surchargés dans le témoignage et les enseignements et moi je suis là tout seul ! » Mais Dieu en le faisant passer par ce temps seul à seul, le préparait pour sa rencontre avec l’Ethiopien. Puis Dieu l’a renvoyé ailleurs. Si nous nous voulons être au service de Dieu au maximum, il nous faut accepter de prendre du temps, seul à seul avec Jésus. C’est indispensable.

4.En voyant ces foules qui les ont devancés, Jésus est pris de compassion pour ces brebis sans berger. Il souffre devant ces foules sans Dieu. Il voit bien que dans leur cœur, ça part dans tous les sens. Est-ce que je réalise que ne pas avoir Dieu comme berger est une misère pour l’humanité ? Ex de jeunes personnes qui enchainent les conquêtes amoureuses, qui ne sont ni comblées, ni stables, etc.

Ne pas avoir de berger, c’est être seul pour mener son existence et comprendre sa propre vie. C’est être exposé à la dispersion de son être, de son cœur, de son âme, de ses forces, c’est être exposé au découragement, au désespoir, au non-sens. Jésus a pitié du désespoir des gens qui ne savent pas où donner de la tête. Alors Il les enseigne. Nous ne savons pas ce qu’il leur a dit. Marc l’a juste résumé en écrivant : « Jésus proclamait l’Évangile de Dieu. Il disait : le temps est accompli et le règne de Dieu s’est approché ; changez de vie et croyez à l’Évangile » (1,14-15). L’enseignement de Jésus consiste à mettre en relation notre temps et le temps de Dieu, notre existence et la vie de Dieu, notre intelligence et la compréhension de Dieu, nos projets de vie et le projet de Dieu, nos mauvaises nouvelles et la Bonne Nouvelle de Dieu. Mais comme la journée touche à sa fin, les disciples font remarque à Jésus qu’il va y avoir un problème. Il y a beaucoup de monde, il est tard, ils n’ont pas mangé, ce lieu est désert, il n’y a personne autour, il faudrait que les gens puissent regagner les villages autour pour aller manger et dormir. Suite dimanche prochain.

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