1er Dim Carême – B
(Mc 1,12-15)
Frères et sœurs, j’espère que vous êtes heureux d’être entrés en carême mercredi dernier. C’est le temps béni qui nous est donné chaque année pour ressembler davantage au Christ et augmenter la jour du Père céleste. Comme tous les 1ers dimanches de carême nous réécoutons le récit des tentations de Jésus avec la particularité qu’a st Marc de ne pas les détailler comme l’ont fait Luc et Matthieu.
Voici que l’Esprit Saint pousse Jésus au désert. Certaines traductions disent : « Aussitôt, l’Esprit LE CHASSE au désert ». Cela signifie que Jésus n’y va pas tranquillement. Il y a une même une certaine violence dans le verbe grec qui est employé. Dis-toi, toi aussi, que l’Esprit Saint ne veut pas te ménager une route paisible vers Pâques, mais Il veut te donner les moyens d’être vainqueur de toutes les tentations que tu vas rencontrer.
Voilà Jésus au désert, non pour y prendre du bon temps, mais pour se recentrer sur sa mission. Le désert c’est le lieu où toi et moi nous sommes obligés de nous alléger : là où les accessoires deviennent futiles, là où il faut faire le tri entre l’important et l’urgent, le précieux et l’accessoire. Parfois le désert n’est pas très loin, c’est la chambre d’hôpital où ton horizon se limite aux murs et au plafond blanc, cette c’est période de dépression ou de burn-out que tu traverses, c’est la période de maladie de tes parents ou de ton conjoint où tu es obligé de revoir ce qui est prioritaire. C’est ton F2 ou F3 dans lequel tu es maintenant suite à ton divorce alors qu’auparavant tu avais une belle maison à la campagne. Il y a quelques mois, j’ai été demandé par une détenue pour un entretien pastoral suite au passage au désert qu’a été son incarcération. Tous, nous pouvons du jour au lendemain être transférés brutalement dans un nouvel environnement, terrifiant, hostile avec différents types de privations.
Ce temps du désert à une durée, le fameux chiffre 40 : Symboliquement le chiffre 40, que ce soit 40 jours ou 40 ans, c’est la durée de l’épreuve, c’est le chiffre du renouvellement intérieur, de la maturation, l’apprentissage de la liberté. C’est le temps du combat spirituel. Moise passa 40 jours dans la nuée du Sinaï (Ex 24,18) et prophète Elie marcha 40 jours pour atteindre l’Horeb afin de rencontrer Dieu (1R19,8). 40 semaines, c’est le temps que nous avons tous passé dans le ventre de notre mère. Jésus nous invite à le suivre dans ces 40 jours au désert. Le désert, c’est le lieu où Dieu parle.
Le désert : lieu de la tentation
En hébreu, le mot hébreu tentation signifie étendard, drapeau, point de repère. Ceux qui sont tentés et qui sortent victorieux de la tentation sont des points de repère autour d’eux. A travers la tentation, Dieu nous propose de devenir des modèles. La tentation n’est pas un mal, au contraire. C’est un bien. Dans la vie des saints, nous voyons que ce sont les tentations qui leur ont permis de se convertir, de grandir dans la foi. Je pense à saint Antoine ou saint Philippe Néri qui disait : « Seigneur, méfie-toi de Philippe, parce que je peux chuter ». La tentation fait partie de notre vie. Jésus lui-même a été tenté. Quelles sont les principales tentations auxquelles Jésus a dû faire face ?
- La première est le découragement : « ça ne vaut pas la peine » de donner sa vie pour l’homme ! Dans le Film de Mel Gibson : « Passion du Christ » Jésus est ainsi tenté par le diable de ne pas donner sa vie pour les hommes. Pour montrer sa vive désapprobation, Jésus qui est à genoux, se relève soudainement et piétine la tête du serpent qui se faufile entre ses jambes.
- La deuxième tentation à laquelle Jésus est confronté c’est celle de la toute-puissance. Nous aimons les miracles, nous aimerions en faire. C’est la tentation que Jésus connaîtra tout au long de son ministère et de manière encore plus forte sur la croix : « Si tu es le roi des Juifs, sauve-toi toi-même ! » (Luc 23, 37). Mais Jésus ne donnera pas prise à ces suggestions.
Que représentent les bêtes sauvages ?
Psaume 21, 13-14 : « Des fauves nombreux me cernent, des taureaux de Basan m’encerclent. Des lions qui déchirent et rugissent ouvrent leur gueule contre moi » ou le mardi soir à Complies : « Soyez forts, le diable comme un lion rugissant, rôde, cherchant qui dévorer » (1 P 5, 8-9a). Les bêtes sauvages représentent les tentations, les personnes qui nous veulent du mal et celles avec lesquelles nous sommes en difficultés. Après sa victoire sur les tentations, Jésus était en paix avec les bêtes sauvages. Toi aussi, tu es vainqueur des bêtes sauvages qui t’entourent quand tu suis Jésus. Ce n’est pas pour rien que de nombreux saints sont représentés avec des bêtes sauvages. Cela signifie qu’ils ont été tentés, mais dans la tentation, ils ont eu la victoire. Tout est à sa place avec Jésus, les bêtes sont soumises, et les anges le servent.
Les anges : « Il vivait parmi les bêtes sauvages, et les anges le servaient ». La victoire est remportée, Jésus se retrouve en communion avec les puissances du ciel, les anges qui l’assistent et le servent. Mais comme Jésus nous avons la présence des anges, il faut donc entrer dans ce combat spirituel sans autre appui que celui des anges, leur présence exprime que Dieu est avec nous, notre seul protecteur, notre seul soutien.
Luc 22, 42-43 : « Père, si tu le veux, éloigne de moi cette coupe ; cependant, que soit faite non pas ma volonté, mais la tienne. » Alors, du ciel, lui apparut un ange qui le réconfortait. 1 Rois 19, 4-5 : Elie marcha toute une journée dans le désert. Il vint s’asseoir à l’ombre d’un buisson, et demanda la mort en disant : « Maintenant, Seigneur, c’en est trop ! Reprends ma vie : je ne vaux pas mieux que mes pères. » Puis il s’étendit sous le buisson, et s’endormit. Mais voici qu’un ange le toucha et lui dit : « Lève-toi, et mange ! »
Extraits de la prière à l’ange de st Padre Pio : « Saint ange gardien, défends-moi contre les attaques de Satan et de ses démons. Aide-moi à résister victorieusement à toute tentation contre la foi et l’abandon à la Divine Providence, la pureté, l’Amour de Dieu et de mes frères. Saint Ange Gardien, purifie ma mémoire, garde-moi des imaginations déréglées, dangereuses, des entraînements de ma sensibilité, des illusions trompeuses du démon qui faussent mon jugement, endorment ma conscience, présentent l’erreur comme la vérité, le mal comme le bien. Délivre-moi de l’esprit d’agitation, de dispersion, de paresse et de satisfaction de soi. Éclaire mon imagination, assainis les images qui naissent en moi ; fortifie la lumière de mon intelligence, donne-moi ton inaltérable sérénité ».