25e dim TO A

25e dim TO A

« Allez à ma vigne, vous aussi » : l’appel de Dieu : Parmi les clés de lecture que nous devons avoir pour bien comprendre la parabole dite des ouvriers de la 11e heure, il y a cette parole de Jésus : « La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux. Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson. » (Mt 9, 37-38). C’est pour cette raison que le propriétaire du domaine embauche aux différentes heures de la journée : à 6h du matin, à 9h, à midi, à 15h et à 17h. Origène, un Père de l’Eglise, dit que cette journée représente toute la vie.

Ce maître représente Dieu qui appelle tout le monde, toujours et à n’importe quelle heure. Dieu agit comme cela aussi aujourd’hui : il continue à appeler quiconque, quelle que soit le moment de sa vie, pour inviter à travailler à son Royaume. Certains auront un appel précoce dès leur enfance (Carlo Acutis, 1ère communion à 7 ans), d’autres feront cette expérience à leur adolescence, d’autres au moment de leur mariage ou d’une étape de la foi de leurs enfants, d’autres suite à une maladie, une épreuve de couple ou un décès. Je me souviens d’une femme qui s’était convertie suite à des funérailles et qui avait 70 ans passés. Deux questions se posaient continuellement à elle :

  • Pourquoi ai-je été aussi longtemps loin de Dieu ?
  • Comment faire pour rattraper tout le temps perdu ?

Humblement, avec la santé qui était la sienne elle a trouvé sa place dans l’Eglise en visitant deux fois par semaine les résidents d’un Ehpad et en vivant chaque jour sa foi dans la prière et la joie d’avoir rencontré Dieu.

Le denier : un mot latin qui désigneune pièce de monnaie. Les Evangiles utilisent parfois l’expression la Drachme, c’est équivalent mais en grec. Le denier est le prix habituel d’une journée de travail, c’est la somme qui permettait à une famille d’avoir de quoi vivre pour la journée. Mais dans la pensée de Jésus, il y a bien plus. Pour le comprendre, nous devons faire un détour par la parabole de la femme qui a possède 10 pièces d’argent et qui en perd une (Luc 15,8-10) : elle allume une lampe, balaye la maison, et cherche avec soin jusqu’à ce qu’elle la retrouve. Quand elle l’a retrouvée, elle rassemble ses amies et ses voisines pour leur dire : “Réjouissez-vous avec moi, car j’ai retrouvé la pièce d’argent que j’avais perdue !” Et Jésus conclue : « Ainsi je vous le dis : Il y a de la joie devant les anges de Dieu pour un seul pécheur qui se convertit. »

Le denier, c’est le cadeau que le Seigneur nous a fait en nous créant « à son image et à sa ressemblance ». Vous savez peut-être que la monnaie était frappée avec un « coin » qui permettait que l’effigie du roi s’imprègne dans la pièce de métal. De même, nous avons été marqués d’un seau, à l’image de Dieu, avec tout ce qui nous est nécessaire pour vivre en communion avec Lui. Quand je reçois le denier au terme du temps que j’ai passé à travailler à la vigne du Seigneur : une journée complète ou seulement une heure, peu importe, c’est toute mon identité d’enfant de roi qui m’est donnée ou que je retrouve. Le denier est donc bien plus qu’un salaire matériel, c’est le salaire de la vie éternelle qui me permet d’être pour toujours avec Dieu et d’être plongé dans sa tendresse.

« Je vous donnerai ce qui est juste » : Vous avez peut-être remarqué que pour les ouvriers qui sont seulement embauchés de 9h du matin à 17h le soir, le montant du salaire n’est pas précisé. Le maitre du domaine, Dieu en l’occurrence, choisit de rémunérer à chacun à sa juste mesure. Pour le comprendre prenons la comparaison que la sœur de Thérèse de Lisieux utilisait au moyen d’une image toute simple. Au Ciel, disait-elle, il y a des grands verres et des petits verres, des chopes de bière et des dés à coudre. Mais tous les verres sont pleins à ras-bord de l’amour de Dieu. Au ciel, il n’y a pas de jalousie, aucun n’est moins comblé, moins heureux que les autres puisque, que l’on soit un petit dé à coudre ou une grande chope de bière, tous sont pleins de l’amour de Dieu. Cela nous rappelle que tout est grâce. Notre salut est grâce. Notre sainteté est grâce. En nous donnant la grâce, Dieu nous accorde toujours plus que ce nous méritons.

« Personne ne nous a embauchés ! »

La question qui se pose à chacun de nous est celle de l’appel. Ai-je le souci d’appeler d’autres personnes à la vigne du Seigneur pour qu’ils y viennent et y découvre la joie d’y travailler et de connaître le maitre de la Vigne ? Ai-je le souci que d’autres / que tous, reçoivent le denier de la vie éternelle ? Suis-je indifférent au sort des autres ? Ou bien suis-je un douanier ou une douanière qui met la barre tellement haute que personne ne sera jamais à la hauteur pour devenir lecteur, exercer d’humbles talents pour faire une petite composition florale, apprendre à déchiffrer une partition, exécuter une petite pièce d’orgue, faire partie d’une équipe de nettoyage ou d’entretien, repeindre une porte, changer une serrure, faire un peu de secrétariat, de comptabilité, assurer une permanence, visiter des personnes seules, s’occuper de la banque alimentaire, accompagner une équipe d’enfants ou d’adolescents en doublure dans le cadre de la catéchèse, etc. La liste est longue. Elle pourra être complétée avec les œuvres de miséricorde que Jésus détaille en Mt 25 : « j’avais soif et tu m’as donné à boire, etc. ».

Personne ne nous a embauchés ! Il y a des paroissiens qui y pensent mais n’osent pas. Il y en a qui n’appellent jamais de peur qu’on ne leur prenne leur place ou de peur de trouver quelqu’un de plus compétent qu’eux. Il y en a aussi qui ont peur qu’en se faisant remplacer, ils soient moins considérés dans la paroisse ou moins aimés par leur curé.

« Allez à ma vigne, vous aussi » 

Chacun a un travail qui lui est propre : nous sommes tous des ouvriers et nous sommes appelés à nous compléter les uns les autres. Un jour, Dieu nous demandera des comptes. Quand Jésus évoque les œuvres de miséricorde et la parabole des talents, il n’y a que deux issues possibles :

  • « Venez les bénis de Père »
  • « Allez-vous-en, maudits »

Que le Seigneur nous éclaire en ce début d’année sur le témoignage qu’Il attend de nous. Amen.

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