4e dim Pâques
1.Contexte : L’histoire qui précède la parabole du Bon Berger est celle de l’aveugle de naissance au chapitre 9 qui retrouve la vue grâce à Jésus. Les autorités juives, que Jésus assimile aux mauvais bergers, avaient fini par exclure cet homme du Temple de Jérusalem au motif que Jésus l’avait guéri un jour de sabbat jour où on ne guérit pas. Jésus l’avait alors accueilli dans le troupeau de ses disciples faisant de cet homme une nouvelle brebis.
2.Les trois niveaux de lecture possible de la figure du bon berger :
- Le contexte immédiat des années 27/28, quand Jésus s’en prend aux Pharisiens.
- Le soubassement prophétique avec Ezéchiel en particulier 34, 10-11 : « Ainsi parle le Seigneur Dieu : Me voici contre les bergers. Je m’occuperai de mon troupeau à leur place, je les empêcherai de le faire paître, et ainsi ils ne seront plus mes bergers ; j’arracherai mes brebis de leur bouche et elles ne seront plus leur proie. Car ainsi parle le Seigneur Dieu : Voici que moi-même, je m’occuperai de mes brebis, et je veillerai sur elles ».
- Le contexte qui est celui de Jean, quand il écrit, dans les années 90, alors que la communauté doit faire face à l’arrivée massive de convertis issus du paganisme.
3.Les différents « JE SUIS » de Jésus qui éclairent la figure du Bon Pasteur. Pour comprendre toute la signification de l’image du Bon Berger en Jean 10, nous devons la mettre en lien avec les autres « Je suis » de Jésus. Le Bon Pasteur est aussi :
- « Moi, JE SUIS LA LUMIERE DU MONDE. Celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, il aura la lumière de la vie. » (Jn 8,12)
- « Moi, JE SUIS LA RESURRECTION ET LA VIE. Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra. » (Jn 11,25)
- « Moi, JE SUIS LE CHEMIN, LA VERITE ET LA VIE ; personne ne va vers le Père sans passer par moi. » (Jn 14,6)
Ces trois affirmations sont comme d’autres pièces d’un puzzle qui complètent et enrichissent ce que Jésus nous dit lorsqu’il affirme : « moi je suis le bon pasteur ». Non seulement Il accomplit en Lui tout ce qui est dit du pasteur ou du berger dans l’AT, mais Il dépasse même tout ce qui avait été avancé à propos de Dieu qui est notre berger.
4.Actualisation :
a) La figure de l’Evêque : Vous savez que dans le langage courant, le mot « pasteur » est le terme générique pour désigner les responsables d’Eglise en général. C’est encore plus courant chez nos frères et sœurs protestants ou évangéliques. Un organiste appelait la pasteure de l’église de Masevaux : « pasteur Anne » comme certains diraient « curé Frédéric » ou « abbé Joseph ». C’est à la fois beau, mais exigeant. Car ceux qui veulent être pasteurs, doivent contempler Jésus pasteur et se rappeler qu’il n’y en a qu’un seul, c’est Jésus qu’il nous faut imiter. Cet après-midi, notre diocèse accueille son nouveau Pasteur en la personne de Mgr Delannoy. Dans le prochain bulletin il y aura un article sur les signes distinctifs d’un évêque : la calotte, l’anneau épiscopal, la croix pectorale, la mitre et la crosse. Traditionnellement, on représente Jésus muni d’une houlette. Ce bâton avait à la partie supérieure une pelle et de l’autre un crochet. Le crochet servait à attraper la patte des brebis qui avaient tendance à s’écarter. Aujourd’hui encore, nos évêques ont une crosse qui rappelle cette houlette. Quand la partie courbée est orientée vers l’extérieur, il est dans son diocèse, il veille sur ses brebis. Si elle est tournée dans l’autre sens, c’est qu’il n’est pas dans son diocèse, ce n’est donc pas lui qui en est le pasteur.
b) La petite charge pastorale commune : dans les groupes de prière dit charismatiques comme celui de Cernay par exemple, le responsable est appelé berger ou bergère. Hier matin, j’ai célébré les funérailles de M. Guy Richard qui a été pendant 31 ans le maire de la commune de Wegscheid. L’église de Masevaux était pleine. Près de 600 personnes étaient venues rendre hommage à celui qui avait été en quelque sorte le berger de ce petit village. Mais de par ses nombreuses fonctions, son rayonnement s’était étendu bien au-delà de la vallée et même sur le plan national. Vous aussi vous avez d’une certaine manière charge de pasteur, de berger, de bergère chez vous à la maison, au travail, sur le plan associatif, paroissial, communal, en commençant par votre famille. Il est important que nous en prenions conscience et que nous prions les uns pour les autres.
– Le bon berger rassemble : as-tu le désir de rassembler, de créer l’unité ? Où n’es-tu que dans la division, la critique stérile, le reproche au point que tu déteins sur certains ou que d’autres comme tes enfants ou tes petits-enfants te fuient ?
– Le bon berger nourrit : pas seulement avec une bonne table, même si cela commence par-là. Tes paroles sont-elles nourrissantes, tes lectures, tes occupations nourrissent-elles ton âme, tes propos, ton cœur ? Donnent-elles sens à ceux qui t’écoutent. Es-tu capable d’élever le débat ou de l’apaiser ?
Le bon berger fait reposer : es-tu quelqu’un qui apaise ou es-tu angoissé au point d’être angoissant. Par rapport à l’avenir, si tes enfants ou tes petits-enfants te parlent du projet d’un bébé à naitre, quelle sera ta réaction ? Es-tu davantage du côté de la sinistrose ou du côté de la vie.
Que la confiance en Jésus le Bon Berger te permette de communiquer la confiance que tu as en Lui pour que d’autres Le découvre dans leur vie.