12e dim TO B

12e dim TO B

Si un jour vous avez la curiosité de regarder sur une carte, vous constaterez que le lac de Galilée est situé 200 m en-dessous du niveau de la mer et qu’il est entouré de hautes collines. Il arrive donc par moment, que par le biais de vents descendants tombant dans la mer, il y ait des tempêtes soudaines et très violentes. Les disciples, qui étaient des pêcheurs, savaient qu’une telle menace planait sur eux.

« Le soir venu, Jésus dit à ses disciples : « Passons sur l’autre rive. »

Dans la Bible, la nuit est un temps ambivalent, on y trouve à la fois l’épreuve et la révélation. L’épreuve, c’est que dans nos ténèbres, nos repères sont complètement chamboulés, un moindre bruit nous fait peur et parfois nous expérimentons l’absence de Dieu. Mais la nuit c’est aussi le moment où Dieu se révèle : c’est de nuit que Dieu conclut une alliance avec Abraham, c’est de nuit que Jacob a lutté avec l’ange et qu’il a reçu son nouveau nom qui est Israël, c’est de nuit que la Thora a été donné à Moïse. Les disciples vont donc à la fois connaître l’épreuve de la tempête, mais aussi avoir accès à une nouvelle révélation sur Jésus.

Rappelons que le soir était tombé et que les disciples pouvaient prétendre à un repos bien mérité compte tenu de la fatigue accumulée. Mais Jésus les invite à aller encore ailleurs. La 1ère de ces révélations, c’est qu’à chaque saison de ta vie Jésus t’invitera toujours à sortir de ta zone de confort et de ton canapé parce qu’il veut faire des choses nouvelles en toi et à travers toi. Si tu fais le choix de rester avec Lui, tu ne seras donc jamais statique, mais toujours en mouvement.

Foi ou frayeur dans nos vies :

La question n’est pas de savoir si des tempêtes vont venir, mais comment vais-je les traverser ? Les évangiles nous parlent de plusieurs tempêtes (Mc 4 et Mt 14). Dans la 1ère tempête, la réponse des disciples est : « Maître, nous sommes perdus ; cela ne te fait rien ? » « Maître, est-ce que tu t’occupes de nous, nous as-tu oubliés ? » Dans nos propres tempêtes intérieures, familiales, professionnelles, il peut aussi y avoir des accusations et des doutes sur la nature de Dieu. Or Dieu est entièrement amour, fidélité, compassion, bonté, miséricorde, et cela de façon immuable et éternelle.

« Pourquoi êtes-vous si craintifs ? N’avez-vous pas encore la foi ? »

C’est dans l’épreuve que ma foi ou mon manque de foi est révélé. Quand la connaissance de Dieu est basse dans nos vies, on est toujours rempli de doutes, de remises en question avec une accusation. Si nous voulons que notre foi grandisse il faut nous appliquer à connaître Dieu, sa parole, ses promesses, son caractère. Plus je connais Dieu, plus je serai calme dans les tempêtes. Je dois choisir ce que je vais nourrir : ma foi ou mes frayeurs, ma connaissance de Dieu ou ma colère, l’apaisement ou le reproche envers les autres, la reconnaissance envers Dieu ou le blâme.

Dans la 2e tempête en Mt 14, les circonstances sont différentes, mais il y a un progrès dans la foi car les disciples se prosternèrent devant Jésus et lui dirent : « tu es le véritablement le Fils de Dieu ». Cela nous montre que les adorations les plus authentiques sont lorsque nous sommes au cœur d’une tempête : « Seigneur, Tu es fidèle, Tu es digne de confiance, Tu es mon Berger … »

Où que je sois, je peux donc choisir : soit être dans l’accusation, soit être dans la maturité et dans la tempête, je nourris ma connaissance de Dieu. Je choisis d’ouvrir mon cœur, de nourrir ma foi pour que mes tempêtes ne se terminent pas avec des points d’interrogations sur sa nature.    

Jésus n’a pas promis de nous épargner les difficultés, mais il nous a promis la force pour les surmonter, si nous la lui demandons. Ste Catherine de Sienne demandait un jour à Jésus dans sa prière : « Où étiez-vous Seigneur, quand mon cœur était tourmenté par tant de turpitudes ? » Et Jésus lui répondit : « Catherine, j’étais dans ton cœur ».  

Oui Jésus est dans notre cœur, et ce depuis notre baptême, et sa présence, nous l’avons souvent ressentie lors de notre 1ère communion ou après, lors de certaines prières exaucées. Mais dans bien des cas, Jésus sommeille en nous, c’est à dire que nous L’oublions dans nos tempêtes intérieures, dans nos choix de vie, lorsque nous avons besoin d’un conseil, quand nous sommes blessés et que la colère nous submerge.

St Augustin a ce beau conseil : « Réveille-Le donc, souviens-toi de Lui et alors le Christ en toi s’éveillera. Regarde-Le. Que voulais-tu ? Te venger ? Tu oublies qu’Il avait dit Lui-même lorsqu’Il fut en croix : Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font. Celui qui dort dans ton cœur n’a pas voulu se venger. Réveille-Le, pense à Lui. Son souvenir, c’est Sa parole, ses commandements ».    

Pour garder Jésus réveillé en nous, il s’agit simplement de prier, de lire sa vie dans la Bible, de nous imprégner de ses paroles et d’en vivre, d’essayer de faire toutes choses en Sa présence et nous verrons les événements et les personnes avec un regard différent.

Dans ces circonstances, nous comprenons mieux le sens du reproche du Jésus : « Pourquoi êtes-vous si craintifs ? N’avez-vous pas encore la foi ? » Si j’ai confiance en Jésus vivant en moi, présent dans la petite barque de ma vie, de mon cœur, je ne crains rien, je serai capable de dire avec le psalmiste : « Le Seigneur est mon berger, si je traverse les ravins de la mort, je ne crains aucun mal ».

Dieu prend soin de nous, Il se soucie de nous et de quelle manière ! Une anecdote citée fréquemment parle d’un homme qui fit un rêve. Il voyait deux rangées de pas imprimés sur le sable du désert et comprenait que l’une correspondait à ses propres pieds et l’autre à ceux de Jésus qui marchait près de lui. A un moment donné, la deuxième rangée de pas disparaît et il comprend que cela correspond précisément à un moment difficile de sa vie. Il se plaint auprès du Christ qui l’a laissé seul au moment de l’épreuve. « Mais j’étais avec toi ! » répond Jésus. « Mais comment pouvais-tu être avec moi si les traces de tes pas n’apparaissent pas sur le sable ? ». « Les traces sont celles de mes pas à moi, répond Jésus. A ce moment-là je t’avais pris sur mes épaules ! ».


Souvenons-nous de cette histoire lorsque nous sommes nous aussi tentés de nous plaindre auprès du Seigneur parce qu’Il nous laisse seuls.

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